renovation-maison-chatillon-en-michaille-fr-01

Contre-exemple d’une maison « écologique », « économe en énergie » rénovée dans l’Ain

Une maison écologique, c’est quoi ? Est-ce l’association de matériaux écologiques ? Pour être écologiques, faut-il qu’ils soient dits “matériaux biosourcés” ? Est-ce une maison très performante thermiquement et, a priori, peu gourmande en ressources pour son chauffage ? Est-ce une maison sur laquelle peu de transformations ont été réalisées ? Est-ce une maison sur laquelle tous les travaux respectent ses matériaux et techniques d’origine ? Et combien d’autres critères possibles ?

Nous avons présenté ici ce que devrait être un habitat écologique.

En résumé et en reprenant ce qui nous a servi de base pour les orientations de Build Green, (extrait du texte) : 

Cet habitat doit être conçu pour être plus :

  • respectueux : pour diminuer de sa conception à son usage, son impact (dont le CO2) sur l’environnement, en favorisant les ressources renouvelables
  • sain : pour réduire les produits allergènes et cancérigènes (polluants et ondes électromagnétiques) et un meilleur renouvellement d’air
  • autonome : pour tendre vers l’auto-consommation en énergie, mais aussi en eau, en alimentation et pour une meilleure gestion des déchets
  • collaboratif : pour une organisation plus participative avec son environnement social

Supports de présentation de notre cas d’étude

L’Agence Locale de l’Énergie et du Climat de l’Ain, Alec01, relais des services de l’Ademe au titre de l’Espace Info Energie (EIE) de l’Ain ainsi que relais des services “FAIRE” nous propose un exemple de rénovation thermique d’une maison ancienne en pierre à Châtillon en Michaille (FR-01) dont nous reproduisons la présentation du programme tel qu’annoncé dans le document sus référencé et émis à destination du public.

Extrait :

Profiter du charme de l’ancien tout en bénéficiant d’un confort économe en énergie dans une maison en pierre, c’est aujourd’hui possible. Exemple avec cette rénovation axée sur des matériaux écologiques dont l’objectif à terme est d’être autonome en énergie.

En sus de l’article mis en lien, pour la présentation de cette maison servant d’exemple, donc a priori “exemplaire” Alec01 nous propose aussi une vidéo.

Enfin, une fiche de synthétisation (pdf) nous résume les principaux points justifiant de présenter cette maison comme un possible exemple en nous annonçant une division de l’énergie consommée par 10.

Préalable

Vu le positionnement que va être le nôtre dans la suite de cet article, nous souhaitons situer notre position vis-à-vis de l’article de l’Alec01 et de ses auteurs.

Nous ne sommes pas dans le jugement, cet article se veut être une décortication de ce que nous rencontrons trop souvent : l’amélioration de la performance et le choix de quelques matériaux écologiques donnant à croire au grand public que la maison est devenue écologique… ça n’est pas aussi simple !

Nous ne nous situons donc non pas dans la critique simpliste mais dans l’analyse et, pour avoir moi-même, Claude Lefrançois, habité dans l’Ain, donc pour avoir connu Alec01 en tant qu’artisan à l’époque, c’est avec respect que je m’exprime ; cependant, comme dit l’adage populaire “qui aime bien châtie bien !”.

Nous saluons l’initiative de mise en avant de la maison support, des objectifs recherchés et de la présentation de la réalisation. Très honnêtement nous avons pu voir et nous avons reçu des témoignages de bien d’autres réalisations beaucoup moins abouties, à de nombreux points de vue.

Notre article se situe dans ce qu’on appelle “la critique constructive”, la seule qui permette d’évoluer.

Merci de le prendre comme tel car c’est ainsi que nous l’avons voulu.

Contexte

Nous nous appuyons ici sur la fiche de présentation synthétique.

Dès la deuxième phrase, le contexte est posé.

Extrait : “Profiter du charme de l’ancien tout en bénéficiant d’un confort économe en énergie, c’est aujourd’hui possible. Exemple avec cette rénovation en cours axée sur des matériaux écologiques dont l’objectif à terme est d’être autonome en énergie.‘

Le parti pris est clair : 

  • conserver le charme de l’ancien,
  • bénéficier d’un confort économe en énergie,
  • l’écologie doit aussi y trouver son compte du fait du choix de matériaux idoines,
  • l’objectif à terme est d’être autonome en énergie.

Vu les convictions régnant chez Build Green, nous ne pouvons qu’applaudir à de tels objectifs. Nous aimerions vraiment que toutes les rénovations de maisons anciennes soient abordées avec un tel cahier des charges.

Nous pensions pouvoir relayer cette maison en tant … qu’exemple.

Disons le d’emblée, relayer : oui, nous le faisons ; en tant que réalisation exemplaire qualifiable d’écologique : non.

Faut-il alors faire un procès en tromperie de ceux qui y ont participé, allant des occupants aux réalisateurs en passant par les conseillers ?

Non, il aurait fallu le faire s’il y avait eu intention de nous faire passer des vessies pour des lanternes. Or nous sommes convaincus que tel n’est pas l’objectif de ses promoteurs.

Les occupants ont probablement de vraies envies de respecter cette maison, d’y vivre sainement en consommant peu d’énergie et en émettant peu de Gaz à Effet de Serre (GES).

Les artisans ayant œuvré sur ce chantier semblent connaître les gestes permettant des mises en œuvre très correctes.

Les matériaux choisis, en tout cas pour certains, sont effectivement très recommandables et performants.

L’objectif d’autonomie ne sera probablement jamais atteint mais, tout au moins, les besoins seront réduits.

Les conseillers de Alec01 ont fait appel aux ressources techniques et aux solutions préconisées par les organismes officiels que sont l’ADEME et le réseau FAIRE. Ils ont aussi opté pour des solutions connues et bénéficiant de certifications ; orientées vers la recherche, tellement dans l’air du temps et en accord avec le paradigme actuel du toujours plus performant thermiquement, quel qu’en soit le prix, financier, environnemental ou au plan des ressources mobilisées…

Bref, tout le monde a avancé avec l’espoir d’être exemplaire.  

Ce qui nous a interpellés 

En vrac, sans classement hiérarchique, au fur et à mesure de ce que nous avons repéré sur la vidéo en lien ci-avant et dans le descriptif également sus-référencé.

Menuiseries PVC et Alu

Nous sommes toujours surpris que, dans le cadre de la rénovation de maisons anciennes, qui plus est dotées d’un caractère certain, du choix de telles menuiseries.
Les matériaux utilisés pour le châssis et les ouvrants font appel à des ressources fossiles et nécessitant beaucoup d’énergie à la production.

Par ailleurs, elles sont aussi et très souvent moins performantes thermiquement au niveau du châssis, ceci en comparaison avec des châssis en bois.

Elles sont aux antipodes de la revendication écologique

Nous avons abordé tous ces aspects dans un article dédié.

Porte de grange bugiste-01Création de baies au Sud

Il s’agit d’un aspect esthétique, donc subjectif. 

Néanmoins, est-ce dans l’esprit des maisons en pierre (de couleur typique et fort belle par ailleurs), traditionnelles de cette partie du département de l’Ain, de disposer de grandes baies ? Nous n’en sommes pas certains.

De telles grandes ouvertures ne risquent-elles pas, l’été, de représenter des zones d’apports solaires dommageables ?

Création de linteaux en béton au ciment Portland

Ces menuiseries percées ont engendré le besoin de linteaux, lesquels ont été réalisés avec du béton au ciment Portland. Ces linteaux sont portés par jambages également en béton et, pour faire bonne mesure, les appuis le sont également.

Ces “blocs” constituent des ensembles non ou peu déformables, apportant des contraintes que les murs d’origine, en pierre, peuvent mal supporter (ceci sera développé plus en détail dans le paragraphe dédié aux dalles béton).

