Maisons bois : le vrai du faux

Une maison bois, c’est plus d’entretien, une maison bois, c’est plus facile à chauffer, une maison bois ça coûte plus cher, une maison bois ça prend moins de temps à construire, une maison bois ça brûle facilement, une maison bois c’est plus écologique, …

Voici quelques-uns des poncifs classiques autour de la maison bois. Il n’y a pas de fumée sans feu dit-on, alors nous avons décidé d’aller voir de quelle nature est le feu : est-ce celui qui réchauffe, est-ce celui qui détruit ?

Toutes ces affirmations sont-elles justes, bref, où est le juste, où est le faux ?

Avec la plus grande objectivité possible, l’objectif de cet article est de trier le bon grain de l’ivraie, le vrai du faux.

Les avantages souvent accordés à la maison bois

Nous avons détaillé l’intérêt d’une maison bois face à d’autres matériaux classiques dans cet article. Nous vous en rappelons ici les principaux avantages.

Une maison bois, c’est un gain de temps

  • oui car pas d’attente de séchage : les matériaux utilisés sont secs, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’ils sèchent avant de poursuivre les travaux.
  • oui car pas d’attente de prise : les bois assemblés sont, d’emblée, porteurs. Il n’est pas nécessaire d’attendre une prise quelconque avant de décoffrer ou avant de poser les éléments suivants ou de réaliser le montage des étages supérieurs.
  • oui car rapidité sur chantier : la nature même de bois permet un taillage aisé en amont du chantier et l’assemblage rapide sur le chantier d’éléments ou sous-ensembles préfabriqués en atelier.
  • oui car pas de retouches : tous les éléments taillés en atelier permettront des assemblages de haute qualité, rapides, corrects et, d’emblée, propres et nets.
  • oui car moins de risques intempéries : la préfabrication de plus en plus courante en atelier permet d’arriver très vite au stade hors d’eau, hors d’air.
  • oui car second œuvre possiblement plus rapide : du fait de leur poids peu important, des éléments entiers de murs peuvent être livrés avec l’isolation, les menuiseries et, parfois, même les parements.

Une maison bois, c’est plus facile à chauffer

Voilà une affirmation qu’on peut qualifier de vraie, sous condition que nous allons développer.

Avec un même isolant, de la même épaisseur, oui, une maison bois est plus facile à chauffer si l’isolation est correctement faite, si les opérateurs ont été rigoureux. En effet, théoriquement, le matériau bois utilisé étant moins caloporteur que beaucoup d’autres, notamment minéraux, une maison bois comporte moins de ponts thermiques ou, si ponts thermiques il y a, ils seront moins “virulents” et donc moins pénalisants.

Une maison bois c’est plus écologique

Oui et non. Ah, une réponse de Normand, ça ne facilite pas le choix !

Oui, une maison bois sera toujours plus écologique qu’une maison dont les murs sont en béton, mais elle le sera moins qu’une maison en pisé dans les zones où la nature du sol le permet.

Oui, une maison bois sera plus écologique qu’une maison en briques de terre cuite, mais elle le sera moins qu’une maison type Earthship pour qui veut se tourner vers cet habitat alternatif.

Oui une maison bois sera plus écologique qu’une maison mixte polystyrène et béton de ciment tel qu’on nous le propose de plus en plus, mais elle le sera moins qu’une maison en paille porteuse.

Une maison bois c’est plus sain

Oui c’est une affirmation généralement juste si …

Si le bois n’a pas été “gorgé” de produits de traitement malsains. Nous modérons ce propos car la plupart des traitements proposés aujourd’hui ne présentent pas de risque sanitaire.

Oui si la perspirance naturelle des éléments bois n’est pas mise à mal par des vernis “étanchéifiants”. C’est une pratique qui tend à disparaître, mais certains emploient encore des vernis “marine” pour peindre leur maison bois. C’est propre, ça brille, pas d’insectes xylophages, oui, mais pas de perspirance non plus et c’est donc la perte d’un des avantages de la maison bois sur beaucoup d’autres systèmes constructifs.

Une maison bois, ça aide à la sauvegarde de la planète

Oui car, pour pousser, le bois a besoin de carbone et il en consomme. Ce faisant, il le fixe, c’est même pour ça qu’il pourrait être utilisé en tant que combustible si nous ne construisions pas avec. Aussi longtemps que le bois sera conservé sous sa forme de bois, il piègera le carbone qu’il a fixé lors de sa pousse.

Une maison bois ça peut plus facilement être auto-construit

C’est une affirmation vraie. Il est assez facile et à la portée de beaucoup d’auto-constructeurs potentiels de couper, tailler et assembler des pièces en bois. Solidariser des éléments en bois entre eux, qu’ils soient panneaux, planches ou autres, c’est un sciage et un clouage, au pire, vissage. Toutes ces opérations sont assez facilement maîtrisables et ne nécessitent pas forcément beaucoup de matériel, même si les équipements peuvent aider. Nous vous invitons toutefois à lire cet article avant de vous lancer en auto-construction.

Un agrandissement en bois est plus facile à réaliser qu’en “dur”

Oui, pour beaucoup de raisons déjà développées ci-avant. Pour rappel et sommairement : matériaux secs, possibilité de pré-taillage en atelier, éléments facilement manuportable, il suffit de savoir mesurer, tracer, scier, clouer et/ou visser. Il convient d’ajouter sa rapidité de mise en oeuvre.

