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Quelles solutions pour ventiler une maison : renouvellement naturel et vmc simple flux (1/3)

Renouveler l’air est nécessaire, même les opposants aux ventilations mécaniques disent le faire par ouverture des menuiseries. Au moins sur la nécessité, il y a consensus.

Par contre, en ce qui concerne la technique à appliquer, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas consensus.

Depuis ceux qui préconisent le renouvellement via des systèmes dits naturels, l’ouverture des menuiseries, les prises d’air haute et basse, jusqu’aux tenants d’un renouvellement hyper contrôlé en passant par tous les systèmes plus ou moins élaborés de Ventilation Mécanique Simple Flux (VMC SF), Ventilation Mécanique Double Flux (VMC DF),  il y a pléthor de solutions. Chacun y va de ses arguments, les industriels nous expliquent pourquoi le système qu’ils ont retenu est le meilleur; les aficionados nous disent pourquoi ils ont succombé aux chants d’un sirène plutôt qu’une autre et les utilisateurs … ne savent plus à quel saint se vouer.

Il nous est impossible, sauf à produire un article extrêmement long ou à être très superficiels dans nos approches, voire incomplets, de présenter l’ensemble des données dans un seul article.

Nous avons opté pour tout présenter en 3 articles.

Ils n’ont pas vocation à faire ressortir une suprématie quelconque, pas plus qu’établir une hiérarchie dans leur pertinence.

Ils ont vocation, en fonction des objectifs recherchés, à décrire les avantages et inconvénients de l’un ou de l’autre système et, en fonction des contraintes initiales liées à un type d’habitat ou du mode de son exploitation, dans quelles circonstances chacun peut, ou non, prouver sa raison d’être, justifier d’être retenu.

Deux articles sont dédiés à la présentation des systèmes eux-mêmes.

Ce 1er article rappelle les raisons du renouvellement d’air et présente les systèmes les plus simples : renouvellement naturel, ouverture des menuiseries et VMC SF.

Le 2ème présente les systèmes plus complexes et/ou plus aboutis : VMC DF, centralisée, décentralisée et Ventilation par insufflation.

Le troisième article présente l’environnement législatif du renouvellement d’air, les systèmes complémentaires tels que la perspirance, le puits climatique (ou provençal ou canadien), le préchauffage de l’air via divers systèmes de caissons et abordera les aspects ressources nécessaires pour les appareils, les économies potentielles d’autres ressources à l’exploitation et, enfin, les retours sur investissement en tenant compte non seulement des économies à l’exploitation mais aussi des coûts à l’installation.

Il aborde aussi des pistes non suivies, pourtant porteuses d’espoir et, parfois, beaucoup plus pertinentes que les systèmes actuellement choisis ou plébiscités.

Pourquoi renouveler l’air ? Impact sanitaire

Des arrêtés ont été pris en réponse aux effets délétères générés par l’eau et aux pathologies diverses qu’elle a engendrées, tant dans les bâtis qu’au niveau de leurs occupants, 2 sujets déjà largement abordés ici. Nous ne les redévelopperons donc pas en détail, juste un rappel.

moisissure-suite-humiditePour le bâti

Les atteintes aux bâtis sont diverses, elles vont, pour les bâtis récents, de l’éclatement possible des bétons, le pourrissement des parties bois, les auréoles sur les murs, les moisissures dans ou en surface des parements intérieurs.

Dans les bâtis anciens, en plus des pathologies susmentionnées, on peut citer l’atteinte à la tenue des murs porteurs à base de terre, la dégradation de certains types de pierre et/ou l’attaque des mortiers d’assemblage des murs en question.

Pour les occupants

Les inconvénients majeurs consistent en des atteintes à la santé des occupants. Les pathologies les plus rencontrées vont des maladies des voies aériennes telles que des allergies, l’asthme, des rhinites, pharyngites et autres laryngites récurrentes à des maux de têtes en passant par des nausées.

Il faut y rajouter de plus en plus la présence de COV et CIOV avec leur cortège d’effets secondaires déjà connus et ceux, probablement, à découvrir. Le législateur n’a pas, à ce jour, pris en compte ce risque dans la législation mise en place en vue de limiter les atteintes aux personnes.

Renouvellement naturel

Ceux qui préconisent de ne pas installer de système actif disent généralement : “il n’y a pas besoin de VMC, il suffit d’ouvrir les menuiseries quand c’est nécessaire”. Autre proposition : “Il n’y a qu’à installer un système naturel avec prises d’air, un thermosiphon”.
Ceci laisse à penser qu’ils reconnaissent implicitement le besoin de renouvellement, ce qu’ils contestent, c’est la présence d’un quelconque système mécanique, continu ou automatisé.