Non alignement des linteaux

Pour des raisons qui nous échappent, les linteaux ne sont pas alignés, mais là encore, il s’agit d’esthétique et donc de subjectif.

Création de dalles béton au ciment Portland

Au plan du respect de l’habitat ancien, donc dans une certaine mesure, du respect de l’écologie dans le sens de favoriser la pérennité des ouvrages, nous ne pouvons pas être d’accord. 

En effet, et nous l’avons beaucoup développé, expliqué, argumenté, les bâtis anciens en pierre, en pisé, en bauge, dans une certaine mesure même en bois, sont par essence même, des bâtis non stabilisés. Nous entendons par là que ces murs évoluent, “bougent”, sont soumis aux aléas de déformation, et ces spécificités doivent être prises en compte.

Contraindre ces murs avec des éléments indéformables, non uniformément en appui sur leur ensemble, est très déconseillé.

Par ailleurs, une dalle ou un dallage en béton au ciment Portland au sol bloquent (ou au moins perturbent) les remontées capillaires.

 

murtronic-02

Or, tel que nous l’avons aussi largement expliqué et décortiqué par ailleurs, un mur en pierre ancien, probablement assemblé à la terre, a besoin d’eau en quantité contrôlée (nous notons d’ailleurs qu’il est bien fait état de jointoiement au mortier à la chaux, preuve qu’au moins pour partie ce souci de perméabilité et perméance a été pris en compte, ce qui est bien une preuve que la volonté d’origine des propriétaires était de faire bien).

Le béton au ciment artificiel est très peu perméable, donc une dalle au sol va grandement bloquer les remontées capillaires et les orienter vers les murs, accentuant ainsi la présence d’eau dans les pieds de murs.

Épaisseurs d’isolant exagérées

Nous comprenons parfaitement la piste de l’objectif des économies d’énergie à l’exploitation, mais que dire ici des ressources consommées pour un tel niveau d’isolation, avec 400 mm de laine de bois ?

En effet, et nous l’avons très largement dénoncé ici, que penser de cette religion de la performance extrême ?

Si celle-ci s’obtenait sans incidence sur les ressources et le climat, du fait des matériaux mis en œuvre (de par leur fabrication, leur transport, leur mise en œuvre et leur recyclage en fin de vie, ce qu’on appelle l’énergie grise), nous applaudirions. Sauf que ce n’est pas le cas et les incidences soulevées ci-avant sont à prendre en compte au même titre que les consommations à suivre.

Or diverses études démontrent que, très souvent, les bilans de la construction ou des travaux sont plus importants que ceux de l’exploitation.

Nous avons d’ailleurs mis en lien, ici, un tableau (pdf) qui démontre très clairement que le premier centimètre d’isolant est infiniment plus performant que le dernier, d’autant plus quand les épaisseurs mises en œuvre sont importantes.

Les ponts thermiques autour des menuiseries seront coupés… avec du polyuréthane

Comment imaginer l’alliage polyuréthane et écologie, polyuréthane et respect d’un bâti ancien ?

Il est quasiment fermé à la migration de l’eau, vapeur ou liquide. Or, dans cette situation de proximité de l’extérieur que représentent les tours de menuiserie, les risques de point de rosée sont importants (ici ils seront limités par la présence d’une VMC. Nous soulignons cet aspect des choses pour des cas, possibles, probables, d’autres maisons qui seraient non ou mal ventilées).

Les menuiseries, aussi performantes soient-elles, le seront d’autant moins dans la réalité de l’exploitation qu’elles n’auront pas été posées avec le souci de la continuité du matelas isolant que représentent l’isolant contre le mur et les menuiseries intégrées à cette paroi.

Nous aurions donc amplement préféré, dans le présent exemple, les voir posées non pas contre un probable épaulement dans l’épaisseur du mur, mais en applique dans la continuité de la surface intérieure du mur avant isolation. Ceci aurait permis de noyer les parties fixes des menuiseries dans le matelas isolant, annulant de facto le pont thermique de la façon la plus efficace qui soit et aurait, entre autres intérêts, permis d’éviter l’emploi de ce matériau qui est aux antipodes de l’écologie.

Nous conseillons aux lecteurs du présent article de consulter un de nos autres articles, dédié au positionnement des menuiseries dans le cadre d’une isolation par l’extérieur, donc à l’opposé de ce qui a été choisi ici, l’isolation par l’intérieur, mais illustre parfaitement nos propos.

Insuffisance de ventilation de la couverture 

Compte tenu de la chaleur stockée l’été sous la couverture et de son incidence sur le lambda, il faudrait ventiler énormément la couverture pour permettre son évacuation et donc autoriser une épaisseur moindre de l’isolant de toiture, rejoignant ainsi ce que nous avons développé ci-avant, paragraphe “épaisseurs des isolants”.

Nous faisons cette remarque car ce ne sont pas les trois malheureuses tuiles chatières présentes sur chaque pan de toit qui assureront une ventilation suffisante. Certes elle suffira à garantir la pérennité de la couverture, mais pas l’évacuation de la chaleur… Heureusement le choix de l’isolant s’est porté sur un biosourcé d’origine végétale !

VMC double flux

Ayant déjà été fort critique, nous allons oublier toute retenue : les systèmes de VMC sont dans la majorité des cas des aberrations, en tout cas ici c’en est une !

maison_pierre_reno_03jpgEn effet, ce genre de système nécessite énormément de ressources et d’énergie pour être fabriqué et installé (entre autres gaines et caissons doivent aussi être mis dans l’appréciation des coûts et amortissements, tant au plan financier qu’au niveau des ressources consommées et pollutions générées ou évitées).

Ce type de VMC est le plus souvent défendu et justifié du fait des calories récupérées via l’échangeur avant l’expulsion de l’air extrait. C’est incontestable, l’hiver, des calories sont évacuées en même temps que l’air ambiant, par définition chaud. 

Nous avons donc fait le calcul de ce que coûte le réchauffage de l’air puisé à l’extérieur pour compenser cette perte de calories. Pour une maison de 100 m2, nous sommes arrivés à 131,67 € par an. Le coût d’installation d’une VMC Simple Flux (SF) étant d’environ 2 000 € et celui d’une VMC (DF) de l’ordre de 8 000, toutes incidences prises en compte, le temps d’amortissement du surcoût sera de 6000 / 131,67 = plus de 45 ans. Quand on sait que l’espérance moyenne de vie de ce type de machine est de l’ordre de 20 ans… on voit toute l’aberration financière de ce choix.

Au plan environnemental nous arriverions dans les mêmes eaux.

Ajoutons à cela deux moteurs de ventilateur, la nécessité de changer les filtres a minima deux fois par an, un entretien régulier nécessaire et… Stop, on a compris !

Pour finir sur la VMC double flux, elle ne se justifie, l’hiver, que dans des zones à climat extrême, ce qui n’est pas le cas ici, ou face à de forts risques de bruit extérieur… ce qui, semble-t-il, n’est pas vraiment le cas non plus !

Puits canadien

Nous n’allons pas, tel que nous l’avons fait pour la VMC DF, développer à nouveau ce que nous avons déjà présenté ici, simplement conseiller la lecture de l’article dédié.

En résumé on peut dire que la pertinence d’un tel système en ce lieu est du même niveau que celui d’une VMC DF, autant dire que ce n’est absolument pas pertinent.

Et comme un tel système représente un bilan, tant environnemental que financier ou de ressources ‘consommées’ et/ou ‘économisées’, il eut mieux valu s’en passer.

Confusion entre performance énergétique et confort

Certes le paradigme actuel est basé sur le fait que, pour vivre dans un bon niveau de confort, il faut chauffer, que chauffer coûte cher, consomme de l’énergie et pollue et que donc, pour consommer, dépenser et polluer moins, il faut isoler… 

Dont acte, c’est ce que tout le monde promeut, y compris les autorités de tutelle, diktats largement relayés par les journalistes et le monde politique, toujours très preneur des “Y’a qu’à…, Faut qu’on…”.

