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VMC, ventilation, Renouvellement d’air, permanent ou non ?

Un sujet polémique s’il en est : faut-il renouveler l’air en permanence dans un habitat ?

Si la question est récurrente, il y a au moins un consensus sur le fait de la nécessité de renouveler l’air, quoi que … Une exception est souvent mise en avant : la non-occupation des locaux.

Les moyens mis en œuvre pour opérer le renouvellement d’air sont nombreux et variés, plus ou moins sophistiqués, plus ou moins énergivores, plus ou moins performants, plus ou moins tributaires d’une source d’énergie extérieure.

Comme dans bien des domaines, ils ont souvent des aficionados, lesquels les défendent à coups d’arguments en général vrais, souvent tronqués ou sans tenir compte de contre arguments tout aussi vrais.

Il nous est aussi souvent arrivé de rencontrer des tenants d’un système ou d’un autre qui l’étaient plus par conviction intime, sans argument réellement étayé. Il nous faut reconnaître que les échanges sont alors difficiles, comme toujours dans de tels cas.

Albert Einstein avait assez bien résumé la situation de tels cas : “il est plus facile de pulvériser un atome qu’une idée préconçue”.

Au fil de cet article, nous n’aborderons pas les types de systèmes, de machines, d’installations. Nous partirons du principe que le renouvellement est acté.

C’est à la permanence de son action, la continuité ou non de son fonctionnement, que l’immeuble soit occupé ou non, que nous allons nous intéresser.

Pourquoi renouveler ?

L’air doit être renouvelé pour 2 raisons, une excellente, l’autre moins bonne mais … incontournable !

Pour la salubrité des locaux

L’air est un gaz constitué de multiples composants dont, dans l’ordre de teneur en %: le diazote N2, 78%; le dioxygène (02) 21%; autres gaz : 1% dont du dioxyde de carbone (CO2), 0,01%, du méthane, divers Composés Organiques Volatiles (COV), Composés Inorganiques Volatiles (CIOV) et aussi, un composant qui nous est bien connu : de l’eau.

Nous avons déjà abordé ces sujets ici dans de nombreux articles, soit intégralement dédiés soit en tant qu’élément important, citons : COV, ce qu’on ne nous dit pas, Carbone, et si on se trompait de combat, un article extrêmement important de William Mac Donough, inventeur du principe du Cradle to Cradle; de nombreux articles liés à l’eau dans le bâti, Pourquoi tant d’humidité dans nos bâtis ?, d’autres liés aux effets délétères de cette eau ou aux moyens de la réguler.

Nous avons aussi largement abordé, directement ou indirectement la nécessité du renouvellement d’air, que ce soit dans des bâtis anciens ou récents, dans le cadre de rénovations ou de construction de neuf.

Rappelons simplement que des éléments indésirables ou, en tout cas, néfastes si leur teneur est trop importante doivent être “gérés” afin de les maintenir à un niveau acceptable pour la vie (santé des occupants, pérennité des bâtiments), citons : le radon, le monoxyde carbone, certains COV (vapeurs de formaldéhydes par exemple) ou CIOV (ammoniac par exemple), microparticules diverses en suspension et aussi la vapeur d’eau.
Accepter que certains de ces éléments soient en excès, c’est prendre des risques.

Ces divers éléments peuvent provenir de la vie intrinsèque du bâtiment (radon, eau du fait de remontées capillaires, émanations provenant de divers composants tels que des isolants, des colles utilisées lors des travaux; ameublement …) ou du fait de la vie des occupants (vapeur d’eau du fait des toilettes, lessives, cuisine, ménage, respiration, transpiration; émanations diverses telles que aérosols pour le ménage, produits cosmétiques, bougies parfumées, encens, …).

Le plus sûr moyen pour ré-équilibrer la teneur de l’air ambiant intérieur est de le renouveler.

Sur le plan législatif

La 1ère législation imposant de gérer le renouvellement de l’air remonte à l’arrêté du 22/10/69. Elle a été depuis revue à plusieurs reprises et c’est maintenant l’arrêté du 24 Mars 1982, modifié en 1983 qui régit ce domaine (accordons aux opposants du principe d’un renouvellement permanent une grande capacité de résistance : on fêtera le cinquantenaire du 1er arrêté l’année prochaine !)