Ouverture des menuiseries

Nous allons souvent faire référence à un document de l’ADEME (pdf) (à notre avis bien fait, d’ailleurs sinon, nous ne nous y référencerions pas !).

Un extrait de ce document, qui résume à lui seul notre position vis à vis de cette option (soit trop, soit pas assez …) :

… Dans les bâtiments anciens, le renouvellement de l’air était réalisé uniquement par l’ouverture des fenêtres, les conduits de cheminée et les multiples défauts d’étanchéité des constructions. On ne contrôlait alors ni la circulation de l’air, ni les déperditions de chaleur …

Rien n’est sous contrôle, ouvre-t-on assez l’hiver quand il fait froid ? Ouvre-t-on trop ? Ouvrons-nous au bon moment ? Qu’en est-il de la ventilation entre pièces, du nécessaire cheminement de l’air pendant le renouvellement ? … Que de questions sans réponses ! Sur quoi s’appuient les défenseurs de ce système ? …

aeration-piece-interieurEncore un extrait du document de l’ADEME : “ Dans de nombreux logements, le renouvellement de l’air n’est pas suffisant. Des signes de dégradation apparaissent alors (moisissures sur les murs ou décollement de papier peint par exemple).

Mais de façon moins visible, cela a également d’importants impacts sur la santé des habitants (augmentation des troubles des voies respiratoires) sans qu’on fasse forcément le lien avec le besoin de mieux ventiler son intérieur …

Vous l’avez compris, à nos yeux, ce système ne doit pas être retenu, trop aléatoire, incertain et risqué. L’ADEME n’aborde ici que les risques liés à la santé des occupants, et c’est l’essentiel, mais il ne faut pas perdre de vue que le bâti lui-même peut souffrir d’un défaut de renouvellement tel que nous l’avons rappelé ci-avant.

Ventilation naturelle

Extrait du document ADEME : “ … À cette aération « hasardeuse » (note de l’auteur : fuites + ouverture des menuiseries), s’est substituée jusqu’à la fin des années 60 la ventilation naturelle des pièces humides (cuisine, salle de bains), à l’aide de grilles d’aération basses et hautes. Ce système ne permet pas de ventiler tout le logement et laisse souvent entrer trop d’air froid en hiver, surtout quand il y a beaucoup de vent, et pas assez d’air en été. De plus, les chambres et les pièces principales ne sont pas ventilées …

A nouveau, système aléatoire, n’apportant aucune certitude quant aux volumes renouvelés. Il n’apporte pas non plus satisfaction au niveau du nécessaire mouvement d’air permettant de garantir que toutes les pièces de la maison ou de l’appartement auront bénéficié d’un renouvellement d’air pertinent.

Résumé des 2 systèmes permettant un renouvellement naturel : ils sont aléatoires (ce qui signifie qu’avec beaucoup de chance, ici ou là on peut trouver un bâti pour lequel tout se passe bien, ce qui ne permet pas, comme souvent on l’entend ou le lit, d’en faire une généralité), ils peuvent être plus coûteux car renouvelant trop de volume par rapport aux besoins réels. Il est par contre possible, pour des immeubles entiers, d’organiser un système de ventilation naturelle, mais ceci est limité au neuf avec une conception autour du principe du thermosyphon appliqué à de l’air, fluide comme un autre.

Face aux trop nombreux cas de défaut de fonctionnement, dès 1969, le législateur a imposé une ventilation pour toutes les pièces. S’en remettre aux fuites “sauvages” et à la bonne volonté des occupants pour ouvrir les menuiseries a condamné l’option 1. Le renouvellement naturel, quant à lui, peut se mettre en œuvre dans du collectif en élévation en respectant bien les contraintes liées au thermosiphon. Ces contraintes de conception sont telles qu’il est totalement déraisonnable de l’envisager pour une maison individuelle.

Quelque chose d’autre à inventer ?

Certains pays, certaines régions du monde réussissent à gérer de façon très correcte leurs habitats, particulièrement face aux pics de chaleur, entre autres dans les périodes de canicule, via ces systèmes naturels.
Nous développerons ce volet dans le 3ème article de cette trilogie dédiée au renouvellement d’air.

VMC Simple Flux

Dès le début des années 1970, un système mécanique simple a pris la place des solutions dites naturelles.

