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Confort dans l’habitat ancien : notre avis sur l’isolation du toit, le chauffage et la ventilation

En France, on renouvelle le parc immobilier à hauteur d’environ 1% par année. Ce qui, dit autrement, signifie que 99% du parc est de l’ancien, plus ou moins ancien certes, mais pas de la construction neuve.

A de nombreux titres, ce parc ancien nécessite des remises à niveau. Celles-ci vont de l’aménagement des espaces à la décoration en passant par l’entretien du gros œuvre au plan structurel ou étanchéité et aussi par les gains légitimement attendus par leurs occupants sur le plan du confort (motivation N°1 pour plus de 80% des occupants qui souhaitent ou envisagent des travaux dans leur habitat).

Ces gains de confort attendus ne sont plus de l’ordre de la création de sanitaires individuels ou de l’adduction d’eau, heureusement nous n’en sommes plus là !

Ils sont de l’ordre du ressenti de bien-être au plan thermique.

Et comme nous sommes inondés de sollicitations pour et sur leur isolation, le  point qu’on voudrait nous faire passer pour l’alpha et l’oméga du confort, nous allons, au fil de cet article, nous y attarder là où elle est incontournable, au toit.

Nous allons aussi aborder ce pour quoi on nous incite à isoler : le chauffage (sous le prétexte, juste au demeurant, de consommer le moins possible d’énergie pour chauffer).

Notre approche de ces 2 points est sommaire mais donne clairement la tendance de nos avis sur ce que nous considérons qu’il faudrait faire.

Nous y rappelons aussi un 3ème point, celui du renouvellement d’air qui nous semble y être tout autant nécessaire que dans des constructions neuves et que nous avons déjà largement abordé ici.

Nous avons orienté notre approche sur l’habitat individuel, celle du bâti collectif est différente du fait que le rapport surface des parois extérieures / surface ou volume habitables y est beaucoup plus favorable et donc les contraintes n’y sont pas les mêmes.

Un autre rapport y est également très différent, celui entre la surface de murs extérieurs occultants et la surface des menuiseries, là aussi bien meilleur que dans l’habitat individuel. Ce rapport devrait inciter à y accentuer l’action vers les menuiseries.

Nous aborderons dans d’autres articles le traitement des parois verticales des maisons en pierre, en pisé, en briques, en parpaings, à murs légers et, enfin, nous aborderons les maisons de ville, au travers de cas théoriques qui nous semblent génériques.

Toits

A l’exception des toits plats, parfois à base de béton ou matériaux lourds, à l’exception des toits végétalisés, il s’agit des quasi seules parois nécessitant, de façon non négociable, une isolation par isolant rapporté.

Nous sommes peut-être ici face au seul point où les communications des fabricants, les divers labels et normes visant à orienter seulement sur une isolation basée sur le lambda et un R (résistance thermique) préconisé, sont recevables, quoi que …

tuiles-toiture

En effet, les préconisations ne prennent pas en compte les qualités autres des matériaux, pourtant prépondérantes pour le ressenti de confort.

Généralement, aucun autre élément préalablement présent (élément lourd en capacité d’apporter de l’inertie, élément épais à bonne diffusivité et déphasage …) n’est en mesure d’assurer un minimum de confort.

L’isolant devra donc assurer, à lui seul, tout ce qui participera au confort : capacité thermique massique (inertie), diffusivité (faible captation des calories l’hiver), déphasage (transfert lent des calories l’été), migration de la vapeur d’eau et, enfin, la quasi-seule fonction actuellement prise en compte, le lambda : la limitation des pertes de calories, donc la limitation, pour une température ciblée, de consommation d’énergie pour le chauffage.

Quitte à être simpliste ou à nous répéter, l’isolant devra disposer d’un bon lambda (inférieur à 0,045 W/m/K), d’une diffusivité faible (inférieure à 0,6 10-6 m²/s), d’une chaleur massique élevée (supérieure à 1500 J/kg/K), d’un déphasage qui, pour un R mini de 8 soit, à minima, de 10 heures et, enfin, d’une valeur Sd telle que la vapeur d’eau puisse migrer correctement (plus le Sd est faible, meilleure est la qualité de l’isolant dans ce domaine. Au-delà d’un Sd de 100, le matériau est considéré étanche aux flux de vapeur.