Pour qui n’a pas envie de tout réaliser lui-même, de nombreux artisans ou industriels proposent des kits pré taillés qu’il n’y a plus qu’à assembler.

De tous les arguments ci-dessus, le principal nous semble le travail avec des matériaux propres et secs. Peu d’habitants sont prêts à voir les brouettes passer les une après les autres dans le salon ou la salle à manger, pleines à raz bord de béton.

Une maison bois est plus sûre en cas d’incendie

Oui, une maison bois est plus sûre en cas d’incendie, et pourtant elle brûle. C’est vrai que le bois est un combustible et que suite à un incendie, la place est facile à nettoyer. Cependant, même si rien n’interdit d’intégrer des matériaux qui laissent émaner des vapeurs toxiques sous l’effet de la chaleur, est-ce par conviction écologique, est-ce pour utiliser des matériaux en accord avec le bois de la structure, en règle générale ces maisons ne recèlent pas de bombe à retardement en cas d’incendie.

De plus, le bois se consume très lentement et donc, même si la maison brûle intégralement, aucune émanation toxique ne vient asphyxier les occupants et ils ont amplement le temps d’en sortir sans risque pour leur santé.

Les inconvénients qu’on prête aux maisons bois

Les maisons bois nécessitent plus d’entretien

Cette affirmation peut être vraie pour celui qui, ayant construit une maison en bois, souhaite l’habiller avec du bardage en bois naturel et ne pas voir ce bardage se teinter naturellement avec le temps. Il lui faudra alors, un an après la pose de ce bardage, le peindre ou lasurer (il est mieux de toujours laisser passer les 4 saisons sur le bois, il se purgera ainsi des impuretés qui l’auront “colmaté” (la sciure de sciage entre autres)). Une lasure lui redonnera un peu de faste après cette 1ère année “au naturel” (on ne vernit pas une maison bois, ce n’est pas un bateau, on lui passe de la lasure ou une peinture micro-poreuse).

Ensuite il faudra repeindre la maison tous les 5 à 7 ans.

Cependant, de nombreuses solutions sont possibles pour qui ne souhaite pas entretenir son bois extérieur :

  • même ayant posé un bardage en bois naturel, le laisser vivre et se patiner seul dans le temps est une solution qui ne remet en cause la durabilité de ce bois de parement, mais évite un entretien qui peut être ressenti fastidieux. Il faut accepter que l’aspect visuel ne soit pas uniforme.
  • il se réalise aujourd’hui autant de maisons bois crépies que de maisons bois “bardées”. Cette option crépi annule tout besoin d’entretien pendant de très nombreuses années, à l’identique des maisons en béton.
  • un bardage en bois brûlé fait que le parement, naturellement protégé par ce brûlage, sera visuellement stable dans le temps, sans entretien.
  • reste encore une dernière option, que nous ne vous conseillerons pas mais que notre honnêteté nous amène à citer : le bardage plastique ou, mieux, composite.

Une maison bois c’est plus cher

Ce qu’il faut souligner est dans le titre : plus chère, peut-être, mais par rapport à quoi ?

En effet, la différence de prix entre une maison dite traditionnelle, que nous préférons qualifier de “conventionnelle”, et une maison en bois est due quasi uniquement à la différence des murs : en béton ou brique de terre cuite d’un côté, en bois d’un autre côté.
Si différence il y a, elle est due à ces seules différences de technologie, et il ne nous semble pas qu’elle puisse être importante sauf à … ne pas disposer du même niveau de qualité de matériaux, équipement ou réalisation de second œuvre. En admettant même un surcoût de 50% de ce poste, ce qui serait très important, vu qu’il ne représente lui-même que moins de 10 à 12% du prix total, l’impact ne serait que de 6%.

Ce surcoût possible sera compensé par une durée de construction raccourcie de quelques mois pour les raisons développées ci-avant, donc impact normalement faible, compensation également par un gain en m² lorsque l’isolation est intégrée.

Les maisons bois sont inconfortables car sans inertie

C’est une affirmation vraie … pour qui le veut bien.

D’où vient cet inconfort possible ? Un des éléments de ressenti de confort, c’est la stabilité de la température. Comme un volant d’inertie apporte du confort d’utilisation à un moteur à explosion, une masse en capacité de stockage de calories apporte du confort dans un habitat.

Dans une maison en béton, les refends apportent cette masse. Dans une maison bois, ils sont, généralement … en bois. Et le bois ne peut pas rivaliser avec le béton dans ce domaine. Cependant plusieurs solutions peuvent contrer cette faiblesse.

La création d’un ou deux murs de refend en béton suffit à lever ce handicap.

Une autre solution possible : le chauffage avec un poêle de masse. A lui seul il représente un bel apport de capacité d’inertie.

Les isolants sélectionnés peuvent également avoir une importance très grande dans ce domaine : opter pour des isolants d’origine végétale, c’est faire le choix de matériaux à fort déphasage et donc de lissage de l’influence possible des extrêmes de température extérieure.

Les maisons bois vieillissent mal

Ce vieillissement est-il au niveau de l’aspect ?

