Une-Isolation thermique-quel devrait etre le nouveau paradigme

Isolation thermique : quel devrait être le nouveau paradigme ?

L’isolation, l’inertie, l’étanchéité au vent, l’émissivité des parements intérieurs des parois, le taux d’humidité relative le plus proche possible de 55%, la salubrité et la pérennité des locaux, des travaux de mise ou remise à un niveau correct des bâtiments sur le plan énergétique, voilà ce que devraient être les objectifs de tous ceux qui ont la charge des adaptations de nos locaux au confort recherché par leurs futurs occupants.

Cependant, tel que nous l’avons déjà développé ici au fil d’autres articles, nous n’avons pas cette sagesse, nous isolons au maximum, à tout prix, sans prendre en considération autre chose que notre obsession des résistances thermiques R maximales, à coups de lambda, pensons-nous, les meilleurs possibles.

Nous en oublions la pérennité des ouvrages, leur salubrité et, surtout, que l’objectif de ceux qui commanditent ces travaux est d’atteindre le meilleur confort possible.

Certains de notre supériorité sur les éléments, nous voulons porter la performance au niveau le plus élevé possible, ceci sans réflexion sur les débauches de moyens mis en œuvre ni sur les impacts que cela peut produire sur le climat.

Nous nous comportons comme des enfants devant un paquet de friandises, à en manger sans retenue, sans nous soucier des pathologies encourues ni de la possible pénurie du lendemain.

Pire, autrefois les enfants disposaient de barbe à papa et de sucre d’orge, on savait ce qu’ils contenaient. Désormais ils consomment des bonbons pleins de E…truc et E…machin et, nous mêmes, dans le bâtiment, ne faisons pas mieux, nous ne savons plus grand chose de l’immense majorité des produits que nous consommons sans modération !

Malheureusement ici, avec les travaux irraisonnés du bâtiment, ce n’est pas seulement une indigestion que nous risquons, c’est tout simplement notre avenir que nous jouons.

Il faut rapidement retrouver une forme de sagesse et changer de paradigme, pour remettre en cause les seules obsessions du R maximal et de l’étanchéité au vent. Nous proposons de réfléchir à des pistes complémentaires…

Certains nous trouveront “gonflés”, “fous”, voire présomptueux, même prétentieux. 

Nous sommes probablement un peu de tout cela mais, avec l’inconscience de l’innocent qui n’accepte plus le formatage, qui se révolte contre la bien pensance générale, nous allons nous permettre ce crime : NOUS ATTAQUER À UN DOGME … puisque de toute façon nous avons déjà claironné qu’à notre avis, jusqu’à présent NOUS FAISONS FAUSSE ROUTE !

Préalable

Depuis toujours, pour avoir chaud l’hiver dans son habitat, l’homme se chauffe. Normal, il n’avait pas les possibilités de parvenir à un confort, même minimaliste, par d’autres moyens.

Encore que de nombreux exemples de solutions, après analyse, apportent la preuve qu’ils avaient compris beaucoup des principes qui prévalent pour le ressenti de confort.

Nous sommes à un tournant du devenir de notre biotope, la Terre.

Quelques personnes refusent encore de croire au dérèglement climatique, d’autres le reconnaissent mais refusent d’admettre sa cause probablement principale : les actions humaines, ce qui a donné lieu à la proposition d’une nouvelle appellation : l’ère de l’Anthropocène.

Un exemple à méditer !

Beaucoup se posent la question des conditions de vie dans les châteaux forts au moyen âge.

Certes il fallait y entretenir des feux monumentaux, en tout cas si l’on en juge à la dimension des foyers qui se trouvaient dans les pièces. Cependant, si de nos jours les parois sont brutes de pierre, il n’en n’était pas ainsi à l’époque. Les murs étaient recouverts de tentures et autres tapisseries, lesquels, du fait de leur écart du support, ralentissaient la convection. 

Ils faisaient encore mieux au plan du rayonnement.

Du fait de leur composition, sous l’effet de la diffusivité, et compte tenu de la masse de matériaux et de la chaleur spécifique des éléments, les parois nues captent les calories.

Les pierres et les mortiers des murs, du fait de leur nature et de leur densité, sont dotés de lambdas très médiocres, avec pour conséquence un transfert rapide de ces calories vers la partie froide, à savoir, l’hiver, vers l’extérieur.

