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Ventilation et isolation d’une maison en terre crue

Qui n’a pas entendu quelqu’un(e) expliquer qu’il(elle) habite une maison en terre, pisé ou bauge, voir torchis, et qu’il(elle) n’a pas installé de système de ventilation car cette maison à un âge canonique et n’a jamais eu besoin d’un tel système dans le passé, alors pourquoi maintenant ?

Malheureusement nous avons quasi aussi souvent des réflexions autour de taches d’humidité, d’auréoles, de moisissures, nous entendons aussi très souvent parler d’allergies des voies aériennes et autres désagréments au plan santé et/ou bien-être.

Nous allons, au fil de cet article, nous pencher sur ces problématiques, essayer de voir en quoi nous avons fait évoluer nos maisons au plan technique, en quoi nous les exploitons différemment et donc, pourquoi, alors qu’autrefois elles ne présentaient pas ces pathologies, elles “souffrent” aujourd’hui et pourquoi, alors qu’ils n’étaient pas atteints d’allergies, leurs habitants le sont parfois aujourd’hui.

Est-il nécessaire de ventiler une maison avec des murs en terre ?

Formulé autrement : une maison à murs en terre peut-elle se passer d’un système actif de renouvellement d’air ?

Si la question se pose c’est parce qu’il est admis et reconnu que les maisons anciennes en pisé n’étaient pas dotées de telles installations et fonctionnaient correctement.

Qu’en est-il à ce jour ?

Des différences notables sont apparues, à 2 niveaux : technologie de la maison, et modes de vie.

Technologie

Les maisons anciennes, toutes menuiseries fermées n’étaient pas étanches comme elles le sont de nos jours (qu’elles soient en pisé ou autre, neuves ou anciennes et rénovées).

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Les menuiseries y étaient incroyablement moins étanches au vent que de nos jours et, surtout, elles étaient toutes équipées de moyens de chauffage non étanches.
Le mode de chauffage était généralement constitué, au mieux, d’un poêle, à bois ou à charbon, qui prenait son comburant dans l’air ambiant, nécessitant pour cela que la maison ne soit pas étanche, voir qu’une menuiserie reste entrouverte. Au pire, ces habitats étaient chauffés via des cheminées à foyer ouvert, constituant une magnifique évacuation haute de l’air et nécessitant tout autant un apport d’air extérieur pour la combustion.

En grossissant un peu le trait et pour se donner une image, nous sommes passés du panier à salade en grillage à l’essoreuse à salade.

Les maisons anciennes, non étanches, étaient naturellement sujettes à de multiples courants d’air et convections qui assuraient le renouvellement d’air, ce n’est plus le cas désormais, bien au contraire, particulièrement dans le neuf avec les obligations de conformité à la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012).

Modes de vie

L’hiver, autrefois, les maisons étaient chauffées aux environs de 12 à 14°, on y vivait très habillé et on y dormait tout autant protégé : édredon en plume, couvre-pied épais en laine cardée, nombreuses couvertures; chemise de nuit, bonnet de nuit, briques chaudes. On y vivait, enfermé, seulement la moitié du temps actuel, on y cuisinait dans une marmite ou dans le pot devant le feu, évacuation immédiate de la vapeur produite via le conduit de fumée.

On se lavait moins, beaucoup moins et pas de douche ou bain, non, quelques litres d’eau tiède dans une bassine, une fois par semaine. On ne lavait pas le linge dans la maison, on l’y faisait encore moins sécher. Donc, très peu d’émission de vapeur d’eau, température faible, peu de capacité pour l’air d’en stocker, choc thermique avec les températures hivernales extérieures beaucoup plus faible, conditions peu propices à l’apparition d’un point de rosée, beaucoup moins de risque de condensation sur ou dans les parois.

Tout se passait bien sans précaution particulière (pas ou peu confortable, mais efficace !).

Et maintenant ?

