La laine de verre : si révolutionnaire ?

Papy Claude

S’il est une star des isolants thermiques en France, c’est bien la laine de verre .. tout au moins, pour son volume de vente … consécration générale méritée ou titre justifié ? Incontestablement elle a connu et connaît encore un vif succès. Il nous semble donc normal de nous poser la(les) question(s) d’un tel succès. C’est ce que nous vous proposons et nous essaierons d’en tirer des conclusions.

D’abord, comme beaucoup, j’en ai posé et j’en ai vendu. Ensuite, petit à petit, je me suis informé et j’ai creusé, approfondi, jusqu’aux constats développés ci-après.

Pourquoi un tel succès pour la laine de verre  ?

  • un des isolants les moins chers, peut-être même l’isolant le moins cher,
  • la matière première principale est disponible en grande quantité (*),
  • elle est disponible partout sur le territoire. Quel patron de négoce de matériaux de construction, quel directeur Grande Surface de Bricolage accepterait de ne pas en proposer?
  • sa mise en œuvre est simple et parfaitement connue. Si un auto-constructeur ou auto-rénovateur se pose parfois des questions de compétence face à certains matériaux, qui ne se sent pas capable de couper de la laine de verre avec un couteau à pain ?
  • elle est avantageusement transportable avant la pose. Comprimée en rouleau au point de représenter un volume à transporte 10 fois moins important que son volume décompacté lors de la mise en œuvre, elle limite les manipulations.
  • de nombreuses entreprises sont aguerries à sa mise en œuvre. Quel artisan n’a pas, un  jour, mis en œuvre ou vu mettre en œuvre de la laine de verre ?
  • elle nécessite peu, voir pas, d’équipement sophistiqué pour sa mise en œuvre. Qui, souhaitant faire des travaux, ne possède pas un couteau à pain ou une égoïne ?
  • ses capacités isolantes sont bonnes (bon lambda)

Tout ceci explique son succès commercial

 

Tout d’abord un peu d’histoire :

Depuis longtemps l’homme s’intéresse à la matière verre : succinctement, car l’historique du verre lui-même n’est pas notre objet, les premières productions de matériaux opaques vitreux remonteraient entre -3000 à – 5000 avant JC.  Puis vinrent les verres transparents, 600 ans avant JC, suivis des verres soufflés, entre 300 et 100 avant JC. Le verre à vitres lui remonte au dernier siècle avant JC mais son véritable envol se produit au moyen âge grâce à la découverte du verre plat issu de verre soufflé.

En ce qui concerne le verre utilisé en tant que matière première pour la fabrication d’isolant, l’histoire est beaucoup plus récente. La 1ère guerre mondiale finit de consacrer la révolution industrielle initiée quelques 70 ans plus tôt en Angleterre.

A la  fin de cette guerre, les migrations de population des campagnes vers les zones des manufactures provoqua un changement des habitats.

Les habitats à murs de masse, souvent auto-construits, toujours avec des matériaux localement disponibles, et qui avaient pour vocation, non seulement d’abriter les hommes, mais aussi les animaux, émetteurs de précieuses calories et  le stockage de fourrage dans le grenier, mode simple de conservation des calories, furent, petit à petit, abandonnés.

Les nouvelles constructions furent, de plus en plus, édifiées avec des parpaings au béton de ciment Portland, adieu les murs de masse; souvent édifiées sous forme d’habitat groupé, entre autres les bien connues cités ouvrière.

Ces nouvelles constructions s’avèreront très inconfortables et il a fallu très vite chercher à corriger ce handicap en essayant de conserver les précieuses calories, entre autres en intégrant des isolants … qui restaient à développer ou, plus encore, à inventer.

Une des preuves encore vivantes de ce mouvement est la maison en paille, dite “maison Feuillette”,  située à Montargis et édifiée en 1920, première mondiale du mariage de l’ossature bois et de la paille, mais ceci est une autre histoire.