S’il est difficile d’imposer des contrôles dans les bâtiments privés, il est par contre tout à fait possible de le faire dans les établissements recevant du public (ERP) et face à l’augmentation considérable de pathologies pouvant avoir un lien avec la qualité de l’air respiré (asthme, allergies …), les autorités ont pris des dispositions pour déceler et remédier les éventuelle carences.

Peut-on arrêter le renouvellement en cas de non présence ?

La tentation est grande pour qui dispose d’un moyen artificiel de renouvellement de l’arrêter (artificiel : par opposition au renouvellement d’air via une ventilation naturelle par présence d’entrée(s) basse(s) et d’évacuation(s) haute(s) appelée aussi “thermosiphon”).

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Les raisons invoquées sont généralement d’ordre financier : “en évacuant l’air, j’évacue les calories”, “la machine consomme de l’électricité, c’est pas gratuit !”, “la VMC est là pour gérer la vapeur d’eau, mais s’il n’y a personne, elle n’a rien à gérer, alors je l’arrête” …

Ces arguments sont souvent justes et vrais, mais sont-ils pertinents ?

Voyons ce qu’il en est selon les types d‘occupation et d’absence.

Economie générée

Sachant qu’une VMC simple flux consomme environ 25 Wh par heure, elle consommera, en un an : 25 x 24h X 365 jours = 219 000 Wh, soit 219 kWh. Au prix de 14 centimes le kWh, la dépense annuelle, pour son fonctionnement, sera de : 30,66 €, soit 2,55 € par mois (valeur 2018).

Non présence durable

C’est le cas typique des résidences secondaires ou des résidences principales lors d’absence prolongée, entre autres pendant des vacances longues.

Il est effectivement vrai que les occupants ne génèreront pas d’émissions, pas plus du fait de leur métabolisme que du fait de leurs actions et/ou occupations. Il n’est donc pas nécessaire de gérer ce qui n’est pas émis ! Imparable !

Mais qu’en est-il des émissions naturelles du fait du bâti lui-même ?

Radon

Les émissions de radon (3000 morts par an selon “60 millions de consommateurs” !) : une très grande partie du territoire est concernée dont un nombre assez important de communes à risque important.

Les communes considérées comme à risque modéré n’en demeurent pas moins des zones où le risque est omniprésent, particulièrement en cas de non renouvellement d’air.

Il nous est arrivé de lire qu’on pourrait se passer d’un renouvellement mécanique en prévoyant une entrée d’air via un puits canadien et une évacuation par un conduit haut : faire parcourir de l’air, qui plus est à vitesse lente, dans un conduit enterré non adapté dans une zone à radon est un excellent moyen de concentrer ce gaz (radon) dans l’air de renouvellement et, par voie de conséquence, dans le bâtiment ainsi ventilé.

Pour l’évacuer, un seul moyen : ventiler de façon continue et certaine, à la fois dans la régularité et en terme de volume renouvelé.

Les plantes stockées à l’intérieur

Elles sont généralement très généreusement alimentées en eau.

Juste un petit calcul : 5 litres d’eau répartis dans des bacs avec des plantes, consommés par ces mêmes plantes , auront été évaporés par celles-ci entre le départ et le retour des occupants. Une maison de 100 m2 habitable, avec une hauteur sous plafond de 2,5 mètres, fait 250 m3 habitables, ce qui représente environ 250 x 1,2 : 300 kg d’air. Les 5 kgs d’eau (5000 grammes) auront été diffusés dans ces 300 kg d’air, soit, 5000 / 300 = 16,66 grammes d’eau par kg d’air .

Or, il est considéré (assez universellement reconnu) que la valeur proche de l’idéal de confort à 19° est 50% d’humidité relative, ce qui donne une quantité de 6,77 g/kg d’air !

Le point de rosée pour un air à 19° se situe à une teneur absolue en eau de : 16,23 g/kg d’air ! Que se passera-t-il si les parois sont à cette température et si on ajoute à l’eau apportée celle naturellement présente au départ ? … On va avoir de belles et importantes condensations dans ces parois, à quelques mm de leur surface intérieure.

Remontées capillaires

Les remontées capillaires sont particulièrement importantes dans les bâtis anciens, construits sur fondations cyclopéennes, sujet déjà abordé ici.