Si vieillir mal est une appréciation liée au visuel, nous rappelons que le beau ou le pas beau relèvent de la subjectivité. Ayant habité longtemps le Chablais (Haute Savoie), j’ai souvent eu un sujet d’esthétique dans des conversations : AVORIAZ. Il s’agit d’un ensemble d’immeubles en béton habillés de bardage bois (cèdre rouge du canada). Ce parement bois a été, volontairement, laissé brut, sans aucun traitement, sans lasure, peinture ou vernis. Les façades se sont donc naturellement patinées, bien évidemment avec des intensités différentes selon les orientations. Selon que la surface est, ou non, sous la protection des avants-toits, l’aspect n’est pas uniforme. Le développement du village des Dromonts, une partie d’AVORIAZ, a été couronné d’un prix d’architecture en 1968.
Comme souvent pour ce qui est en rupture avec le conventionnel, la passion s’en mêle. On aime ou on n’aime pas, on reste rarement indifférent.

Cependant et pour répondre au vieillissement, avec 70 ans au compteur, la preuve a été apportée, indépendamment des éléments de structure, que les parements (ou éléments massifs si ce sont des madriers ou des rondins) résistent bien, mécaniquement, à l’épreuve du temps.

La fréquence de l’entretien, selon l’aspect recherché, dépendra des choix de chacun, allant de quasiment jamais pour qui opte pour un vieillissement naturel, à une reprise tous les 5 à 7 ans pour qui voudrait avoir un aspect uniforme.
Nous soulignons le développement d’une technique traditionnelle japonaise : le bois brûlé (technique shou-sugi-ban). Elle aussi, du fait de l’aspect donné au bois, ne laisse pas indifférent : on aime ou on n’aime pas. Indépendamment du fait d’aimer ou pas, ce “traitement par le feu” est redoutablement efficace.

Ce vieillissement est-il au plan structurel ?

Les structures bois, si elles sont réalisées dans les règles de l’art, résisteront très longtemps. Nous disposons de très nombreux exemples, particulièrement en montagne, de construction bois qui ont défié les siècles. Les centre-villes anciens réalisés en colombage sont aussi une autre preuve de la tenue du bois dans le temps.

On n’a pas de recul sur ce type de maison

Nous avons, ici, publié un article qui rappelle l’histoire de la maison en France sur les 2 derniers millénaires. Le moins qu’on puisse dire est que, pour ce qui nous concerne, français, les maisons bois ont été, à de diverses périodes et selon les régions, ce qui a constitué la base de l’habitat individuel.

Les maisons bois sont le régal des termites

C’est vrai, les insectes xylophages se nourrissent de cellulose. Le bois des constructions bois est constitué de cellulose. Donc, c’est vrai, les insectes xylophage peuvent manger les structures des maisons bois.

Ceci posé, nous savons, aujourd’hui, parfaitement protéger les maisons bois de la voracité de ces insectes.

La première des solutions est d’utiliser des essences naturellement auto-protégées : le châtaignier, le douglas purgé de l’aubier, le mélèze, le red cédar …

Il est possible, également, de protéger les bois via des traitements, certes chimiques, mais de mieux en mieux maîtrisés dans leur formulation.

Les bois chauffés sont une solution car, alors, tous les éléments nutritifs que viennent chercher les insectes xylophages ayant été rendus non assimilables pour eux, ils ne s’intéresseront pas aux bois de cette nature.
En ce qui concerne les termites, conscient de ce risque, le législateur, a pris toutes dispositions de protection contre ces insectes. Les dispositions vont du traitement des bois aux barrières physico-chimiques ou physiques, en passant par les pièges. Bien sûr, les précautions sont à prendre dans les régions concernées par la présence de termites, ce qui n’est pas vrai pour l’ensemble du territoire français.

Les maisons bois sont plus sensibles que les autres à la mérule

La (ou le) mérule est un champignon lignivore, c’est à dire qu’il se nourrit de la lignine des bois. Une maison en bois intègre forcément une volume important de bois, ce qui donne la possibilité à la mérule d’y trouver facilement ce qui lui est nécessaire pour se “nourrir”.

La mérule, au-delà de la présence de bois, a besoin, pour se développer, d’une humidité relative importante. Là où tout est fait dans les règles de l’art, particulièrement la ventilation des vides sanitaires et des sous-sol, si les bois, tant de structure que de parement, sont dans un milieu correcte au plan de cette humidité relative, si les bois sont maintenus à un taux d’humidité absolue inférieure à 22%, les mérules seront naturellement détruites. Vous trouverez, dans notre médiathèque, un document avec tous les renseignements utiles pour que, jamais, votre maison ne soit victime de ce champignon, qu’elle soit en bois ou autre. Les maisons “béton” contiennent aussi des bois et ne sont pas plus exemptes “d’attaques” de la mérule que les maisons bois.
Concernant le site sus-cité, il est édité par un groupement de spécialistes  du traitement de la mérule, il y est préconisé des traitements qui, si la gestion de la maison est faite correctement et en bon père de famille, ne sont pas nécessaires. Ils peuvent, par contre, l’être pour les maisons déjà infestées.

Son bilan carbone est meilleur que celui de maisons construites selon d’autres techniques

Oui, c’est vrai, le bois contient beaucoup de carbone qu’il a “piégé” lors de son développement.

