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Rénovation d’un habitat ancien : les travaux de second œuvre

La maison ou l’appartement sont achetés, le terrain est en bon état, les travaux importants ont été réalisés ou sont programmés, le gros œuvre ne souffre d’aucun défaut majeur et tout ce qui relève du hors d’eau hors d’air est fait. 

Ce qui était nécessaire a été réalisé.

La maison est structurellement aussi bien que possible, en tout cas dans un état qui permet à ses occupants de faire face aux besoins primaires (respirer, boire, manger, se vêtir, s’abriter et se reproduire) Il est temps de réaliser les travaux de second œuvre que sont les équipements de confort.

Forts de la certitude de pouvoir faire face au minimum vital et encore en capacité de finances, de temps et de moyens techniques d’aller plus loin, il semble légitime de tendre vers ce confort tellement recherché, même s’il est difficile de le définir.

Nous entrons ici dans le domaine du second œuvre.

Préalable

La réalisation des travaux de second œuvre relève bien sûr des aspirations et attentes des occupants mais il ne faut jamais oublier quelques grandes obligations et/ou contraintes.

Nous allons aborder les travaux listés selon trois grandes pistes : les aspirations des occupants, les contraintes liées aux bâtis et, enfin, les contraintes liées à la planète, plus précisément notre biotope.

Enfin, nous aborderons l’ordre de programmation… dans la mesure du possible car, souvent, pour cette phase, ils doivent être réalisés en même temps.

Les aspirations des occupants

La première relève de la quête de confort, tant l’hiver que l’été.

Viennent ensuite l’aspiration d’atteindre un niveau de confort sans contrainte financière lourde, tant à la réalisation des travaux qu’à l’exploitation du bâti.

La facilité d’exploitation est aussi un critère important.

La première conséquence des moyens mobilisables (entre autres financiers et techniques) a été l’accès à des équipements qui nous semblent, aujourd’hui, de base, parmi lesquels : 

  • disposer d’eau dans la maison, donc ne plus devoir aller à la fontaine ou au puits,
  • disposer d’un équipement permettant d’uriner et aller à la selle sans la contrainte de “l’excursion” à la cabane dans le jardin ou le seau à vider quotidiennement,
  • faire sa toilette avec un minimum d’intimité et de confort,
  • laver le linge sans se rendre au lavoir après avoir fait “bouillir” les lessives de blanc,
  • se chauffer sans aller couper du bois ou sans la corvée de le stocker,
  • se chauffer sans une gestion quasi continue de l’alimentation du feu, de l’évacuation des cendres et sans les salissures inhérentes à l’utilisation du bois-bûche,
  • que chacun des occupants dispose d’un espace privatif,
  •  …

Les contraintes liées au bâti

Dans le contexte d’habitat ancien, il faut bien sûr tenir compte des matériaux mis en œuvre et des techniques de construction qui ont été initialement retenues.

Une maison ancienne est souvent là depuis des lustres, il faut y intervenir avec l’obsession qu’elle nous survive…, défi simple a priori, à condition de poser les bons diagnostics, d’accepter les contraintes qui en découlent et de se donner les moyens d’avancer en les respectant. 

Simple mais pas toujours facile !

Les contraintes liées à l’environnement

Le dérèglement climatique nous frappe de plus en plus nettement et il n’est plus grand monde pour nier les évidences : nos actions ont un impact sur l’environnement et le climat.

Les contraintes que nous devons prendre en compte vont d’une raréfaction de plus en plus grande des matériaux (à commencer par des éléments aussi courants autrefois que le sable) à la nécessité d’en conserver pour les générations futures, en passant par la limitation des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ces contraintes et objectifs obligent à une certaine chronologie dans l’avancement des travaux.

Liste (non exhaustive) des travaux de second œuvre

Avant même d’envisager d’établir un calendrier, il est bon d’en établir la liste.

Celle que nous proposons n’a aucun caractère de classement hiérarchique par ordre d’importance, de durée, de complexité ou de coût. Elle n’est pas non plus exhaustive tant chacun, en fonction de ses envies, peut rajouter des éléments qui lui semblent être primordiaux alors qu’ils ne le sont pas pour d’autres (par exemple, certains ne pourraient envisager une maison avec des toilettes consommant de l’eau potable alors que pour d’autres ce serait une hérésie !)