Extracteurs

Afin d’éliminer les condensations sur les vitres et/ou les faïences des salles de bains ainsi que dans les cuisines, des extracteurs ont été installés. Il s’agit, pour les salles de bains, d’extracteurs extrêmement simples, affublés de divers noms parmi lesquels nous pouvons citer : extracteur, ventilateur, turbulette …

Le principe consiste en une petite turbine installée, très souvent, directement dans l’épaisseur d’une paroi extérieure et rejetant l’air extrait directement à l’extérieur.

En ce qui concerne les cuisines, on a vu fleurir des hottes à extraction directe vers l’extérieur.

Les limites de ces appareils ont très vites été atteintes, à commencer par :

  • quand extraire, pendant combien de temps, qu’est-ce qui va en déclencher le démarrage, l’arrêt …
  • Ils étaient très bruyants,
  • ils n’organisaient en rien le renouvellement de l’air des autres pièces
  • ils n’assuraient aucune régulation des débits, étant non fermés y compris hors période d’extraction pilotée …

L’atteinte des limites a été amplifiée par le fait que, très souvent, on extrayait mais il n’y avait pas de prise d’air extérieur, on faisait encore confiance aux fuites “sauvages”.

Face à ce qui n’avait pas véritablement amélioré les choses , le législateur a, en 1982, imposé des volumes journaliers minimaux fixés selon le type de pièce.

Simple Flux de base

Les Ventilations Mécaniques Contrôlée (VMC) les plus simples sont dites à Simple Flux (SF). Elles consistent en une turbine centralisée extrayant, via des gaines, l’air chargé en vapeur d’eau des pièces dites “humides”.

L’air ainsi extrait devant être remplacé, il s’est avéré nécessaire de prévoir des prises d’air dans les pièces dites “sèches” et de prévoir le cheminement de cet air en détalonnant les portes intérieures (coupe d’environ 1 cm de haut au bas de chacune des portes intérieures).

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Système ventilation mécanique de l’air

Par souci de facilité et simplicité, les prises d’air extérieur ont été installées sur les menuiseries extérieures via des réglettes ou, de façon plus complexe, sous forme de prises ménagées dans les parois extérieures des pièces sèches. Elles doivent être dimensionnées afin de répondre à la nécessaire compensation de ce qui a été extrait.

Ce sont les 1ères machines qui ont permis de respecter les contraintes de l’arrêté de 1982 … et elles le permettent encore !
Leurs détracteurs leur reprochent principalement d’extraire de façon linéaire et de rejeter de l’air chaud à l’extérieur alors qu’elles forcent à son remplacement par de l’air froid, donc perte de calories … ont-ils raison ? Ceci a été analysé dans un autre article.

Simple Flux Hygro A

Les VMC Simple Flux Hygro A ont fait leur apparition pour essayer de limiter les handicaps, au moins apparents, des VMC SF de base.

Il est vrai que cette extraction peut, parfois et apparemment, sembler excessive. En effet, beaucoup ne reconnaissent encore à la VMC qu’une seule fonction : gérer la teneur en vapeur d’eau. Ne prenant en compte que cette seule fonction, ils déplorent que le renouvellement d’air continu même si la teneur en eau de l’air ambiant est telle qu’il n’y a plus de risque d’atteintes au bâti ni de développement de pathologies chez les occupants.

Pour satisfaire les attentes de leurs clients ou après leur avoir expliqué ce point de vue, des industriels ont développé des machines qui analysent la teneur en eau de l’air ambiant extrait en continu, et adaptent les volumes aux besoins réels de régulation de son humidité relative.

Elles ont été conçues de sorte à extraire au moins le minimum imposé par l’arrêté de 1982. Les entrées d’air sont les mêmes que celles des VMC SF de base : réglettes sur les menuiseries ou bouches dans les murs extérieurs.

Ce système est simple, il n’apporte pas de complexification au moment de l’installation et donne toutes satisfactions à ceux qui l’ont adopté. Il impose simplement un entretien un peu plus pointu qu’une VMC SF de base afin de ménager les capacités d’analyse de la machine.

Nous le considérons comme très pertinent … en l’état actuel de la législation.

Simple Flux Hygro B

Toujours soucieux de pousser le plus possible les systèmes, certains ont peut-être demandé d’aller plus loin en analysant l’air puisé à l’extérieur, ce qui a débouché sur les VMC SF hygro B … à moins que des industriels n’aient décidé de pousser au plus loin le concept, le développer et le vendre.
En plus du principe d’une VMC SF Hygro A, l’Hygro B dispose de moyens d’analyses de l’humidité de l’air entrant. Les reglettes et/ou bouches sont dites “hygro-réglables”. Elles adaptent le dimensionnement de leurs ouvertures en fonction de la teneur en eau de l’air entrant.