Si les bois utilisés sont de provenance locale, le bilan sera parfait. Si le bois provient de plus loin, même si le bilan est un peu dégradé, les émissions de carbone liées à son transport demeurent très faibles par rapport au bénéfice du carbone piégé. Il est d’ailleurs préférable de transporter du bois raboté calibré mais non assemblé pour, ainsi, pouvoir mettre une volume maximal de matière sur un camion. Ceci est très bien sur le plan bilan carbone mais aussi pour ménager du travail aux entreprises française, parfaitement aguerries au travail du bois.

La maison bois décote sur le marché immobilier

Si ce fait a été vrai dans le passé, peut-être, à tort, par manque de confiance accordée à ces maisons, peut-être par crainte des contraintes d’entretien ou pour toute autre raison, ça n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, leurs excellents bilans thermiques ne sont plus à démontrer, le voyage de plus en plus courant vers des pays à très forte tradition de maison bois (Scandinavie, Amérique du Nord, Japon …), ont permis à un nombre croissant de nos concitoyens de prendre conscience du fait que beaucoup des reproches faits à ce type de maisons n’étaient pas fondés.

On peut même affirmer qu’aujourd’hui la tendance serait plutôt inverse : la maison bois est recherchée sur le marché.

Conclusion

Comme souvent, les aficionados défendent ce qui est l’objet de leur passion et la maison bois n’en manque pas.

Ceux-ci font, naturellement, la part belle à leur “protégé(e)”. Ils ont pour eux que c’est facile tant la maison bois est pourvue de qualité et présente d’avantages par rapport à bien d’autres techniques constructives ou matériaux de construction. Cependant, comme souvent, ils peuvent oublier de parler des quelques inconvénients.

Les “détracteurs” de la maison bois ont, il faut bien le dire, de plus en plus de mal à convaincre …

Nous espérons avoir été le plus exhaustifs et objectifs possibles.

Les commentaires éventuels pourront nous permettre de “traiter” de points qui auraient pu nous échapper.

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

31 réflexions sur “Maisons bois : le vrai du faux

  1. merci, super article. L’autre jour, je me demandais si une peinture réalisée à la chaux (chaux + lait de vache) et appliquée sur des poutres par exemple pouvait faire office de traitement xylophage (la chaux étant réputée pour être assainissant) ?

    • Merci Berti d’avoir apprécié cet article. Malheureusement nous n’avons pas la réponse à votre question sur la peinture chaux + caséine. Nous nous renseignons et, dès que nous aurons une réponse fiable, nous vous la communiquerons.

  2. Oui, le process bois donne des garanties optimales de confort, d’éthique, de vieillissement et d’entretien si le projet respecte bien les données techniques fondamentales de conception, de pose et de réalisation…
    Ne jamais oublier, que le MATERIAU BOIS est un MATERIAU VIVANT est que son seul ENNEMI est le parasitisme… Le mérule, les champignons lignivores, les insectes xylophages ne trouvent à s’exprimer que si l’ouvrage bois est MAL CONCU!…
    La lumière directe et indirecte et la ventilation sont les armes de « base » des concepts bois!…
    Comme le classe 4, la visserie inox, les montages avec contre-pièces et fixations traitées et protégées lors des ponts thermiques, la structure porteuse doit optimiser la ventilation et ne pas être comme souvent un « cache misère »!…
    Le bois, demande une mise en œuvre minutieuse et soignée, des coupes propres et des fixations et assemblages proportionnels…
    Les ouvrages bois, demande du « bon sens » et une connaissance technique BEAUCOUP plus importante que les « matériaux basiques » de la construction
    Maintenant, il ne faut pas oublier de lui associer des composants plus modernes (bardages, terrasses) qui permettent aux concepts bois d’être un produit de la construction du futur!…
    ATPV Concept
    Alain BAERISWYL

    • Merci BAERISWYL Alain de ces rappels de la nécessité, dans ce domaine de la maison bois, de bien respecter le règles d l’art. Il s’agit d’ailleurs d’un conseil qu’il est bon de rappeler pour tous les corps d’état et tous les matériaux et techniques.

  3. Merci pour cet article qui recapitule efficacement les arguments à opposer aux adeptes-du-béton-detracteurs-des mob que nous avons tous autour de nous

  4. Bonjour, il existe une solution pour garder une façade bois homogène sans avoir à y revenir tous les 5 ans : Le saturateur minéral aux silicates LIGNOSIL VERANO de chez KEIM. Un produit naturel et totalement respirant garanti 7-12 ans en 1 couche (durabilité : 15-20 ans voir bien plus selon l’essence, l’exposition et le climat) !

  5. Bonjour.

    Votre article est clair, précis.
    Mais il me semble que le bois rejette régulièrement le gaz carbonique emmagasiné, si je me souviens bien.
    Une chose positive est certaine, le bois ne retient pas les rayonnements électromagnétiques ou radios wifi, contrairement à une maison aux murs en dur.

    Je dirai qu’une maison bois se rapproche le plus d’un Habitat Sain, à condition que le bois ne soit pas émetteur de pollution de l’air intérieur (C O V et autres produits nocifs de traitement).
    Mais cela n’engage que moi.
    J’aime.
    Paul
    Cordialement.