Les niveaux d’étanchéité générale au vent et les conditions actuelles d’exploitation ont totalement changé la donne.

Ce qui était possible ne l’est plus … sauf à revenir aux conditions de vie d’antan, mais ceci est un tout autre programme !

Au-delà des obligations réglementaires et comme nous l’avons développé dans divers articles déjà publiés ici, il est nécessaire, aujourd’hui, d’opter pour un renouvellement d’air digne de ce nom. En tout cas l’ouverture des fenêtres n’y suffira pas, surtout si la maison est isolée, ce que nous abordons ci-après.

Donc, OUI, il faut renouveler l’air via des équipements adéquats.

C’est une absolue nécessité, même s’il se trouve, par ci par là, quelqu’un(e) pour expliquer que chez lui(elle), rien n’a été prévu et que ça fonctionne bien.

La nature n’est pas pressée pour faire son œuvre et, forte de tout le temps qui lui est nécessaire et des lois physiques auxquelles personne ne peut échapper, elle aura gain de cause : en cas de défaut de renouvellement d’air, un jour, des pathologies apparaîtront, c’est inéluctable !

Pathologies

Les causes éventuelles posées, quelles sont les pathologies possibles ?

Pour la maison

Le très fort taux d’humidité dans l’air ambiant avec une teneur absolue en eau beaucoup plus élevée va engendrer des risques importants de matérialisation de point de rosée dans les murs.

Ceci est dû au fait que l’intérieur est chaud et “enfermé” dans une enveloppe rigide, donc légèrement en surpression par rapport à l’air extérieur froid (l’hiver). De fait, la nature ayant horreur du déséquilibre, cet air va migrer au travers des parois, lentement certes, mais sûrement. Ce faisant il se refroidit et la température du point de rosée va être atteinte, provoquant les fameuses traces et auréoles, suivies des odeurs et des moisissures.

plantes-s'inscrustant dans les fissures des murs en terre

Si, par malheur, le mur a été recouvert, à l’extérieur, d’un revêtement insuffisamment perspirant, on peut aller jusqu’à l’écroulement du mur
Certains, face à ces risques, préconisent d’étanchéifier ces murs afin d’éviter de les saturer, ce n’est pas pertinent car ces murs sont soumis aux remontées capillaires et ce serait en empêcher l’évaporation, accentuant ainsi les risques d’écroulement présentés ci-dessus.

Ce serait aussi favoriser la matérialisation du point de rosée directement sur ce produit étanchéifiant et accentuer les risques de pathologie des occupants tel que développé ci-après.

Pour les occupants

Sachant qu’un point de rosée peut se matérialiser assez loin de la surface intérieure d’un mur mais que l’eau, par capillarité, peut y revenir, si, comme développé ci-avant, ceci se produit, attendu que l’air intérieur est chaud, les conditions requises pour le développement de moisissures sont bien atteintes.

moisissures-humidite-mur

Pour peu que ces conditions perdurent, des moisissures vont effectivement se développer, engendrant en tout 1er un désordre visuel, désagréable mais pas forcément dangereux. Idem pour les odeurs.

Par contre les moisissures émettent des spores et ce sont elles qui présentent de vrais risques pour les occupants.

Le risque principal est de développer des maladies des voies aériennes, de devenir asthmatique ou d’en aggraver le degré, d’avoir des maux de tête importants et récurrents, les yeux irrités

Est-il nécessaire d’isoler une construction en terre ?

Là aussi, dit autrement : thermiquement, la terre se suffit-elle à elle-même?

Deux approches possibles : d’un point de vue législatif, d’un point de vue thermique.

La législation

Il n’est pas possible, thermiquement, qu’une maison en pisé, non isolée, atteigne les niveaux requis et imposés par la RT 2012.