Ça peut sembler pertinent au 1er abord, mais de nombreux cas de défauts liés à une analyse ayant provoqué une trop grande limitation des ouvertures des bouches d’entrée d’air ont abouti à trop limiter le flux entrant. La conséquence de ce défaut est que l’air n’est plus assez renouvelé et que les défauts censés être évités par les VMC ont fait leur retour : fantômes de condensation, moisissures, mauvaises odeurs … Et avec ces défauts sont réapparues les pathologies : auréoles, pourrissements pour les bâtis et symptômes ou maladies des voies aériennes pour les occupants.

Il suffit, pour annuler ces défauts, de changer les entrées d’air hygro-variables par des entrées simples et, ainsi, de transformer l’Hygro B en une Hygro A.

De plus, et même si des pathologies liées à la teneur en eau de l’air ambiant ne se font pas jour, il y a réel risque de ne pas renouveler suffisamment face aux teneurs en COV et/ou CIOV.

Nous ne conseillons pas ce type de machine et ses annexes (réglettes et bouche hygro-variables) pour les raisons sus-développées.

VMC pilotée 

Un industriel, au moins, a pris conscience de ces faits liés aux COV et/ou CIOV et propose désormais un système analysant la présence de ces composés les plus dangereux et adapte les volumes de renouvellement d’air aux teneurs mesurées.
Ce système n’est pas, à ce jour, automatisé mais piloté à distance par le fabricant lui-même.

Ce système peut présenter une certaine pertinence. Nous laissons à chacun le soin d’analyser et décider si dépendre directement du fabricant est une bonne chose …

Ventilation Mécanique Répartie

Il s’agit presque d’une VMC car le principe est le même : extraction de l’air saturé depuis les pièces humides et entrée de l’air “neuf” via des réglettes sur les menuiseries ou de bouches dans les murs des pièces sèches, le tout conforté par un détalonnage des portes de séparation intérieures.

La seule différence réside dans le fait que l’extraction n’est pas centralisée avec collecte de l’air à extraire via des gaines, mais consiste en une extraction individuelle par pièce humide.

Ce système économise des gaines et, surtout, le passage de ces gaines. Il est assez bien adapté à la rénovation d’ancien lorsque le passage des gaines est problématique.

Même si des machines relativement silencieuses ont été développées, elles demeurent souvent plus bruyantes qu’une simple bouche d’aspiration.
Bien que relativement pertinent dans certains cas tel qu’évoqué ci-avant, les VMR ont pris peu de parts de marché.

Conclusion

Nous venons de faire le tour des systèmes, au moins apparemment, les plus simples de renouveler l’air des habitats.

Ils ne sont pas seuls en capacité d’assurer un renouvellement d’air correct, ils ne sont pas dépourvus d’intérêt comme certains, sous prétexte de leur ancienneté ou de leur simplicité, aimeraient nous le faire croire.

Ils ne sont pas non plus forcément LA solution sous prétexte d’utilisation ancienne, de satisfaction dans le passé alors que les habitats n’étaient pas exploités tel qu’ils le sont désormais.  

Ils sont simplement encore disponibles et il est bon de ne pas les oublier ou jeter car, même si imparfaits, ils ont rendu de grands services dans le passé et, nous n’en doutons pas, en rendront encore … surtout si on veut bien continuer à les faire évoluer.

Il nous semble important de rappeler que, si aucun système n’est parfait, aucun non plus ne peut prétendre à l’universalité.

Le choix pour l’un ou l’autre devra prendre en compte de nombreux critères, il peut être judicieux de se faire accompagner par un professionnel pour trancher … en veillant bien que celui-ci sera indépendant et non adepte d’une chapelle par intérêt financier ou intime conviction plus que par réelle analyse …

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

15 réflexions sur “Quelles solutions pour ventiler une maison : renouvellement naturel et vmc simple flux (1/3)