La pierre apparente, telle que, souvent, nous la voyons désormais est dotée d’une émissivité de très mauvais niveau. Elle capte le rayonnement infrarouge (vidéo) (celui qui nous apporte le plus de sentiment de confort) et transforme ainsi l’énergie lumineuse émise en calories captées, lesquelles sont ainsi moins profitables pour les occupants.

Les tentures diminuaient considérablement ces désagréments

Anecdote

Nous avons eu le témoignage d’un architecte qui nous a rapporté le cas d’une bâtisse sise dans le Mâconnais.

Les acteurs en charge de sa rénovation étaient très intrigués par la présence, vers le haut des murs, de sortes de crochets, alignés et répartis le long des murs. Ils ont alors essayé de comprendre et commencé des recherches.

Leur curiosité a été récompensée lorsqu’ils ont découvert 2 tableaux d’une même pièce de de l’ouvrage, un peint l’hiver, l’autre l’été.

Sur le tableau peint l’hiver, les murs apparaissaient couverts de panneaux de bois, sur le tableau peint peint l’été, ils apparaissaient bruts de pierre apparente ! 

Les principes des traitements thermiques d’hiver et d’été avant leur codification, sans législation et sans normes, sans label non plus, mais avec beaucoup de bon sens, avaient été découverts et maîtrisés il y a de nombreux siècles !

Le nouveau paradigme devrait avoir pour objectifs de ne plus accentuer le dérèglement climatique, de ne pas mobiliser de façon déraisonnable des ressources et de l’énergie pour réaliser des travaux ou installer des systèmes visant exclusivement à limiter les consommations d’énergie à l’exploitation et au chauffage des bâtiments. 

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Ces ressources soi-disant économisées doivent permettre au moins de compenser celles consommées dans les travaux et systèmes mis en œuvre en amont.

Limitons nos consommations de ressources et d’énergie au strict minimum acceptable pour, nous-mêmes, accéder à un confort correct tout en ménageant la faculté aux générations futures de disposer de ce qui leur sera nécessaire pour faire face à leurs propres besoins.

L’homme doit être au cœur du process, dans la réponse à tous ses besoins, non seulement thermiques, mais aussi physiologiques, de santé pour lui-même, de pérennité de son habitat, et de sauvegarde du biotope favorable à sa propre existence et à celle des autres espèces.

Le paradigme que nous préférerions

Inspirons-nous  de la maîtrise empirique des phénomènes, de leur traitement avec des moyens simples mais efficaces.

Puisque nous avons la chance d’avoir progressé dans les connaissances des lois physiques qui régissent la thermie du bâtiment et que, de même, nous avons progressé dans la mise au point de matériaux, de techniques et de concepts des éléments, nous devons aussi nous appuyer sur ces acquis récents.

Il nous apparaît que nous devons sortir d’une culture de la performance à tout prix, tel que nous l’avons développé dans d’autres articles.

Le nouveau paradigme doit s’appuyer sur 5 piliers : “Le confort”, “La salubrité”, “Les performances réelles”, “L’impact environnemental”, “L’impact climatique”.

Le Confort

Nous l’avons beaucoup abordé ici. Il est le déclencheur N° 1 pour ceux qui veulent faire réaliser des travaux d’amélioration énergétique dans leur habitat.

Fort de ce constat et, attendu qu’a priori il n’est pas porteur d’impact négatif si on l’aborde correctement, il faut intégrer l’aspiration au confort dans les futures réglementations qui régiront les travaux de recherche de performance énergétique, dont l’isolation bien sûr.

L’accès au confort véritable, selon les ressentis des êtres vivants et sensibles que nous sommes

Tel que nous l’avons développé longuement et à plusieurs reprises, l’être humain n’est pas un thermomètre, en tout cas pas que ça !

Il ressent le confort selon divers critères, lesquels sont dépendants de sa physiologie :

  • taux d’Humidité Relative (HR, entre 50 et 60%),
  • rayonnement infrarouge (vidéo) reçu à un niveau le plus élevé possible,
  • stabilité de la température de l’air intérieur (peu de variation dans le temps),
  • températures (des divers éléments qui l’entourent) proches les unes des autres (pas de grande différence de température d’un point à un autre de l’habitat, d’un élément à un autre),
  • stabilité de l’air intérieur (pas de déplacement, pas de convection, pas d’infiltration),
  • enfin, en dernière position : niveau de température (lequel sert plus à corriger le taux d’HR qu’à toute autre chose).

Il est donc extrêmement important d’intégrer ces réalités dans les normes régissant la mise en œuvre de l’isolation.

Les capacités ou plutôt, les incapacités, des isolants susceptibles d’avoir un impact sur ces points devront être portées à la connaissance du public .

