Saint Gobain à la tête du plan de rénovation énergétique : pourrait-il y avoir conflit d’intérêt ?

Qui n’a pas entendu parler, il y a quelques années, le qualificatif de passoire thermique pour parler des habitats jugés difficiles à chauffer ?

Maintenant, pour la même problématique, on parle de passoire énergétique, changement de termes, pas de thème !

Il est vrai qu’il y a un vrai problème, je l’ai d’ailleurs déjà relevé via une vidéo “coup de gueule” et un article, mais est-il logique de confier sa résolution à des industriels ?

Une publication du Moniteur nous présente le plan d’action de notre leader national du verre, Saint Gobain, à qui l’état vient de confier la direction du plan gouvernemental visant à l’éradication des passoires énergétiques.

Einstein disait “On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème”

Pour comparer, nous sommes confrontés à une pandémie, chacun en pense ce qu’il veut, mon propos ne se situe pas là, mais qui accepterait que le combat engagé (juste ou pas) soit confié à un industriel des produits pharmaceutiques ?

Personne bien sûr ! Et ce qui n’a pas été engagé par nos responsables pour notre santé l’a été allègrement pour nos habitats

Seraient-ils si négligeables qu’on puisse ainsi déléguer ce qui a aussi un impact sur la santé à des industriels des produits du bâtiment ?

En effet, confier le pilotage du programme d’éradication des bâtiments à la fois non confortables, difficiles à chauffer, souvent insalubres à des producteurs et négoces de quelques produits du bâtiment revient à la même chose que confier le plan d’attaque de la Covid19 à des laboratoires pharmaceutiques et leurs trop célèbres et performants visiteurs médicaux !

Nous ne l’aurions pas accepté, accepterons-nous cette folie pour nos maisons et nos appartements ?

Qui est Saint Gobain ?

Photo de la Tour Saint-Gobain, siège social du Groupe Saint-Gobain. Photo Vbastide

Photo de la Tour Saint-Gobain, siège social du Groupe Saint-Gobain. Photo Vbastide

Pour rappel, Saint Gobain est avant tout un producteur de verre et, en ce qui concerne l’isolation, tout naturellement, de laine de verre.

En soi, il n’y a rien là de critiquable, un industriel fabrique ce qu’il veut et essaie de le vendre, tout est en ordre en économie capitaliste.

Cette entreprise s’est diversifiée, en ce qui concerne les isolants, vers la laine de bois, les isolants sous vide, les isolants pétrochimiques et les matériaux à changement de phase. Peut-être cette entreprise a-t-elle encore d’autres cordes à son arc, je ne passe pas ma vie à analyser ses stratégies industrielles et commerciales.

Un petit passage en revue de leurs dires dans l’article du Moniteur dont j’ai déjà donné le lien ci-dessus est assez éclairant sur ce qui risque fort de se passer :

  • Les mots clés en tête de l’article : “Saint-Gobain”,  “Saint-Gobain Distribution Bâtiment France”,  “Rénovation énergétique” , “Plan de relance”,  “Négoce”, bien sûr tous avec un lien de renvoi vers… l’article qui présente encore et toujours Saint Gobain en tant que patron du plan sus-cité, on tourne en boucle ! C’est assez mal parti pour l’impartialité et la place accordée aux autres acteurs.
  • Formation, objectif RGE… Ben voyons, cette entreprises va former elle-même les artisans reconnus RGE ! Déjà que ce signe de reconnaissance est une assez vaste mascarade, autant mener la danse soi-même et engager son propre orchestre, c’est un bon moyen de choisir la musique ! Mince, on est encore passé à côté de l’impartialité !
  • Information pour le grand public… allons-y, tant qu’on y est, (extrait de l’article) : “Le site référent de Saint-Gobain, « La Maison Saint-Gobain », a d’ailleurs été mis à jour des tout derniers dispositifs d’aide et son système de mise en relation optimisé”. Décidément, où sont les autres acteurs du pilotage de ce plan ? La tribune devient exclusive !
  • Projet de solution pour l’analyse du confort : vers une start-up du groupe Saint Gobain… Aïe, aïe, aïe… ça commence à “piquer” sur le plan impartialité.
  • Biosourcé : je développe ci-avant, § laine de bois, l’intérêt réel de Saint Gobain pour les produits biosourcés, c’est très édifiant … mais se revendiquer sensible au bio est porteur, il ne suffit pourtant pas de le dire, il faut poser des actes, s’engager réellement !
  • Exemplarité : nous sommes heureux d’apprendre que Saint Gobain va aider 1000 de ses salariés dans le cadre d’un projet de rénovation globale… Tiens, est-ce à dire que certains salariés de notre fleuron national habiteraient une passoire énergétique ? Peu importe, ce que le lecteur risque d’en retenir : un bon patron qui aide ses salariés… Il est toujours bon de soigner son image au plan du social interne !