    • Bonjour Hochedez,
      Il ne vous aura pas échappé que la présentation des VMC en question, sur le site dont vous nous fournissez le lien, s’en tient aux principes techniques … rien ne dit par quel miracle les flux vont être continus et maitrisés !
      Il ne vous aura pas échappé que l’aspiration du flux sortant, tel que la photo d’illustration nous l’évoque, se fera par création d’une dépression dans un flux d’air généré par du vent … encore faut-il qu’il y’ ait du vent !
      Voilà la limite de ces systèmes sur des bâtiments de faible hauteur : il leur faut du vent pour fonctionner !
      Comme nous l’avons précisé, ces principes peuvent être envisagés sur des immeubles développés en hauteur car alors la colonne d’air chaud montante pourra, plus souvent, se substituer à l’absence d event … plus souvent ne signifiant d’ailleurs pas toujours !
      Donc, au final, pour nous ces systèmes existent, indéniablement puisqu’ils sont proposés par des fabricants, mais il ne nous semble pas possible de pouvoir, d’emblée, affirmer : ça va marcher !
      Or, comme le renouvellement d’air n’est pas une option mais une nécessité absolue, vous comprendrez bien que, au vu de cette très forte incertitude, nous ne pouvons que déconseiller ce type d’installation.

    • Bonjour Monsieur Bataillon,
      Merci pour votre question.
      la réponse est à la fois simple et complexe.
      Il nous semble important d’aborder chaque projet sous l’angle : bénéfice/perte.

      Il pourrait y avoir 2 bénéfices à un tel dispositif de couplage d’une Ventilation par Insufflation avec un puits climatique.
      1) : en cas de risque de radon, mise sous pression du volume habité et donc limitation des émanations liées au radon. Ceci a été abordé dans un des articles dédiés, ici, au renouvellement d’air,
      2) permettrait d’insuffler de l’air pré-chauffé et donc limiterait le contact direct de tout occupant avec de l’air froid lorsque les températures extérieures sont effectivement basses à très basses. Pour contrer ce risque, il suffirait d’installer les bouches d’insufflation en un endroit qui ne favorise pas de se situer directement dans le flux. Il semble important de signaler que ce flux n’est pas un courant d’air et que, vu le faible volume et, surtout, la faible vitesse de ce « souffle » d’air, si l’installation est correcte et bien calibrée, au-de là de 1 mètre, on ne sent plus rien car l’air apporté s’est déjà mélangé avec l’air du volume intérieur. Donc cet avantage 2 est vraiment très limité !

      Par contre, voyons maintenant les pertes, sachant que, tel que nous venons de le développer et en complément de ce quoi a déjà été décortiqué dans les 3 articles dédiés au renouvellement d’air, sauf cas extrêmement rares d’installation en milieu très froid et de grande proximité entre les occupants et les bouches d’insufflation, il n’y a pas de gain en confort.
      Donc il ne s’agit plus, ici, que de gain potentiel aux plans économique à l’exploitation (moins de cout de chauffage de l’air extérieur après insufflation) et/ou économie d’énergie nécessaire à l’exploitation par opposition à l’énergie grise nécessaire à la fabrication et mise en place des éléments du système global.
      Soyons très clairs et sans refaire des calculs déjà développés dans l’article présent ainsi que dans celui dédié aux puits climatiques, il n’y a aucun espoir à nourrir d’amortissement raisonnable sur un plan ou l’autre.
      Pour aller au fond de notre pensée : ce serait même très irresponsable et égoïste d’agir ainsi car, pour un gain en confort absolument dérisoire, ceci génèrerait une énorme consommation tant d’énergie que de ressources qui, très rapidement, vont nous manquer et, plus encore, vont manquer aux générations futures.
      Lien vers l’article dédié aux puits climatiques, provençaux ou canadiens qui, en fait, sont la même chose : https://www.build-green.fr/le-puits-canadien-provencal-climatique-la-solution/

  1. Bonjour,
    Je remarque que l’on fait état en 1er lieu de la ventilation naturelle, mais en l’esquivant un peu. Il faut savoir que la réglementation précise que la ventilation des logements peut être mécanique ou naturelle. Les prises d’air haute et basse sur une façade ne se font plus (j’ai vécu cela et c’est insupportable…Il faut parler de ventilation par tirage thermique: se reporter à la réglementation belge NBN D 50-001 trés détaillée.
    On peut reprocher à ce système de ne plus avoir de débit lorsque la T° extr. devient identique à la T° intr. (19, 20°) mais en cette période, il n’y a plus besoin de chauffage, donc il est possible de ventiler naturellement par l’ouverture des fenêtres (oscillo-battant le mieux adapté) D’autre part, si l’on conçoit des logements avec suffisamment d’inertie, la T° intr. ne baissera pas beaucoup..
    Effectivement ce systême n’intéresse pas l’industrie et les installateurs…pas grand chose à vendre si ce n’est que les entrées d’air, extraction et sortie de toit…
    Il serait souhaitable de poursuivre ce sujet.
    Cordialement.