Qu’en est-il dans la réalité ?

Très majoritairement les occupants envisagent des travaux d’amélioration énergétique d’abord et avant tout pour atteindre un meilleur niveau de confort.

Or le confort dépend de critères qui, en résumé et dans l’ordre d’importance, sont :

  • une humidité relative comprise entre 45 et 65 %,
  • un équilibre favorable entre perte et gain de chaleur par rayonnement,
  • des parois et équipements qui sont à des niveaux de température très proches,
  • de l’air stabilisé (c’est-à-dire pas de convection),
  • une température stable (pas de variation, ni importante, ni rapide),
  • un niveau de température adapté aux besoins de notre organisme (sous nos latitudes, maximum 28 à 30°, le minimum est plus une perception eu égard aux conditions environnantes : entre autres pour l’habitat, opposition entre l’intérieur et l’extérieur).

La température en tant que cible directe pour le confort n’a de réelle importance, prioritairement aux autres critères, que l’été.

Alors pourquoi chauffons-nous l’hiver ? (Edit 1 : à la demande, fort juste, de quelques lecteurs, nous apportons la précision suivante  : Pourquoi chauffe-t-on l’hiver au-delà de 18 ou 19° ?)

Tout simplement car lorsque l’air ambiant dépasse 65 % d’humidité relative (dépassement favorisé par nos propres émissions de vapeur d’eau et les apports par l’évaporation des remontées capillaires), nous sommes dans l’inconfort, et que deux solutions permettent de revenir dans la fourchette de 45 à 65 %

La première et plus logique consiste en l’élimination de l’excédent. Le renouvellement d’air en continu est la solution la plus efficace ; généralement une VMC est le système le plus adapté.

La deuxième solution consiste à faire baisser l’humidité relative en… faisant monter la température de l’air ambiant, ce qui en fait, de facto, baisser l’humidité relative ! Edit 2 : Ce n’est bien évidemment pas la solution, la plus logique, mais la plus simple dans les faits, et donc souvent celle qui est à la fois préconisée et adoptée.

Et voilà la cause du paradigme qu’on nous impose : chauffage et isolation !

Y aurait-il d’autres voies pour atteindre un bon niveau de confort ?

Oui, il y a de nombreuses autres solutions et nous les avons largement abordées dans nos colonnes.

Parmi les plus efficaces, signalons la prise en compte des caractéristiques des parements, en privilégiant ceux qui sont dotés d’effusivité et de diffusivité favorablesune gestion correcte de la teneur en vapeur d’eau de l’air ambiant, en favorisant les matériaux isolant à fort déphasage, à inertie

A noter que beaucoup de ces pistes ont été prises en compte pour les travaux réalisés dans la maison sujet de cet article.

Conclusion

Nous resituons notre conclusion au niveau de ce que nous avons écrit dans le préalable : pas une critique pour la critique, mais une critique constructive

Schéma_du_développement_durable-04

Cette maison a certes permis de diviser par 10 la consommation par rapport à la situation préalable, c’est-à-dire une étanchéité du niveau d’un panier à salade, pas d’isolation, un chauffage à foyer ouvert, donc un rendement nul !

Gageons qu’avec des travaux moindres le niveau de performance aurait été, au pire, du double du résultat obtenu, soit 56 x 2 = 112 kWh/an/m2 (niveau global proche de la RT2005).

Le niveau de performance thermique étant 2 fois moins bon, nous imaginons que la consommation d’énergie supplémentaire pour le chauffage aurait été du double.

Imaginons que le kWh soit à un prix moyen de 0,11 €, nous serions face un surcoût de consommation de 150 m2 x 2 x 56 kWh/m2 = 16 800 kWh/année.

Sur le plan financier nous serions face à 16 800 x 0,11 = 1 848 €/an

A un taux de 1,5 %, cette annuité représente peu ou prou, sur 20 ans, assurance comprise, un emprunt d’un montant de 30 000 €.

Si nous divisons ces 30 000 € par 300 m2 habitables, nous arrivons à une différence de coût au m2 de… 100 € ! 

Il est évident que le surcoût au m2 du fait de la haute performance visée est bien supérieur à ces 100 €.

Gageons qu’au plan des ressources consommées et/ou économisées, des GES relâchés ou non, nous arriverions face à ce même constat

Et après 20 ans ?

Dès lors, il ne s’agirait plus de comparer des économies lors de la phase exploitation face à des remboursements du fait de surcoût engendrés lors de la phase travaux puisque le crédit serait fini de rembourser.

Attendu que nous sommes ici en présence de systèmes assez pointus, donc plus fragiles, gageons que l’entretien s’avèrera nécessaire vers cette échéance de 20 ans, ces dépenses prenant le relais des annuités de crédit.

Et qu’en pense la planète ?

Pour elle, une consommation d’énergie et de ressources au moment des travaux ou lors de l’exploitation, c’est du pareil au même, donc si on consomme plus que ce qui sera économisé, nous augmentons notre impact à la fois en consommation de ressources et au plan des émissions de GES

Et qu’en penseront les générations futures ?

Elles ne nous béniront probablement pas d’avoir fait de tels choix…

Comme l’a écrit Antoine de St Exupéry, n’oublions jamais que nous ne sommes pas propriétaires de la planète : nous l’empruntons aux génération futures.

Dans le même ordre d’idée, et aussi aberrant que soit le concept du développement durable tant ces deux mots sont antinomiques, il faut “répondre à nos besoins présents sans compromettre, pour les générations futures, la possibilité de répondre aux leurs”… Sachant que nous vivons sur une planète dont les réserves sont connues et limitées, il est évident que toute consommation actuelle non juste sera jugée très durement par nos descendants.

Tout l’art de poser le curseur au bon endroit !

Alors, faut-il pour autant ne pas viser des rénovations de bon niveau ?

Certes non, il faut juste que nous redevenions sages et que nous apprenions à apprécier au plus juste ce qui est légitime et ce qui ne l’est pas, ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas.

Il faut aussi opérer des choix tels que nous l’avons vu dans l’exemple que nous a proposé Alec 01 : des matériaux biosourcés, de proximité, performants, durables, respectueux de l’environnement en général et de celui des occupants plus particulièrement.

Il faut également, et tout particulièrement pour les bâtis très anciens, présents depuis bien avant nous, les œuvrants ou bénéficiaires actuels, veiller à permettre à ces habitats de nous survivre très longtemps… 

Respectons nos habitats, c’est la première démarche pour nous respecter nous-mêmes !

 

Crédits Photos : vidéo Alec01 (image de Une), Classiccardinal et VIGNERON (wikimedia), Murtronic

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

31 réflexions sur “Contre-exemple d’une maison « écologique », « économe en énergie » rénovée dans l’Ain

  1. Tous ces organismes conseilleurs et détenteurs des cordons de la bourse pour les subventions, se posent en expert pour justifier leur existence. C’est malheureux. Pour ajouter de l’eau à votre moulin, je discutais récemment avec un technicien de Soliha, un équivalent de Alec01, sur la pertinence des VMC double-flux sur un type de réno similaire. J’ai eu beau sortir tout les arguments, il n’en a pas démordu, la VMC est LA panacée indispensable ! Mais lui était le « sachant », et moi, seulement une représentante d’une pauvre petite association d’écoresponsabilité dans le bâtiment. Il faut que les propriétaires se documentent par eux-même et soient forts devant ce type de subventionnement. En cela votre blog est « d’utilité publique » ;).

    • Merci Nicole de Bâthestia d’apprécier nos écrits.
      Afin d’être certains de nous être bien compris : nous préconisons bien l’installation d’un système de renouvellement d’air.
      Une VMC simple flux, ordinaire ou de type hygroA nous auraient semblé très pertinente. Ce que nous réfutons, c’est l’option double flux.

