Maison : les techniques de construction conseillées par Build Green (3/3)

Construire une maison, un acte majeur, de ceux qui comptent dans une vieAlors, autant se donner toutes les chances possibles pour que la satisfaction soit à la hauteur du rêve !

Après la quête pour le terrain, les questions, hésitations, esquisses, reprises, changements pour en définir l’agencement, après les doutes, à nouveau esquisses, essais, changements pour en définir l’architecture, voilà qu’il va falloir à nouveau se triturer les méninges pour les matériaux et les techniques de construction.

… À moins que les choix architecturaux aient été guidés par une technique elle-même.

De nombreux matériaux, de nombreuses techniques peuvent prétendre permettre d’édifier une maison individuelle.

Nous avons déjà abordé ici les techniques communes à tous types de maisons ainsi que, pour les murs, les matériaux et techniques que nous déconseillons.

Cet article est dédié aux matériaux et/ou techniques (jusqu’au stade hors d’eau, hors d’air) qui nous semblent pouvoir atteindre un résultat non seulement esthétiquement réussi, mais aussi confortable, sain, durable et respectueux de l’environnement .

Nous y développerons les raisons pour lesquelles nous les conseillons.
En prime, à la fin de cet article, nous abordons très rapidement le sujet des habitats alternatifs.

Préalables

Construire n’est pas un acte anodin.

Construire une maison pré-suppose l’obtention des autorisations nécessaires, entre autres le permis de construire. Nous avons traité ici de tout ce qui relève de ses contraintes administratives.

Nous avons aussi abordé, dans un autre article, les techniques communes à tous les modes constructif, à savoir les soubassements, les toitures, les menuiseries extérieures.

Les maisons sont très souvent classées par type, certaines appellations s’ancrent dans l’histoire. On parle de maisons en dur, maisons à ossature bois, maisons en pierre, en pisé (vidéo), en paille … On devrait plutôt parler de maisons avec des murs en dur, à ossature bois, en pierre et autres matériaux.

Si, comme nous l’espérons, vous optez pour des matériaux et/ou techniques que nous développons ci-après, nous vous conseillons de bien choisir l’écrin qui recevra votre maison, et qui, globalement, constituera votre biotope personnel.

Le lieu ayant été choisi, ne reste plus (doux euphémisme!) qu’à définir l’objet, sans oublier un des critères principaux : le confort !

Ces sujets ayant déjà fait l’objet de “décortications” ici, nous n’y reviendrons pas.
Édifier un bâtiment est soumis à l’obtention d’un permis de construire. Sa demande est très encadrée. Les contraintes qui l’entourent ont aussi été traitées dans ces colonnes.

Techniques qui nous semblent acceptables

Elles doivent répondre aux critères de non toxicité, salubrité, non pollution, d’origine renouvelable, recyclabilité et toutes autres valeurs portées par Build Green.

Murs en briques de terre cuite

Il en existe de 2 types, les briques dites “briques creuses (pdf)” et les “briques alvéolaires”.

Elles sont naturellement recyclables. Elles présentent des qualités mécaniques parfaitement adaptées à l’habitat individuel. Elles sont aussi ouvertes à la diffusion de vapeur (perspirance).

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Les performances actuelles exigées au niveau thermique (RT 2012) ne permettent pas, raisonnablement, qu’une brique, seule, y réponde. Il faudra isoler les murs extérieurs qui auront été construits avec ce matériau.

Bien sûr, comme toute construction “en dur” elle présentera des faiblesses au niveau des ponts thermiques, ce qui milite pour une isolation par l’extérieur.

Murs en béton cellulaire

Comme pour les briques en terre cuite, s’il a été possible, autrefois, de construire des maisons dont les murs en béton cellulaire seul suffisaient à atteindre les objectifs des règlements thermiques de l’époque, ce n’est plus raisonnable de l’envisager pour la RT 2012. Sa perspirance est bonne.

Nous conseillons de l’envisager avec une ITE.

Murs avec blocs isolants dans la masse, biosourcés

bloc-isolantDe plus en plus de matériaux de ce type nous sont proposés. Nous pensons tout particulièrement aux blocs à base de chènevotte de chanvre. Ils sont liés soit à la chaux, soit au ciment naturel Vicat (qui ne présente pas du tout les mêmes inconvénients que le ciment Portland). Il en existe même qui sont profilés et s’emboîtent.