Elles peuvent s’évaporer, au moins en partie, dans l’air intérieur. Est-il nécessaire de rappeler que, quelle que soit sa provenance, de l’eau en excès dans l’air est source de problèmes nombreux et variés (condensation aux points les plus froids, odeurs, moisissures, pourrissements, oxydation des métaux, gonflement et fissuration des bétons, …)

Les odeurs “de renfermé” trouvent leurs origines ici. Pourvu que les désagréments se limitent à ces mauvaises odeurs !

Auréoles, moisissures et autres désordres au bâti

Ne pas renouveler l’air et, en passant, ne pas maintenir hors gel des habitats non habités, c’est les exposer à des pathologies nombreuses, parfois irréversibles.

Parmi celles-ci, citons le pourrissement des planchers, la dégradation des plâtres, le développement de mérule, les attaques des bois par les insectes xylophages, lesquels ont non seulement besoin de nourriture, la lignine du bois, mais aussi d’une humidité relative favorable. Celle-ci leur est beaucoup plus propice si on laisse la maison fermée et non ventilée.

Arrêt d’une VMC existante

Les gaines d’évacuation sont souvent non isolées et, au moins en partie, au contact de l’air extérieur.

Même si le renouvellement d’air possible par thermosiphon y sera probablement très faible, compte tenu, tel que nous venons de le voir, que cet air sera fort probablement très chargé en eau, cette teneur élevée en eau et la circulation lente de l’air dans les gaines vont favoriser la condensation d’eau à l’intérieur des gaines.

gaine-evacuation

Attendu que malheureusement, le plus souvent, ces gaines sont posées un peu à la “va comme j’te pousse”, elles souffrent de très nombreux points hauts et points bas. L’eau condensée va donc se concentrer en ces point bas, ceci avec plusieurs conséquences possibles.

Obstruction

Si une gaine n’est pas posée tel que la législation l’impose, à savoir bien linéaire et avec une légère pente propre à permettre l’évacuation des condensats (ce qui n’est quasiment jamais fait) mais si, à l’opposé des préconisations, cette gaine présente des points hauts et des points bas avec de fortes amplitudes (ce qui est, malheureusement, souvent le cas), celle-ci peut se remplir d’eau et, tel un syphon, empêcher tout mouvement d’air. Bien évidemment, lors de la remise en route de la VMC, celle-ci ne pourra plus évacuer l’air.

Ce défaut de fonctionnement peut engendrer une contrainte de fonctionnement du ventilateur, laquelle pourra engendrer une surconsommation et, au pire, une surchauffe et la mise en panne de la machine.

Si le défaut est détecté, le fait d’évacuer cette eau via la gaine peut en provoquer l’arrivée massive dans la machine, générer un court circuit et, là aussi, la  destruction de la machine.

Si, a contrario, l’eau est dégagée via une bouche du réseau aerolite, on a de bonnes chances de se retrouver avec l’écoulement d’eau plus ou moins grasse et, en tout cas, sale, donc au mieux de grosses salissures, au pire, un dégât des eaux.

Percement

De l’eau qui stagne dans une gaine peut, sous l’effet du poids qu’elle représente, provoquer son débranchement de la machine ou son percement. Au mieux, un léger dégât d’eau, au pire, un grand dégât d’eau et, si le réseau électrique est proche, un réel risque de court circuit par inondation.

Ecoulement dans la VMC

Le point bas peut être constitué par la machine elle-même. Ce sera le cas avec des installations anciennes dont la gaine à l’air libre, destinée à évacuer l’air vers l’extérieur, ne sera pas isolée. Une condensation régulière dans la gaine pourra provoquer un apport continu d’eau dans la machine. Tant que celle-ci est coupée, elle est déconnectée du réseau électrique, il ne se passera rien. Par contre, à la remise en route de la machine, le risque est réel de provoquer un court circuit, sa destruction et un risque supplémentaire au plan électrique et donc électrocution.

(pour les tenants de l’évacuation directe dans les combles, donc d’absence de gaine entre la machine et l’extérieur, donc de l’élimination d’un risque de condensation dans une gaine exposée au froid, ceci n’est plus autorisé)

Non présence temporaire

Nous avons reçu des témoignages d’extinction de la VMC en cours d’absence sur une journée, entre le départ et le retour des occupants.