Ce que propose Saint Gobain parmi ses produits

Laine de verre

Cet isolant est fait à base de verre recyclé (verres blancs tels que vitres d’automobile brisées, vitres de menuiseries en fin de vie, bouteilles en verre…) et de silice (sable courant). C’est l’isolant le plus utilisé en France, avec son cousin germain, la laine de roche, ils couvrent environ 70% du marché.

Performance isolante réelle

Je rappelle ici que cet isolant est doté d’un bon lambda mais… non stable au-delà de 27°, comme celui de tous les produits isolants d’ailleurs… Sauf que certains restent performants au-delà de cette température.

Je pense tout particulièrement aux isolants biosourcés, ils bénéficient pour ce faire de qualités que Fourier lui-même mettait en avant (un de ceux qui ont posé les bases des mouvements de calories…). Ces qualités sont bien détaillées dans une de mes vidéos et un article dans lesquels je décortique le déphasage.

Faute de disposer d’une chaleur spécifique élevée et du fait d’une densité de mise en œuvre faible, cet isolant est assez médiocre l’été. C’est en partie à cause de ces trop faibles valeurs que la laine de verre a perdu son procès contre Actis, ce que certains ont baptisé, un peu vite, l’isolgate. J’ai longuement écrit sur ce sujet dans un article qui explique, entre autres, comment, l’été, les calories migrent dans un toit.

Elle est présentée inerte face à la vapeur d’eau et face à l’eau, c’est vrai, c’est d’ailleurs pourquoi en conditions réelles d’utilisation elle est plus sensible aux points de rosée que les isolants bio-sourcés, ce qui est présenté comme un avantage est, en réalité, un handicap ! En effet, un isolant mouillé… isole forcément moins bien ! J’ai abordé ces sujets dans une vidéo sur les qualités et limites des isolants.

Elle est pourtant présentée comme l’étalon de l’isolation, ce que, bien sûr, je conteste.

Laine de verre et écologie

Beaucoup, dont Saint Gobain, nous la vantent comme étant écologique, ce que je conteste globalement dans un article intégralement dédié à ce sujet.

Laine de verre et recyclage

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Recyclage laine de verre usagée – Isover

Encore une belle couleuvre. Il n’est pas question de nier la recyclabilité de la laine de verre, c’est certainement même un des produits les plus faciles à recycler, sauf que, économiquement, c’est un gouffre et que si les laines de verre déposées devaient être recyclées pour en refaire de laine de verre, cette nouvelle production atteindrait des prix tels que personne ne l’acheterait ! J’ai aussi dénoncer ces faits dans un article.

Laine de bois

Certes Saint Gobain a racheté Isonat, producteur de laine de bois dans la Loire.

Dommage qu’une de ses actions immédiates a été de produire dans cette usine un isolant composé de… laine de bois et laine de verre.

Joli coup de com, cet isolant revendique le meilleur lambda des isolants biosourcés. En effet, dès lors qu’un isolant intègre du biosourcé, même s’il comporte beaucoup d’autres ingrédients, il est classé dans les biosourcés… Alors que peut-on lui reprocher ?