Pour se faire une idée de ce qui serait nécessaire, et même si, avec cette nouvelle réglementation, on n’apprécie plus les éléments séparément les uns des autres, la cible pour les murs est, en moyenne et généralement, R = 4. Avec un lambda moyen proche de 1 (source le livre “L’Isolation Thermique Ecologique” de JP Oliva et S Courget aux ed. Terre Vivante), le mur ferait environ 4 mètres d’épaisseur …  

Donc, attendu qu’une construction neuve doit répondre à ces normes, la question est déjà tranchée : oui, il faut isoler.

Pour ce qui concerne les maisons anciennes en rénovation, le R requis est, a minima, dans le cadre d’une rénovation globale, 2,2 en zone H3 (ceinture méditerranéenne), les constructions en terre crue sont plutôt en zone H1 ou H2, et là, le minimum requis en cas de rénovation est de R = 2,9, soit un mur qui ferait 2,90 mètres d’épais !

Thermiquement

Même si, du fait de la réglementation thermique actuelle, il n’est pas possible de construire en pisé sans isoler les murs, serait-il acceptable, en se mettant hors la loi (interdit !) de ne pas isoler les murs en pisé d’une maison neuve et atteindre les niveaux de performance attendus de nos contemporains ?

Non, eu égard à nos nouveaux modes de vie et, sauf à consommer beaucoup d’énergie pour le chauffage, ce qui n’est pas pertinent compte tenu d’une part, de l’évolution probable des coûts de l’énergie et des effets sur le dérèglement climatique d’autre part, il n’est pas possible ni sage de ne pas isoler une maison en pisé.

Où et comment isoler ?

Par l’intérieur, par l’extérieur ?

Thermiquement et au plan du confort, c’est préférable de le faire par l’extérieur. Par contre, visuellement, la maison aura un aspect qui peut frustrer car, selon le choix de la vêture extérieure finale, peut-être non conforme au visuel classique du matériau terre.

Quelle que soit la situation de l’isolant, il faudra qu’il soit particulièrement perspirant car ces maisons sont, généralement, en tout cas les anciennes, sur des fondations de type cyclopéennes et donc sans rupture de remontée capillaire, apport d’eau qu’il faudra évacuer.

Si l’isolation est réalisée depuis l’intérieur, il faudra impérativement lui adjoindre un pare-vapeur à Sd hygrovariable. Cette faculté lui permettra de s’adapter aux besoins selon les circonstances : monter vers son Sd le plus élevé pour gérer le transit de vapeur d’eau de l’air intérieur vers l’air extérieur, et s’ouvrir quand nécessaire pour favoriser l’évaporation des remontées capillaires et ne pas les bloquer dans l’isolant, ce qui le rendrait humide et donc inopérant.
Dans tous les cas et afin de favoriser le transit de vapeur d’eau, nous vous conseillons des isolants végétaux (vidéo), plus performants sur ce plan, et une continuité la plus importante possible des éléments par contact continu pour favoriser le transit de l’eau de l’intérieur vers l’extérieur.

Il sera possible aussi, en opérant depuis l’intérieur, de réaliser un enduit correcteur d’effusivité, ce qui permettra une élévation de la température de surface et le retour en « zone de confort« . Des enduits chaux/chanvre, terre/paille rempliront parfaitement ce rôle, ainsi que d’autres dans le même esprit.

Conclusion

A moins de vivre dans ce type de maison comme au début du 20ème siècle, c’est à dire à 14° max l’hiver, en consommant malgré tout beaucoup d’énergie pour atteindre ce niveau de température, en acceptant de ne se laver, à la bassine, qu’une fois par semaine, les autres jours, mouillé-lavé (uniquement les visage), la lessive dehors, le linge à sécher, également dehors, la cuisine dans une marmite sur le feu, le lavage du sol une fois par semaine …

A moins de ne pas amener le bâti aux standards actuels

Il n’est pas possible de vivre dans une maison ancienne à murs en terre sans ventiler et sans isoler, pour, au moins, corriger l’effusivité des parois avec un enduit type terre/paille, chaux/chanvre ou équivalent.

