L’assainissement consiste dans le traitement des rejets des eaux usées. Il n’est pas envisageable, comme il y a bien longtemps, de rejeter nos eaux usées sans les traiter.

Il faut dire qu’elles ont bien évolué :

  • Les eaux dites grises :
    – Autrefois vaisselle et eau de la toilette, dans les 2 cas, polluées avec des lessives naturelles, en très faible quantité,
    – Aujourd’hui : salle de bains, cuisine, lave-linge, lave-vaisselle.
  • Les eaux vannes :
    – Autrefois inexistantes,
    – Aujourd’hui les toilettes.

Lire notre dossier : Récupération de l’eau 

Quelles sont les sources de pollution ?

Les matières organiques

Cette appellation “matières organiques” inclut tous les constituants d’organismes vivants : végétaux, animaux, bactériens, champignons, morts ou vivants, quel qu’en soit le niveau de dégradation ainsi que leurs déjections.

Eaux usées

Les risques liés à cette catégorie de polluants sont :

  • L’empoisonnement direct si ces matières sont toxiques (cyanure par exemple),
  • Au niveau santé :

– Bactéries (salmonelles, streptocoques, coliformes, escherichia coli,…),
– Parasites (exemple : ténia, …),
– Champignons toxiques,
– Protozoaires (exemple : amibes),

Les effets néfastes encourus

  • Contamination des végétaux pouvant aller jusqu’à leur destruction,
  • Contamination des animaux, parfois proches des risques encourus par les humains,
  • Contamination humaine :

– Infections,

– Maladies hydriques (par exemple : choléra, gastro-entérite, bilharziose, …)

  • Contamination des écosystèmes aquatiques :

– Consommation de l’oxygène qui, ensuite, trop réduite, ne permet plus la vie des organismes dits aérobies.

Comment éliminer la matière organique et ces germes pathogènes :

Favoriser les conditions propres à leur élimination:

  • Chauffage (au-delà de 60°),
  • Assèchement (dessiccation),
  • Culture de bactéries qui les “digèrent”.

Effets de l’azote dans l’eau

Les matières azotées et phosphorées :

Le spectre va de l’azote aux nitrates en passant par le phosphore et les phosphates.

Provenance :

principalement suite à la dégradation des matières organiques déjà décrites,
rejets directs d’êtres vivants (phosphore organique)

Les effets encourus :

Eutrophisation (développement d’algues qui peut aller jusqu’à l’asphyxie du milieu),

Comment les éliminer :

  • L’azote et ses dérivés : deux phases sont nécessaires : nitrification et dénitrification

– Nitrification : par des bactéries en présence d’oxygène (processus lent),

– Dénitrification : par d’autres bactéries, en milieu pauvre en oxygène,

  • Le phosphore :

– Méthode biologique : certains micro-organismes sont capables de les fixer,

– Méthode chimique : par combinaison avec d’autres matières chimiques (à éviter)

Globalement, il est très difficile de traiter les phosphates, le mieux est, encore plus que pour les autres polluants, d’éviter d’en produire.

Pollution chimique de l’eau

Les substances chimiques :

Le plus souvent elles sont issues des produits d’entretien et des médicaments.
Elles sont généralement difficiles à éliminer, persistantes et, parfois, elles s’accumulent dans les organismes et micro-organismes.

Quelles sont-elles ?

  • Les tensioactifs (lessives, produits lavants et nettoyants),
  • Les résidus des produits pharmaceutiques,

Les effets encourus :

  • Les tensioactifs : faiblement biodégradables :

– Réduisent les échangent entre l’air et l’eau et sont donc toxiques pour les micro-organismes, particulièrement ceux qui sont aérobies,
– Demeurent très longtemps dans l’eau, véhiculés jusqu’aux mers et océans, se retrouvent dans les embruns et gênent la flore littorale,

  • Les produits pharmaceutiques :

– Certaines molécules sont persistantes (ne se détruisent pas) et peuvent ainsi s’attaquer à d’autres êtres vivants que ceux contre lesquels ils ont été prescrits (antibiotiques, hormones, entre autres, …), perturbent le développement sexuel de certains poissons, voire les rendre stériles,

  • D’autres substances sont issues des colles, produits de traitement, peintures, etc,

– Combinés entre elles ou avec certaines des autres substances chimiques, elles peuvent provoquer des effets “cocktail” pouvant engendrer des toxicités non présentes dans les produits d’origine,
– Rien qu’en Europe, plus de 100 000 substances différentes sont utilisées et l’immense majorité n’a jamais fait l’objet d’étude de toxicité.

Comment s’en débarrasser ?

Quasiment impossible hormis par des systèmes d’osmose inverse, complexes, coûteux et qui ne sont efficaces que sur des faibles quantités. Ils sont envisageables pour les milieux hospitaliers, par exemple.

Systeme de filtration des eaux usees avec du sable et du gravier

Système de filtration des eaux usées avec du sable et du gravier

Les effets globaux de tous ces polluants : les Matières En Suspension (MES) :

Toutes ces matières se concentrent parfois à tel point qu’elles génèrent des sortes de nuage. Elles peuvent gêner les échanges entre l’air et l’eau et, souvent, à la fois consomment l’oxygène de l’eau et l’enrichissent de sorte que de nombreux micro-organismes s’y développent, accentuant ainsi l’effet d’eutrophisation.

Comment s’en débarrasser ?

Le plus efficace constitue en une filtration, soit au travers de sable, soit dans des milieux racinaires.