    • Merci pour votre contribution.
      En ce qui concern le COI2 stocké, le bois ne le relâche qu’en cas de combustion ou compostage. Aussi longtemps qu’il est conservé en tant que fibre bois (bois porteurs, panneaux ou isolant, peu importe) il constitue un excellent piège à carbone.
      Par contre, pour ce qui est les ondes, s’il ne les retient pas, il les transmet.
      Pour ce qui est des émissions de COV, le bois, intrinsèquement, n’en n’émet pas. Ce sont les divers produits dont certains le gorgent (est-ce utile ???) qui posent problème …

  6. Merci pour cet article extrêmement complet, qui permet de dissocier le vrai du faux et de se faire un avis argumenté sur les maisons en bois.

  7. Vous dites  » le bois se consume très lentement et donc, même si la maison brûle intégralement, aucune émanation toxique ne vient asphyxier les occupants et ils ont amplement le temps d’en sortir sans risque pour leur santé ». La situation n’est-elle pas encore meilleure dans le cas d’une maison traditionnelle? En effet, si l’isolant utilisé entre les parpaings et les briques de parement est ignifuge (laine de roche ou laine de verre), rien ne sait brûler au niveau l’enveloppe extérieure! Seuls la toiture, les objets et meubles entreposés à l’intérieur de la maison sont alors susceptibles de prendre feu (Il en va de même pour une maison en bois me semble-t-il)…!

    • Bonjour Patrick Sainsilly, merci de votre apport à la vie de cet article.
      Vous avez totalement raison au plan de l’incendie !
      Nous avons cependant une petite différence de vue sur la terminologie (sémantique, culture ?). Pour nous, une maison traditionnelle n’est pas en parpaings, laine de verre et briques. Nous qualifions ce type de constructions de conventionnelles, car elles sont bien issues, non pas d’un savoir-faire ancestral ou de la transmission d’une tradition, mais de l’application de conventions …

      Revenons au cœur du message que, semble-t-il, vous avez souhaité transmettre : si rien ne peut brûler, il n’y a plus d’incendie en quelque sorte ! Donc, utilisons exclusivement des matériaux incombustibles.
      Sauf que, si départ d’incendie il y a, les parois extérieures ne sont pas seules concernées, il faut aussi parler de la propagation du feu à l’intérieur même du logement. Et à ce titre là, le fait qu’un matériau brule ou non n’est pas le seul critère à prendre en compte (rappelons qu’un feu est déjà déclaré : aux meubles, équipements …). Il faut aussi se poser la question de la transmission aux autres pièces, donc le développement de l’incendie.
      De nombreux test, de nombreuses vidéos, démontrent à l’évidence qu’incombustible n’est pas synonyme de frein à la transmission de la chaleur. A notre avis, les 2 plus emblématiques dans ce domaine sont les suivantes : https://www.youtube.com/watch?v=gFZz3DXniDw et https://www.youtube.com/watch?v=lAPPn53JtHQ.

      Revenons au cœur de notre article et à sa vocation : il ne s’agissait pas de mettre en évidence la pertinence ou non vis à vis d’autres modes constructifs, nous n’avons pas fait un article avec visées de comparaison entre des matériaux et/ou des techniques, simplement la confirmation ou l’infirmation de choses dites ou entendues sur et autour de la maison à ossature bois et, entre autres, du fait même du matériau bois et de ses caractéristiques : inflammable, biodégradable ……
      Et nous avons simplement rappelé une évidence : la combustion du bois est lente et elle n’émet aucune vapeur toxique.

      Pour finir sur notre position générale sur ce que devrait être une maison, elle doit être écologique (lire notre article dédié à ce sujet : https://www.build-green.fr/quest-ce-quun-habitat-ecologique-selon-build-green/) et, en ce qui concerne les matériaux que nous préconisons, puisque vous en citez 3, nous avons aussi écrit sur 2 d’entre eux pour dire ce que sont nos réticenses à leur égard (le béton et ses dérivés, au travers de leur liant devenu conventionnel, le ciment : https://www.build-green.fr/comment-les-cimentiers-nous-trompent-avec-de-vraies-infos/) (la laine de verre : https://www.build-green.fr/la-laine-de-verre-si-revolutionnaire/).

      Ce que vous affirmez sur les maisons en béton pourrait d’ailleurs s’appliquer à d’autres techniques constructives : le pisé, la bauge …
      Enfin, et à titre de conclusion, pour nous, une construction n’est pas une addition de matériaux ou techniques, elle relève d’une cohérence totale et transversale … et nous pensons que, au même titre que quelques autres techniques, la construction avec du bois est très pertinente (lire à ce sujet 2 autres articles, l’un sur ce que nous préconisons en terme de techniques de construction : https://www.build-green.fr/maison-les-techniques-de-construction-conseillees-par-build-green-33/, l’autre sur celles que nous déconseillons : https://www.build-green.fr/maison-les-techniques-de-construction-deconseillees-par-build-green-23/)

  8. bonjour
    Vous parlez de manque d’inertie. Mais est ce si problématique que cela dans un région où la température redescend autour des 20° la nuit ? L’avantage l’hiver de monter en température rapidement du fait que les murs aient moins d’inertie, peu t être un avantageux aussi l’été, ces murs étant plus facilement refroidis la nuit

    • Bonjour Franck cadenas,
      Le manque d’inertie, même s’il n’est pas rédhibitoire, est toujours un handicap dans la stabilisation des températures, une des conditions requises de ressenti de confort.
      Nous avons largement abordé cette problématique dans un article dédié au confort : https://www.build-green.fr/confort-thermique-laspiration-de-chacun-dans-son-habitat/.