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

13 réflexions sur “Ventilation et isolation d’une maison en terre crue

  1. Mr Claude Lefrançois Bonjour,
    J’ai eu plaisir à lire sur le site Build Green, votre article sur l’isolation de la maison en terre crue et je le trouve très édifiant. Il me semble l’avoir lu l’année dernière mais je n’avais pas pris le temps de vous remercier. Je suis propriétaire d’une partie d’une ancienne métairie de style Lauraguais qui a été rénovée dans les années 70 par un propriétaire qui ne plaignait pas le béton de ciment. Après avoir coulé une dalle de 10 cm il avait renforcé le bas des murs en briques de terre cuites avec du béton coffré. L’ensemble donnait pour un novice un aspect rassurant en 1995 mais, au fil des années, je me suis aperçu que tout ce que vous avez relaté dans votre article était vrai. Je suis maintenant à la retraite et j’emploie mon temps à débétonner les murs en adobes. Je compte installer une ventilation mécanique entre les panneaux que je vais dresser devant les murs. A votre avis, est ce qu’une dizaine de centimètres suffisent entre les murs et les panneaux avec un ventilateur en bas et une sortie en hauteur. En tout cas merci pour vos conseils pour les bricoleurs du dimanche comme moi et à bientôt pour vous lire.

    • Bonjour Monsieur Petriska,
      Merci d’avoir apprécié dores article.
      Il ne vous aura pas échappé que depuis lors, de nombreux autres sont venus l’étoffer et compléter le dossier.

      Si vous enlevez ce qui étouffe les murs, à savoir la gangue de béton ou mortier au ciment Portland, vous aurez déjà rendu un fier service à la vieille dame qu’est votre maison.
      Pourquoi souhaitez-vous mettre en œuvre des panneaux non jointifs au mur ? De quelle nature sont ces panneaux ? S’agit-il d’une intervention à l’intérieur ou à l’extérieur ? Cette intervention est-elle générée par un souci de solidification des murs, par une recherche d’isolation ou pour toute autre raison ?
      Voilà un florilège de questions qui nous permettrons de répondre succinctement à votre demande.
      Si, par contre, vous souhaitez un conseil personnalisé avec une analyse sur photos ou autres supports, vous pouvez entrer en contact avec moi, Claude lefrançois, via mon site personnel : https://www.papyclaude.fr/particulier/accompagnement-avant-travaux/analyse-avant-travaux/.

      • Merci Monsieur Claude pour m’avoir répondu. Je ne manquerai pas de consulter la documentation que vous avez eu la gentillesse de m’envoyer. Actuellement, il est exact que je suis très heureux de faire ce travail de réhabilitation de mes murs en terre. En cherchant à dégager les murs de terre du mortier et en respirant cette odeur si particulière des anciens murs, je me mets à penser à toutes les personnes qui ont vécues, travaillé, peiné et passé leurs vies avant moi. Vous avez ressenti certainement la même chose. En tout cas pour ce que je fais en ce moment c’est vraiment fait avec les moyens du bord mais c’est fait avec plaisir. Je vais consulter ce que vous m’avez envoyé et je ne manquerai pas de revenir vers vous. Donc, à Bientôt.