Electricité

Circuit 220 volts, alternatif

Il s’agit du réseau électrique pour l’éclairage et les divers appareils électriques classiques, qui vont de l’électroménager à l’ordinateur en passant par les outils de bricolage ou les tablettes, sans oublier bien sûr tout ce qui relève du chauffage et/ou du renouvellement d’air. Ses câbles sont calibrés et Il est réalisé pour fonctionner au courant alternatif en 220 volts. 

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Cette énergie est soit achetée à un fournisseur et accessible via le réseau public, soit autoproduite via du photovoltaïque, de l’éolien ou de l’hydraulique (cas rare) et peut être autoconsommé après passage par un onduleur et, éventuellement, stockage.

Circuit pour courant continu

Pour qui produit de l’électricité et la vend à un distributeur (EDF, Enercoop, …) ou pour qui veut en produire pour son autoconsommation, il faudra, préalablement, faire les démarches nécessaires.

Cette électricité produite soi-même est en courant continu et, pour une utilisation en l’état, nécessite une autre installation, laquelle, le plus souvent, comporte à la fois les éléments de production (panneaux photovoltaïques, éolienne, turbine à eau…) et les éléments de stockage (pack de batteries par exemple). 

En sortie de l’équipement de production, elle est en continu et peut être utilisée en l’état pour l’éclairage. Ceci nécessite bien sûr des circuits indépendants du réseau 220 V.

Cette option est très peu répandue mais c’est une possibilité. Elle présente entre autres inconvénients la contrainte de fortes sections des fils transporteurs.

Raccordement à internet

Pour ceux qui voudraient ne pas être exposés au réseau WIFI (en tout cas pas le leur), il faudra prévoir des systèmes de raccordement dit “filaire”, par prises RJ45. Il sera nécessaire alors de prévoir un réseau de distribution sous gaine supplémentaire.

Sanitaire, plomberie

Pour aller aux toilettes ou pour faire sa toilette, nous avons pris l’habitude de disposer d’équipements dédiés. Ceux ci vont du bloc wc à la douche en passant par la baignoire, l’évier et tous autres points d’eau tels que les robinets auxquels seront raccordés les appareils lave-linge et lave-vaisselle. 

Il faudra au moins deux réseaux : celui d’alimentation et celui d’évacuation. Il peut parfois en être prévu un troisième : l’alimentation en eau non potable, issue d’un puisage ou stockée dans des réservoirs adéquats après qu’elles auront été captées depuis l’écoulement des toits. Elles seront utilisées notamment dans les toilettes, les appareils de lavage

Il est possible d’aller encore plus loin, jusqu’à potabiliser ces eaux, auquel cas il faudra réaliser des installations adéquates.

Chauffage 

Le chauffage se divise en plusieurs postes qui, s’ils fonctionnent de concert, n’en demeurent pas moins des entités qui devraient être abordées séparément car elles sont combinables, si ce n’est à l’infini, au moins en de nombreuses variantes.

Ainsi nous pensons qu’il faut séparer les unités produisant les calories des systèmes de transport de ces calories ou de leur distribution dans l’habitat… sachant que pour complexifier encore un peu les choses, certains équipements peuvent à la fois produire les calories et les distribuer, sans besoin de transport ou qu’on peut aussi envisager de stocker ces calories entre la production et la distribution, ceci indépendamment du transport… Ouh, pas simple ce poste.

D’autant que selon le type d’énergie utilisée pour produire les calories, il faudra en prévoir l’arrivée jusqu’à l’appareil et en évacuer les gaz de combustion !

Heureusement que nous avons déjà abordé et traité tous ces sujets ici, selon les liens ci-après : la théorie générale du chauffage, les solutions centralisées dans l’ancien, la production de chaleur centralisée mais distribuée ensuite, le chauffage avec des systèmes alternatifs, la diffusion de la chaleur dans l’habitat ancien, chauffer une maison très performante thermiquement … liste non exhaustive !