      Force est de constater que les maisons bois présentent beaucoup d’avantages et … quelques inconvénients. Nous souhaitons rester dans la plus grande objectivité possible et c’est un fait, une maison en bois en tant que matériau principal, voire unique, présente cet inconvénient.
      Il est par contre assez facile de le contrer par diverses améliorations : isolant à forte inertie (d’origine végétale par exemple), un ou des éléments apportant de l’inertie : poêle de masse, refend en matériaux d’origine minérale …

  9. Bonjour je suis sur le point d’opter pour une maison bois. j’entends certains me dire tu es folle car le bois aggloméré utilisé est fait de colles toxiques etc etc
    Que pouvez vous m’envoyer dire svp? merci

    • Bonjour Madame Rey Martin,
      Plusieurs choses peuvent être dites, commencer par demander quelles solutions ces détracteurs proposent ainsi que si les leurs sont meilleures … et en quoi elles le sont … Ils n’auront probablement plus d’argument factuel très explicit !

      Pour leur répondre très facilement :
      – les panneaux utilisés sont des OSB, ils ne contiennent que très peu de colle, sont parfaitement ouverts à la migration de vapeur d’eau et n’émettent aucune vapeur toxique. Si des panneaux ont pu être assemblés avec des colles contenant, entre autres, des formaldéides, ce n’étaient pas des OSB, mais des agglomérés, lesquels ne sont plus utilisés depuis bien longtemps dans les murs des maisons à ossature bois,
      – il est tout à fait possible de construire des maisons à ossature bois sans utiliser de panneaux du commerce en guise de voile travaillant pour les contreventer mais simplement des voliges (planches peu épaisses, 16mm) posées à 45° par rapport à la structure porteuse.
      A titre d’exemple, j’ai, Claude Lefrançois, l’auteur de cet article, réalisé ainsi plusieurs maisons, dont une sert de support dans mon site Web : https://www.papyclaude.fr/à-propos/quelques-réalisations-passées/mob-en-2007/.
      Vous y découvrirez qu’en 2007 nous avions su concevoir un principe constructif et une isolation qui permettait d’être à moins de 20 kWh/m2 d’énergie primaire alors même que l’actuelle législation, RT 2012, vise d’être seulement en dessous de 50 !

      Vous y découvrirez un autre exemple, plus récent de 3 ans environ, lequel, à plus de 900 mètres, en Haute Savoie, se situe, selon les années, aux environs de 5 à 7 kWh primaires/an/m2 …

      Ne changez pas d’avis, vous optez pour une des solutions les meilleures.
      Voici les liens vers 3 articles que nous avons dédiés au sujet des techniques constructives :
      https://www.build-green.fr/maison-les-techniques-communes-de-construction-13/
      https://www.build-green.fr/maison-les-techniques-de-construction-deconseillees-par-build-green-23/
      https://www.build-green.fr/maison-les-techniques-de-construction-conseillees-par-build-green-33/

  10. Bonjour,
    Le bois traité est garanti 10 ans contre les xylophages.
    Si le bois n’est pas traité, les xylophages arrivent au bout de 10 ans (se portent de mieux en mieux avec le réchauffement climatique).
    Dans les 2 cas : la maison est en grave péril.
    J’ai construit & fait construire une maison ossature bois isolée ouate de cellulose qui au bout de 10 ans est Attaquée par les capricornes.
    Je refuse les produites conventionnels hautement toxiques en pleine incohérence avec une maison écologique.
    Reste l’ozone (par entreprise italienne), des ondes, ou des perfusions partout où c’est possible (donc pas partout).
    Il me faudrait démonter la toiture pour traiter la charpente, puis remonter !
    Le tout coûterait près de 10 000 € que je n’ai pas.
    Ma maison & ce capital risquent de s’évanouir …
    Donc je suis déçue par mes espoirs & croyances en la maison bois.

    • Les bois de votre maison seraient attaqués par des capricornes, possible, sauf que vous faites allusion à la charpente et celle-ci, que la maison soit à, ossature bois, en béton en brique ou autre, à architecture identique est la même.
      Donc, si les attaque sont situées au droit d la charpente, ceci n’est pas dû au fait que la maison soit à structure porteuse en bois … c’est ben tout cas ce que nous comprenons.

      Par ailleurs, vous dites que la maison a été isolée avec de la ouate de cellulose.
      Toujours si nous comprenons bien,, celle-ci aurait plus de b10 ans … Il se trouve qu’à l’époque, la quasi totalité des ouates vendues sur le territoire français étaient adjuvantées au bore. Or le bore est un bactéricide et les insectes xylophages ne peuvent digérer la cellulose (celle de la ouate tout autant que celle des bois de structure) que grâce à la présence de certains types de bactéries dans leur flore intestinale.