  2. Bonjour Claude Lefrancois,
    Tout d’abord merci pour votre article fort intéressant. D’autant plus que nous rénovons actuellement une partie d’une maison en bauge pour y faire un appartement. Je recherche donc en ce moment beaucoup d’informations à ce sujet sur le net et je trouve parfois tout et son contraire, peut être pourriez vous m’éclairer….(?)
    Concernant l’isolation intérieure du salon/chambre nous partirions (à défaut de faire un enduit à base de chaux…) sur laine de bois + fermacell fixé sur des montants en bois. Vous dites dans l’article qu’il est nécessaire d’assurer la continuité entre les matériaux pour favoriser le transit de la vapeur d’eau (point de rosée, rupture de capilarité, …) j’ai lu cela également sur d’autres sites, néanmoins certains artisans et notamment un formateur en maçonnerie du bâti ancien m’a soutenu qu’il fallait laisser une lame d’air d’au moins 2 cm. Je ne sais du coup plus trop qui écouter ni quoi faire… Certains m’ont même suggéré de percer des aération dans les plaques de plâtre afin de favoriser la circulation d’humidité entre le mur, la lame d’air et la pièce. Qu’en pensez vous ? Que feriez vous ?
    Autre question, vous parlez d’un pare vapeur à sd hygrovariable, est ce qu’il s’agit d’un frein-vapeur ? J’ai cru lire ci et là qu’il fallait proscrire le pare vapeur pour les murs perspirants, j’imagine que s’il a un sd hygrovariable il a des capacités de transit d’humidité. Y-a-t-il une différence entre frein-vapeur et pare vapeur hygrovariable ? l’un est-il préférable que l’autre ?
    Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à mes questions, en espérant vous lire prochainement.
    Et encore merci à vous pour votre article et à l’équipe du site pour sa diffusion.
    Lucas

    • Bonsoir Lucas B,
      Votre situation est, somme toute, très classique et nos écrits faisant état de la nécessité de continuité entre l’isolant et la paroi s’aopopuie sur de nombreuses expériences et un recul très sécurisant.
      Claude Lefrançois, votre serviteur, j’ai réalisé de telles isolations, à la ouate de cellulose projetée humide, il y a bien longtemps, mes premiers chantiers de ce type dansant des années 200 et 2001.
      Je l’ai pratiqué, entre autres, contre des murs en pierre montés à la terre ou à la chaux ainsi que contre du pisé (j’ai fait ma carrière en Rhône-Alpes et j’ai, perso, été prop^rioétaire d’une maison en pisé …
      La soit)disant obligation de « vide d’air » de quelques centimètres (nous préférons l’appellation canadienne et belge : la chambre d’air) tient au fait de l’emploi d’isolants soit quasi étanches aux flux de vapeur, polystyrène par exemple, ou à l’emploi d’isolants fibreux minéraux, très mauvais dans la gestion des flux de vapeur d’eau et encore plus en cas de matérialisation d’un point d rosée. En effet, en présence de tels isolants, l’eau condensée, donc redevenue liquide, n’a d’autre choix que ruisseler vers le pied du mur. laisser une chambre d’air entre celui-ci et la mur permet la mise en route spontanée de cellules de convection, lesquelles permettent une migration de l’eau liquide, après évaporation dans cet air en convection, vers le mur extérieur en vue de lui permettre d reprendre son chemin vers l’extérieur. Ce faisant, on refroidit l’isolant (évaporation, consommation d’énergie) et on réchauffe le mur extérieur (condensation, libération d’énergie), le juste opposé de ce qui est recherché ! … Mais, artificiellement, on évite ainsi à ces isolants que sont les laines minérales de se gorge d’eau, s’alourdir et s’avachir lamentablement, ce qu’elles finissent quand même par faire.
      En cas d’utilisation d’un isolant d’origine végétal, vous mettez en œuvre un matériau à fort pouvoir hygroscopique (votre choix de laine de bois est très bien). Ce type d’isolant accumule de l’humidité sans atteindre la saturation, donc sans passage à l’eau liquide, jusqu’aux environs de 20% de leur propre poids, ceci sans que leur lambda chute. Cette eau, prise en charge par les fibres végétales, continue naturellement son chemin vers l’extérieur. On pourrait tout aussi bien prévoir une chambre d’air, mais elle serait totalement inutile puisque destinée comme développé ci-avant, à permettre l’évaporation d’eau liquide stagnant dans l’isolant, ce qui n’est pas le cas ici.
      Au contraire, prévoir une chambre d’air ralentirait le transit de l’eau et risquerait, par ex!ès d’accumulation, de provoquer un point de rosée ponctuel, ce qui, pour le coup, engendrerait de facto un refroidissement de l’isolant et u n réchauffement de la paroi extérieure … totalement inutilement !!!