Les principes de la physique de la migration de la chaleur étaient connus depuis déjà quelque temps, notamment grâce aux travaux de Fourrier avec sa loi dite “loi de Fourrier”, Newton et sa loi sur le refroidissement et, enfin, pour compléter ce trio majeur, Max Plank.

Les recherches et le développement de matières susceptibles d’emprisonner de l’air furent la voie royale du développement des matières isolantes. La laine de verre s’inscrit totalement dans ce mouvement.

COCORICO !!!, la première publication officielle sur la fibre de verre est attribuée au physicien et naturaliste français René-Antoine Ferchault de Réaumur (1713).  Sa 1ère utilisation connue fut anecdotique : intégration en 1893 par  Edward Drummond Libbey dans un vêtement présenté à l’exposition internationale de Chicago.

Il faudra attendre encore 40 ans et 1932 pour qu’un employé de la société OWENS-CORNING invente la laine de verre, presque 20 ans après la maison Feuillette ! Depuis, la laine de verre s’est développée pour prendre la place qu’on lui connaît aujourd’hui.

Il est très difficile de connaître les volumes réels vendus par chacun, leur destination et donc la répartition des parts de marché de l’isolation, famille par famille. En France, assez unanimement, les acteurs s’accordent à reconnaître des parts de marché avoisinant les 50% pour les isolants fibreux d’origine minérale. Dans cette répartition la laine de verre se taille la part du lion. Elle se positionne, et de loin, devant n’importe quel autre produit en terme de surface isolée.

D’où, pour y revenir, la place de star des isolants que certains lui confèrent et le rôle d’étalon qu’ils aimeraient bien, aussi, lui attribuer.

Au fil de cet article, nous allons analyser ce qu’il nous semble important de prendre en compte, afin de nous faire notre propre idée.

 

Les caractéristiques principales de la laine de verre

Son principal composant est disponible en quantité sur la planète

Elle est d’origine minérale et son  principal composant, la silice, en tout cas pour cet emploi (*), est largement disponible sur la planète,  loin de nous manquer. Cependant pour fabriquer un isolant fibreux avec de la silice, il faut faire fondre du sable, pour ce faire, il faut de  l’énergie, beaucoup d’énergie.

(*) :  le sable nécessaire pour la fabrication du béton devient une denrée rare et précieuse car il doit répondre à une granulométrie précise. Ses arêtes doivent être vives, ce qui exclut l’emploi du sable des déserts car le vent a rendu ses grains ronds et lisses, donc impropres à son emploi avec un liant à base de ciment Portland. La fabrication de la laine de verre, quant à elle,  implique la fonte de la silice. Donc, quelque soit sa forme ou son état, un sable siliceux permettra toujours la fabrication de laine de verre.

Des besoins en énergie gargantuesques

Pour 1 m3 d’isolation mise en œuvre, il faudra en kWh (pour fabriquer, transporter, mettre en œuvre)  :

  • Le fibrage de la laine de verre est réalisé à 1400°ouate de cellulose en vrac, densité 55Kgs/m3 : environ 100
  • laine de bois semi-rigide : environ 170
  • laine de verre en panneaux : de 300 à 450
  • laine de roche en panneaux : de 450 à 600
  • polystyrène extrudé : env. 850
  • polyuréthane : environ 950
  • verre cellulaire : de 650 à 1 000

Source : isolation écologique, auteurs JP OLIVA et S COURGET, Ed. Terre Vivante)

De médiocres qualités de déphasage

Le déphasage est le temps nécessaire pour une calorie pour traverser un élément de part en part. Il dépend en partie de son lambda, mais surtout de ses capacités thermiques massiques et de sa densité de mise en œuvre.

Les médiocres performances de la laine de verre dans ce domaine ne lui permettent pas de stabiliser la température, pourtant gage de confort.
L’été, le rayonnement direct du soleil sur les parois isolées avec cette matière fait que, faute d’un bon déphasage, elles sont rapidement traversée par la chaleur. Ce handicap entraîne de plus en plus souvent l’installation de systèmes de rafraîchissement tels qu’une climatisation.