      A la décharge des Espaces Info Energie : ils sont contraints de préconiser le respect de la législation et donc, souvent, conseillent des systèmes qui, bien que n’étant pas pertinents, sont… la norme ou en relèvent !
      Par contre il est vrai que parfois, emportés par « l’enthousiasme », ils vont loin, très loin dans ce sens… trop loin ? C’est ce risque du « trop loin » que nous avons voulu mettre en avant et essayer, par cet article, d’éviter.

      • Merci à tous de ne pas mettre tous les EIE dans le même panier : comme tous les experts, diagnostiqueurs, artisans, fournisseurs, politiciens, médecins…etc, etc… Y’a des bons et des moins bons… Chacun défend son business parce que s’il ne croit pas en son propre business… Faut changer de métier !!! Mais croire est justement la mort de la réflexion !!!! Nous n’avons pas de discours uniforme mais reconnaissez aussi que dans le bâtiment, nous disposons de très peu d’informations véritablement fiables… Le regard autocritique sur ses propres connaissances et les prétendues connaissances d’experts infaillibles dont nous sommes tous abreuvés est très difficile à dépatouiller !! Nous ne vivons pas dans un monde en noir et blanc et chaque bâtiment offre une multitude de possibilités… Pour la défense des EIE (dont je fais parti) nous sommes tout de même souvent, très souvent le dernier rempart désintéressé dans un secteur où le « pigeonnage » est devenu une technique de vente !! Alors oui, nous devons TOUS remettre sur le tapis nos certitudes et les analyser mais n’oubliez pas que les EIE sont du côté de la barrière, alors aidez-nous plutôt que de nous planter !!

    • Pour avoir travaillé chez Soliha, je confirme que la VMC double flux est souvent considerée comme la panacée… Parce qu’elle permet presque à tous les coups d’obtenir le gain énergétique nécessaire à l’obtention d’une subvention de l’ANAH (agence nationale d’amélioration de l’habitat). Gain énergétique qui est calculé via un logiciel homologué, et qui pousse aussi au choix de PAC air air, qui donnent aussi un super score dans le calcul de performance energetique du logiciel.
      Et inutile de parler de la laine de verre, subventionnée à tour de bras…

      Heureusement, on peut tomber sur de bons techniciens qui connaissent mieux la question que votre interlocuteur, mais les conditions d’obtention d’aides à la rénovation ne les aident pas à donner les bons conseils.

    • Bonjour Nicole,

      J’aimerais soulever quelques interrogations suite à votre message particulièrement méprisant envers les conseillers et les structures associés qui pourrait s’apparenter à de la diffamation ce qui pourrait conduire à une assignation en justice quand bien même cette diffamation serait réalisé par le biais d’internet :

      En quoi des conseillers sont-ils « détenteurs des cordons de la bourse » ? Les conseillers réalisent un simple acte de transmission d’information au public, d’accompagnement et de vérification des dossiers de subventions avant dépôt du dossier auprès des financeurs et ne sont aucunement décisionnaires dans les règles d’attribution ou dans l’attribution final de ces subventions.

      La mission d’attribution des subventions reste exclusivement à la charge des organismes financeurs (ANAH, Trésors publics, collectivités territoriales…) et aucunement à la charge des opérateurs.

      Pouvez-vous étayer vos accusations ? Renseignez vous sur le fonctionnement des structures avant de raconter n’importe quoi en propageant de fausses informations.

      Votre message est-il publié pour justifier votre existence et celle de votre association d’éco-responsabilité dans le bâtiment ?

      Ensuite les ALEC ne sont majoritairement pas opérateur des subventions de l’ANAH et donc dire que SOLIHA est un « équivalent » est également extrêmement réducteur et faux

      Ensuite merci de pas faire une généralité de l’ensemble des conseillers du réseau « FAIRE » qui œuvrent au quotidien à partir d’une seul expérience auprès d’un conseiller ? Dans la majorité des cas les conseillers déconseillent le recours à la VMC Double-flux en rénovation au profit d’autre solution plus adapté au regard d’une faible niveau d’étanchéité à l’air (Naturelle, VMC Simple Flux, VMR…)

      Est-il d’utilité public d’inciter les propriétaires à ne pas recourir à service d’accompagnement gratuit ?

      Bien cordialement

      • Nous craignions, en nous « attaquant » à un tel sujet, de voir des commentaires partir dans tous les sens… nos craintes s’avèrent être justifiées.
        Effectivement, les choses sont tellement complexes dans ce domaine, les défis tellement grands, chacun veut tellement présenter sa solution et les conséquences peuvent parfois être tellement lourdes que les « explications » des uns ou des autres peuvent être quelque peu « clivantes ».
        Nous pensons que le défi du futur sera plus la rénovation que la construction neuve et nous souhaitons que toutes les opinions puissent s’exprimer, donc nous assumons l’acceptation de propos ou opinions « assez » engagés.
        Nous pensons aussi que la modération, pas forcément dans le sens de se modérer soi-même, mais dans celui de l’intervention de ce qu’on appelle en d’autres lieux les « modérateurs » viendra remettre un peu la pendule à l’heure.
        Nous mettons votre intervention dans cette catégorie de modération et vous en remercions.

        Nous l’avons déjà écrit dans notre article, nous le redisons, nous défendons les EIE test les CAUE, leur rôle n’est pas simple et ils le remplissent du mieux qu’ils peuvent.
        Nous aimerions beaucoup pouvoir accompagner la montée en capacité de ces organismes et voir, autant que faire se peut, leurs missions confirmées, nous aimerions aussi être certains, que les moyens financiers qui leur permettent, en toute gratuité, d’accompagner les particuliers gratuitement leur soient maintenus.

        Nous n’avons pas voulu attaquer ou mettre en cause en quoi que ce soit les ALEC ou autres EIE, nous nous sommes simplement appuyés sur un exemple emblématique et public afin de permettre une analyse des interventions sur ce type de bâtis.

        • Bonjour Claude Lefrançois,

          C’est clair que le sujet est pour le moins épineux et j’accepte aisément les critiques constructives nous permettant de nous améliorer à partir du moment ou celle-ci sont respectueuse (ce qui est votre cas mais pas celui de Nicole)

          Je l’ai bien compris, votre article n’avait pas vocation à attaquer les structures de conseil et je vous en remercie mais qui comme toute critique elle doit s’attendre à des réponses critiques constructives.

          Après lecture détaillé de votre article, je vais m’employer à essayer d’y répondre sur certain point avec la même rigueur pointilleuse afin d’apporter une grille d’analyse complémentaire même si je suis d’accord avec vous ce projet de construction ne peut pas recevoir l’appellation d’écologique

          Je trouve votre article en dehors des réalités vis à vis de la situation économique des propriétaires majoritairement précaires et n’ayant donc pas les moyens de réaliser une rénovation tendant vers le « écologique et exemplaire »

          Ce qui contraint les structures d’accompagnement et conseillers à proposer des solutions parfois moins vertueuse c’est certain mais qui on tout de même le mérite d’exister et de chercher à tendre vers l’atteinte des engagements environnementaux bien quelle ne soit pas parfaite.

          De plus le libre arbitre des maître d’ouvrage ne permet pas forcement aux conseiller d’imposer des choix qui serait plus vertueux ou plus respectueux de l’habitat

          J’aimerais également revenir sur le terme pour le moins galvaudé « écologique ». A ma connaissance, il n’existe à ce jour aucun construction à 100 % écologique qui n’a pas recours au transport routier que ce soit pour les matériaux ou pour le professionnels se déplaçant sur le lieux du chantier mais également à l’extraction mécanisé de matériaux quand bien même ceux-ci serait bio-sourcée. Mais également dont l’ensemble des outils utilisé sur le chantier soit produit de manière écologique.