Tout simplement qu’il nécessite beaucoup plus d’énergie pour sa production qu’un isolant dont les fibres seraient à 100% d’origine végétale et que, de plus, un tel mélange en empêche le recyclage.

Extrait d’un des sites Web de St Gobain “En 2013, l’Activité Isolation a lancé en France le premier produit hybride combinant fibres de bois et laine de verre afin d’offrir aux adeptes du bois un produit plus performant grâce à la laine de verre.

Retrouvez plus d’informations sur www.isover.fr” Dommage que grâce au lien fourni et suite à une requête “laine bois” on ait pour seule réponse “Pas de résultat”… Ceci démontre à quel point la laine de bois est importante pour ce groupe !

Isolants pétrochimiques

Deuxième famille d’isolants sur le marché français, il aurait été dommage de passer à côté ! En bon industriel, Saint Gobain n’a pas laissé ce secteur lui échapper totalement.

Pas sûr pour autant qu’avec ce genre de produit on atteigne à la fois l’amélioration thermique d’hiver (bon); celle d’été (pas bon), la salubrité (étanchéité à la migration de la vapeur d’eau, émanations…), la sauvegarde de la planète (consommation de ressources fossiles), nos objectifs de l’accord de Paris concernant le climat (relâchement de CO2).

J’ai aussi dénoncé certains dires des producteurs de polystyrène et de polyuréthane.

J’ai présenté ici les qualités et limites de ce genre d’isolant.

Isolant sous vide

Cette escapade s’apparente plus à de la R&D et de la communication qu’à un réel projet de commercialisation (une mise place sur chantier contraignante et prix élevés).

Par ailleurs, si un jour ces isolants se développent vraiment, il est bon de rappeler ce qu’ils sont : des billes de polystyrène enfermés dans une enveloppe étanche à l’air, donc à nouveau du polystyrène tel que développé ci-avant et de plus une non perspirance totalePas terrible au plan global même si les analyses en laboratoire mettent en évidence, à juste titre, un lambda exceptionnel.

Matériaux à changement de phase

Plus que de vrais isolants, ce sont des batteries thermiques. Je me suis aussi penché sur ce sujet.

Négoce

En plus d’être un très important fabricant, le groupe Saint Gobain est aussi un très gros acteurs du négoce au travers de tous les magasins “Point P”.

Conclusion

Sauf à être d’une abnégation et d’une impartialité au-delà du commun, il y a fort à parier que, même si Saint Gobain a investi ou va investir un peu d’argent (au vu des capacités du groupe), ce groupe récupèrera infiniment plus que ses investissements.

Ceci est normal dans notre système économique.

Ce qui l’est moins c’est d’avoir “confié les clés du camion” à un pilote aussi hégémonique et qui a déjà, au travers de l’article référencé en tête du mien, annoncé la couleur : moi + moi + moi + moi +…on verra s’il reste des miettes !

Plus ennuyeux, les orientations de ce groupe ont toujours été, en terme de recherche de performance énergétique, de privilégier le lambda alors que le confort dépend beaucoup plus d’autres critères.

Donc, du fait des choix de cet industriel, du fait de sa position de leader dans le monde de l’isolation et, maintenant, du fait de sa place de “patron” du plan d’éradication des passoires énergétiques, même si – … ce dont je doute fort – l’objectif d’éradication est atteint, celui de confort ne le sera pas, pas plus que la sauvegarde de la planète en son état actuel, pas plus que le respect des accords de Paris

De tout cela je me pose une question : “sincèrement, Mesdames et Messieurs nos dirigeants(es), avez-vous conscience de ce que vous faites ?

En tant qu’ancien du bâtiment, je sais aussi combien, quand on a “confié les clés du camion” à quelqu’un il est difficile de les lui reprendre !

Dit autrement : “TROP, C’EST TROP !”

 

Si vous avez envie de quelques renseignements complémentaires, vous pouvez télécharger gratuitement mon ebook “Le confort”.

Crédits Photos : Hans Braxmeier de Pixabay, Vbastide de Wikimedia, Service Presse Saint Gobain

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

4 réflexions sur “Saint Gobain à la tête du plan de rénovation énergétique : pourrait-il y avoir conflit d’intérêt ?