Là où il semblait qu’une économie avait été réalisée lors de la construction du fait du choix d’un isolant peu onéreux, il s’avère rapidement que l’économie n’en n’est pas une.  Le coût de l’installation de la climatisation et sa consommation électrique auront tôt fait de transformer l’économie supposée en réel surcoût.

Aucun pouvoir hygroscopique

Processus de fabrication de la laine de verre

Elle n’a aucune capacité à absorber de la vapeur d’eau avant saturation, contrairement aux isolants d’origine végétale.Si ceci est généralement présenté comme un avantage, à nos yeux c’est au contraire un handicap.

Expliquons un peu les phénomènes :
– de l’air intérieur chauffé, dans un espace relativement clos, va se dilater sous l’effet de cette chaleur. Il va, de ce fait, devenir sous pression par rapport à l’air extérieur,
– étant sous pression, il va forcément migrer de l’intérieur vers l’extérieur,
– l’air chaud peut contenir plus de vapeur d’eau que de l’air froid,
– lorsque, sous l’effet de sa propre pression, de l’air migre au travers d’une paroi et qu’il s’approche de l’air froid extérieur, il se refroidit lui-même,
– la baisse de température de cet air provoque  la condensation d’une partie de la vapeur d’eau qu’il contenait (vapeur  d’eau générée par nos propres activités : cuisine, toilette, vaisselle,  lessive, respiration, transpiration …)
– c’est ce qu’on appelle le point de rosée,
– les 2 seuls moyens de limiter ces points de rosée :
   a) faire baisser la teneur en vapeur d’eau :
• les isolants fibreux ne peuvent pas absorber d’eau sous forme de vapeur et donc le point de rosée y sera maximal,
• les isolants d’origine végétale ont la faculté de contenir un  peu de vapeur d’eau avant condensation, ce qui va retarder et limiter le point de rosée.
   b) ralentir le refroidissement de l’isolant, ce qui se produit du fait d’un bon déphasage : dans ce domaine le végétal est meilleur que le minéral …

Un isolant isole principalement via l’air qu’il emprisonne.

découpe de la laine de verre en usine de fabrication

Si, sous  l’effet d’un point de rosée, l’air est remplacé par de l’eau, alors  l’isolant, dans cette partie mouillée, n’isole plus.

Reprenons  les points 2 et 3 : plus il fait froid dehors, plus on chauffe et se confine à l’intérieur et plus, pour éviter de chauffer, il faut que  l’isolant soit performant … or, c’est précisément sous l’effet de la température extérieure basse que le point de rosée, avec un isolant  minéral, va être important et donc l’isolant isolera moins. Dit  autrement : plus tu en as besoin, moins il marche !

Si un point de rosée se matérialise dans un isolant, il en pénalise le bon fonctionnement

C’est là que, normalement,  il se matérialisera car c’est là qu’est le plus important delta de  température entre extérieur et intérieur. Si la température extérieure chute, le point zéro degré dans l’isolant se déplace vers l’intérieur.
Attendu que ce point zéro se déplace plus vite que l’eau ne peut migrer, il se peut qu’il se soit tellement déplacé vers l’intérieur que le point de rosée gèle.
Un point de rosée, ce sont des gouttelettes d’eau posées sur les fibres d’isolant. Lorsque ces gouttelettes gèlent, elles se solidarisent avec leur support, les fibres dans l’isolant. Lorsqu’elles gèlent à cœur, comme toute eau qui gèle, elles se dilatent … les fibres minérales étant non déformantes, elles se brisent et … l’isolant se déstructure et s’affaisse.
C’est ainsi que les isolants fibreux vieillissent. La grande différence entre les isolants d’origine minérale et ceux d’origine végétale, c’est que les premiers ont des fibres non déformables, contrairement aux seconds dont les fibres, elles, sont déformables … ce qui les rend réversibles au gel.

Les isolants d’origine minérale ne sont que rarement recyclés

Ils consomment beaucoup d’énergie grise à la production, mais la matière première principale pour leur production (sable siliceux) est peu coûteuse. Il est, économiquement, plus rentable de prendre du sable “neuf” que d’utiliser de la laine minérale ancienne nécessairement re-collectée. Les laines de verre anciennes viennent donc gonfler nos productions de déchets ultimes.