          Il parait également difficile de garantir que le mode l’alimentation des différents intervenants les jours du chantier soit 100 % écologique et que aucun produit n’ai été cultivé à partir d’intrant non biologique et ainsi de suite…

          Ducoup, ou s’arrête l’écologie dans ce cas puisqu’ écrire un article publié sur des serveurs informatique ne l’ai pas. Si on pousse le principe à l’extrême, faire des enfants et vivre en tant que tel n’est pas écologique. Doit-on inciter au suicide collectif, je n’en suis pas certain

          A partir de là, ce terme conceptuel appliqué à tord et à travers ne me semble pas le meilleur à employer quand on parle de bâtiment sauf si nous décidions de l’encadré réglementairement par un cahier des charges lorsqu’il est appliqué à la construction et réformable dans le temps

          Il en va de-même pour les Châssis en bois souvent réalisé à partir d’essence exporté et traité qui ont également recours à des ressources fossiles nécessitant beaucoup d’énergie pour la production.

          N’est il pas dommageable pour le budget énergétique des ménages de limiter les apports solaires au profit du respect de la tradition ? Sachant que la tradition ne mettait pas en place des baies de grande taille sans doute plus pour des questions d’incapacité technique que par réel choix du respect de la tradition

          Quand je lis « Alors pourquoi chauffons-nous l’hiver ? » votre réponse me laisse pour le moins perplexe votre article tendant à expliquer que c’est parque nous isolons que nous devons chauffer.

          Par la suite je lis le terme religion laissant à penser que la performance énergétique pour tenter de limite le réchauffement climatique relèverais d’une croyance et pas de fait observable, quantifiable, mesurable et vérifiable. Ce qui vous rapproche du climato-scepticisme.

          Pour conclure, certain point de votre article ne vous paraisse t’il pas dommageable et desservir la cause au regarde de l’ampleur des enjeux du réchauffement climatique ?

          • Bonjour Monsieur Billon, merci de cet échange et nous allons essayer d’être exhaustifs dans notre réponse afin de ne pas y revenir tant nous avons déjà positionné notre intervention.

            En ce qui concerne le fait que nous serions déconnectés de la réalité économique des gens qui souhaitent faire des travaux d’amélioration énergétique, nous pensons que non.
            En effet, nous ne cessons de dire que plus les moyens financiers de ceux qui font réaliser des travaux sont limités plus il faut les faire bien car, pour plagier un vieil ami (je parle ici en mon nom puisque je fais référence à une expérience personnelle) : « Je ne suis pas assez riche pour acheter 2 fois ».
            Par ailleurs, et vu les travaux engagés sur l’exemple décortiqué, il ne semble pas que les choix opérés l’aient été pour des raisons économiques…
            D’ailleurs le propos de cet article est de démontrer la pertinence ou non pertinence de travaux au plan physique et nous pensons avoir démontré à quel point certains choix ne l’ont pas été.
            Nous pensons, puisque vous y faites référence, que les maîtres d’ouvrage avaient tout à fait les moyens de réaliser ou faire réaliser ce qui aurait pu être un exemple de réalisation qualifiable d’écologique.

            Donc, et il faut bien l’admettre, ici le conseil aurait pu aller vers plus de respect du bâti et plus vertueux au plan général. Ce n’est pas pour attaquer celui qui, à titre individuel de conseiller, ou l’organisme en général au nom duquel il est intervenu que nous avons écrit cet article, c’est pour sensibiliser et essayer d’inciter à mettre le curseur au bon endroit entre « performance thermique absolue », « économie d’énergie à l’exploitation », « limitation dans la consommation de ressources pour la réalisation », « respect du bâti », « respect des générations futures en ne consommant, nous, que raisonnablement des réserves forcément limitées », « respect général de la planète en émettant le moins possible de gaz à effet de serre » et encore quelques autres points mais globalement, respecter ce qui précède est déjà une gageure bien difficile à relever.
            Notre objectif était de mettre en lumière qu’on ne peut pas analyser les choses à l’aune d’un seul critère ou en privilégiant un ou deux des aspects sans prendre en compte les autres.
            Nous sommes parfaitement conscients de l’extrême difficulté de l’exercice et que, dans la réalité du terrain, très peu d’acteurs en sont capables. Nous sommes tellement conscients de cette carence que nous avons écrit un article le décrivant : https://www.build-green.fr/generaliste-energeticien-confort-et-salubrite-le-chainon-manquant-du-batiment/.

            Vous soulignez le libre arbitre des maîtres d’ouvrage, ce qui est très juste. Vous dites que les conseillers ne peuvent pas imposer des choix et nous en sommes très heureux car alors, nous ne serions plus dans un pays démocratique. S’il n’est pas possible au conseilleur de se substituer, il n’en a n’en a pas moins le devoir d’informer. Si tous ceux qui ont la place de conseiller, place très importante, primordiale, exerçaient ce devoir d’information générale, nous pensons pouvoir dire que pas mal de chantiers s’orienteraient vers d’autres pistes que le conventionnel.

            Quand à la « diatribe » sur l’écologie, s’il vous plait Monsieur Billon, élevons un peu le débat ou alors nous sommes très inquiets quant à la possibilité des EIE de tenir compte de cet aspect des choses.
            Attendu que nous avons déjà beaucoup écrit dans nos colonnes, à toutes fins utiles, nous recommandons la lecture de l’un des premiers articles originaux publiés ici, qui avait précisément pour vocation d’éclairer sur ce que devrait être, à notre avis, un habitat écologique : https://www.build-green.fr/quest-ce-quun-habitat-ecologique-selon-build-green/
            En mon nom, l’auteur de cet article, je suis aussi acteur sur Youtube, un Youtubeur comme on dit. C’est même par ce canal que j’ai commencé la sensibilisation de mes compatriotes. Voici le lien vers cette chaîne, « Papy Claude » : https://www.youtube.com/channel/UCIt0v-EXWIEF4IpD6LJQCiw/featured.
            J’ai imaginé d’accentuer l’utilisation de ce support et j’ai lancé « les visioconférences de Papy Claude », chaque jeudi soir, à 18h00, une visioconférence sur un thème, avec échange et questions en fin de présentation, ceci en lien avec des acteurs dont la légitimité nous semble totale.
            Tellement persuadé que nous devons vite, très vite, prendre des virages dans nos abords des choses, y compris pour nos maisons, la 1ère visioconférence a eu pour thème : « Mon habitat, mon 1er impact sur l’environnement », la 2ème au eu pour thème : « Qu’est-ce qu’une maison écologique », ces 2 visioconférences ont été données par votre serviteur, la 3ème, qui a eu lieu hier soir 7 mai 2020, a eu pour thème l’abord du bioclimatisme, elle a été donnée par une jeune architecte belge, la 4ème aura lieu jeudi prochain et sera donnée par Karibati, le thème en sera « biosourcé, environnement et santé ». Ces visioconférences sont visibles depuis ma chaine selon le lien ci-dessus.

            Nous pensons avoir quelque légitimité a communiquer sur ces sujets, et nous le faisons.

            Alors, sur ce point, plutôt qu’ergoter, nous pensons qu’il serait plus utile pour la planète et encore plus pour les générations futures de cesser ces débats stériles, agissons, il y a urgence.
            Sachez donc que nous nous positionnons non pas en censeur mais en organisation, en individus qui peuvent aider.
            Avons-nous froissé l’égo des acteurs en place ? Peut-être.
            Avons-nous été maladroits ? Peut-être.
            SvP, n’en restez pas là, il ne s’agit pas de légitimer ceci ou cela, il s’agit (et nous le redisons, il y’a urgence) de changer de façon d’aborder la rénovation énergétique en ne la limitant pas à cet aspect des choses mais en englobant la totalité des problématiques du bâti en tant que lieu de vie.
            Dit autrement : nous ne sommes pas votre ennemi, nous aspirons à devenir votre partenaire.