Rappelons que la gestion du transit de la vapeur d’eau peut s’avérer devoir être confiée à des membranes ou autres matériaux spécifiques, dits “pare-vapeur”. Nous avons déjà abordé ce sujet ici.

L’effusivité, très importante pour le ressenti de confort (inférieure à 200 W/K/m²/√s) sera confiée au matériau de parement intérieur. Celui-ci est très souvent négligé, pourtant sa nature et ses capacités sont prépondérantes dans le ressenti de confort.

Une autre approche pourrait consister à prévoir un parement avec de la masse et, ainsi, ne plus miser sur l’effusivité mais, après captation de calories, un excellent rayonnement du fait de la chaleur accumulée dans cette masse.

Les valeurs de tous les critères cités ci-dessus se trouvent dans notre tableau récapitulatif.

Toit plat

Rares sont les maisons anciennes qui disposent d’un toit/terrasse ou toit plat, néanmoins il s’en trouve de plus en plus dans le neuf et le collectif.

Généralement les volumes sous ces toits sont habités. Il est nécessaire de les isoler ou, s’ils en ont la capacité (tenue mécanique pour la reprise de charge), les végétaliser.

Le choc thermique du rayonnement direct et l’impossibilité de dissiper cette chaleur en cas d’isolation par l’intérieur impose, quasi de facto, d’opérer par l’extérieur.

Le support, le plus souvent, sera en maçonnerie (béton). Il devra alors être conforme au DTU 20.12. En cas de plancher bois, il devra être conforme aux DTU 43.3 (pdf), 43.4 (pdf) et 43.5 (pdf).

Compte tenu de la particularité de la reprise de charge et de l’étanchéité, par définition nécessaire, de ce genre d’élément, nous conseillons, pour les planchers bois, de consulter un document, par ailleurs très bien fait, issu de l’école d’Egleton, spécialisée dans la construction bois.

Combles perdus avec toit en pente

Il s’agit d‘une configuration très courante pour l’immense majorité des maisons anciennes, qu’elles soient antérieures à 1948 ou plus récentes.

En cas de présence d’un ancien isolant, nous en conseillons l’enlèvement préalablement à la mise en œuvre d’un nouvel isolant, particulièrement dans le cas d’un isolant ancien en panneaux ou rouleaux (tout ce qui justifie de son enlèvement préalablement à un quelconque renforcement de l’isolation est expliqué dans cette vidéo).

isolation-combles-1e

Bien que cela devrait être systématique, de nombreuses sociétés, adeptes de l’isolation à 1€ ne pratiquent pas ainsi. Nous l’avons dénoncé ici.

Bien que la législation encadrant la rénovation d’ancien impose seulement un R = 4,8, nous conseillons une épaisseur telle que, en fonction du lambda, elle permettra d’atteindre un R au moins égal à 7 (ce qui permettra de bénéficier des aides actuellement en vigueur).

Notre préférence va à un isolant biosourcé (vidéo). En effet, même s’ils ne sont pas dotés du meilleur lambda, leurs diverses qualités (lambda, gestion de la vapeur d’eau, déphasage, diffusivité, effusivité, origine renouvelable, recyclage, innocuité en cas d’incendie …), prises dans leur globalité, les rendent plus pertinents que tout autre choix.

Nous conseillons un produit en vrac (vidéo) (facilités de mise en œuvre, très bon taux de couverture du plancher en continu, moindre coût, …).

Quel que soit le produit et sa nature qui sera choisi, les combles doivent doivent être préparés (vidéo) conformément à la législation et aux règles de l’art.

L’isolant qui a toute notre confiance dans cette situation (vidéo) est la ouate de cellulose en vrac. Nous lui donnons pour dauphine : la laine de bois en vrac.

Combles habitables avec toit en pente

Comme ci-avant et pour les mêmes raisons de non présence d’éléments apportant des qualités propres à assurer un minimum de confort (masse en capacité de lissage des variations de température, une diffusivité correcte, un bon déphasage …) il est nécessaire d’isoler les toits.