En cas d’incendie, elle ne brûle pas

Certes les isolants minéraux ne brûlent pas, mais  ils ne ralentissent que très faiblement le transfert des calories au travers d’une paroi entre un local en feu et son voisin hors feu  (mauvais déphasage), n’ayant ainsi qu’un effet très réduit sur la non propagation des feux.
Les isolants d’origine végétale brûlent, certes, mais lentement et, surtout, du fait de leurs grandes qualités au niveau du déphasage, ils ralentissent considérablement la propagation  des incendies permettant ainsi de circonscrire un incendie à son local de départ et favorisant alors l’évacuation des autres locaux hors feu. Ceci est d’autant plus aisé que leur combustion n’émet aucune vapeur toxique.

Des risques sanitaires

Les isolants fibreux minéraux sont ainsi fabriqués que leurs fibres sont trop longues pour atteindre les alvéoles pulmonaires et risquer de  traverser la paroi pulmonaire, puis la plèvre risquant alors d’y déclencher un cancer (à l’identique de l’amiante) … sauf si les  fibres ont été brisées sous l’effet des points de rosée successifs qui auront gelé, elles seront ainsi plus courtes et alors, dommage, elles pourront atteindre les alvéoles pulmonaires, puis la plèvre, puis…

Ceci a été vrai jusqu’en 1998. scandale de l’amiante oblige, il a fallu trouver une parade !
Comme le disaient les shadoks, “s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème”. Hé bien problème il y avait effectivement, alors les fabricants ont trouvé la solution : ajouter du bore aux autres composants de la fibre.

Quelques explications s’imposent : notre organisme a la faculté de dissoudre le bore et, ce faisant, de désagréger les fibres minérales qui se seraient plantées dans la plèvre au travers des alvéoles  pulmonaires.
Bravo ! … Sauf que le % de bore est très élevé, plus de 10%  et que toute présence de bore dans un matériau à des dosages supérieurs à  4,5% est interdit par la directive REACH, sauf à prévenir les utilisateurs de la dangerosité du produit car le bore est assimilable  par nos organismes et il a des effets reprotoxiques. Ces effets s’attaquent aux appareils reproducteurs des animaux à sang chaud.

Au final, que penser de la laine de verre?

Que penser de ce qu’en disait un des fabricants majeurs, il y a quelques mois pour le lancement de sa nouvelle laine de verre :

La laine de verre, elle est tellement révolutionnaire qu’elle en devient intéressante !

Que comprendre :
– du fait qu’elle est révolutionnaire, elle devient maintenant intéressante…
– donc, avant qu’elle devienne révolutionnaire, elle n’était pas intéressante ?
– alors, pourquoi en avoir autant vendu ?

Récapitulons :

Les avantages de laine de verre

  • bon lambda,
  • incombustible,
  • ne présente plus de risque de cancer de la plèvre,
  • hydrophobe,
  • peu chère,
  • disponible partout,
  • mise en œuvre connue,
  • utilisation couverte par divers DTU,
  • grande disponibilité au niveau de la ressource,

Les défauts de la laine de verre

  • déphasage médiocre,
  • protection très aléatoire contre la propagation des incendies,
  • incapacité à gérer de la vapeur d’eau l’hiver sans perte de pouvoir isolant,
  • très énergivore dans son cycle de vie,
  • peu rentable à recycler et donc … très peu recyclée,
  • présente des risques sanitaires au plan reprotoxicité,
  • irritation de la peau au contact,
  • irritation des voies respiratoires en cas d’inhalation,

S’il n’est pas question, ici en tout cas, de dénigrer la laine minérale de façon systématique comme certains peuvent le pratiquer, il n’est pas question, non plus, de l’encenser comme d’autres le font !

Au-delà de ce que nous venons d’analyser et qui montre que cet isolant, certes correct, n’est, avec certitude, pas la star prétendue. Certains fabricants nous présentent cependant des innovations récentes, aussi révolutionnaires que le changement de couleur, comme de véritables évolutions.