            Vous nous assimilez à des climatosceptiques… nous pensons que, si nos écrits, cet article et les nombreux autres, vous amènent à nous classer comme tel c’est que nous n’avons pas su faire passer le valeurs qui nous portent.
            Alors pour affiner un peu l’approche : nous ne considérons pas que la recherche de performance énergétique est une erreur, nous la pensons nécessaire et il faut s’y coller urgemment. Ce que nous contestons c’est le paradigme qui prévaut actuellement et qui éclaire un sujet très vaste et complexe sous un seul angle, ce qui est non seulement très limitatif mais de plus dommageable globalement.
            Nous avons écrit une somme importante d’articles qui expliquent nos positions, nous en conseillons 2 qui résument assez bien nos positions :
            – un qui dénonce ce qui est prescrit actuellement : https://www.build-green.fr/lisolation-et-si-nous-faisions-fausse-route/
            – un qui expose ce que nous aimerions voir apparaître : https://www.build-green.fr/isolation-thermique-quel-devrait-etre-le-nouveau-paradigme/
            Nous espérons qu’à la lecture de ces 2 articles vous ne nous classerez plus dans les climatosceptiques.
            Nous allons plus loin : nous espérons devenir une référence pour les EIE, nous aurions très grand plaisir à les accompagner vers ce que nous croyons être une nécessité : l’approche globale de la thermie et la prise en compte de ce qui l’objectif N°1 de ceux qui font des travaux dits d’amélioration énergétique : l’aspiration à un plus grand confort.

            Nous avons, sur un sondage fait auprès de membres d’un réseau social, Facebook pour être précis, été surpris de découvrir ce qui a été consulté par eux pour se tourner vers l’écoconstruction, par ordre décroissant (https://www.facebook.com/groups/213317872155100/permalink/1622396847913855/) :
            – 35 : livres papier,
            – 28 : les vidéos,
            – 19 :chantiers participatifs,
            – 16 : forums réseaux sociaux

            Nous pensons pouvoir faire partie des « influents », via nos articles ici, via les activités générales de ce média communautaire (calendrier des évènements, annuaire des écoliers …), via un futur livre de votre serviteur, qui sera publié chez Terre Vivante édition en septembre prochain et qui aura pour titre «  »maison écologique, construire ou rénover » et qui sera suivi par 2 autres ayant respectivement pour thème « le confort » et « les vraies performances énergétiques ».
            Plutôt que nous opposer, nous proposons de nous « fréquenter » : nous sommes convaincus que les EIE sont un espace nécessaire pour le public et nous sommes tout autant convaincus que nous pourrions les aider à prendre en considération des aspects du bâti que, probablement et à ce jour, nous maîtrisons mieux qu’eux.
            Nous sommes marris d’avoir été ressentis comme des opposants alors que nous n’aspirons qu’à une chose : le partenariat.

            En ce qui concerne le « Pourquoi chauffons-nous ? » : OUI nous avons grossi le trait et nous nous en sommes expliqués dans notre réponse au commentaire de Guillaume. Il n’est donc pas nécessaire d’y revenir.

            En ce qui concerne votre dernière phrase et le fait que nous desservirions la cause climatique : si vous lisez nos écrits recommandés ci-avant, vous verrez à quel point, bien au contraire, nous servons la cause des enjeux climatiques.
            Pour tout dire, nous sommes même surpris que cet article vous ait inspiré cette réflexion, nous pensons qu’elle relève d’une approche « à charge », SvP, oubliez les « a priori », relisez le et vous verrez à quel point notre approche va totalement dans l’autre sens : « il ne faut pas provoquer plus de désordres climatiques du fait de la réalisation des travaux que les améliorations apportées permettront jamais d’éviter », c’est notre ligne de conduite depuis nos débuts, cet article n’y déroge pas.

      • @ François Billon. Bien évidement loin de moi la pensée d’être « méprisante » envers l’ensemble des opérateurs que vous citez, ni même envers quelques uns. Je pense que chacun fait son job, des fois bien, des fois un peu moins bien, comme dans tous les domaines. En majorité de toute bonne fois en fonction de ce qu’ils ont appris. C’est vrai que j’ai pris des raccourcis dans mon écrit, par manque de temps.
        Ce que je voulais surtout dire c’est que certains n’acceptent pas bien de se remettre en question. Mais c’est un sentiment (et non une accusation précise) issu de mon expérience perso, je ne connais pas tous les « conseilleurs » de France et de Navarre.
        Mea culpa bis sur le terme « détenteur des cordons de la bourse », c’était un autre raccourcis. Mais quand même, pour un particulier lambda qui n’y connait rien techniquement, c’est quand même bien eux qui vont orienter les solutions et donc le dossier de financement ?
        Allez, restez calme François, plus que quelques jours avant de déconfiner 😉 Et non, notre association n’a pas besoin de polémiquer sur des blogs pour exister.

        • Merci Nicole de ce commentaire qui affine vos écrits. Comme vous le dites, nous allons bientôt sortir du confinement; profitons-en pour appliquer les découvertes que celui-ci nous aura permises en nos libérant du temps.

        • Bonjour Nicole,

          J’apprécie fortement que vous preniez le temps de nuancer vos propos, ce qui rend votre discours bien plus audible et compréhensible.

          Effectivement comme partout certain ont du mal à se remettre en question… de là à inviter les citoyens à ne pas utiliser un service d’information gratuit à partir de quelques mauvaises expériences il y à un monde.

          Ensuite, bien que tout à chacun soit critiquable et bien heureusement. Je pense que tout ceux qui portent attention au sujet de la rénovation vertueuse ont selon moi intérêt à être solidaire les uns avec les autres car minoritaire à l’heure de « l’isolation à 1 euro » et de tout les dispositifs allant à l’inverse d’une approche holistique (Qui pour ma part et celle de bon nombre de mes confrères nous fais vivre un enfer depuis maintenant plus de 1 an)

          Maintenant libre à chacun de continuer à taper sur David pour aider Goliath qui sera ravi 😉 nous verrons qui sera perdant avec cette stratégie

          Effectivement, il est bien difficile pour un maître d’ouvrage de s’y retrouver dans cette océan de dispositif et c’est bien la raison qui justifie l’existence du réseau « Faire »

          à partir du moment on les règles des dispositifs ne sont pas écrites par les conseillers et les structures associées mais bien par les financeurs sans aucun concertation

          Un dilemme se posent à tout les conseillers :

          – Obtenir le financement à tout prix en respectant les cases parfois absurde et arbitraires des financeurs même si cela doit impliquer des orientations moins vertueuse sur certain aspect avec en face la pression légitime des maîtres d’ouvrage exprimant un besoin de financement mais majoritairement prêt obtenir le maximum à condition d’y investir le minimum

          ou

          – Ne pas déroger à ses valeurs et ne faire aucun concession. C’est à dire n’obtenir aucun ou le minimum de financement pour les projets, en raccourci risquer que les projets ne soit tout simplement pas réaliser faute de financement ou à minima c’est à dire découpé en étapes successives en dehors de toute approche global et donc in fine des rénovations de piètre qualité

          Quand ont doit choisir entre la peste et le cholera, le chois et parfois bien difficile. Aussi qui oriente quoi ? qui est responsable ?