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Là aussi, au prétexte que n’émettant pas de vapeur d’eau, de COV, de CIOV et autres particules fines, il n’y a aucune raison de maintenir en marche un système qui a pour rôle de les évacuer. Argument, là aussi, a priori imparable … sauf que ça n’est pas aussi vrai qu’il y paraît.

En effet, le bâti lui-même, tel que vu ci-avant dans le cadre d’une absence longue, apporte ses propres évaporations et/ou émanations.

Gaz délétères

Occupants présents ou pas, le radon, si radon il y a, continue à envahir l’espace, les remontées capillaires ne se mettent pas non plus en standby.

En cas d’utilisation de produits d’entretien, cosmétiques et autres émetteurs de COV, en cas de présence de matériaux émettant eux aussi des COV, ces émanations se produiront, qu’on soit présents ou non. Leurs concentrations représenteront un joli cocktail d’accueil lors du retour des occupants, entre le moment de leur arrivée et celui où ils auront provoqué un courant d’air susceptible de renouveler l’air intégral du volume !

Vapeur d’eau

Mais surtout, si les occupants ne sont pas là, certaines de leurs activités continueront à produire des effets après leur départ. Citons quelques exemples :

  • le linge lavé la nuit précédente et qui aura été étendu à l’intérieur,
  • le lessivage du sol aura séché tranquillement,
  • la vaisselle lavée à la main et mise à égoutter aura aussi séché par évaporation d’eau,
  • les plantes continueront à transpirer,
  • les serviettes de toilette qui auront servi à s’essuyer après la douche seront-elles encore humides le soir ? Non ! L’eau projetée sur les parois lors de la douche s’y trouvera-t-elle encore ? Non ! … Et où sera-t-elle cette eau ? Bien sûr, dans l’air ambiant, passée de l’état liquide à l’état vapeur, à moins qu’elle ne soit redevenue liquide contre ou dans une paroi suite à sa condensation provoquée par un point froid qui aura engendré un point de rosée.

Une 2ème série de chiffre, issue d’un contrôle personnel.

Pesée d’une serviette de toilette sèche, avant utilisation, et pesée de la même serviette de toilette après la prise d’une douche. Le testeur : moi-même, mâle d’un bon 90 kg.

Constat : 82 grammes de plus. Admettons un peu de desquamation, et ramenons le poids d’eau à 80 grammes. Pour une famille de 4 personnes, 320 grammes, ajoutons à cela l’évaporation de l’eau des parois, de celle sur le corps le temps de la douche et en attendant d’être séché, le séchage à l’air libre des cheveux, on peut, sans risque porter l’ensemble à 500 grammes.

Le petit déjeuner, du pain frais grillé, un bol d’eau chaude pour le thé, le lavage de la table, 100 grammes pour notre famille de 4 ne sont certainement une estimation excessive. Nous voilà avec 600 grammes d’eau passée de l’état liquide à l’état gazeux.

Retrouvons notre maison de 100 m2 habitables et ses 300 kg d’air : apport en quelques heures de 2 grammes d’eau par kg d’air, c’est à dire environ le ⅓ de ce qui est souhaitable pour atteindre un niveau de confort correct à 19°, c’est à dire une humidité relative à 50%.

Attendu que l’air était déjà à 50% avant, il sera passé à 65% d’HR, mais surtout, la température du point de rosée sera passée de 12,28° dans le cas de l’air le plus sec à 8,35° avec cet apport de 600 grammes d’eau; quasiment 4° de moins ce qui, l’hiver alors que les températures extérieures sont basses, peut changer beaucoup de choses !

Conclusion

Nous venons de passer en revue les risques encourus en cas d’arrêt soit durable, soit temporaire d’une VMC. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Hormis pour des raisons économiques, nous n’avons pas découvert de raison raisonnable d’éteindre une VMC, si ce n’est parfois des convictions érigées en dogme du style “avant on n’avait pas ces installations et ça marchait bien”, ce que nous avons déjà abordé et traité ici.

Faisons le bilan économique.

On l’a vu pour le fonctionnement d’une VMC simple flux : 30,66€ pour une année.

L’air extrait est chaud, l’air aspiré depuis l’extérieur est froid, il faudra donc le chauffer.
Rappelons qu’il faut environ 0,35 Wh pour faire gagner 1° à 1m3 d’air (un peu variable selon l’altitude, la pression atmosphérique et la teneur en vapeur d’eau).