  1. Bonjour Claude,
    Article très intéressant qui souligne, une fois de plus, les travers de la réno énergétique et ses grands acteurs. Toutefois une question : voilà deux fois que vous mentionnez que le lambda de certains isolants est « non stable au-delà de 27° ». Pouvez-vous nous transmettre la source de cette information ou nous en expliquer le raisonnement svp ?

    Fabien, thermicien.

    • Bonjour Fabien,
      Merci d’apprécier nos publications.
      Effectivement, j’ai, Claude Lefrançois, pris sur moi et moi seul d' »annoncer cette information de la non stabilité du lambda au-delà d’un certain niveau de température, mais je sais que Build Green est solidaire car j’ai, jusqu’à présent, toujours apporté la preuve de mes affirmations. D’ailleurs, attendu que ce média a accepté la publication de cet article, c »est la preuve de sa solidarité.

      Depuis quelque temps j’annonce cette information, laquelle n’en n’est pas une pour beaucoup de ceux qui revendiquent ou affirment son importance, voire sa prépondérance, je pense ici tout particulièrement aux autorités de tutelle ou de certification ou de rédaction et d’édition des différentes règles techniques. Je n’oublie pas les industriels fabricant de matériaux qui n’ont quasiment que ce seul critère à mettre en avant.
      Je travaille avec un une autre entité qui a déjà fort avancé sur ce point de la non stabilité du lambda. Il nous faut encore affiner afin de ne pas prêter le flan… En e »effet, ce que nous avançons est une telle bombe qu’il faut être certain de ce que nous affirmons.
      Pour le moment si, par inconscience ou folie pure, un acteur nous attaquait, je lui proposerais de prouver que l’affirmation de non stabilité du lambda est erronée et donc d’apporter la preuve de mon, de nos erreurs.
      Pas une preuve en respectant les conditions conventionnelles de mesure du lambda en laboratoire, pour info, à une température normée, inférieure bien sûr aux températures que je signale, une impossibilité de matérialisation d’un point de rosée, donc un isolant qui, en test, ne peut être influencé par la présence d’eau liquide, test réalisé exclusivement dans le sens contraire à l’alignement des fibres…
      Bref, nous démontrer, tests à l’appui, réalisés en conditions réelles d’utilisation ou, si c’est en laboratoire, en conditions de reproduction réelle d’exploitation « en bon père de famille ».
      Le principe de précaution ne devrait pas être à la charge des « informateurs » du non respect de ce qui devrait être respecté, mais à la charge du producteur de prouver la véracité de ses dires et affirmations
      Ceci étant, nous avançons et je pense pouvoir dire que le pavé ne va pas tarder à générer des ondes de choc dans la mare…

      Ce que j’annonce là aura la forme d’un article ou d’un petit ouvrage qui présentera des expériences menées dans diverses parties du monde par des chercheurs multiples, ces tests prouvant qu’effectivement il ne faut pas accorder au lambda la place qu’il ne mérite pas, juste une qualification parmi d’autres, rien de plus.

      Pour imager un peu les propos : nous sommes, vis à vis de lambda, exactement dans la même situation que celui qui, s’appuyant sur les consommations conventionnels d’un véhicule à moteur thermique, serait surpris de constater que, dans la réalité de la circulation, ses consommations réelles sont infiniment plus importantes que ce qu’il avait pu lire dans le descriptif dudit véhicule.
      Il est facile, dans ce domaine, de constater les abus des constructeurs et, à ce jour, quasiment plus personne ne se fie à ces consommations annoncées.
      Malheureusement, en ce qui concerne les isolants et leur lambda, il est infiniment plus difficile d’apporter la preuve des abus publiés et affirmés… si beaucoup possèdent une automobile à moteur thermique, peu ont un lambdamètre dans leur salon !

      Par contre des utilisateurs de plus en plus nombreux attestent des changements dans le confort ressenti lors de l’occupation de leur habitat après être passés d’un isolant d’origine minérale dans leur toit à un isolant d’origine végétale.