Ces blocs n’étant pas porteurs, il viendront s’insérer dans une ossature, soit entre les éléments poteaux et poutres, soit déportés par rapport à la structure.

Techniques que nous recommandons

Chez Build Green, nous avons des convictions que nous défendons et qui transparaissent au travers de notre ligne éditoriale.

Nous préconisons l’emploi de matériaux d’origine renouvelable, si possible d’origine proche, respectueux de l’environnement en général, de celui des futurs habitants en particulier, sains, recyclables … en un mot, conformes à notre ligne éditoriale.

Murs en bois

Le bois est le matériau recommandable par excellence : d’origine renouvelable, il est, par ailleurs, le seul piège à carbone terrestre bien maîtrisé et largement utilisé à ce jour. Nous avons largement abordé ici la problématique du carbone, tant pour ce qu’il peut provoquer que selon ses origines.

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Nous avons aussi évoqué  les différentes possibilités de construction en bois et traité de ce qui en est dit, le vrai et le faux.

La construction avec ce matériau est en forte progression et nous pensons que c’est juste.

Murs en pisé ou bauge

Ces deux techniques font appel à la terre. Elles ne sont pas praticables partout puisque, pour être pertinent jusqu’au bout, la terre doit être de provenance locale.

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Le pisé

Il est fait avec la terre crue collectée, dans son état d’origine.

La technique consiste à réaliser un banchage (coffrage) de chaque côté du mur, y mettre la terre (y compris quelques petits cailloux qu’elle contient) et la tasser. Le pisé (vidéo) n’est pas renforcé par quoi que ce soit.
De nombreuses associations sont en capacité de former et/ou accompagner pour l’édification de maisons selon cette technique.

La bauge

Contrairement au pisé, la bauge (vidéo) est obtenue par mélange de terre, paille et eau. Il s’agit de réaliser des sortes de blocs assez compacts mais non secs et de les empiler entre des banches en les tassant.

Là aussi, il est possible de se faire former ou accompagner.

Il est nécessaire de protéger les murs ainsi construits des remontées capillaires (pisé et/ou bauge) par un soubassement (vidéo) qui va en permettre la gestion avant qu’elles n’arrivent jusqu’à la terre.

Dans les deux cas les linteaux sont généralement réalisés en bois et les charpentes ne doivent pas engendrer de poussée latérale.

Murs remplis de paille

La paille peut être un élément porteur en soi, mais nous ne recommandons pas cette technique. Elle est d’ailleurs très peu pratiquée en France. Par contre, la paille en remplissage de murs porteurs à ossature bois est une technique qui, petit à petit, se fait une place au soleil. Pour ceux qui auraient des doutes sur la pérennité de tels ouvrages, la maison la plus ancienne construite en France va bientôt fêter ses 100 ans, pas mal !. D’autant plus quand on sait qu’elle est gaillarde, pimpante et … encore très efficace thermiquement?. Il s’agit de la maison Feuillette.

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Beaucoup de choses plaident en sa faveur : grande disponibilité, faible coût des fournitures, efficacité thermique certaine, très bonne gestion de la migration de la vapeur d’eau

Elle nécessite beaucoup de main d’œuvre.

Elle est, à ce jour, reconnue et normalisée.

De nombreuses associations peuvent conseiller, guider, encadrer et former à cette technique. De nombreux ouvrages lui sont dédiés.

Nous avons déjà publié ici de nombreux articles traitant de ce sujet et nous pensons que cette technique est probablement une des solutions pour l’avenir de la construction individuelle.

Autres techniques recommandées

Murs en pierre

Nous recommandons aussi cette autre technique de construction ancienne, ayant fait ses preuves mais plus marginale aujourd’hui car nécessitant un réel savoir-faire, beaucoup de temps et de main d’œuvre.
Il est possible d’édifier des maisons, tout comme autrefois, en pierres de taille ou de tout venant.

Plutôt que développer plus cette technique ici, nous vous conseillons la lecture (re-lecture) d’un article ancien que nous lui avions dédié : Murs en pierre, leurs atouts et contraintes

Habitats alternatifs

D’autres techniques, beaucoup, plus récentes, beaucoup moins répandues, ont vu le jour ces dernières années.

Certains de ces habitats alternatifs sont des maisons à part entière aux termes de la loi : implantation, raccordements …

D’autres, tels les Yourtes et les Tiny houses relèvent de législations différentes. Étant malgré tout des lieux de vie possible, nous souhaitons les aborder ici également.