Si on prend pour base simple qu’il va falloir, pendant 3 mois complets et continus, faire passer de l’air de 0° à 19° (ce qui ne doit pas être loin de la valeur moyenne lissée de besoin de chauffage sur une année) et que la VMC va renouveler l’air à raison de 8 fois le volume total par jour sur 365 jours, en reprenant notre maison de 100 m2 et ses 250 m3 d’air, on aura :

(250 m3 / 3) x 24 = 2 000 m3 par jour

2 000 x 90 jours = 180 000 m3 qu’il va falloir réchauffer de 0 à 19°

180 000 x 0,35 x 19 = 1 197 000 Wh, soit 1 197 kWh

Si on prend une valeur moyenne du prix du kWh à 0,11€ (coût moyen entre 1 kWh électrique, fuel, gaz, bois …), on obtient :

1 128 x 0,11 = 131,67 € pour une année

Le coût total de fonctionnement d’une VMC simple flux et du chauffage de l’équivalent de l’air qu’elle aura extrait et qui aura été remplacé par de l’air extérieur possiblement froid, on arrive à 132 + 31 = 163 € sur une année.

Ramené au mois, valeur 2018, on trouve une moyenne de 13,58 €, inférieure à 15 €.

Très sincèrement, il n’y a aucun intérêt à réaliser cette économie qui, dans les faits, permet d’éviter tellement de risques de dépenses que, pour le coup, la comparaison bénéfice/risque est sans appel : n’éteignez jamais votre VMC, même si vous ouvrez vos fenêtres, ce qui vous évitera d‘oublier de la remettre en route !

Il reste à espérer que les fabricants inventent des systèmes automatiques qui régulent en fonction des besoins et des conditions météo, par exemple l’été tel qu’en période de canicule où il serait efficace de limiter au minimum possible le renouvellement le jour mais à l’augmenter par un facteur de 2 ou plus la nuit pour bénéficier d’un apport d’air beaucoup moins chargé en eau et plus frais. La domotique pourrait peut-être, elle aussi, ouvrir de nouveaux horizons.

Reste à espérer aussi que la législation prendra en compte ces spécificités le jour où elles nous seront proposées.

Certains nous taxeront peut-être de rouler pour les fabricants de VMC, il n’en n’est rien.

C’est juste que, au moins dans ce domaine, des industriels ont su proposer des solutions très pertinentes pour répondre à des besoins bien réels et nous sommes très heureux de le constater.

Il n’est pas question pour nous d’accepter ou soutenir des solutions non pertinentes, nous nous sommes d’ailleurs déjà érigé en farouches opposants, y compris face à des secteurs ou fabricants puissants.

Il n’est pas question non plus de nous opposer à qui que ce soit pour le simple plaisir d’être contre …

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans,
Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre,
Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit,
Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation,
Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent,
Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente »

20 réflexions sur “VMC, ventilation, Renouvellement d’air, permanent ou non ?

  1. Le calcul est fait pour une ventilation à débit constant et un moteur à consommation constante. Une Vmc hygro avec un moteur à variation aura une consommation bien moindre.

    • Merci Thierry Touzard de votre apport à cet article.
      Nous avons fait, volontairement, le choix d’appuyer nos calculs sur un système on ne peut plus basique et votre remarque est très juste.
      Ceci va tout à fait dans le sens de notre réflexion et de cet article : si avec un système moyennement performant, il n’est pas pertinent de couper une VMC, avec un système plus performant, il est encore plus évident qu’il ne faut pas couper une VMC !

      • Bonjour Décantons,
        Merci de votre participation à la vie de cet article.
        En effet, les VMC Hygro pourraient présenter des risques de défaut de renouvellement d’air en cas d’air extérieur relativement sec et, ainsi, ne plus évacuer les COV.
        Ceci devrait être impossible car elles doivent, en théorie, respecter les renouvellements minimaux imposés par l’arrêté du 24 mars 1982.
        Cependant nous avons eu des témoignages de défauts avec des VMC Hydro B. Les défauts étaient imputables à l’analyse de l’air entrant au droit des prises d’air extérieur et une fermeture excessive de celles-ci si cet air extérieur est relativement sec. Le constat de ces défauts a été constaté car des moisissures apparaissaient, preuve d’une insuffisance de renouvellement.
        Le changement des ces prises d’air par des réglettes ordinaires a résolu ce défaut. Dommage d’avoir investi dans un équipement plus cher, heureusement déposable sans remettre l’ensemble de l’installation en cause, mais dépense inutile.