      Théoriquement (c’est en tout cas le constat fait par de nombreux utilisateurs de cet isolant (dont votre serviteur) depuis des décennies).
      Donc, théoriquement, la présence de bore dans l’isolant détruit la flore des insectes xylophage si ceux-ci ont la malencontreuse idée de manger un peu de ouate. Il se trouve que les bois inclus dans la ouate de cellulose adjuvantée au bore sont, eux aussi, protégés contre les-dits insectes … nous ne nous expliquons pas bien ce à quoi vous faites allusion …

      Cf notre article sur la ouate d cellulose : https://www.build-green.fr/la-ouate-de-cellulose-un-isolant-pertinent/

    • Bonsoir,
      La classe 5 n’est pas une classe destinée au bâtiment mais aux situations avec contact continu avec l’eau salée.
      Pour être tranchant, il semble surprenant qu’une telle classe existe puisque, en soit, le sel est un bactéricide et que, sans bactérie, pas de putréfaction et donc pas de dégradation par pourrissement. les bois dans l’eau salée ou saumâtre c’est pas action physique des vagues que les bois se dégradent (voir la triste histoire des piliers sous la ville de Venise qui, bien qu’ayant résisté plusieurs siècle sdans l’eau de mer (plutôt saumâtre d’ailleurs) se dégradent extrêmement rapidement sous l’effet des vagues générées par les bateaux à hélice et une récente restriction de fréquentation par les paquebots de croisière …)
      Les bois de classe 5 sont des bois durs réputés naturellement très résistants.
      A notre connaissance cette classe ne correspond pas à un traitement mais à des qualités intrinsèques de quelques essences.
      Il serait donc inapproprié de parler de traitement de classe 5 pour une essence peu à moyennement résistante initialement (il faut tout de même relativiser la durée de tenue car de nombreux bardages anciens encore en place, en sapin ou épicéa, ont rempli de bons et loyaux services sur 40, 50 ans ou plus avant de nécessiter de les changer).

      Par expérience et recul d’observation de nombreuses réalisations, notamment de stations dans les Alpes, dont Avoriaz citée dans l’article, laquelle remonte à plus de 50 ans, avec une essence naturelle assez courante, non traitée, le cèdre rouge du canada, attendu que l’état dans lequel sont les parements à ce jour, septembre 2019 nous permet d’affirmer que, sans aucune intervention, ce parements seront encore là dans de nombreuses décennies.
      Nous ne comprenons pas pour quelle(s) raison(s) des essences rares et probablement plus utiles en d’autres lieux, pourraient justifier de leur emploi pour le bardage d’un chalet.

      Pour aller au fond du raisonnement :
      – si c’est pour des raisons d’aspect, le comportement de tout bois, quelqu’il soit, est le même face aux UV : changement de teinte par « grisaillement »,
      – si c’est pour des raisons de tenue dans le temps : 60, 70 ans, voire un siècle ne semblent-ils pas déjà un bel objectif (sachant que rien ne permet d’affirmer qu’une essence résistant bien à un milieu salé résistera mieux que les autres dans un milieu exposé aux UV, aux chocs thermiques et au vent.

      Donc, pour nous, aucun intérêt à aller vers ce type d’essence pour cet usage.

  11. Bonjour,
    Tout d’abord, super article, moi qui me pose la question sur les habitations en bois, j’ai appris déjà beaucoup de choses. J’aimerai avoir votre avis sur les chalets madrier en kit, ils sont réalisés avec du pin nordique naturel et disponible en norme RT2012 soit 44mm+isolant+44mm. La toiture et le plancher sont faîtes de planches 19-20mm. Cela dure-t-il correctement dans le temps ? D’autant plus que nous vivons dans une région pluvieuse : le Nord.

    • Bonjour Elodie,

      Je pense qu’un fabricant de kits qui affirme qu’ils sont conformes à la RT 2012C devrait être poursuivi pour abus et tromperie : la RT 2012 n’est pas, comme ça a pu l’être pour les RT précédentes, un empilage de solutions, mais comporte des obligations, particulièrement d’étanchéité au vent.