Pour les mêmes raisons de qualités intrinsèques des produits isolants (diffusivité, effusivité, déphasage, sourcing, recyclage …) nous conseillons le choix d’un isolant biosourcé.

Il sera mis en forme conformément aux règles de l’art, dans une épaisseur qui, du fait de son lambda, permettra d’atteindre, a minima, un R = 6, ce qui permettra de respecter la future législation (2023).

Comme ci-avant, et pour les mêms raisons,  nous conseillons de viser plutôt un R = 7.
Cette isolation sera réalisée conformément aux législations en vigueur, en respect des DTU, selon la situation et/ou des règles de l’art.

Il faudra particulièrement veiller au bon respect de la mise en œuvre d’un pare-vapeur, sujet déjà abordé ici.

Chauffage

Le chauffage doit être appréhendé sous 2 angles, le 1er concerne la production de la chaleur, le second concerne la distribution de la chaleur dans l’habitat.

Quitte à rappeler des évidences :

On chauffe pour compenser les pertes, pour diminuer les pertes, il faut isoler”.

chauffage-interieur-maison

Lecture simple et très juste par rapport à un besoin constant.

Nous rappelons ici qu’une autre évidence, moins souvent affirmée, pourrait s’exprimer ainsi :

On chauffe pour atteindre un niveau de confort souhaité, plus la température de confort sera basse, moins il sera nécessaire de chauffer. Pour chauffer moins, organisons nos habitats et nos modes de vie en tenant compte des facteurs de ressenti de confort”.

Selon Nicolas Boileau : “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément”.

Concept plus long à énoncer, serait-ce parce que cela se conçoit moins bien ?

Non, le concept est simplement plus complexe et nécessite donc plus de mots pour être défini … de là à expliquer pourquoi ces concepts ont été moins développés ?

Nous allons nous intéresser plus spécifiquement à la restitution (c’est elle qui a un effet sur le confort, la production ayant plus des effets sur le porte-monnaie et … le climat), d’autres articles viendront, dans lesquels nous développerons tous les concepts en détail (production, restitution).

Production

Sommairement, nous préférons :

  • les productions d’origine passive (solaire, géothermique si disponible …)
  • l’utilisation d’énergies renouvelables (biomasse par exemple)
  • le choix d’énergies localement produites
  • la production collective avec distribution via des réseaux de Chaleur À Distance (CAD).

Restitution

A notre avis, la base est de s’orienter vers des systèmes qui distribuent la chaleur non par par convection (vidéo) mais privilégier le rayonnement (vidéo).

En effet, tel que nous l’avons déjà traité ici, c’est par rayonnement que nous perdons le plus de calories et il est nécessaire, à notre avis, de compenser ces pertes par des apports, en favorisant les échanges entre le récepteur qu’est notre peau et les émetteurs que sont les parois et éléments constituant l’habitat, ceux-ci étant eux-mêmes chauffés par les éléments chauffants rayonnants.

En très peu de mots et de façon extrêmement simpliste, abandonner les systèmes qui distribuent la chaleur par convection directe tels que :

  • des radiateurs légers avec une source de calorie de très petite dimension, par exemple les radiateurs électriques par effet joule (les tristement connus “grille pain”),
  • des systèmes aéro-soufflants tels que ceux généralement installés en complément des pompes à chaleur air/eau,
  • le chauffage via des pompes à chaleur couplées à des VMC double flux et chauffant l’air entrant,

Il faut leur préférer les systèmes d’éléments lourds à émission par rayonnement, entre autres :

  • radiateurs à eau en fonte,
  • murs rayonnants (serpentin idem plancher basse température, mais dans un enduit massif épais tel que : terre, plâtre, sable/chaux …)
  • panneaux de murs rayonnants (au droit des allèges de fenêtres par exemple)
  • plinthes massives chauffantes,

Bien évidemment, ces systèmes sont à coupler avec des solutions de traitement des parois telles que celles décrites ailleurs à titre d’exemples. Une exception à ces systèmes de chauffage : en inter-saison, pour gagner rapidement quelques degrés dans une salle d’eau : un radiateur électrique soufflant peut constituer une solution, très souvent décriée, mais pourtant globalement pertinente. Cependant, le plus rapide, car chauffage direct, sera probablement un radiateur halogène (aussi dits “à infrarouges).

