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[Vidéos] Tafilelt : la cité sociale et écologique émergée du désert algérien

En 2003, sur une colline rocailleuse, un projet unique en son genre a vu le jour à Ghardaïa. Ksar Tafilalt Tajdite est en vérité un nouveau ksar, surplombant Beni Izguen, qui compte plus de 800 maisons traditionnelles bâties dans le cadre d’un projet social à but non lucratif. Initié en 1998 par la fondation Amidoul présidée par M. Ahmed Nouh,

Docteur en pharmacie et un des notables mozabites de la vallée du Mzab (région du sud de l’Algérie ), le projet Tafilelt vise à rétablir certaines coutumes ancestrales basées sur la foi et le «compter sur soi» qui ont permis aux oasis en général et à celles du Mzab, en particulier, d’amadouer un environnement hostile et de bâtir ce qui est maintenant mondialement connu comme étant une architecture millénaire digne de l’appellation «développement durable ». Alliant les pratiques et les valeurs de cohésion et d’entraide sociales et les normes, selon les exigences que requiert l’habitat contemporain, Tafilelt est une ville nouvelle qui s’inscrit dans une optique écologique et sociale.

 

«Tafilelt est pour nous un acte de militantisme. Et le militantisme est loin d’être seulement de la ‘’tchatche’’, sinon des actions concrètes en faveur de la société», confie M. Ahmed Nouh . «Notre principal objectif est de rendre le logement à la portée de tout le monde. Toutefois, nous ne voulions pas voir pousser dans notre vallée des cités dortoirs ou des ghettos comme c’est le cas dans le nord», décrète Nouh qui poursuit plus loin : «Le logement traditionnel du M’zab a été notre source d’inspiration dans la réalisation de ce projet. Tout en l’adaptant aux commodités de la vie contemporaine, tel que l’introduction de l’élément «cour» pour augmenter l’éclairage et l’aération de l’habitation ainsi que l’élargissement de ses espaces intérieurs, nous avons maintenu aussi la hiérarchisation des espaces, l’utilisation des matériaux locaux à l’image de la pierre, le plâtre et la chaux. On a maintenu également le principe des ruelles étroites qui s’entrecoupent pour casser les vents de sable. Tout cela est réalisé pour restituer l’esprit du ksar».

 

Pour M. Nouh et tous les autres responsables du projet de la ville nouvelle de Tafilelt, le patrimoine culturel ancestral peut, lui aussi, concourir à la résolution du problème du logement. «Face à la menace de la ‘’bétonisation’’ de la vallée, nous avons conçu ce projet pour proposer des logements à des prix modestes qui correspondent aux spécificités architecturales et culturelles de la vallée du M’zab. C’est pour nous aussi une nécessité de réagir à la disparition programmée de nos palmeraies», souligne à ce titre M. Nouh.

Le ksar de Tafilelt sis à Béni-Isguen (Ghardaïa) a obtenu fin 2016 à Marrakech (Maroc), lors de la COP22, le 1er prix de ville durable.

Un parc des espèces animales et végétales des zones désertiques, initié par la fondation Amidoul, est également en cours de réalisation dans la périphérie de Tafilelt. Ce futur parc comprendra des espaces verts, une station d’épuration des eaux usées, une station d’énergie solaire, un laboratoire scientifique et une salle de conférences. A l’instar de Tafilelt, cet espace de verdure verra le jour dans une zone rocailleuse.

 

Reportage sur la nouvelle ville de Ghardaïa, Tafilelt par Echourouk News

Interview de Mr Ahmed NOUH fondateur de la cité Tafilalt et président de la fondation Amidoul (Part. 1)

Interview de Mr Ahmed NOUH fondateur de la cité Tafilalt et président de la fondation Amidoul (Part. 2)

Plus d’infos sur le ksar de Tafilelt

(sources 1 & 2)

Editeur et Rédacteur en chef de Build Green, le média participatif sur l'habitat écologique et pertinent. Passionné par le sujet de l’éco-construction depuis 2010. Également animateur de nombreux réseaux sociaux depuis 2011 et d'une revue de web sur : Scoop.it