      Pour être constructif, je propose ce que je rêve de faire depuis très longtemps : construire sur un même terrain, des modules de test de même dimension, bénéficiant de mêmes expositions, isolés tous, toi et murs, avec un même niveau de performance requis (pour être très clair, de mêmes niveaux de R et donc, chacun, selon ses caractéristiques de lambda, en épaisseur requise ; il ne s’agit pas de mettre tous les isolants dans la même épaisseur, ce qui permettrait de comparer leurs capacités, ce qui, bien que très intéressant aussi, ne démontrerait pas la véracité de ce que j’annonce : le lambda est non stable en plusieurs circonstances et, pour atteindre un niveau requis de confort, il faut s’appuyer également sur d’autres critères, chaleur spécifique, densité, capacité à gérer les flux de vapeur, les chocs hygroscopiques, donc capacités de sorption et désorption…).
      Ces modules seraient construits selon la technique MOB (moindre influence d’éléments lords autres que l’isolant).
      Ils comporteraient un support maçonné composé de mini fondations, hors gel selon le lieu de test, et d’une longrine béton pour atteindre une sortie de terre hors risques d’eau de pluie (10 cm me semblent suffisants).
      Le sol intérieur serait conservé brut de terre.
      La forme serait simple (je pense qu’avec 3 x 4 mètres nous aurions une bonne vue des réalités d’exploitation).
      Toit 2 pans, ligne de faitage Est/Ouest.
      Le mur sud (partie la plus longue du rectangle de base) serait vitré aux 3/4 (ce qui permettrait de conserver suffisamment de surface solide afin d’assurer le contreventement du module),
      Isolation des parois opaques selon le descriptif ci-dessus et conformément aux prescriptions de mise en œuvre ou en respect des règles de l’art de chaque matériau.
      Les pieds de mur, en contact du sol, seraient isolés avec du liège, ce depuis le niveau hors gel jusqu’au niveau supérieur de la longrine.
      Appareillage des parois de divers capteurs de température, d’humidité et autres. Idem pour l’air ambiant et de l’air extérieur.
      Un radiateur électrique (c’est le plus simple) pour maintien à une température intérieure ambiante de 18°, mesure en continu des consommations de chaque module de test.
      Relevé en continu des mesures réalisées par les diverses sondes ainsi que la consommation du radiateur.

      Que démontrerait un tel ensemble :
      – sous l’effet du soleil pénétrant par le vitrage de la façade sud, montée en température de jour, selon chaque isolant, constat de fuites plus ou moins importantes et nécessité plus ou moins grande de compensation par du chauffage, ici c’est le lambda qui assurera la limitation des fuites,
      – cette montée en température, le jour, provoquerait une évaporation des remontées capillaires du sol, ce qui, en quelque sorte, simulerait les émissions de vapeur des occupants,
      – cette montée en température, dans un module étanche au vent (réalisation conforme aux règle de la RT 2012), provoquerait une montée en pression de l’air contenu (pas de VMC) et entraînerait une migration de l’air plus ou moins importante (selon la nature de chaque isolant) au travers des parois opaques isolées (L’OSB de contreventement des murs serait le même pour tous les modules, il serait mis en œuvre conformément au DTU MOB. Il serait posé à l’extérieur. Pour réguler le transit de la vapeur, les modules seraient équipées de pare-vapeur assurant une progressivité de la perméance de 1 à 5 conformément aux règles de plus implicitement appliquées).
      – L’été, le déphasage réel serait mis en évidence,
      – l’hiver, afin d’assurer la stabilité de la température ambiante intérieure, la diffusivité de chaque isolant serait mise en évidence,
      – je propose, une fois par mois, de couper le système de chauffage pendant 2 jours, ce qui permettrait de constater les capacités d’inertie de chaque isolant,
      – été comme hiver, en continu, constat des capacités des parois à gérer globalement les condensations,
      – et probablement quelques autres choses.

      Bien sûr,, tout ceci serait réalisé sous constat d’huissier.

