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Un premier Earthbag trouve sa place à Kericho – Kenya

Un couple de Kericho au Kenya est allé à contre-courant en optant une méthode de construction non conventionnelle pour leur maison de campagne conçue par l’architecte Francis Gichuhi. La demeure est un earthbag de trois chambres à coucher pour une famille de cinq familles.

Cette maison en sacs de terre est une première du genre à être utilisée pour construire une maison résidentielle dans le pays. En terme simple, cette technique de construction consiste à remplir des sacs de terre et à les empiler comme le font les soldats lorsqu’ils construisent des bunkers pour repousser les attaques. On ajoute ensuite du grillage métallique de poulet pour fournir une résistance supplémentaire avant qu’un enduit ne soit posé.

L’architecte Gichuhi affirme : « Les sacs utilisés sont du type filet à oignons, tandis que la forme du dôme de la maison permet de ne pas avoir besoin de toit, une solution pour économiser beaucoup d’argent ».

Extraction de la terre – Earthbag House par Francis Gichuhi – Kericho, Kenya

Cette maison dispose de trois chambres et d’une cuisine. Toutes les chambres sont accessibles depuis le salon, qui abrite également la salle à manger. A Massariat, un village près de Kericho où se trouve le earthbag du couple, les villageois sont plus qu’impressionnés, ils n’hésitent pas à se renseigner sur les coûts et à admirer son architecture.

Même les constructeurs sur le site semblaient inspirés par la maison, ils parlaient de ce qu’ils incluraient dans leurs propres maisons lorsqu’ils allaient les construire. Une telle maison présente un certain nombre d’avantages. Par exemple, les bâtiments en terre ont des qualités thermiques supérieures à celles des autres bâtiments. Ils sont chauds la nuit et frais le jour, ce qui crée un environnement de vie très propice à l’intérieur de la maison, en particulier pour les personnes âgées.

Façade sacs de terre – Earthbag House par Francis Gichuhi – Kericho, Kenya

Le plus grand avantage de cette méthode de construction réside peut-être dans l’aspect économique, le matériau de construction principal, la terre, est facilement disponible et gratuite. Au Kenya, une maison normale de trois chambres à coucher en brique et mortier coûterait plus de 26 350 €, tandis que celle-ci coûterait 9 660 €. De plus, elle offre la même qualité de température intérieure et de sécurité qu’une maison en pierre.

La construction des coupoles a été la partie la plus difficile, car elle devait être réalisée avec précision, le rayon à partir du centre du dôme diminuant à chaque couche de sol. Le toit semble caché du sol, ce qui signifie qu’il faudrait être sur un terrain plus élevé pour avoir un aperçu de la structure de la toiture. Toutefois, l’attrait de la maison ne dépend pas du type de toiture.

Les sacs de terre empilés remplacent les briques, une autre mesure importante de réduction des coûts. Seul le porche de cette maison est construit en briques, bien qu’il n’ait consommé pas plus de 150 pièces.

D’après Gichuhi, « le couple avait demandé une méthode de construction pratique et bon marché. Ils voulaient aussi quelque chose qui donnerait à leur maison une forme unique. Voyant l’abondance de terre dans le village, je leur ai conseillé d’envisager la technique des sacs de terre ».

L’architecte Gichuhi- Earthbag House par Francis Gichuhi – Kericho, Kenya

Le toit ouvrant du salon et le dessus de dôme en verre transparent sont quelques-uns des éléments intéressants de cette maison sur lesquels l’architecte compte pour donner un attrait esthétique unique tout en permettant à la lumière du soleil de pénétrer à l’intérieur. Il est facile de comprendre pourquoi cette famille, qui passe la plupart de son temps à Nairobi, opterait pour un tel modèle de maison de campagne – elle fusionne le moderne et le traditionnel, et rapproche en quelque sorte la maison de la nature.

En plus des nombreuses commodités disponibles dans  cette maison moderne comme les toits ouvrants et les chambres avec salle de bains, la maison conserve l’aspect traditionnel. Celui-ci est mis en valeur par les formes de dômes qui ressemblent aux huttes traditionnelles. La construction de cette maison a commencé en décembre 2018 et sera livrée au client très bientôt. On estime la durée de construction d’une telle maison à 12 semaines.

Les sacs en terre sont courants en Équateur et au Brésil. Le regretté Nader Khalili, architecte et fondateur de l’Institut Cal-Earth, est mondialement reconnu pour avoir popularisé cette méthode de construction. Aujourd’hui, elle s’est également répandue dans certaines régions des États-Unis, comme la Californie. Une maison de sac de terre a une durée de vie de 100 ans.

Crédit Photos : © a4architect, nation.co.ke, Delfin Mugo

Notre avis : le earthbag est certainement avec le earthship une des solutions constructives les plus écologiques, notamment pour l’emploi de matériaux locaux et sa facilité de mise en oeuvre. De plus en plus utiliser en Afrique, c’est à la fois une solution économique et respectueuse de son environnement. On peut juste regretter, dans ce cas, l’utilisation de ciment Portland pour  l’enduit de finition, matériau peu écologique tel que nous le expliquons ici.

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Rédacteur Build Green, passionné par l'architecture et plus précisément les habitats écologiques et alternatifs. Je plaide pour une utilisation des énergies renouvelables, des matériaux recyclés et pour un habitat respectueux de l'environnement.