Climatisation

Climatiser, sous nos latitudes, est le plus souvent un aveu d’échec, de défaut(s) d’anticipation, d’agencement, de choix de matériaux, d’exploitation des volumes habités… N’en demeure pas moins que ce poste devient de plus en plus courant et que, dérèglement climatique oblige, cet état de fait ne va probablement pas diminuer dans le futur.

Là encore, nous avons déjà abordé ce sujet dans nos colonnes : Confort thermique : comment gérer la chaleur d’été ?

Tant qu’à climatiser, autant l’envisager sans machine high tech, en anticipant, ce que nous abordons dans cet article.

Il est possible, entre autres, d’envisager un puits climatique (dit aussi puits canadien ou provençal), équipement qui se justifie beaucoup plus l’été que l’hiver.

L’installation de ce système nécessite de prévoir la pénétration de l’air en provenance du puits et son transfert jusqu’à l’échangeur ou jusqu’aux points d’entrée de l’air “neuf”.

Renouvellement d’air

Nous sommes dans le cadre de travaux dans une maison ancienne. Certains diront qu’elle n’a jamais connu de renouvellement d’air mécanique et s’en est toujours bien portée et … ils ont raison !

Sauf que c’était avant… qu’elle subisse ce qui va lui permettre d’entamer une seconde vie : changement des menuiseries style passoire par des menuiseries étanches au vent, disparition de la cheminée ouverte, température plus élevée de plusieurs degrés, donc capacité pour l’air ambiant de se charger davantage en eau…

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Sauf que c’était avant et que avant… les gens n’y vivaient pas comme ils vont y vivre dorénavant : beaucoup plus longtemps enfermés à l’intérieur qu’autrefois, une douche par jour au lieu d’une bassine d’eau par semaine, remplacement de la marmite sur le feu, dans la cheminée ouverte, par un “cocotte minute” ou un “robot-cuiseur” électrique…

Le tout accentué par d’éventuelles réalisations que nous ne saurions que déconseiller : trottoirs ou terrasses extérieurs étanches venant jusque contre les murs, carrelage monocuisson au sol, faïence en grande quantité contre les murs …

Bref : une maison plus chaude et plus étanche avec des occupants qui émettent beaucoup plus de vapeur d’eau qu’autrefois, mais alors vraiment beaucoup plus ! 

De nombreux éléments gênent considérablement à la fois l’évaporation des remontées capillaires et le transfert de la vapeur d’eau au travers des parois extérieures (enduits étanchéifiants par exemple).

Toutes les conditions sont réunies pour que d’éventuels points de rosée se matérialisent, avec leurs cohortes de méfaits !

Vous l’aurez compris, le renouvellement d’air ne se négocie pas : il est OBLIGATOIRE, non seulement administrativement, mais aussi et surtout pour le bien de la maison et encore plus celui des occupants !

L’option ouverture et fermeture des fenêtres est totalement illusoire quant à son efficacité réelle et son côté économique (pour rappel : chauffer de l’air est très peu coûteux) et l’évacuation de la vapeur d’eau (raison principale du renouvellement d’air) n’est pas seulement nécessaire en la présence des occupants… Nous avons abordé ce sujet ainsi que celui du renouvellement dans un article dont, en cas de doute, nous vous conseillons la lecture ou relecture.

Le choix peut se porter sur un renouvellement naturel. Nous rappelons ici que sa gestion est très complexe, aléatoire, jamais totalement maîtrisée au plan des volumes renouvelés (trop ou trop peu…, ça dépend des moments et des conditions !). Certes en 1ère analyse la ventilation naturelle est probablement moins chère à la réalisation (encore que la cheminée haute peut être fort coûteuse), mais à l’exploitation elle est généralement beaucoup plus onéreuse et, surtout, beaucoup moins sûre quant à sa réelle efficacité.

D’autres options sont possibles, allant des Ventilations Mécaniques Contrôlées (VMC), toutes simples, hygro A, hygro B, aux VMC double flux, ordinaires ou thermodynamiques, sans oublier les renouvellements par insufflation … nous avons analysé chacun de ces systèmes ici et notre conclusion est qu’une VMC simple flux est souvent le système le plus pertinent. Comme, en plus, il est le moins onéreux de tous les systèmes de renouvellement d’air, pourquoi faire un autre choix… excepté peut-être dans les zones à présence de radon.