    andré roche architecte-conseil MPR

    • Bonjour Monsieur Roche, merci de votre participation.
      Il se trouve que, très souvent, le renouvellement d’air est appréhendé uniquement sous l’angle de la gestion de la vapeur d’eau.
      Or, compte tenu des matériaux désormais utilisés (émetteurs de COV, CIOV, à ce sujet voir notre article dédié https://www.build-green.fr/cov-ce-quon-ne-nous-dit-pas/), aux diverses émissions de microparticules que nous générons (article à venir qui abordera un peu ce sujet), à la gestion du radon dans les zones géographiques concernées, nous pensons qu’il est infiniment plus sage de se fier à une machinerie qui permet de connaître les volumes renouvelés qu’à un système qui, certes sur le papier peut fonctionner, mais pas de façon maîtrisée, tant en continuité de l’action qu’en volume géré.
      En effet, même avec une prise basse et une évacuation haute, donc de thermosiphon, si les différences d’altitudes sont peu importantes, selon les conditions atmosphériques, comme vous l’avez souligné, on ne maîtrise pas parfaitement et, à notre avis, pas qu’aux intersaisons.

    • j’ai réalisé une maison type chalet en montagne sur 3 niveaux, (faîtage limité à 9m) dont 2 uniquement en CLT + ITE; un ouvrant oscillo-battant dans chaque pièce, double hauteur en RDC et mezzanine, échelle vers les combles-atelier.
      je témoigne que la ventilation naturelle est très satisfaisante, réglage par l’inclinaison du châssis bas, tirage excellent, un peu plus délicate à gérer en hiver avec chauffage par poêle bois à accumulation.

      • Bonjour Monsieur Rainaut, merci de votre témoignage.
        Heureusement que votre mode opératoire fonctionne et en fait là n’est même pas la question.
        L’important est que le système fonctionne … en étant le plus vertueux possible (en évitant l’apparition des moisissures et en éliminant les COV grâce à un renouvellement, mais aussi en extrayant ce qui est nécessaire et … pas plus !)
        Laisser des fenêtres oscillo-battantes entrouvertes, c’est certainement changer beaucoup plus d’air que nécessaire.
        Au-delà d’une efficacité, qui demeure malgré tout aléatoire compte tenu du temps qu’il fait (pression atmosphérique, température, vent et autres aléas absolument pas maîtrisés), il faut aussi se poser les questions annexes évoquées dans la série d’articles dédiés au renouvellement d’air.
        Il est rare qu’il ne faille observer que sous un angle, tous doivent être observés …
        Ne serait-il pas plus sûr de confier cette fonction à un système simple et éprouvé, opérationnel en continu, extrayant au plus juste, en réservant la solution aléatoire de l’ouverture des menuiseries pour les cas, les plus rares possibles, de panne électrique.

        Il est quand même surprenant qu’il soit admis par tous que les véhicules automobiles à moteur thermique ont gagné en efficacité en emballant les moteurs dans des coques étanches et en confiant le flux d’air destiné à les rafraichir à des ventilateurs électriques et de ne pas admettre la même chose pour les maisons.

        Idée préconçue, quand tu nous tiens. Einstein lui-même, qui en a tellement combattu, disait : « il est plus facile de pulvériser un atome qu’une idée préconçue ! ».

        • bref vous n’y croyez pas et vous vous en remettez à l’équipement technique, toujours la technique …. sachant que nombre d’architectures vernaculaires de part le monde ont mis au point des systèmes de ventilation et de rafraîchissement depuis … et puis quel lieu commun de penser qu’un faible débit constant et permanent est adapté au plus grand nombre ! même les hygro-réglables sont impuissantes pour ventiler la SDB en plein hiver le matin : mieux vaut un ouvrant par pièce comme base de l’habitat sain !
          Quant à l’analogie avec les voitures, TOUT FAUX : il s’agit de solutions aérodynamiques pour les flux d’air internes …

          • Il ne s’agit pas d’y croire ou de ne pas y croire, il s’agit d’appliquer le système le plus efficace à tous points de vue.
            Comme nous l’avons indiqué dans le commentaire précédent, heureusement que votre système fonctionne vu ce que, probablement, il implique en terme de volume d’air renouvelé …

            Quant au fait que des architectures vernaculaires fonctionnent ou … fonctionnaient, ce qui n’est pas forcément la même chose, ce n’est pas uniquement grâce au renouvellement d’air maîtrisé ou non qu’elles fonctionnent, c’est plus lié aux arts de vivre.
            Or, sous nos latitudes et vu les habitudes de vie de nos contemporains, nous apportons infiniment plus de vapeur dans des habitats infiniment plus étanches que dans bien d’autres situations, passées ou actuelles.
            Vu cette réalité, il a bien fallu s’adapter et trouver des systèmes qui fonctionnent … à tout coup !