Ventilation

Nous avons déjà largement abordé ici tout ce qui relève du renouvellement d’air.

Pour rappel : il ne nous semble pas raisonnable de l’envisager simplement par ouverture des menuiseries.

ventilation-habitat

Plusieurs solutions peuvent être envisagées. Nous les avons “décortiquées”, nous avons analysé leurs avantages, leurs inconvénients, leurs limites, passant en revue aussi bien les VMC simple flux, les VMC double flux et VMI, les apports éventuels d’un puits climatique, la nécessité de l’étanchéité au vent. Nous avons même fait des propositions d’évolution du concept et de la législation qui l’encadre.

En résumé, à notre avis, il faut prendre en compte les risques liés au radon et, pour assurer le renouvellement, un système très simple, tel qu’une VMC simple flux, fait très bien le job.  

Les systèmes plus complexes ne sont pas forcément pertinents aux plans économique et environnemental et, surtout, dans l’ancien, sont infiniment plus complexes à intégrer. Tout ceci est largement développé dans les articles selon liens ci-dessus.

Nous rappelons ici qu’il n’est pas seulement nécessaire de ventiler pour l’évacuation des excès de vapeur d’eau, mais aussi pour la gestion des COV et autres éléments indésirables dans l’air.

Conclusion

Nous venons d’aborder ce qui, en terme de gestion des parois est, à notre avis, le plus simple à gérer dans un bâtiment, l’isolation du toit, soit à combles perdus, soit à combles habitables.

Nous n’avons pas développé les techniques diverses qui permettent d’y parvenir, il faudra, pour cela, probablement plus qu’un seul article, nous y reviendrons.

Comme pour toutes les autres parois, il faudra veiller à l’effusivité du matériau de parement intérieur afin de peaufiner au mieux le traitement de ces parois et apporter la touche finale au sentiment de confort que l’on est en droit d’en attendre.

Nous avons aussi abordé sommairement le chauffage, il fera bien évidemment l’objet de traitements beaucoup plus longs.

Quant aux systèmes d’étanchéité au vent, de régulation de la vapeur d’eau et de renouvellement d’air, nous vous recommandons de lire ou relire nos articles en traitant en suivant les liens que nous vous avons proposés ci-avant.

Merci à Clément Jamin pour son aide et ses apports.

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

7 réflexions sur “Confort dans l’habitat ancien : notre avis sur l’isolation du toit, le chauffage et la ventilation

  1. (Je « copie-colle » mon commentaire laissé par erreur à la suite de l’article sur les pare vapeur au lieu de celui-ci sur l’isolation du toit ! dsl !)

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour vos articles extrêmement éclairants !
    A leur lecture et après consultation du tableau comparatif des capacités thermiques des matériaux, j’ai 2 ou 3 points d’interrogation sur l’isolation des rampants :
    – Y a t-il un intérêt à « mixer » différents isolants : laine de bois et laine de chanvre ou laine de bois et panneaux de bois denses ? si oui, y a t-il un intérêt à respecter un ordre spécifique de l’intérieur à l’extérieur ?
    – concernant le parement, quels sont les avantages/inconvénients d’un lambris ou d’une volige mi-bois en parement ? Est-ce dans votre tableau sur la même ligne que « résineux légers » pour du sapin ?
    – Vous n’évoquez pas trop l’importance du pare-pluie/pare vent ? est-ce à dire qu’en rénovation /isolation par le dessous, c’est une dépense d’argent et d’énergie qui n’est pas pertinente ?
    – Enfin concernant le pare-vapeur et pour éviter qu’il soit percé, peut-on mettre un vide d’air entre celui-ci et le parement sans risquer de condensation ?
    Dans l’attente de vos éclairages précieux !
    Bien cordialement,
    Perrine

    • Bonsoir Madame Tombelle, merci de vos questions qui vont permettre d’affiner un peu l’approche globale.