Isolation Thermique, étanchéité au vent, régulation des flux de vapeur d’eau

Attendu que nombreux sont ceux qui croient que leur confort est lié au niveau moyen de température de l’espace habitable (il faut reconnaître que tout est fait pour les en convaincre), attendu que, indéniablement,  l’isolation a une influence réelle sur le coût de chauffage, c’est un des postes majeurs sur lesquels les autorités incitent à faire des efforts.

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Même si ceci a prévalu et prévaut encore souvent, il ne faut plus s’en tenir à cette vision simpliste et comptable du traitement thermique. En effet, le seul critère généralement avancé pour l’option isolation est d’atteindre un coefficient de résistance thermique (R), si possible élevé, afin de payer moins de chauffage. 

Ce n’est pas la bonne approche, celle que nous préconisons est : “comment accéder à un confort élevé en impactant le moins possible mon porte-monnaie, l’environnement, et en agissant correctement pour ma santé et vis-à-vis de ma maison ?”.

Nous devons opérer les choix non seulement du fait des émissions de gaz à effet de serre liées au chauffage, mais aussi en prenant en compte ce que les matériaux, leur mise en œuvre, leur entretien et leur recyclage généreront.

Cette prise en compte plus globale des objectifs et des phénomènes impose de lier les trois points évoqués dans le titre de ce paragraphe.

Isolation

Nous avons démontré ici que ce n’est certainement pas le seul moyen d’accéder au confort, que tout miser sur ce poste peut même être une erreur car parfois non amortissable et non justifiable au plan environnemental.

Quelle que soit la solution retenue, Isolation par l’Extérieur (ITE), par l’Intérieur (ITI), ou via des parements correcteurs d’effusivité, il est nécessaire de les penser dès le départ des travaux, afin de réaliser les réservations adéquates, de prévoir les espaces requis à leur mise en œuvre, bien avant la phase second œuvre. Cependant leur programmation relève indéniablement du second œuvre.

Isolation Thermique des murs par l’Extérieur (ITE)

Technique probablement la plus préconisée, entre autres pour des raisons de soi-disant meilleur traitement des ponts thermiques. Nous avons expliqué ici en quoi ceci n’est pas aussi vrai que ce qui est généralement affirmé et, en tout cas, pas systématique.

Pour autant cette technique apporte indéniablement des avantages.

Parmi ceux-ci, le maintien des murs extérieurs dans le volume chauffé, ce qui permet de conserver un volume important de matériaux en capacité de stockage de calories, donc de stabilisation de la température. C’est donc un plus, mais est-il nécessaire de disposer de plusieurs dizaines de tonnes de ces matériaux pour bien gérer un habitat ? Bien sûr que non ! 

Pour avoir stabilisé la température avec des matériaux massifs dans un autre type de construction, sans prétention scientifique ni pouvoir étayer ce que nous avons testé en grandeur réelle, notre constat est que une tonne de matériau par tranche de 10m² habitables apporte déjà d’excellents résultats.

Cette technique d’ITE implique d’être très prudent quant au choix du type d’isolant et de la nature de sa vêture, ceci particulièrement en présence de murs anciens intégrant des composants très ouverts aux flux de vapeur et/ou en présence de murs fortement chargés en remontées capillaires.

Tel que nous l’avons développé ci-avant, le renouvellement d’air est obligatoire, avec cette technique d’ITE il l’est encore plus !

Isolation Thermique des murs par l’Intérieur

Technique la plus pratiquée jusqu’à récemment, détrônée par l’ITE depuis quelque temps, souvent présentée comme dépassée et/ou ringarde, nous pensons qu’il n’en est rien !

En effet, si les murs extérieurs présentent des intérêts d’aspect ou des impossibilités de traitement thermique par l’extérieur, tous cas étudiés dans l’article selon le lien ci-avant, l’ITI ou des enduits correcteurs d’effusivité seront les deux seules alternatives. En cas de travaux intérieurs importants déjà programmés, il peut aussi être pertinent d’y ajouter l’ITI plutôt qu’ajouter un nouveau lot…

Cette technique implique une prise en compte correcte de la gestion des flux de vapeur et de l’étanchéité au vent, points que nous allons aborder ci-dessous.