            Pour rappel, fonctionner à tout coup, y compris dans une salle de bains, ne signifie pas forcément aucune buée à un instant T, laquelle dépend de la température ambiante de l’air, de l’émission à cet instant T de vapeur d’eau, donc généralement de la température de l’eau utilisée et, au final, de la température des parois ou autres éléments.
            Le bon fonctionnement consiste à gérer raisonnablement l’ensemble : éliminer l’eau en excès suffisamment rapidement pour qu’elle ne puisse pas causer de désordre suite à des condensations rémanentes durables, et ceci en consommant le moins d’énergie possible … et, quelque soient les critiques qu’on puisse y opposer, c’est via un renouvellement mécanique que ceci est le plus certain, toutes considérations prises en compte.

            Petite information : lors de l’essuyage après une douche, c’est entre 60 et 90 grammes d’eau qu’un adulte dépose dans une serviette pour s’essuyer. Cette eau, après quelques heures, n’est plus dans la serviette puisque celle-ci est sèche.
            Si l’air n’est pas renouvelé pendant les quelques heures qu’auront nécessité l’évaporation de cette eau, où se trouve-t-elle ? >>> dans l’air ambiant et quand on sait que passer de 7 g d’eau par kg d’air à 10 g à une température de 19° (soit 3 g de plus dans un volume d’environ 0,7 m3), c’est passer de moins de 52 % d’humidité relative à plus de 70% et que le point de rosée se situera à une température plus élevée de plusieurs degrés (8,85°C avec 7g d’eau; 14,1°C avec 10g)*, c’est prendre des risques importants … chacun apprécie le niveau de risque qui lui semble acceptable.

            A titre personnel, l’auteur, Claude lefrançois, j’ai personnellement été constructeur de MOB en Haute Savoie (donc également en montagne), j’ai aussi, en son temps, préconisé de ne pas installer de VMC, cependant j’ai un jour eu l’occasion d’ouvrir un mur après quelques années d’utilisation et d’exploitation, vu ce que j’y ai découvert, et vu les demandes qui, désormais, me sont faites en terme de coaching, j’ai totalement changé de point de vue (4 désordres sur 5 qui me sont soumis relèvent d’une mauvaise gestion de l’air intérieur …).

            En ce qui concerne les automobiles : pourquoi, lors de l’extinction du moteur l’été, le ventilateur destiné à ventiler le moteur se met-il en route … alors même que, précisément, je quitte le véhicule et que les flux d’air interne sont, de facto, inexistants ?

            Enfin, nous écrivons des articles et relayons des informations, libre à chacun de penser que nous sommes dans l’erreur et être convaincu que d’autres moyens sont plus efficaces … mais, au risque de nous répéter, encore faudrait-il qu’elles le soient sous tous les aspects et à coup sûr.

            * Outil de calcul des chiffres ci-dessus, en accès libre : https://www.rotronic.com/fr-fr/humidity_measurement-feuchtemessung-mesure_de_l_humidite/humidity-calculator-feuchterechner-mr

  2. Bonjour, je m’apprête à acheter une longère rénovée et isolée, avec deux vmc simple flux dans les combles. Apparement il n’y a pas d’entrées d’air sur les menuiseries bois récentes. Est-ce un problème ? Comment y remédier sans avoir à changer les fenêtres ? Et aussi pourrais-je y installer un poêle à bois ou est-ce incompatible (pour l’instant il ya a un poêle à granulés )? Merci d’avance et bravo pour votre site tellement utile et clair.

    • Bonjour Sophie, merci d’apprécier notre site, ça encourage et fait toujours plaisir … un petit passage par notre livre d’or ?