  2. Complètement convaincue dans mon métier d’architecte par la nécessité d’une excellente étanchéité aux entrées d’air parasites et par la nécessité de ventilation mécanique contrôlée (type et modalités à définir selon la nature du projet) avec toute latitude d’ouvrir ses fenêtres quand on en a envie!
    En tant que locataire d’une vieille maison béarnaise (murs en galets du Gave) équipée d’une mini VMC posée à l’économie (crédits d’impôt et aides données au propriétaire), après une absence estivale de 1 mois (températures caniculaires et taux d’humidité constant à 90%), j’ai découvert une maison empuantie, avec plusieurs murs tachetés et des meubles recouverts d’une sorte de « croute de tome »!
    Conséquences; un travail de dingues pour assainir l’air et les meubles, nettoyer les surfaces et en repeindre certaines, poncer les poutres, … / allergie de tous les membres de la famille avec pneumopathie pour moi! Arrêt pour maladie 10 jours.
    Si je fais le compte, 2 RDV chez le médecin = 50€ + 2 prescriptions d’antibiotiques et de cortisone = 44€, 7 jours ouvrés sans honoraires = env. 1300€ HT. Si on multiplie par 2, car mon mari architecte et asthmatique est dans le même cas …
    Si j’ai un peu de temps et quand j’aurai fini, je vous transmettrai le bilan financier de la remise en état de la maison louée, semblable à toutes les autres ici!

    • Bonjour Claverie Clémence,
      Merci de votre apport et témoignage.
      Nous avons un autre article en cours d’écriture sur ce sujet des VMC en général. Votre témoignage nous sera précieux car il confirme ce que nous pensons des conséquences possibles de l’abord actuel de la ventilation des logements.

  3. Excellent article, très complet !

    A un moment, vous évoquez le fait de ne pas maintenir un habitation hors gel, avec des conséquences comme « pourrissement des planchers » ou « mérule ». Pourtant, il est fréquent d’avoir des pièces de bois (solives, portes, etc.) dans des granges ou autres bâtiments non chauffés qui connaissent donc le gel en hiver. Est-ce parce que ces bâtiments sont largement aérés qu’ils évitent ces problèmes ?

    • Merci Clément de votre apport,
      Nous avons abordé à la fois ne non maintien hors gel et le non renouvellement de l’air car, en cas d’absence longue, très souvent les occupants coupent leur compteur électrique avant de partir, avec 2 conséquences majeures : pas de chauffage, pas de renouvellement d’air.
      Lorsque nous évoquons le non maintien des bâtiments hors gel, nous pensons plus à des risque de dégradation du style éclatement de réseaux d’eau non vidangés, fissuration des cuvettes de wc par absence de sel qui aurait rendu l’eau de cette cuvette moins susceptible de geler et donc dégât des eaux…
      Par contre, lorsque nous évoquons le non maintien de renouvellement d’air, c’est plus à la maîtrise du taux d’hygrométrie que nous pensons, taux qui peut alors être favorable au développement de moisissures et champignons … dont la mérule.

      Vous évoquez le fait que des bois situés dans des annexes tels que des granges et autres bâtiment agricoles, non chauffés, ne sont pas atteints par la mérule ou le pourrissement.
      Il faut, pour que ces pathologies se fassent jour, un taux d’hygrométrie relativement élevé, conditions qu’un air chauffé et des remontées capillaires non évacuées après évaporation rendent possibles.
      Or, comme vous l’écrivez, ces espaces sont à la fois non chauffés et très largement aéré.
      Conséquence : pas de condition propice à une humidité absolue élevée dans l’air et pas de stagnation de cet air, donc pas de mérule ni pourrissement.

  4. Merci pour mettre en garde et de garder un bon renouvellement de l’air.
    J’ai opté pour ne pas utiliser la double flux la nuit en été que lors de ma présence : j’ouvre donc les fenêtres la nuit. En absence l’été: double flux la nuit.
    En hivers : l’invers et mode absence la nuit de la double flux.
    Par contre si vous êtes plus de deux dans une maison : il est vital de mettre la ventilation en mode normal.
    Comme dit Claude . La santé est plus importante que les économies.
    Merci pour cet article.