Correction des murs par enduits

Cette option n’est pas la plus fréquemment prescrite, pour plusieurs raisons.

Celle qui nous semble l’emporter sur les autres est qu’on nous a insinué l’idée que le confort est lié à la température, que pour qu’il soit élevé, il faut que la température le soit aussi, ce qui implique de chauffer beaucoup, donc dépenser beaucoup… Le seul moyen, nous dit-on depuis des lustres, de limiter le chauffage est de limiter les fuites, ce qui ne peut être atteint qu’en isolant… et la boucle est bouclée ! 

Bien évidemment ce raisonnement global, s’il arrange beaucoup d’acteurs du bâtiment, est erroné, ce que nous avons démontré à de multiples reprises.

Les enduits correcteurs d’effusivité ne suivent pas ce cheminement mais amènent tout aussi sûrement à une amélioration du confort, à une réduction des coûts d’exploitation, à une salubrité de haut niveau de l’habitat et, de façon beaucoup plus efficace, à la pérennité de la maison.

Ils améliorent les flux de vapeur et l’effusivité des murs.

Isolation du toit

L’isolation du toit peut être réalisée soit avant la couverture, selon la technique dite “sarking”, donc à intégrer dans le gros œuvre, soit par l’intérieur et, alors, elle relève du second œuvre.

Nous avons déjà abordé ce sujet ici. Ce qu’il faut en retenir c’est que, quelle que soit l’option d’isolation des murs retenue, par l’extérieur ou par l’intérieur, il faudra prévoir une continuité du matelas isolant entre les divers plans ainsi que la continuité des systèmes de régulation du transit de la vapeur ou en charge d’assurer l’étanchéité au vent.

Etanchéité au vent, régulation des flux de vapeur

La gestion des flux de vapeur d’eau est un point très important. En effet, on ne dira jamais assez que le confort est grandement dépendant de la teneur en eau de l’air ambiant, donc de sa gestion, laquelle dépend, pour une part, de ce que les parois extérieures pourront évacuer.

Selon que l’option du traitement thermique des murs aura été d’isoler par l’intérieur, d’isoler par l’extérieur ou de les améliorer avec des enduits correcteurs d’effusivité, cet aspect de l’étanchéité au vent et de la perspirance ne seront pas abordés de la même manière.

Lors d’une ITE, si les murs présentent de gros risques de fuite (en pierres mal jointées ou poreuses par exemple), il peut être nécessaire d’assurer la maîtrise de ces points préalablement à l’isolation. Ceci peut être réalisé par la pose d’une membrane pare-vapeur, la projection d’un revêtement assurant les mêmes fonctions, ou la réalisation d’un enduit continu en capacité de faire de même.

Lors d’une ITI, c’est après la mise en œuvre de l’isolant qu’il faudra assurer les fonctions de régulation du transit de vapeur d’eau et/ou d’étanchéité au vent.

Certains enduits correcteurs d’effusivité assurent d’emblée ces deux fonctions.

Trois rappels importants en ce qui concerne la régulation des flux de vapeur

  • ne laisser entrer dans la paroi que 20 % de ce qu’elle est en capacité d’évacuer vers l’extérieur. Dit autrement : le Sd du pare-vapeur devra être au moins 5 fois plus élevé que celui du parement extérieur, ou du pare-pluie si un filet d’air ventilé est prévu entre celui-ci et le parement final.
  • une membrane ou tout autre élément susceptible d’assurer ces fonctions doivent être posés en continu, jointoyés, raccordés à la structure de gros œuvre et non déchirés, percés ou découpés. 
  • ceci signifie qu’en cas d’ITI, le plombier, l’étectricien et tous les autres corps d’état n’interviennent qu’après la mise en œuvre intégralement finie de l’élément souple ou rigide qui assurera ces fonctions. Il doit s’interdire de les percer, déchirer, découper ou autre, sauf à en assurer, à nouveau, l‘étanchéité complète après son intervention, ceci par tout moyen adapté, agréé et en capacité d’assurer cette fonction de façon pérenne, quelles que soient les conditions d’exploitation !