Container

Il s’agit d’utiliser des containers maritimes, le plus souvent désaffectés, et de se servir des volumes initiaux qu’ils représentent pour, après y avoir découpé les ouvertures nécessaires, les assembler aux fins de créer une maison. Ils peuvent même s’empiler pour développer un habitat en étages.

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Ces containers se posent sur des bases ancrées au sol et sont, à l’identique de toutes les autres maisons, raccordées aux réseaux publics. Ce sont des maisons à part entière et elles présentent une alternative valable. Nous les conseillons car, contrairement aux autres maisons à structure métalliques, celles-ci sont fabriquées à base de produits en fin de vie : les containers.

Nous leur avons consacré plusieurs articles dans nos colonnes.

Earthship

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Ce type de maison nous vient des Etats Unis. Il a été initié par un architecte génial : Myke Reynolds. La base de ces maisons, en partie enterrées : un empilage de pneus automobile usagés emplis de terre compactée, une grande face vitrée exposée au Sud, une serre intégrée à la maison, destinée à assurer au moins en partie les besoins alimentaires de la famille; le retraitement et le réemploi des eaux usées sont d’autres points clés. Elles sont très novatrices et font appel le plus possible à des matériaux simples, autant que faire se peut recyclés et/ou de provenance locale. Elles sont d’emblée tournées vers la recherche d’autonomie.

Earthbag

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Ces maisons (vidéo) sont fabriquées à partir de sacs remplis de terre et/ou de sable. Issues de la nécessité de concevoir une réponse simple à des habitants dépourvus de moyens en milieu pauvre et/ou hostile.
Ces construction sont généralement très rustiques, ce qui correspond bien à l’esprit dans lequel ses concepteurs les ont imaginées.

Hobbit

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Maisons enterrées (vidéo) inspirées, comme leur nom l’indique, du monde des Hobbits. Elles sont construites avec des matériaux collectés sur place. Leurs propriétaires y expriment souvent leur créativité, ce qui en fait parfois des sortes d’œuvre d’art.

Yourte

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Il s’agit d’une adaptation de l’habitat nomade des peuples de Mongolie centrale. Elles étaient fabriquées à base de toiles de feutre posées et superposées sur une structure porteuse légère en bois. Le sol était composé de tapis posés à même le terrain. Elles ont été “européanisées”, moins mobiles et plus confortables, entre autre le sol est maintenant, le plus souvent, constitué d’un plancher bois.

Elles restent malgré tout une forme d’habitat léger. Contrairement à ce qui est parfois dit ou écrit, bien qu’habitat léger, les yourtes sont soumises à la réglementation générale. En témoigne les dires du site d’un fabricant.

Tiny house mobile

Ce sont des habitats de très petite dimension sous forme d’une mini-maison implantée sur une remorque routière. Elles semblent être une solution pour qui souhaite réduire son empreinte écologique. Elles sont, légalement, considérées comme une charge sur une remorque routière. La loi ALUR prévoit des possibilités d’implantation d’habitats légers mais aucun décret d’application n’est venu valider les textes.

construction-maison-Tiny-house
Pour s’ancrer dans la légalité, il faudrait la stationner sur un terrain constructible, après obtention des mêmes autorisations que pour d’autres habitats de même surface et la relier aux réseaux de même que tout autre habitat, ce qui annule ses avantages de faible coût et de mobilité.

Actuellement dans un flou juridique, il nous semble risqué de s’engager sur cette forme d’habitat.

Ce sujet a été traité ici dans de multiples articles.

Conclusion

L’acte de construire n’est jamais anodin, une maison est la rencontre entre un lieu et ses occupants. Elle sera l’écrin de cette rencontre et devra permettre une osmose la plus totale possible.

Les matériaux et la technique retenus auront un rôle essentiel tout au long de l’exploitation, de l’occupation de la maison.

Si le terrain d’assiette sera impossible à faire évoluer, il n’en sera pas de même pour la maison qui, elle, sera transformable, améliorable, mais autant ne pas se tromper au départ.

L’architecture n’a pas été abordée ici, nous sommes cependant convaincus qu’elle doit être prise très sérieusement en compte, ne serait-ce que pour éprouver du bonheur à la vue de l’œuvre !

Nous vous souhaitons de trouver celle(s) qui convient (conviennent) à vos aspirations.

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans,
Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre,
Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit,
Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation,
Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent,
Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente »

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