La salubrité

Tout homme a besoin de conditions de vie favorables à son existence. 

Il doit disposer d’un air intérieur le moins chargé possible en Composés Organiques Volatiles (COV) et Composés Inorganiques Volatiles (CIOV).

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Les isolants présentant des risques d’émanations toxiques sous l’effet d’un incendie ou d’une montée en température au même niveau qu’au cœur d’un incendie doivent être réservés à des usages extérieurs, et encore, sous des conditions très strictes de mise  en œuvre, afin d’éviter tout risque du style de la tour Grenfell à Londres.
Afin d’être clairs à ce sujet, nous mettons dans les catégories à risques tous les isolants ignifugés avec des produits laissant émaner des vapeurs toxiques (pdf) lors de leur montée en température. En cas de mise en œuvre de tels produits dans des locaux en contact direct, ou possiblement en contact par des échanges d’air avec des lieux habitables, les occupants doivent être avertis des risques qu’ils leur font courir et les locaux doivent obligatoirement être équipés d’alarme incendie.

Il faut favoriser l’emploi des isolants à fortes capacité de perspirance, c’est-à-dire permettant la gestion et la migration de la vapeur d’eau. 

Cette capacité participe en effet à l’évacuation de la vapeur d’eau en excès dans l’habitat.

Les capacités hygroscopiques de sorption et désorption d’eau devront être annoncées. Ces qualités participent à la régulation de la teneur en vapeur d’eau de l’air intérieur, gage de moindres risques de condensation et, par voie de conséquence, de moindre développement de moisissures sujettes à l’émission de spores allergisantes.

Toute mise en œuvre d’un isolant ne disposant pas de bonnes capacités dans ces domaines doit être accompagnée de l’installation extrêmement rigoureuse de moyens mécaniques de renouvellement d’air.

Afin de limiter les risques de condensation de vapeur d’eau dans les parois, la mise en œuvre de barrières de régulation de son transit doit être couplée à la pose des isolants, ceci en conformité avec les DTU régissant ce point particulier.

Les performances réelles

Nous ne mettons pas à l’index le lambda et ce qui en découle en fonction de l’épaisseur et la résistance de la paroi, à savoir le sacro-saint R.

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Cependant, attendu que non seulement d’autres aspects de l’isolation sont à prendre en compte (vidéo) mais, qu’en plus, la fiabilité des calculs et des résultats in situ sont, pour le moins, controversés, il ne faut pas leur accorder plus de valeur qu’ils n’en méritent.

La cour de cassation a entériné un jugement défavorable à l’entreprise St Gobain® dans une affaire qui l’oppose à une autre producteur d’isolants, Actis®, depuis plus de 20 ans.

Il ressort de ce jugement que l’un et l’autre sont, globalement, “blanc bonnet/bonnet blanc” en terme de performance, mais en épaisseur différente. Il en ressort aussi que, dans certains cas, les performances mesurées de la laine de verre ont pu, suite semble-t-il à des défauts de mise en œuvre, être jusqu’à 75 % inférieures aux valeurs annoncées et, bien sûr, attendues des bénéficiaires !

Pour compenser les éventuelles “défaillances” des isolants du fait du lambda (probablement) instable, il faut s’appuyer sur d’autres qualités en mesure de permettre aux occupants de ne pas souffrir, à divers titres, de ces “aléas”.

Ainsi, il faut absolument donner une juste place à la chaleur spécifique des matériaux, laquelle, pour le déphasage, l’effusivité et la diffusivité, est en capacité de compenser en partie la baisse éventuelle du lambda.

Comme déjà abordé dans la rubrique ci-avant “salubrité”, il faut aussi accorder une bonne place aux capacités de perspirance des matériaux isolants ainsi qu’à leurs capacités de sorption et désorption, ces 3 qualités permettant un recul très significatif du risque de condensation dans l’isolant, le redoutable et redouté point de rosée (condensation d’eau).

Cette eau dans l’isolant (devenue liquide) engendre un remplacement de l’air rendu captif (un des principes du fonctionnement des isolants fibreux) par de l’eau liquide. Bien évidemment, le lambda s’en trouve alors très affecté.

Ces capacités sont à prendre en compte

Rappelons ici que le couplage “isolant fibreux / régulation du transit de la vapeur d’eau” doit être rendu obligatoire et, bien sûr, réalisé conformément aux Documents Techniques Unifiés (DTU) régissant ce point particulier.