      Y a-t-il intérêt à mixer … Clairement la réponse ne le sera pas … claire car, en bon Normand d’origine, nous dirons « Ça dépend ! »
      En effet, en général qui dit isolant de même nature et densité faible, dit meilleur lambda et moindre capacité thermique massique, donc moindre déphasage et moindre inertie. A contrario, plus de densité, moins de lambda, plus de déphasage et inertie.
      Selon le but recherché : si c’est pour une moindre consommation d’énergie pour le chauffage, en dehors de la considération du confort, mieux vaut privilégier le lambda. Si c’est le confort qui est privilégié, mieux vaut miser sur une densité élevée. Y a-t-il un idéal ? Non !
      Ce qui est certain, c’est que le meilleur compromis se trouve dans les isolants bio-sourcés, d’origine végétale (vos exemples sont d’ailleurs là et nous vous en félicitons).
      Si, quel qu’en soit la raison, des isolants de densité différente sont disponibles, nous préfèrerions que les plus fortes densités soient vers la face intérieure car, de toute façon, le déphasage et les freins à la transmission des calories via le lambda, se feront par addition de toutes les épaisseurs.
      Par contre, l’effusivité sera meilleure avec une plus forte densité et, l’hiver, celle-ci assure un meilleur rayonnement, donc plutôt mettre la forte densité vers le chaud. Par contre, attendu que l’isolant est, lui-même, derrière le parement, ce sont les capacités de celui-ci qui seront prépondérantes … Et sincèrement, si le curseur va de 0 à 10, ces choix selon les différentes densités peuvent, peut-être, faire bouger le curseur de quelques dixièmes de points … Ouf, tout ça pour ça !

      Les lambris ou voliges bouvetées à mi bois ou de quelque profil possible sont effectivement, généralement, en résineux légers (épicéa, sapin, divers pins …). Ils affichent donc bien les performances de cette ligne du tableau.

      Parepluie, pare-vent dans le cadre d’une rénovation.
      Soyons clairs : si la couverture est reprise, remaniée ou changée, pas l’ombre d’une hésitation, il faut mettre une membrane adaptée à ces usages sur le dessus de la charpente, avant la pose des contre liteaux de ventilation et les liteaux pour la couverture.
      Si, par contre, la couverture est conservée en son état d’origine et que l’isolation est rapportée par le dessous, en dehors d’une membrane extérieure, il faudra ménager un espace ventilé entre l’isolant et la couverture. Dans tous les cas, la pose d’une membrane pare-pluie depuis le dessous ne lui permettra d’assurer la fonction pare-pluie. Elle pourrait donc, au mieux, assurer la fonction de pare-vent. Attendu que l’étanchéité au vent entre l’extérieur et l’intérieur sera assurée par le pare-vapeur, prévoir un pare-vent extérieur n’aurait d’intérêt qu’en terme de limitation des flux d’air dans l’isolant lui-même. Il n’est pas question de dire que ceci n’aura aucune influence, mais elle sera extrêmement faible et l’économie ainsi générée sera elle aussi très faible (si le PV est bien posé, mais s’il ne l’est pas, il est illusoire d’imaginer le pare-vent serait mieux posé). L’énergie et les ressources qui seraient consommées pour ce pare-vent ne seraient pas amortissable, pas plus que la dépense au plan financier ne serait amortissable grâce à la moindre consommation que ce parement permettrait. Donc, pour dire simplement, si ça coûte plus que ça rapporte, à tous les niveaux, quel intérêt ? Aucun, alors non, pas de pare-vent.
      La seule exception : le besoin de créer des caissons en vue de l’insufflation d’un isolant végétal en vrac (ouate de cellulose pou laine de bois). Alors la fonction de cette membrane sera exclusivement d’assurer la fonction de contenant d l’isolant.