      Voilà une bien longue diatribe mais qui explique les faits, par ailleurs faits totalement conformes aux lois physiques qui régissent la vie de l’eau et ses changements d’état, tout ceci n’est que de la physique … malheureusement très mal maîtrisée, y compris par des formateurs qui ont été eux-même formés ainsi et qui n’ont pas pris le recul nécessaire pour comprendre les phénomènes en actions.
      Reconnaissons, à leur décharge, que ce n’est pas aussi simple qu’on l’aimerait, mais c'(est ainsi, la nature a ses petites coquetteries d fonctionnement qu’elle ne nous laisse pas découvrir si facilement !
      J’ai, votre serviteur, abordé ces sujets de transit (sommairement) dans quelques vidéos vidéo sur ma chaine Youtube papy Claude :
      – convection : https://www.youtube.com/watch?v=ibmvEJ5CYbE
      – conduction : https://www.youtube.com/watch?v=EfTtNWVL02E
      – rayonnement : https://www.youtube.com/watch?v=89EsYHKJWdc
      – explications vers la fin de la vidéo du fonctionnement des enduits correcteurs d’effusivité : https://www.youtube.com/watch?v=TvncZnWaq0o
      – explications sommaires sur l’influence de la vapeur d’eau et de l’eau : https://www.youtube.com/watch?v=j4VDXx5Mr7c
      – une petite (ancienne) pour la plaisir : https://www.youtube.com/watch?v=WfpNwot9hgw
      … et les autres !

      Pour ce qui est du pare-vapeur, nous utilisons cette terminologie car, jury-diquemlent, en France, le frein-vapeur n’existe pas. On parle de pare-vapeur et il est obligatoire d’en indiquer le SD (Spraying Diffusion).
      Nous avons développé ces notions dans un autre article : https://www.build-green.fr/pare-vapeur-frein-vapeur-rien-du-tout-qui-a-raison/
      Il fait partie d’une suite traitant du renouvellement d’air que vous pourrez découvrir sur ce rappel de mes productions de l’année 2018 : https://www.build-green.fr/un-coup-doeil-dans-le-retroviseur-2018/

      Vous trouverez des choses intéressantes dans cet article récapitulatif au niveau de la vie et des effets d l’eau … bons visionnages et bonne lecture et, sachez que, en tant que professionnel, j’aurais volontiers, cC Lefrançois, réalisé ce que vous en visages : ossature bois, isolant végétal, Pare-vapeur, liteau (bien pratique pour passer les againes électriques et ne pas abimer le PV, fermacell … Vous serez très bien dans votre appartement !

  3. Bonsoir Claude,
    Merci infiniment de votre réponse très détaillée. Et d’autre part ravi de vous lire « Papy Claude », j’ai déjà eu la chance de tomber sur quelques unes de vos vidéos lors de vagabondages sur la toile. C’est très intéressant et pédagogique. Franchement merci de faire partie de ceux qui contribue à démocratiser ces connaissances, c’est très précieux.
    Pour notre cas, votre avis répond clairement à une question en suspend depuis un moment et va nous permettre d’avancer.
    Si je peux me permettre d’abuser encore un peu de votre temps, je vous poserais bien encore une petite question. Les anciens propriétaires ont recouvert les murs d’un enduit de plâtre recouvert lui-même par une peinture qui ne semble pas pouvoir laisser passer grand chose. (aspect brillant, plastoc, chimique).
    Nous nous demandions quoi faire de cet enduit ou de cette peinture afin de favoriser le transit de la vapeur d’eau, sans nécessairement générer trop de déchets/gravas. Nous pensions par exemple percer des trous jusqu’au mur à intervalle réguliers (ex tous les 30 cm je ne sais pas) sur la hauteur et la longueur de chaque mur. Qu’en pensez vous ? Que feriez-vous ?
    Nous pensions également tout retirer mais peut etre l’enduit isole à minima et laisser le mur à nu derrière n’est pas terrible, encore une fois je ne sais pas.
    Encore merci à vous. Dans l’espoir de vous lire à nouveau.