    • Merci Pierrecolo de votre apport de témoignage.
      Ce dont vous nous faites le retour est bien la preuve que, s’il est nécessaire de renouveler en permanence, par un moyen ou un autre, il serait peut-être pertinent de permettre une gestion plus fine, ceci via une automatisation prenant en compte divers paramètres analysés en permanence grace à des capteurs. Les domoticiens ont aussi, probablement, la possibilité d’aider à une gestion optimal.

  5. merci pour cet article simple et, comme toujours, bien renseigné.

    Si la nécessité de laisser la VMC en route toute l’année ne fait pour moi aucun doute, il faudrait que les menuisiers qui changent les fenêtres soient sensibilisés au fait qu’en l’absence de coffres de volets roulants menuisés, il faut absolument prévoir des grilles d’entrée d’air dans les menuiseries pour permettre le renouvellement d’air et donc le fonctionnement correct de la VMC.

    Ce n’est pas toujours le cas, et pour avoir imposé ces entrées d’air dans la propre maison, j’ai du rassurer le menuisier sur le fait que si mes fenêtres perdraient peut être leur excellent coefficient d’isolation c’était mon choix car le confort et la salubrité des lieux passait aussi par cette petite contrainte.

    • Bonjour Béatrice, merci de votre témoignage.
      En effet, tout comme vous, nous regrettons de tels comportements, preuves s’il en est que beaucoup d’artisans, qui plus est souvent des bons dans leur propre domaine, voulant bien faire et apporter le meilleur de ce dont il sont capables, défendent leur propre travail au détriment du fonctionnement global de l’habitat.
      Pourriez-vous, SvP, nous préciser si vos travaux ont été réalisés par un artisan reconnu RGE ?

      • Bonjour, et merci pour vos articles.
        De mon coté, mon menuisier RGE conseille de mettre des grilles si vmc simple flux, mais pas de grilles si vmc double flux, c’est bien cela?
        Autre question, vous citez souvent comme cause d’inconfort les courants d’air. Pas d’inquiétudes à avoir de ce coté là avec des grilles sur les fenêtres?

        • Bonjour Cé,
          Le principe d’une VMC SF est d’extraire de l’air et il faut donc permettre des entrées en compensation.
          Le faire via des grilles sur des menuiseries est le plus simple. Vous avec bien compris ce que vous a expliqué votre menuisier : avec une VMC SF, il faut des grilles d’entrée d’air, avec une VMC DF, laquelle extraie et insuffle, il ne faut pas de grille extérieure.

          L’inconfort est inhérent aux courants d’air, il faut une vitesse déroulement minimale pour le ressentir et donc en pâtir. Le renouvellement est plus un mouvement lent d’un volume d’air qu’un courant d’air. Donc, non, pas d’inquiétude du fait de grilles sur des menuiseries avec une VMC SF.

  6. Bonjour,
    pour ma part comme commenté sous un autre article, le problème est le bruit de la VMC. Ca m’empêche de dormir et si j’arrive à neutraliser le bruit chez moi, je n’arrive pas à l’arrêter dans l’immeuble, qui fait un bourdonnement permanent, d’autant plus désagréable la nuit qu’on entend que ça. Le sommeil est le premier facteur sanitaire, avant tout le reste. J’ouvre les fenêtres tout le temps pour aérer l’intérieur. Je n’envisage pas d’acheter un logement dans un immeuble moderne ou > années 70 avec ces sifflements et vibrations permanentes. J’aime le silence.

    • Bonjour til,
      Si un système de renouvellement d’air génère du bruit à un niveau tel que celui que vous décrivez, il y a tout lieu de craindre un défaut d’installation …
      Par ailleurs, nous ne comprenons pas vraiment que vous puissiez résoudre le problème chez vous mais pas au niveau de l’immeuble …
      Entre 2 maux, chacun fait le choix qui lui convient …