          Les conseillers et structures associatives associées prise en étau entre les financeurs et les particuliers ? ou les financeurs décisionnaires sous supervision direct des ministères et les maîtres d’ouvrages voulant le maximum en investissant le minimum ?
          Vous prenez le problème à l’envers c’est majoritairement les règles de financement et les réglementations qui orientent fortement les solutions et pas l’inverse même si je préférais de loin que la situation soit celle que vous décrivez

          Chacun doit prendre sa part de responsabilité et je trouve ça extrêmement facile de faire peser l’entière responsabilités des orientations sur les conseillers…

          Pour conclure, je suis persuadé que vous et votre association avez bien mieux à faire et que vous œuvrer au quotidien pour un monde meilleur. Mon premier message je l’admet à été volontairement sec, précis et un brain provocateur pour remettre les pendules à l’heure mais parfaitement calme, le ton de ma réponse étant complètement indépendant du contexte actuel 😉

          Je vous rassure il était dépourvu de haine et je ne conserverais aucun rancune =)

          • Un long WE, une modération d’un tiers intervenant et nous voilà tous revenus à des propos plus en accord avec nos convictions réciproques.
            Nous en sommes heureux.
            Nous ne doutions pas que nous arriverions tous à sortir par le haut, la seule issue qui nous intéresse !
            Merci François de ce long message en réponse à Nicole.
            Merci tout autant @Nicole d’avoir relativisé ses propos d’origine.

  2. Bonjour,
    j’adhère en tous points à votre argumentaire et y ajouterai la présence d’ossatures métalliques qui me paraît également aberrante car non écologique et favorisant les points de rosée..
    Concernant la ventilation, mon avis reste que la religion de l’étanchéité à l’air +ventilation (qu’elle soit double ou simple flux) est une aberration. Prétendre faire une maison écologique en considérant la nature (la ventilation naturelle) comme un ennemi à abattre pour le remplacer par l’omniscience de l’homme (étanchéité à l’air + ventilation) … Non décidément je n’adhère pas.
    La terre est la grande absente de ce chantier alors qu ‘elle aurait pu jouer un rôle de régulateur de l’ humidité.. Dalle terre ? enduits terre ? (voir l’excellent mooc construire en terre mooc-bâtiment-durable.com)
    Enfin, j’aimerais que les acteurs officiels de la rénovation écologiques dont je respecte comme vous le travail, mettent en place les moyens d’évaluer la pertinence de leurs propos quand ils prétendent fournir un exemple. Ont-ils mis des capteurs d’humidité, de température dans ces parois ? Qui sait vraiment ce qui va se passer entre le mur et l’isolant ? Autour de l’aluminium des dormants ? Comment le mur, qui est perméable à l’air à l’extérieur et devenu étanche à l’air à l’intérieur va se comporter dans le temps (capteurs de fissuration, densité etc..)
    En conclusion, un chantier intéressant à de multiples points de vue c’est indéniable mais exemplaire,non.

    • Merci Luc Mortier pour votre participation à la vie de cet article.
      Il nous semble cependant important de rappeler que les EIE et les CAUE ne se prétendent pas des acteurs officiels de la rénovation écologique. Ils n’ont pas cette vocation, mais celle de renseigner sur diverses solutions.
      Acteurs officiels, oui ils le sont, mais en charge de conseiller dans le sens du respect de la législation… et la législation ne va pas toujours (si ce n’est rarement) dans le sens de ce que nous partageons sur Build Green,, l’éco-construction. Accordons au moins à l’Alec01 de l’avoir tenté.

      Certes le résultat présenté peut nous sembler, à nous, très engagés dans l’écoconstruction, pas totalement satisfaisant sur le plan de l’écologie, mais il n’en demeure pas moins que l’Alec01 a essayé.
      Nous espérons que notre critique constructive aidera tous, habitants lambdas, acteurs du bâtiment plus ou moins engagés dans l’amélioration énergétique, fabricants, négoces, prescripteurs et autres, à progresser vers toujours plus de pertinence.
      Nous ne sommes manifestement pas du même avis en ce qui concerne l’étanchéité et le renouvellement d’air, comme quoi le bâtiment est et sera longtemps encore source de solutions différentes… pourvu que les bâtis n’en souffrent pas, que l’environnement ne soit pas impacté et que, surtout, les occupants y vivent dans une ambiance saine.
      Comme vous le dites à la fin de votre commentaire, ce chantier est intéressant et nous ajouterons : nous apprenons tous de nos « erreurs » !

    • Bonjour,

      Nous aimerions également pour cela il faudrait que les budgets ne sois pas en diminution et les missions à effectuer en augmentation. Aussi, attention à ne pas se tromper de cible contrairement au députés et autre politiques qui décide de leur salaire pas eux même nous ne décidons pas de nos effectifs et de nos budgets.

      Rien n’empêche de faire des appels aux dons, de s’engager publiquement pour améliorer nos conditions de travail précaire.

  3. Bonjour,

    très intéressant site que je découvre.

    Question un peu bête de ma part, en réponse à votre question (oui, ça se mord un peu la queue..): « Pourquoi chauffons-nous en hiver ? »

    Voulez-vous dire que si nous arrivons à obtenir une humidité acceptable, il n’y a pas besoin de chauffer en hiver ? Donc une température de 8 C serait confortable, par exemple ?

    Merci d’éclairer ma lanterne, moi qui pensais que la notion de confort était associée à une température minimale (autant que maximale, comme vous le soulignez).

    • Merci Guillaume pour votre question : nous chauffons en partie pour compenser les pertes.
      On peut penser qu’ici elles sont minimes et que, vu qu’il fait froid l’hiver lorsque la nuit est étoilée et que, lorsque tel est le cas la nuit, le jour le soleil brille, théoriquement il chauffe nos intérieurs, surtout lorsque, comme ici, des ouvertures ont été ménagées au sud aux fin d’en capter le rayonnement.

      Nous avons probablement un peu grossi le trait, mais pas tant qu’il pourrait sembler car il ne ferait surement pas 8° à l’intérieur avec les isolants qui ont été mise en œuvre.
      Nous pensons que nous serions plus probablement aux environs de 14 à 16°. Certes ça peut sembler un peu juste, donc admettons un peu de besoin de chauffage, mais pas 56kWh/m2. A noter qu’en s’habillant à l’intérieur, à ces températures, le confort, rudimentaire certes, serait acceptable.
      A noter en plus que 55% d’humidité relative à 8° tel que vous le proposez, ça nous donnerait 3,64g/kg d’air et un point de rosée à -0,45°C… autant dire impossible en intérieur, ne serait-ce que du fait de la vie des occupants.

      Donc nous pourrions épiloguer encore longtemps sur des théories, ce qui est certain c’est qu’une très grosse part de l’énergie consommée pour le chauffage l’est pour maintenir à un humidité relative acceptable, soit environ 55%.
      Si vous découvrez notre site, nous vous conseillons de lire les articles dédiés à l’eau, au renouvellement d’air et au confort… ils sont nombreux mais la chose n’est pas simple !
      Vous pourrez les trouver au travers de 2 articles qui vous en donneront les liens directs :
      https://www.build-green.fr/un-coup-doeil-dans-le-retroviseur-2018/
      https://www.build-green.fr/coup-doeil-dans-le-retroviseur-annee-2019/

  4. En tant que professionnel, dans la construction bois, j’apprécie fortement cette analyse. Il serait fort appréciable que les décideurs et prescripteurs prennent plus conscience de la pertinence écologique au lieu de s’arrêter à la performance énergétique irrationnelle.
    Merci M. Lefronçois

  5. Bonjour,
    Je ne suis pas d’accord quant aux chapîtres insuffisance de la ventilation de couverture et double flux; Jhabite une longère en Touraine,et pour chauffer mon eau chaude sanitaire, j’ai installé une pompe à chaleur,thermodynamique , dans mon grenier,
    .Le principe étant que l’air de la maison est renvoyé dans le grenier par une petite VMC et refroidi par l’évaporateur de la PAC et est donc déshydraté (Voir le diagramme de mollier,ou diagramme de l’air humide),ce « tampon « d’air sec(environ 150 metres cubes) assèche partiellement l’air de la maison, sert de volant thermique, et améliore le rendement de la pompe à chaleur