Afin d’être le plus exhaustif possible, nous vous proposerons prochainement un article traitant des nouveautés annoncées sur la laine de verre dans notre rubrique dé-greenwashing.  Cette rubrique peut déjà vous donner un petit éclairage de ce que nous en pensons.

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans,
Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre,
Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit,
Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation,
Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent,
Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente »

11 réflexions sur “La laine de verre : si révolutionnaire ?

  1. Bonjour,
    très bon article mesuré.
    Je suis un ardent défenseur des matériaux biosourcés donc des isolants en fibres végétales.
    Néanmoins j’aime bien comme vous le faites ne pas dénigrer par principe. Donc pour apporter une information supplémentaire à votre propos, le changement de couleur de certaines laines de verre n’est pas qu’anecdotique. La couleur jaune habituelle des laines de verre est le fait du formaldéhyde lors de la polymérisation de la colle urée-formol utilisée pour lier les fibres entre elles. Or le formaldéhyde étant reconnu comme cancérigène, certains fabricants (et pas le leader !) ont remplacé ce type de colle par des produits sans nocivité connu avec pour conséquence un changement de couleur du produit final.
    Donc, à choisir, je préfère la nouvelle couleur !
    Cordialement

    • Bonjour Canzian,
      Merci d’apporter cette précision et merci de le faire dans un esprit de pondération, comme cela devrait toujours être le cas.
      Effectivement, comme vous le soulignez, la chose n’est pas anecdotique.
      Elle sera abordée, toujours objectivement, dans l’article futur annoncé à paraître ici dans la rubrique Greenwashing..

  2. Bonsoir,
    Et les besoins en énergie fossile pour transporter un isolant non compressible, vous en tenez compte?
    Et il n’y a pas que 2 moyens de limiter le point de rosée, j’en connais un troisième, la mise en place d’un pare vapeur et d’une vmc Hygro-réglable. Et même si l’isolant végétal est capable d’absorber de l’humidité, il perd de ce fait son pouvoir isolant également, non ?
    L’isolant végétal isole mieux du feu ? Vous vous appuyer sur des essais pour ternir de tels propos ? La règlementation feu en France est précise et les PV des tenants de systèmes sont disponibles.
    Et quand est ’il des risques sanitaires ? Vous spéculez sur une hypothétique dégradation du produit pour laisser planer un doute. Je vous propose du factuel : les poussières de bois sont classées cancérogènes avérées part le CIRC (groupe 1). Elles sont la deuxième cause de cancers liées au travail.
    Et que dire du bore que vous citez, savez-vous quel isolant en contient le plus ? Mais oui vous savez, et ce n’est certainement pas la laine de verre.
    Cordialement