      • Bonjour en bouchant les aerations c’est possible d’atténuer le bruit dans l’appartement, ou bien en coupant la vmc s’il y a un interrupteur. Ce n’est pas possible de toucher aux installations de l’immeuble.
        Après chacun est sensible au bruit différemment pour ma part ça me dérange beaucoup. Mais les gens apprécient globalement le silence (pas étonnée que bp bouchent les vmc chez eux). Ds mon ancien appatement (vieil appart), chaque personne qui rentrait s’exclamait : « que c’est calme ! » Car limmeuble ne produisait aucun bruit. Je laisse en revanche tt le temps ouvert pour que l’air intérieur soit renouvelé.
        Cordialement

        • Bonjour Til, merci de ce 3ème apport sur le même sujet (dont 2 ici).
          Comme nous l’avons déjà répondu à votre précède,t message, le bruit est anormal, il s’agit probablement d’un défaut de mise en œuvre.
          Quand au fait de laisser ouvert en permanent,ce pour renouveler l’air, c’est totalement déraisonnable car forcément énergivore.

  7. Ok. J’entends bien.
    Mais lorsqu’en été, on vit « toutes portes et fenêtres ouvertes » H24 ou presque… laisser tourner la VMC a-t-il vraiment un sens ? Toute fenêtre ouverte (y compris les baies vitrées et les velux pour la nuit) implique un renouvellement d’air bien suffisant d’autant qu’on est moins dans la maison mais plus au jardin durant cette saison.

    Nb : pour le calcul de prix, vous devriez indiquer le chiffre de consommation électrique car le calcul d’un prix varie d’un fournisseur à l’autre et d’un pays à l’autre … En Belgique par exemple faîtes environ X3 pour vous donner une idée du prix que nous payons électricité. Dans ce cas, 20w ça compte si si.

    • Bonjour septique mais curieuse … tout un programme dans le pseudo !
      Alors nous allons essayer de sortir du scepticisme …
      Déjà, bien qu’il puisse paraître paradoxal de s’en réjouir, il est bon de payer l’électricité à son juste prix … sauf à payer la facture plus tard, ce qui pourrait bien être notre cas, français que nous sommes, engagés où nous le savons dans ce domaine.

      Nous ne contestons pas qu’il peut y avoir un paradoxe à laisser fonctionner une VMC l’été alors que les fenêtres sont ouvertes. Cependant, et pour rappel, en temps de canicule, il est beaucoup plus recommandé de ne les ouvrir que la nuit, ce qui est d’ailleurs beaucoup plus pertinent … et pourrait l’être aussi pour les VMC, ce que nous abordons dans un article à paraître dans les 2 semaines à venir. Nous avons en effet lancé une série de 3 articles sur le renouvellement d’air tant le sujet nous semble important.
      Donc, dans cet article 3/3, il sera fait état de ce que nous pensons qu’il faudrait prendre en considération dans le futur … mais nous parlons bien de futur et nous pensons que vous serez très intéressée par cet article qui ira beaucoup plus dans le sens de vos remarques, fort justes au demeurant.

      Alors pourquoi préconisons-nous de ne pas arrêter une VMC ?
      En tout 1er car nous avons pris pour postulat qu’il s’agissait d’une VMC SF située en France, donc soumise à la législation, notamment en terme de volumes extraits et selon les habitudes de pose, entre autres gaines, au mieux à plat, mais en tout cas pratiquement jamais avec une pente en vue d’évacuer d’éventuels condensats.

      Ces faits débouchent très souvent, pas toujours heureusement, sur des problèmes, par ailleurs constatés lors d’expériences passées.
      Nous nous sommes appuyés sur un fait très récurent chez nous (que nous avons développé dans l’article) : après de nombreux mois d’arrêt, le particulier oublie très couramment de la remettre en marche, ou se dit que, finalement, ça marche bien sans elle et décide de ne pas la relancer. Quelle que soit la raison, le résultat est le même et nous le re-développons ci-après (il l’a déjà été dans l’article).
      Le nombre de VMC dont les gaines se sont ainsi gorgées d’eau se compte en milliers.
      Les pathologies sont les suivantes : engorgement des gaines et non redémarrage, machines grillées, dégâts des eaux …
      Alors si souvent tout se passe bien et que de nombreux particuliers qui agissent ainsi n’ont jamais connu de désordres, tant mieux pour eux et, comme la mère de Napoléon le disait à son fils, nous leur disons : « Pourvu que ça dure ! ».
      Pour les autres, nous pensons que cet article se justifie, tout comme vos remarques d’ailleurs.

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