    • Bonjour Lucas,
      Commençons par la fin : un enduit n’isole pas, au mieux il corrige l’effusivité :
      https://www.build-green.fr/confort-thermique-diffusivite-effusivite-les-grandes-oubliees/
      https://www.build-green.fr/les-parements-interieurs-des-parois-exterieures/

      Nos conseils : larder l’enduit actuel et surtout la peinture à l’aide d’un gratuit triangulaire. Avantage : pas d’émission d micro-particules. Si vous lardez très abondamment, ça sera suffisant.
      Par ailleurs, il vous restera assez de support d’origine pour refaire un enduit à l’eau de rattrapage lisse.
      Si vous réalisez ensuite un enduit terre/chènevotte par exemple, il adhèrera correctement.
      Si vous optez pour un enduit à base d chaux, préalablement bien badigeonner le murs d’une eau de chaux et la laisser pénétrer, vous créerez ainsi un interface.
      Si malgré tout ceci ne suffit pas, un passage de colle à carrelage très tiré au peigne fin assurera cet interface de façon certaine. Attention à ce que cette colle soit perspirante (même pas terrible, elle permettra tout de même un travail « correct », sachant que ce sera toujours beaucoup moins fermé que votre peinture actuelle, laquelle semble très étanche.

  4. Merci encore pour vos précieux conseils.
    Vous semble-t-il nécessaire d’enduire à nouveau une fois l’ancien enduit lardé avant d’isoler et plaquer ?
    Nous pensons notamment au temps de séchage etc…

  5. bonjour, c’est un réel de vous lire, vos conseils sont trés pertinents. Je me permet de vous soliciter moi aussi. Nous venons d’acquérir une petite maison en pierre/pisé. Actuellement, il ya a un crépi exterieur ( je pense qu’il est en ciment) et malheureusement il y a un énorme crépi interieur en ciment. j’ai commencé a gratter l’interieur et pour l’instant je suis tombé que sur des pierres ( j’ai gratter jusqu’a 1.60m environ). je pense faire un enduit a la chaux par la suite. Ma question vient pour la chambre de mes enfants, les murs ont été doublé par une cloison en brique avec un vide d’air. j’ai accés a ce vide par les combles, serait il possible d’insufler de la ouatte de cellulose et est ce que cela ameliorerait la sensation de mur froid.
    Au plaisir de vous lire. guillaume.

    • Bonjour Guillaume Jourdain,

      Merci d’apprécier nos productions.
      Nous avons plus de questions que de réponse, sachant que oui, l’insufflation de ouate de cellulose serait possible mais avec des questions préalables :
      – qu’en est-il du crépi extérieur au droit du besoin d’isolation ?
      – qu’en est-il de l’état intérieur du mur avant la mise en place du doublage ?
      – qu’en est-il du parement intérieur du doublage en face intérieure, donc chaude ?
      – qu’en est-il du renouvellement d’air général ?

      Attendu que nos réponses et échanges ne feraient en rien progresser la teneur générale de l’article et que le besoin est particulier, je vous propose (C Lefrançois, l’auteur de l’article) de continuer nos échanges en privé via mon site Web.
      Vous en trouverez le process sur la page dont je vous fournis le lien.
      A titre d’info, je pense que si votre besoin est limité à la question de votre 1er commentaire, un forfait d’une heure sera suffisant.
      https://www.papyclaude.fr/particulier/accompagnement-avant-travaux/analyse-avant-travaux/

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