      Voici la reproduction d’une réponse que j’ai déjà faite sur un autre article à un autre commentaire :
      Je vais, Claude lefrançois, l’auteur de cet article, m’exprimer en mon nom, ceci du fait que, professionnellement, dans une vie antérieure, j’ai été constructeur de maisons en madriers empilés, que je l’ai fait avec un grand nom de la technique en ces temps là, les Ets Chauvin et que j’avais développé, en lien avec ce fabricant, une technique de doublage/isolation.
      Certes il ne s’agsszait pas de 2 madriers avec un espace isolé entre les deux, mais d’un seul avec une structure légère rapportée.
      Cependant les contraintes étaient les mêmes (et demeurent à ce jour) :
      – on a beau travailler avec des bois secs (à l’époque les Ets Chauvin stockaient en billon une année complète avant sciage, ils sciaient et stockaient une année supplémentaire sous forme de madriers bruts de sciage, en piles ventilées. Enfin, avant de travailler et tailler le chalet, ils passaient lesdits madriers au séchoir pour ramener le tout aux environ de 16% d’humidité, condition requise pour des aboutages par collage.
      – les madriers étaient ensuite, et seulement ensuite, empilés sur le chantier avec bien sûr un toit « lourd », des tuiles.
      – bien que les rangs empilés fussent jointifs dès le départ, nous avons constaté, ce malgré les précautions décrites ci-avant, un tassement pouvant aller, de mémoire (je parle d’un temps qui remonte à environ 30 ans), jusqu’à 15 mm par mètre d’élévation.
      – en effet, un bois sec n’est pas un bois stabilisé dimensionnellement, les temps nécessaires ne sont pas les mêmes et, de plus, dire d’un bois qu’il est sec n’a pas vraiment de sens, il l’est quand il est en accord avec l’hygrométrie ambiante.
      – on peut, pour des raisons techniques tel que développé ci-avant, pour le collage/aboutage par exemple, le sécher. Ceci ne stabilisera pas dimensionnellement les morceaux de bois, particulièrement dans le sens de l’empilage des fibres; les déformations étant presque non significatives dans le sens longitudinal des fibres.
      – ces différences de variations dimensionnelles transversale et longitudinale sont la source de nombreuses difficultés, par exemple en cas de présence de poteaux verticaux de reprise de charge, lesdits poteaux devront être sur verrin réglable (le plus souvent boulon/écrou) afin d’assurer une parfaite horizontalité entre les parties empilées et les parties supportées verticalement par un bois dit « debout ».
      – le plus délicat se situe au niveau des menuiseries, par définition éléments non déformables. Par exemple, avec une porte ou une porte fenêtre, de 2,15 de hauteur, on peut avoir facilement 30 à 35 mm de tassement vertical des madriers empilés de chaque côté et une non déformation du cadre support de menuiserie.
      – pour complexifier un peu plus, dans le cadre d’une fenêtre : il y aura tassement au droit de l’allège support, la pièce d’appui restera donc alignée avec le madrier qui la porte, mas son altitude diminuera par rapport au sol. Dans le même temps, la différence de niveau par rapport aux madriers baissera au droit du linteau de la menuiserie, mais moins que ce qui se sera passé avec une porte fenêtre voisine par exemple … pas simple tout ça !

      Allons un peu plus loin et imaginons un chalet adossé à la montagne au Nord et exposé plein Sud et au vent remontant de la vallée à l’opposé. Inévitablement les 2 murs ne se tasseront pas à l’identique !

      Allons encore plus loin, les double madriers : les madriers intérieurs, généralement de même essence et de même épaisseur (laquelle épaisseur ne jouera guère pour le tassement) que les madriers extérieurs. Qui osera affirmer qu’ils se tasseront à l’identique ? Surement pas moi !

      Voilà pour le contexte général des madriers.
      Passons maintenant au moyen d’assurer l’étanchéité au vent : comment poser une membrane qui devra être extrêmement souple puisque devant suivre les variations dimensionnelles des madriers empilés et, dans le même temps, être très sérieusement raccordée à tous les éléments fixes dimensionnellement, à commencer par les menuiseries ? C’est simplement, à mon avis, mission impossible de façon durable. Ça peut l’être, pas simple mais possible, le temps de faire un test d’étanchéité dit « blower test », mais quelques années plus tard, ça ne sera plus bon !

      Alors, est-ce à dire que cette technique est nulle, certainement pas, elle a fait ses preuves de longue date, y compris en bois massifs non isolés, une hérésie pour tout tenant de l’isolation à tout crin et ne regardant pas plus loin. Pourtant, je connais des habitants de tels chalets qui chauffent 150 m2 en montagne avec 10 stères de bois par hiver. Certes certains diront, « mais 10 stères, c’est énorme ! ». Ils auront raison sur le plan consommation, mais au niveau énergie et ressources consommées à la construction, ce chalet est infiniment meilleur que toute maison « moderne », y compris PassivHauss. Par ailleurs, sa gestion sera très low tech et je ne suis pas certain que cette technique ne soit au moins aussi pertinente que bien des solutions high tech qu’il sera impossible de gérer en cas de pénurie d’électricité …

      Alors à la question Pare-vapeur ou non, que répondre ?

      Réponse à 2 étage :
      – pour l’étanchéité à l’air, elle sera toujours aléatoire. Ceci ne sera pas un handicap si le système de renouvellement d’air et de chauffage sont adaptés à ce type d’habitat, en résumé, surtout pas une VMC double-flux (encore du high tech !).
      – en ce qui concerne la gestion du transit de la vapeur d’eau, la perspirance, les capacités hygroscopiques des madriers est telle qu’ils assureront d’eux-mêmes la régulation (à condition de ne pas les étanchéifier avec une peinture lasure ou verni filmogène).

      Quant à mettre un parevapeur en présence d’une technique à double madriers, c’est simplement mission impossible puisqu’il faudrait que celui-ci soit sur la face froide du madrier intérieur, donc vers l’espace entre les 2 épaisseurs. Attendu qu’il doit être continu, jointoyé, non percé et raccordé à la structure, pas besoin d’avoir fait St Cyr pour admettre l’impossibilité de répondre à toutes ces obligations.

      En synthèse : vous ne serez pas conformes à la RT2012, en, tout cas pas durablement, mais votre maison fonctionnera bien (je précise ici que, quoi qu’en disent certains, la VMC n’est pas négociable : obligatoire !).

      • Bonjour, et merci pour toutes ces informations, après pour la norme RT2012 si nous montons nous même la maison, on doit quand même la respecter ? Il n’y a pas un autre moyen que la VMC ? Parce que bon, à la base si on part sur ce principe de maison c’est parce qu’on est plutôt proche de la nature, minimaliste et qu’on essaie de bien faire, pas de surconsommer à tout va haha !

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