Dit autrement : “en cas d’utilisation d’un isolant fibreux, mieux vaut un matériau à capacités moyennes bien protégé au plan du transit de la vapeur d’eau, qu’un autre, de qualité supérieure, mais non protégé ou mal protégé vis à vis du risque de condensation”.

En ce qui concerne le choix possible de matériaux pouvant être à la fois très performants sous certains aspects mais étanches aux flux de vapeur par ailleurs (par exemple : certains matériaux réflecteurs ou les matériaux sous vide), le couplage avec un système très performant de renouvellement d’air doit être obligatoire.

L’impact climatique

A l’heure du dérèglement climatique, nous ne pouvons plus ignorer les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) du fait de nos activités et de nos choix de consommateurs. L’isolation n’y échappe pas.

On lit souvent, dans les argumentaires, des affirmations telles que : “Cet isolant permet d’éviter x kg eq CO2 pour seulement x kg émis”. On peut trouver des équations démontrant des économies des centaines de fois supérieures aux économies réelles.

Ces argumentaires n’ont de valeur que pour ceux qui les acceptent en l’état… ; très orientés et par contre sans aucune fiabilité.

En effet, il faudrait déjà s’entendre sur les kg eq CO2 pris en compte pour ce qu’on nous annonce étant consommé : sont-ce ceux liés à la fabrication du produit depuis l’entrée des ressources dans l’usine jusqu’au départ du produit de l’usine, c’est à dire sur le quai de chargement ? Les extractions et/ou collectes des ressources sont-elles prises en compte ? le transport de l’usine jusqu’au chantier et les mises en œuvre ont-ils été comptabilisés ? La dépose, la collecte, le transport et le traitement en fin de vie sont-ils pris en compte ?

On ne nous le dit jamais !

Les consommations de chauffage et donc les émissions de GES à l’exploitation sont-elle prises en compte avec un objectif de maison passive, donc très peu énergivore à l’exploitation ou l’objectif est-il seulement de comparer à une maison au niveau RT 2012 ? Par rapport à une température ambiante de 19° ou de … 23° ? La comparaison est-elle basée sur une maison totalement non isolée ou sur une maison déjà dotée d’une certaine performance thermique ?

Le plus important en ce qui concerne le carbone, et bien au-delà de ce qui est émis, c’est son origine.

En effet, en simplifiant à l’extrême (car il se stocke du carbone en permanence), il y a deux types de CO2, non pas en tant que molécule mais selon ses origines.

Le CO2 est un élément nécessaire à la vie. Entre autres, pas de CO2, pas de végétaux; et pas de végétaux, pas de nourriture

Les arbres, par exemple, fixent du carbone en le puisant dans le CO2 présent dans l’air et en relâchent lorsqu’ils sont en fin de vie, soit lors de leur combustion, soit lors de leur dégradation, “digérés” par divers organismes, eux-même émetteurs de CO2.

Ce cycle est dit “cycle vertueux”. On pourrait aussi le qualifier de cycle court.

Une partie du carbone présent sur terre a été piégé au Carbonifère, entre -300 et -360 millions d’années. Il est enfermé dans le sol sous forme de pétrole, gaz, charbon ou tourbe.

Il est évident, qu’auparavant l’atmosphère terrestre en contenait beaucoup plus qu’aujourd’hui puisque non encore fixé dans le sol ! Ces teneurs élevées de CO2 dans l’air ont généré d’autres conditions climatiques et, forcément, d’autres formes de vie ou, au moins, d’autres espèces végétales et animales qu’aujourd’hui.

Donc, le dérèglement climatique ne causera aucun tort à la terre en tant que planète mais par contre, les espèces végétales et animales qui y vivent vont devoir s’adapter aux nouvelles conditions climatiques qu’elle va connaître …

Et c’est là que commencent les problèmes car, selon les théories Darwiniennes, aucune espèce animale n’est en capacité d’évoluer aussi rapidement qu’en moins d’un siècle !

Puisque c’est le carbone piégé au carbonifère (issu des végétaux d’alors (vidéo)) qui pose problème et vient perturber le cycle vertueux, il faut prendre toute disposition pour qu’il reste dans le sol !

Il faut mettre en place des moyens de privilégier le CO2 issu du cercle vertueux et pénaliser celui issu du Carbonifère, y compris de façon contraignante si nécessaire.

L’impact environnemental

Nous l’avons abordé ci-avant, notre futur dépend, au moins en partie, de nos choix et de nos actes. Certes l’isolation ne provoque, directement, qu’une faible partie des émissions de GES. Puisque sa part est très faible, il ne doit pas être bien difficile de juguler cette part des émissions.