      Il est possible que cette longer bénéficie d’autres entrées d’air, par exemple d’anciennes ventilations naturelles en pied de mur.
      D’autre part, si vous n’avez aucune prise d’air et qu’il vous faille en prévoir, il est tout à fait possible de les réaliser sur les menuiseries anciennes. Un bon menuisier devrait pouvoir réaliser ce travail. Il faudra bien sûr qu’il dimensionne ces prise eu égard aux extractions. Normalement les VMC devraient porter les valeurs sur un leurs flans. Si tel n’est pas le cas, il doit être possible, via une recherche sur le net avec leur référence, de vous les procurer.
      Il est aussi possible de les réaliser hors les menuiseries, via un carottage dans les murs.

      En ce qui concerne les poêles, l’idéal est de choisir un appareil puisant son air à l’extérieur. Cela nécessite une adaptation mais le tirage est meilleur. Par ailleurs, vous ne risquez pas, ainsi, de mettre la maison en dépression et d’avoir un mauvais tirage et donc une mauvaise combustion par manque de comburant, l’oxygène de l’air.
      Si un poêle à granule a déjà fonctionné, à moins de disposer d’un conduits type « ventouse », (2 tubes co-axiaux, il puisait déjà son air dans l’habitat … la question étant : est-ce que ça fonctionnait bien ?)

      • Bonjour et merci pour votre réponse. Un technicien est venu inspecter les Vmc et a constaté l’absence d’entrées d’air. Il n’est apparemment pas possible de percer les menuiseries bois récentes, il conseille donc de percer placo et isolant (mais pas le mur de pierre ancienne) pour mettre des grilles, il y aurait suffisamment d’air derrière les cloisons pour assurer la ventilation. Est-ce vrai ? N’y a-t-il pas un risque de condensation s’il y a une membrane imperméable qu’on perce? Ne devrait-on pas calculer le débit d’air nécessaire avant de percer? Je suis vraiment perplexe.

        • Bonjour Sophie, nous devons l’avouer … la lecture de ce qui vous a été dit nous a fait tomber les bras !

          En effet, nous ne connaissons pas de fabricant de menuiserie bois dont les profils des montants et/ou traverses, soit des dormants, soit des ouvrants, ne permettraient pas la mise en œuvre de réglettes de prise d’air. Il est bon de savoir que ce ne sont pas les fabricants de menuiserie qui déterminent leurs profils, mais les fabricants d’outillage et les menuisiers achètent des « jeux de fers » qu’ils choisissent en fonction e critères qui leur sont propres. Quel fabricant de fers prendrait le risque de concevoir des menuiseries ne permettant pas l’installation de prises d’air.
          Il est possible que, faute d l’avoir prévu, ces prises d’air soient désormais difficiles à installer, mais ceci ne peut, ne doit pas être votre problème mais celui du professionnel qui a réalisé les travaux de menuiserie.

          Quant aux conseils donnés, alors là, il est à noter parmi les plus incroyables parmi ce que nous avons pu entendre ou lire !
          En effet, et vous l’avez bien relevé, la membrane pare-vapeur qui a été posée se doit d’être en continu afin de remplir les 2 fonctions qu’on lui adjoint généralement :
          – assurer une étanchéité au vent,
          – assurer une continuité la meilleure possible dans la régulation du transit d la vapeur d’eau.
          Vous avez parfaitement compris le risques encourus avec cette solution du percement du parement et de la membrane régulatrice aux fins d épuiser de l’air à l’intérieur de l’isolant :
          – point de rosée quasi certain à proximité de cet « échangeur »,
          – insuffisance de volume d’air pour assurer le renouvellement selon les normes en vigueur (à noter que, dans l’ancien, il est très difficile d’assurer une étanchéité au vent via la structure porteuse, mais de là à ce qu’elle fuie assez pour le volume de renouvellement c’est, assurément, que le travail en amont aura été pour le moins peu rigoureux,
          – ajoutons à cela le risque d’aspiration de fibres dans l’habitat .
          – si l’isolation est « moyennement » réalisée, il se peut me que des moisissures se développent dans le volume de l’isolant et ce qui vous est conseillé est une quasi certitude d’aspiration des spores (allergisantes) dans l’habitat.

          Vous êtes perplexe et vous avez toutes les raisons de l’être.
          Au stade où vous en êtes, faites intervenir le menuisier, c’est d’abord à lui de vous dire si, techniquement, il est possible ou non de mettre ces fameuses prises d’air. Si ça ne l’est pas, la solution du percement du mur est la seule solution (à notre avis) mais sur l’intégralité de l’épaisseur.

          Dernière possibilité : disposez-vous de volets roulants dans les pièces sèches (chambres, séjour, salon …) ? Si oui, vous pourriez opérer depuis ces caissons.

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