    • Bonsoir Denny,
      Merci pour votre contribution.
      Bien sûr que nous tenons compte de la compressibilité de la laine de verre pour son transport et de l’avantage que cela représente . Nous en faisons d’ailleurs état dans notre article au titre d’un des points qui pourraient expliquer son succès.
      En ce qui concerne les moyens de limiter la teneur en vapeur d’eau, mous voulions faire état des 2 seuls moyens possibles ne faisant appel à aucun appareillage supplémentaire. Nous n’avons probablement pas été assez explicites, dont acte.
      Vous signalez la possibilité d’adjoindre un pare-vapeur, c’est très juste, encore faudrait-il qu’il soit correctement posé, bien jointoyé et raccordé aux structures, non percé, non déchiré, ce qui n’a pas été le cas, et de très loin, pendant des décennies. Heureusement la RT 2012 est venue mettre un peu d’ordre par l’obligation qu’elle apporte d’un niveau minimum d’étanchéité à l’air. Cependant elle n’a été imposée qu’à compter du 1er janvier 2013 …
      L’adjonction également d’une VMC, hygroréglable ou pas d’ailleurs, comme moyen de faire baisser l’hygrométrie relative. Très juste aussi, mais elle ne saurait se substituer intégralement à la nécessaire perspirance des murs, pas plus que la respiration pulmonaire ne saurait se substituer aux échanges gazeux cutanés des êtres vivants.
      En ce qui concerne le fait, dites vous, que les isolants végétaux isoleraient mieux du feu, voila une affirmation que nous n’avons pas faite. Nous disons simplement qu’un incendie peut se propager par propagation de la chaleur. Tout soldat du feu pourrait l’expliquer en s’appuyant sur le triangle du feu, les 3 éléments nécessaires au feu : combustible, comburant, source de chaleur. Un peu d’explications : si un feu démarre dans une pièce, pour se propager à la pièce voisine, il faudra, tout d’abord, que celle-ci comporte un combustible. Admettons qu’il y en a un. Admettons aussi qu’il y a de l’air dans la pièce, donc un comburant sous la forme de l’oxygène qu’il contient. Pour que ce combustible lui-même prenne feu, imaginons que c’est du bois, il faudra que la température atteinte soit suffisante. Dans le cas du bois, le point d’inflammation instantanée, certes un peu variable selon les essences, se situe, par exemple pour les résineux, vers 170 à 200°. Cette température est peu élevée au regard de ce qu’elle est dans la 1ère pièce, celle où l’incendie a démarré et fait maintenant rage. Et qu’on l’admette ou pas, que ce soit agréable à accepter ou pas, c’est un fait, la transmission de la chaleur est beaucoup plus lente à travers un isolant végétal qu’à travers un isolant minéral, en très grande partie du fait de leurs capacités propres en déphasage.
      Nous regrettons que le législateur n’ait pas pris en compte cette donnée et s’appuie uniquement sur le classement au feu, ce qui nous semble ne pas être la bonne réponse à ce qui est une bonne question.
      Nous ne contestons pas que les isolants végétaux aient des classements incendie moins bons que les isolants minéraux, mais nous ne nous satisfaisons par du fait que le législateur se contente de ce classement pour édicter les normes incendie. Car ce qui nous semble le plus important, ce n’est pas de savoir si un élément va brûler ou pas, mais de savoir s’il protégera efficacement les occupants de l’immeuble.
      Développement un peu long mais, nous semble-t-il, nécessaire pour bien comprendre nos propos.

      Venons-en à la dégradation « hypothétique » dites-vous des isolants minéraux. Seuls ceux qui n’ont jamais mis le nez dans des combles isolés avec une laine minérale de 15, 20 ou 30 ans d’âge peuvent mettre en doute sa dégradation. Et pour en avoir souvent évacué, nous affirmons qu’elle n’a alors plus grand chose à voir avec ce qu’elle était au moment de sa pose.
      Les poussières de bois sont cancérigènes, dont acte, mais qu’est-ce que cela -vient faire dans un article qui parle de laine de verre ? Elles sont la 1ère cause des cancers liés au travail, dont acte à nouveau, mais, à nouveau, quel rapport avec la laine de verre ?