      Pose du pare-vapeur. Oui, il y a grand intérêt à ménager une sorte d’espace technique entre le pare-vapeur et le parement afin d’y faire circuler tous les réseaux, entre autres électriques.
      A toutes fins utiles, un lien vers un site qui présente ces cheminements (le mien, Claude Lefrançois, photos issues de mes chantiers lorsque j’intervenais sur chantier) : https://www.papyclaude.fr/à-propos/quelques-réalisations-passées/iti-maison-ancienne/

      • Merci pour toutes ces précisions !
        Concernant le déphasage, vous conseillez donc pour le confort d’hiver de mettre les matériaux à forte densité à l’intérieur, mais n’est-ce pas le raisonnement inverse pour le confort d’été ? n’a t-on pas intérêt alors à mettre « du dense » int. et ext. et « de l’isolant » au milieu ? ou alors un isolant assez « polyvalent »comme les panneaux de laine de bois avec un parement avec une effusivité correcte assure un confort d’été et d’hiver tout à fait acceptable ? du résineux léger c’est pas mal en fait ?

        • En cas de densité différentielle dans les matériaux isolants d’un toit, avec pour postulat que, par ailleurs, ils soient très proches en terme de chaleur spécifique, ce qui est le cas si nous restons sur les bases d’un isolant d’origine végétale, nous conseillons de mettre le matériau à plus forte densité vers l’intérieur car :
          – le déphasage (ce qui prime l’été) sera exactement le même, quelque soit l’ordre de l’empilage,
          – le ralentissement des fuites (ajout des R de chacun, donc dépendant des lambdas et épaisseurs, ce qui prime pour les économies de chauffage à une température donnée) sera, lui aussi, exactement le même.

          Donc, au plan thermique, rien ne permet de hiérarchiser un ordre d’empilage.

          Par contre, l’hiver, il faut aussi miser sur le ressenti de confort (ce qui a une influence certaine sur la température de con,fort). Dans cette optique, il faut privilégier les capacités de rayonnement et, plus la densité est élevée, meilleure elle est, ce qui milite pour positionner le matériau à plus forte densité vers l’intérieur.

          Nous rappelons cependant que si le matériau isolant n’est pas en contact direct avec le volume exploité, cet avantage sera très limité et n’aura quasiment plus d’impact, ce sera alors le parement qui devra faire l’objet de tous les soins.

          Il est un autre point que nous n’avions pas abordé dans notre commentaire précédent : l’inertie. Plus une température est stable, meilleur est le ressenti de confort (rappel : influent sur la température de confort). Plus la chaleur spécifique est élevée, plus la densité est importante, meilleure sera cette inertie. Ceci milite à nouveau pour positionner la plus haute densité vers l’intérieur.

          Un parement en résineux léger sera très bien, mais une autre option : parement lourd apportera aussi de l’inertie et, s’il est bien sélectionné, un bon niveau de rayonnement (ce qui n’est pas dans la tradition, hormis les régions du Sud avec couramment des briques pleines intégrées dans le complexe, vers la face intérieure).

          Il se dit souvent qu’il serait mieux, pour l’été, de mettre les isolants à fort déphasage vers l’extérieur. Nous aimerions que cette préconisation soit étayée sur des lois physiques, ce dont nous n’avons pas connaissance.
          Si quelqu’un est en capacité de nous éclairer et démontrer le bien fondé d’un tel empilage, alors nous reviendrons sur notre propre argumentaire … mais il y aura, c’est certain, débat au préalable !

          Nous conclurons néanmoins, tel que nous l’avons fait dans notre précédent commentaire : le curseur, s’il bouge, ne le fera que de quelques dixièmes par rapport à un classement de zéro à dix … Si les seules erreurs sur la maison sont de l’ordre de notre sujet d’échange, c’est que l’œuvre globale frisera la perfection (nous l’avons rarement vu …)!

          • Merci à vous TOMBELLE,
            C’est dans la recherche de la compréhension la plus fine possible, dans la recherche du détail et dans la non acceptation des dires sans qu’ils soient expliqués et justifiés que nous progressons tous.
            Bravo de votre obstination à comprendre, vous nous avez forcés à progresser en cherchant et demandant toujours plus de précisions dans les explications.
            A priori vous avez été satisfait(e) de nos réponses et nous, des limites que vous nous avez fait repousser un peu plus loin notre approche.

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