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Il faut, par tout moyen, comme déjà évoqué, privilégier les isolants vertueux sur ce plan.

Il est également nécessaire d’intégrer au nouveau paradigme les possibilités réelles de recyclage. Souvent on nous vante les possibilités de cette opération, les industriels ou leurs syndicat professionnel nous l’affirment : “notre produit est recyclable !”, c’est vrai. Sauf que le fait qu’une chose soit possible ne veut pas dire qu’elle sera faite.

Nous avons ainsi épinglé ici un fabricant de polystyrène, des industriels du polyuréthane, un producteur de laine de verre, parmi d’autres dénonciations de greenwashing.

Tout isolant, recyclable ou non, ou même simplement difficilement recyclable,  quelqu’en soit la cause (technique, financière ou autre), arrivera un jour en fin de vie

Il devra alors être géré, soit par destruction par tout moyen adapté, soit, le plus souvent, par enfouissement. Si ces opérations n’ont pas été anticipées, elles deviendront des externalités. Ces dernières seront dès lors à la charge de la société, alors même que les bénéfices auront été encaissés en amont, au moment de la vente et de la mise en œuvre desdits produits.

Il faut donc prévoir dans la réglementation tous moyens, soit de pénaliser les isolants non ou difficilement recyclables, soit de budgéter le coût de leur traitement réel en fin de vie, ceci au-delà des discours de bonnes intentions !

A usage équivalent, il faut favoriser les matériaux isolants dont l’analyse de cycle de vie fait apparaître une faible consommation d’énergie grise.

Nous devons aussi veiller à n’utiliser les ressources diverses à notre disposition que de telle sorte à satisfaire nos besoins sans aliéner la possibilité, pour les générations futures, de satisfaire les leurs !

Nos bons plaisir d’aujourd’hui ne doivent générer leurs galères de demain !

Conclusion

Nous avons posé ici les piliers sur lesquels nous pensons que toute nouvelle législation, toute nouvelle réglementation ou norme, prétendant à quelque titre que ce soit orienter, accompagner, ou simplement recommander la réalisation de travaux visant à une recherche de performance énergétique doit s’appuyer.

Le confort

C’est l’objectif N° 1 de ceux qui programment des travaux d’amélioration énergétique, ce pilier est donc essentiel, le porteur N°1 !

La salubrité

Vivre dans un environnement non seulement confortable mais aussi sain est un droit qui doit être accordé à chacun. Les isolants doivent être les plus respectueux possibles de cet aspect.

Les performances réelles

Les performances annoncées par les fabricants doivent être assorties d’un facteur de réduction si, en conditions réelles d’exploitation, elles ne sont pas de même niveau que lors des tests en laboratoire.

L’impact climatique

Le niveau de CO2 est un marqueur essentiel de contrôle de la dégradation du climat. Le CO2 correspondant au cycle de vie complet de chaque produit doit être pris en considération, évalué et comptabilisé au plus juste. 

Attendu que selon ses origines, du cycle vertueux ou ayant été piégé au Carbonifère, ses émissions ne peuvent pas être considérées sous le même angle : il faut différencier ces deux sources et favoriser les émissions dans le cadre du cycle vertueux.

L’impact environnemental

Nous devons ne consommer que ce qui est nécessaire à la satisfaction de nos besoins, de sorte à permettre aux générations futures de satisfaire les leurs.

La législation doit privilégier, dans la mesure du possible, les matériaux peu énergivores tout au long de leur cycle de vie.

Nos souhaits

Nous avons émis des idées, lancé des pistes, nous ne prétendons pas à une quelconque exhaustivité.

Nous espérons inspirer et provoquer des envies d’aller, enfin, vers ce paradigme qui, tout en assurant un confort correct, limitera la consommation de ressources et d’énergie, aussi bien pour les travaux en amont que pour l’exploitation de l’habitat en aval.

Nous souhaitons, globalement, que l’approche énergétique des habitats soit la plus pertinente possible, durable, et permette une exploitation la plus confortable possible. Nous voulons aussi que les habitats eux-mêmes soient durables et sains.

Surtout, compte tenu de l’évolution du climat, il devient urgent de mettre en avant le traitement du confort l’été, au moins à égalité avec celui du confort l’hiver !

Crédits photos : Tumisu, marcelkessler, geralt, Kiwi_Lisa, prvideotv de Pixabay

 

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

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