      Vous finissez par le bore. Tel que vous en parlez il semblerait que vous soyez d’accord avec la présence de bore dans la laine de verre. Nous en sommes heureux car, si la chose est peu connue, elle est effective. Et la grande différence avec certains isolants végétaux qui, eux aussi, en contiennent, c’est que si les % sont clairement connus dans les isolant d’origine végétale, il n’en est pas de même pour ceux d’origine minérale.
      Pour autant, nous mettons ici un extrait d’un courrier transmis le 25 mai 2013 à Monsieur BAROSO, alors président de la commission européenne, lors de la tragi-comédie de la présence du bore dans certains isolants :
      « Le bore et le sel de bore dans la laine de verre
      Par ailleurs, la Société Chimique de France, dans son article sur le bore, nous apprend que la moitié de la production mondiale de bore est employée par l’industrie du verre. De là à penser qu’il y a du bore dans la laine de verre il n’y a qu’un pas et étant donné que les fibres de verre sont biosolubles, il en résulte que toute personne manipulant de la laine de verre serait susceptible d’être exposée au bore.
      La littérature scientifique atteste que la laine de verre contient usuellement de 2 à 15 % d’oxyde de bore B2O3. La présence de bore est également mentionnée sur la fiche de déclaration environnementale et sanitaire des fabricants. Par exemple, la FDES de la laine de verre à souffler en combles perdus Comblissimo fabriquée par ISOVER indique 0.0679 kg de bore pour 3.87 kg de masse totale. Les analyses que nous avons fait réaliser le 16 mai dernier dans un laboratoire indépendant confirment la présence de bore. La laine à souffler Supafil fabriquée par KNAUF mentionne également cet élément dans sa FDES.
      La Chimie rappelle concernant le bore que la présence de 0.0679 kg de ce composant provoque la formation de 0.388 kg d’acide borique H3BO3 en milieu physiologique.
      En effet, la masse molaire de l’hydrogène est de 1 gramme, celle du bore est 10.80 grammes et de l’oxygène 16 grammes. Une mole d ’ acide borique H3BO3 pèse 1 X 3 + 10.80 + 16 X 3 = 61.80 grammes , et donc pour passer du poids de bore au poids d’’acide borique on multiplie la quantité de bore par 5.72 ( 61.80 divisé par 10.80 ) … »
      Pour quiconque le voudrait, nous tenons à disposition le courrier dans son entièreté.

  3. Article extrêmement modéré, pertinent et bien documenté..
    Sauf que l’on ne parle que de deux modes de transfert de chaleur : la conduction et la convection.
    Le troisième mode superbement passé sous silence ( c’est chronique) est le rayonnement.
    L’association d’un isolant massique et d’un isolant basse émissivité (étanche en sous face et respirant en exterieur) permet de traiter l’ensemble des problèmes évoqués ci dessus.
    J’ai toujours aimé les associations de compétences plutôt que les produits qui magiquement règlent tout.. un peu comme un pull sous un k-way. ..
    Ça me semble assez pertinent pour traiter du froid et de la pluie..
    Maintenant un K-way réflecteur et respirant serait un must..

    • Bonjour Yves, merci de votre contribution.
      Nous n’avons pas développé d’argumentaire autour des modes de transmission de la chaleur, sauf lors du rappel des travaux du trio qui nous semble le plus important : Plank, Fourrier et Newton.
      Notre propos n’était pas de traiter des modes de transmission de la chaleur mais d’analyser celle que beaucoup présentent comme la star des isolants : la laine de verre.
      Nous ne négligeons pas le fait qu’une paroi, c’est un tout, mais là n’était pas objet de cet article.

      • Bonjour Claude,
        Tout à fait d’accord sur l’objet de l’article..
        Cependant, il m’a semblé simplement opportun d’indiquer l’utilité d’un réflecteur basse émissivité (norme ASTM) indispensable pour corriger les défauts de la laine minérale et des autres isolants massique.
        En cette période de canicule, compte tenu du nombre de m2 posés depuis la RT 2000 (dont se targuent les fabricants liés à la pose des isolants en rénovation) et compte tenu des épaisseurs croissantes prescrites associées au lambda de plus en plus petit, je m’étonne toujours que le TIC soit encore un problème dans les maisons rénovées..
        Bonne journée et merci pour votre réponse.

  4. Vous devriez renforcer vos connaissances en verre cellalire (www.foamglas.fr) pour être plus précis encore.
    -durée de vie en oeuvre
    -pérennité de lambda
    -stabilité dimensionnelle
    Ces 3 points ont une forte influence sur le coût global et la consommation d’énergie.
    Par ailleurs, je vous invite à enquêter sur (tous) les isolants garantissant leur lambda… vous serez surpris.

    Quant à la laine de verre hydrophobe…. je note. Merci pour votre humour

    • Bonjour Cyril, merci pour votre participation au débat.

      En effet, le verre cellulaire est de la même famille si on se place sur le plan de sa composition, mais il se trouve que l’article était dédié à la laine de verre spécifiquement.
      Nous connaissons les qualités et limites du verre cellulaire et nous ne manquerons d’en faire l’analyse un jour à venir.

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