    • Merci de cet apport.
      Il ne s’agit pas, pour nous, de dire que l’air entre une isolation et une couverture serait inutilisable pour un service ou pour un autre mais de mettre en évidence à quel point le manque de ventilation du filet d’air concerné est dommageable, au rendement de l’isolant site dessous.
      Nous vous invitons à lire l’article dédié à ce point précis : https://www.build-green.fr/actis-vs-st-gobain-pourquoi-la-laine-de-verre-a-perdu-son-proces/

      Nous avons aussi publié un article qui met en avant le cout et l’impact d’une VMC double flux, lequel renvoie vers d’autres : https://www.build-green.fr/vmc-vmi-renouvellement-dair-permanent-ou-non/

      Ne jamais limiter une approche à un seul angle d’analyse.
      Ceci étant, nous sommes peut-être dans des approches différentes : nous ne sommes pas certains, qu’une approche très « high tech » soit très pertinente si on l’analyse en prenant en compte non seulement ses apports mais aussi ses inconvénients quant aux faits que :
      – plus c’est complexe, plus ça consomme des ressources et de l’énergie à la fabrication et à l’installation,
      – plus c’est complexe et plus, généralement, c’est couteux à l’entretien et plus c’est fragile,
      – et donc plus c’est complexe et plus c’est susceptible de tomber en panne, voire de devoir être changé avant même d’avoir été amorti…

  6. Bonjour à tous,
    je viens de lire cet article, dont je partage pleinement l’analyse étant au même niveau d’exigence écologique que Claude, ainsi que les différentes réactions qui ont suivies.
    je vais tenter une médiation car je trouve dommage que ce débat s’envenime alors que vous êtes tous des acteurs de la nécessaire transition énergétique, chacun dans son rôle et avec son expérience. Comme souvent dans les débats, la sémantique joue tout son rôle. Quel sens donner à des mots comme exemplaire ou écologique ?
    je propose donc de dire que ce projet de rénovation reste exemplaire en terme de performance énergétique au regard ce qui se pratique aujourd’hui. Les dispositifs financiers et réglementaires mis en place par l’état ont toujours reposés, à tord ou raison, sur ce critère mesurable, c’est un fait. Alors que le confort est impossible à mesurer pour le législateur ! S’agissant du bilan carbone et de l’énergie grise, le débat est complexe et encore plus significatif sur le neuf plutôt que sur la rénovation, et il ne faut évidemment pas l’occulter si on veut prendre en compte la consommation énergétique globale.
    Néanmoins il faut admettre les solutions mises en oeuvre dans ce projet conviendraient nettement mieux à une villa en béton des années 70. En effet il faut reconnaitre que la prise en compte du bâti ancien n’est pas exemplaire, que ce soit sur les plans techniques notamment choix des matériaux, ou architecturaux. Là encore ce critère n’existe malheureusement pas dans les dispositifs mis en place par l’état qui reste dans une logique économique : créer un levier financier pour permettre aux propriétaire d’engager des travaux.
    Rénover de manière pertinente reste un acte complexe, un compromis entre les objectifs et contraintes des propriétaires, et les compétences des intervenants, dans un cadre économique et législatif existant.
    Je voulais faire court, j’en reste donc là ! Restons mobilisés et sachons débattre sereinement et acceptons de se remettre en cause pour faire progresser ensemble ce sujet passionnant qu’est la rénovation écologique pertinente.

    • Merci Clément de votre médiation.
      Ce qui est dommage c’est que, malgré toutes les explications quant à nos objectifs lors de l’écriture de cet article, malgré les commentaires les précisant encore, il nous faille nous justifier auprès de ceux qui considèrent que nous l’avons écrit à charge.
      Merci d’avoir compris et de souligner, depuis l’extérieur, qu’il n’en est rien.

  7. Bonjour Claude,

    J’ai très bien compris votre positionnement et que votre intention n’était pas d’attaquer quelqu’un en particulier, cependant la posture que vous adoptez ne me semble pour autant pas la plus diplomate pour permettre le partenariat et je me suis permis un brain provocateur je l’admet d’adopter la même posture critique et pointilleuse avec votre article de manière miroir (à la manière d’un : OK boomer !)

    Ce qui comme je le remarque semble également vous déplaire au vue de l’étendue de vos justifications (plus n’étant pas nécessaire ayant parfaitement compris votre légitimité et vos intentions, ne mettant aucunement en cause les deux et les reconnaissants)

    Aussi, si vous saviez depuis le départ que cette article risquait de susciter de vives réactions dans sa forme, c’est que vous saviez la posture un peu bancal, n’aurait il pas été intéressant d’adopter une posture moins clivante permettant d’élever le débat ce que nous espérons tous.

    Grossir le trait de manière imprécise étant plutôt paradoxal quand on critique avec autant de précisions =) Chacun pouvant s’améliorer sur vos propres conseils

    Pour ma part, je ne vais pas continuer à vous embêter à la manière d’un troll étant plutôt d’accord avec vous sur le fond de votre article et avec vos réponses.

    Merci beaucoup et mea culpa mon intention n’était pas de nuire simplement de faire un peu l’avocat du diable

    Avec sincérité, j’ai bien compris vos engagement et vous en remercie

    • Bonjour François, merci de cette réponse.
      Effectivement nous avons pu faire part, les uns et les autres, de nos griefs réciproques. Avouons le, nous assimiler quasiment à des climato-sceptiques relevait aussi du trait largement grossi.
      Dont acte, match nul, balle au centre comme on dit dans le sport. Sauf que nous n’avons, ni les uns ni les autres, de combat à mener les uns contre les autres, mais de nombreux combats à mener contre d’autres !
      Nous sommes heureux que, après avoir chacun préciser notre position, nous puissions espérer, ensemble et de concert, mener ces combats… et non seulement les mener mais en gagner au moins quelques uns et, comme lev dit l’adage populaire « A un on va plus vite, à deux, on va plus loin »… Alors à trois, jusqu’où pourrons-nous aller ? Loin nous l’espérons.

      Etant, Claude Lefrançois, l’auteur, effectivement un Boomer, je comprends bien le « Ok Boomer », sauf que je fais, moi aussi, partie de ceux qui crient « Ok Boomer ! ».

  8. L’Agence Locale de l’Energie et du Climat de l’Ain assure un rôle d’information et de conseil sur les différentes solutions possibles de rénovation de l’habitat. Elle n’a pas vocation à imposer un choix technique aussi pertinent soit-il. Chaque propriétaire reste décisionnaire de la façon de rénover son logement. La vidéo dont vous faites mention a été tournée en 2016 avec l’intention de montrer un projet de rénovation énergétique global, avec l’aimable participation du propriétaire que nous remercions à nouveau d’avoir ouvert ses portes à la caméra.
    Les avis d’experts de l’écorénovation sont appréciés de nos conseillers qui sont en veille permanente des actualités du secteur du bâtiment et se forment régulièrement. L’ALEC 01 est sensible à votre démarche pour promouvoir et défendre l’écologie dans le bâti. Nos intentions se rejoignent sur la volonté de réduire l’empreinte carbone dans le bâtiment, chacun dans son rôle et selon ses marges de manœuvre

    • Bonjour g.lethenet,
      Nous sommes évidemment d’accord avec vous, les EIE, Alec compris, ont des marges de manœuvre encadrées par la mission, qu’est la leur et nous sommes très défenseurs du maintien en place de toutes les agences. Nous souhaiterions même qu’elles soient dotées de moyens plus larges que ceux actuels, tant en terme financier que de spectre d’intervention.
      Les EIE et CAUE sont très souvent le seul recours indépendant à la disposition du public, leur rôle, votre rôle est primordial et nous les soutiendrons chaque fois que possible, tant par nos écrits que dans les commentaires qu’ils suscitent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.