Réalisation des sols et/ou revêtements de sol

En cas d’ITE, tous les travaux de ce poste pourront être réalisés après l’isolation et la mise en place des éléments en charge de la gestion des flux de vapeur d’eau, et/ou de l’étanchéité au vent, et après que les réseaux ou les gaines en charge de ceux-ci auront été préparés et mis en œuvre.

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En cas d’ITI ou de traitement thermique des murs par enduit correcteur d’effusivité, les réseaux et/ou les gaines devont être préparés et mis en œuvre avant la réalisation des sols.

La question se pose toujours de l’isolation des planchers bas. Il est souvent conseillé d’y sacrifier, soit avec un isolant sous chape ou dalle, soit par des hourdis isolants en cas de présence d’un vide sanitaire. Nous ne pensons pas que ce soit nécessaire partout, voire même que ça peut être non pertinent.

Escalier

S’il est réalisé en béton, sa structure peut être réalisée dès le début du gros œuvre mais son habillage se fera à la toute fin des travaux.

Compte tenu de l’aspect parfait qu’il doit afficher durablement, un escalier en bois, en métal ou simplement habillé de bois, ne sera mis en place qu’en tout dernier, alors que l’ensemble des travaux de l’étage sera réalisé.

Faute d’opérer ainsi, il faudra les protéger de façon très sérieuse !

Façades extérieures des murs extérieurs

Une mode assez récente incite à garder apparentes les pierres des murs anciens

Si celles-ci y sont adaptées, si les remontées capillaires sont contenues et/ou gérées par ailleurs, pourquoi pas, sinon mieux vaut sacrifier à leur crépissage ou habillage avec des parements adaptés (bardage, panneaux…)

Ces travaux peuvent s’envisager dès la fin du hors d’eau, hors d’air ou … plus tard si des travaux de second œuvre sont plus urgents. 

Attendu que rien n’est jamais soumis à une règle générale immuable, des exceptions demeurent et peuvent imposer de ne pas différer ces parements extérieurs

  • ITE avec de la laine de bois qui supportera directement le crépi, 
  • ossature bois ou ITE avec pare-pluie extérieur dont l’efficacité, en exposition directe aux UV, est limitée, 
  • utilisation de matériaux non résistants aux UV (polyuréthane, polystyrène graphité … matériaux que, pour d’autres raisons, nous déconseillons),
  • mur avec remplissage paille
  •  …

Conclusion

Il est très difficile de donner un ordre impératif de réalisation des travaux de second œuvre, ceci car les combinaisons des situations et des solutions sont très nombreuses.

Nous venons de faire un tour d’horizon de ceux qui sont incontournables, nous ne le prétendons pas exhaustif car … c’est impossible ou ce serait très, mais alors vraiment très fastidieux et nécessiterait … un ouvrage complet !

Par exemple et rien que pour le chauffage, nous n’avons pas abordé les solutions possibles suivantes :

  • panneaux radiants à circulation d’eau,
  • panneaux radiants électriques,
  • tempérage, 
  • plinthes chauffantes,
  • air pulsé couplé à une pompe à chaleur eau/air ou air/air
  • poêle de masse

La programmation de tous ces travaux, abordés ici ou non, relève plus du bon sens que d’une logique imparable.

Nous avons la chance, désormais, de disposer d’un outil génial, la Guidance Wheel mis à disposition pour le public par le CREBA, lequel, en fonction des travaux réalisés en un point, met en lien et en évidence les impacts sur les autres points… II apparaît très vite que si tout est pris en compte, tel que ce devrait toujours être le cas, il n’est pas simple de ne rien oublier et/ou de ne pas faire d’erreur.

De là à conseiller, pour tout particulier de se faire accompagner, il y a un pas que nous franchissons allègrement : faites vous aider ou accompagner ou confiez cette programmation à un sachant !

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Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

2 réflexions sur “Rénovation d’un habitat ancien : les travaux de second œuvre

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