      En fin de campagne des tests décrits ci-dessus (a minima une année pleine), je propose d’équiper les modules de capteurs adaptés à mesurer la présence de divers composés dans l’air et, toujours sous constat d’huissier, brûler les divers modules et, ainsi, constater les émanations diverses et la résistance réelle au feu, non pas d’un matériau, mais de modules complexes et beaucoup plus proche de la réalité d’exploitation.

  2. Bonjour Fabien SMDE,
    La résistante thermique (R) est omni présente dans la réglementation et il est demandé une précision extrême lors de la mise en œuvre d’un isolant. En effet à 1 cm près un bâtiment peut passer à côté des aides de l’état (TVA, CEE, CITE, etc), pourtant il n’y a pas un λ mais des λ déclarés, il n’y a pas un λ fixe mais un λ qui varie au gré de la température, de l’humidité, de la densité, de la direction des fibres et du vieillissement de l’isolant. La résistance thermique que nous vendent les thermiciens et les distributeurs n’est qu’un ordre de grandeur qui ne correspond pas à la réalité de nos bâtiments. Ce λ est d’autant plus fluctuant que les amplitudes de température sont grandes. De plus ce λ ne varie pas de la même manière suivant les familles d’isolants. Par ordre croissant, les impacts sur les performances du λ sont l’humidité, la température, l’orientation des fibres, la densité puis l’âge de l’isolant.

    Quelques sources de publications scientifiques et doctorat:
    HUMAISH Hussein Hafudh Thèse de Doctorat « Etude de techniques de mesure pour la caractérisation thermique de matériaux isolants du bâtiment » Université de Picardie Jules Verne
    Mohammad Aghahadi Thèse de Doctorat “Etude expérimentale et modélisation physique des transferts couplés chaleur-Humidité dans un isolant bio-sourcé. Université Bourgogne Franche-Comté, 2019. NNT:2019UBFCA007
    Umberto Berardi & Matteo Naldi “The impact of the temperature dependent thermal conductivity of insulating materials on the effective building envelope performance” Engineering and Architectural Science, Ryerson University, 325 Church Street, Toronto, ON M5B 2K3, Canada
    La publication « Degradation of glass mineral wool insulation after 25 years in Masonry Cavity Walls» de Francesca Tittarelli, Francesca Stazi, Giacomo Politi, Costanzo di Perna, and Placido Munafò
    “Impact of moisture on long term performance of insulating products based on stone wool” par Tomáš Vrána, 2007, ISRN-KTH-BYT/R-07/200-SE, ISSN 1651-5536, ISBN 91-7178-637-1, KTH – The Royal Institute of Technology School of Architecture and the built Environment, Div. of Building Technology, Brinellvägen 34, SE-100 44 Stockholm

    • Merci Fabrice Francioli pour votre participation aux échanges suite à cet article.
      Merci de l’apport de sources proposant des ouvertures sur des publications émanant de milieux universitaires, preuves s’il en est que ces faits sont étudiés, connus et décrits.
      Cependant, et il s’agit ici non pas de mettre en cause les techniciens de terrain qui, pour certains, se posent des questions, mais les milieux certificateurs qui, a minima, valident des principes qu’ils ne connaissent pas ou qu’ils maîtrisent mal, ce qui est grave
      Autre possibilité (plus probable), ils les connaissant et passent outre, ce qui est tout aussi grave, voire pire, car suspectable de malhonnêteté ou de non résistance à des influenceurs.
      Le minimum qu’ils devraient faire serait de dire clairement que les valeurs qu’ils donnent sont des valeurs de laboratoire mais qu’elles ne permettent pas, dans la réalité du terrain, de garantir des performances d’exploitation.
      Si cela ne permettrait pas au béotien de s’y retrouver mieux et de trier le bon grain de l’ivraie, au moins serait-il informé de la présence possible d’ivraie dans ce qu’on lui propose… d’autres, tels que nous, Build green, et quelques autres, nous chargerions volontiers d’indiquer des pistes de recherche.

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