Lire notre dossier : Recyclage & gestion des déchets

Volet législatif

Alimentation circuit d’eau

Le principal texte régissant le traitement des effluents est la loi sur l’eau : Loi du 3 janvier 1992 sur l’eau — Wikipédia

Elle a complété un texte plus ancien : Loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux …
Ces textes sont contraignants et ne pas les respecter, c’est s’exposer aux foudres des autorités, avec un risque d’amende qui peut aller de 300 à 80 000 €.

Que dit la loi ?

Assainissement collectif

Les assainissement collectifs sont soumis à des obligations de résultat. Les niveaux de qualité des rejets sont fixés par des circulaires qui en définissent les performances, lesquels sont classés de D1 (le niveau le plus faible) à D4, qui correspond à la plus haute performance.

Dès lors qu’une commune dispose d’un assainissement collectif avec collecteur à portée, il est obligatoire de s’y raccorder. Ceci est vrai pour le neuf comme pour l’ancien, y compris si la maison disposait, préalablement, d’un assainissement individuel. Les raccordements doivent, obligatoirement, être réalisés avant l’occupation des lieux pour les constructions neuves et dans un délai maximum de 2 ans pour les bâtisses anciennes, à compter de la demande par la commune.

Assainissement autonome

principe de l'assainissement autonome

Principe de l’assainissement autonome (source)

Les assainissement individuels sont soumis à des obligations de moyens. Pour les équipements correspondants à 20 Equivalents Habitants (EH), les installations sont soumises à l’Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions …

Ce texte précise que ces installations doivent être conçues, en un mot, de telle sorte à ne pas porter atteinte, ni à la sécurité publique, ni à la salubrité publique, ni à la qualité du milieu récepteur.

Ces installations doivent permettre le traitement commun des eaux vannes et des eaux grises, sauf dérogation ou pour des installations anciennes conçues séparément.
Elles doivent comporter un dispositif de pré-traitement et un dispositif de traitement.

Il est possible de mettre en place des systèmes de traitement relevant du collectif pour des installations correspondant à des équivalents de plus de 20 EH. C’est plus facile pour obtenir l’autorisation de traitement phytoplanctaire et éviter le traitement commun des eaux grises et des eaux vannes. Il est possible de regrouper plusieurs habitations pour arriver au volume minimal nécessaire. (Lire notre dossier Habitats groupés et Eco-quartiers)

Un interlocuteur à privilégier pour tous vos besoins concernant des installation d’assainissement non collectif : le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif). Il en existe un par département et on le trouve parmi les services publics : Le Service Public d’Assainissement Non Collectif (SPANC)

Depenses annuelles d’assainissement autonome des eaux usees en France de 200 a 2013

Dépenses annuelles d’assainissement autonome des eaux usées en France de 2000 à 2013 – source : fr.statista.com

Les systèmes de traitement des eaux usées

Schéma de collecte des eaux usées – traitement-évacuation (source)

Nous n’allons aborder ici que les systèmes individuels.

Pour ce qui est des systèmes collectifs, nous nous contenterons de dire qu’il suffit d’envoyer toutes les eaux usées, grises et vannes, dans le collecteur collectif.

Ces eaux usées collectées sont ensuite envoyées vers des stations d’épuration qui peuvent être de différents types : station d’épuration en bassins mécanisés, soit par lagunage.

Revenons aux systèmes individuels.

Nous venons de le voir, 2 actions sont nécessaires, chacune apporte une partie de la solution globale :

  • La dégradation des substances tant organiques que pour les matières azotées et phosphorées : soit par digestion du fait de micro-organismes, soit par transformation du fait d’autres micro-organismes,
  • La filtration finale.

Dégradation des substances

WC secs :

L’un des systèmes consiste en l’assèchement des matières organiques, le plus souvent grâce à des wc secs.

Ces matières sèches doivent ensuite être elles-mêmes traitées : soit retour dans le circuit classique présenté ci-après, soit par compostage.

Le Pré-traitement :

Fosse septique béton

Consiste en la favorisation du travail de bactéries qui dégradent les matières solides.
Plusieurs dispositifs peuvent être mis en œuvre.

Fosse septique toutes eaux :

Récipient fermé (avec systèmes de visite et de ventilation) destiné à assurer une stagnation propre à permettre la dégradation lente des polluants par des bactéries et micro-organismes, avant la filtration de l’eau rejetée.

La plupart des systèmes à filtration sont équipés, en amont, d’une fosse septique.

Digesteur complanté :

Digesteur complanté

Constitué d’un fossé rempli en amont de galets qui retiennent les matières organiques solides, lesquelles y sont dégradées par des bactéries, puis les eaux circulent lentement dans ce fossé rempli de pierre à granulométrie décroissante. Ensuite, plus avant dans le fossé, ces eaux seront ensuite traitées et filtrées.

Lagunage :

Possible techniquement mais non reconnu en France. Est accepté pour de petites installations collectives. Cependant quelques installations individuelles ont déjà été réalisées avec dérogation et autorisations spéciales.

Le Traitement :

Traitement des eaux usees par les roseaux

Traitement des eaux usées par les roseaux

Consiste en la favorisation du travail de micro-organismes qui vont dégrader les matières organiques au minimum à l’état de boue (plus de matières solides) pour les transformer en éléments minéraux simples, de même pour la transformation de l’azote et des nitrates.
Il est souvent assuré dans le même équipement que le pré-traitement.

Fosse septique :

Déjà décrite ci-dessus.

Lagunage :

Déjà décrit ci-dessus. En continuité du premier bassin, destiné, lui, au prétraitement,

Digesteur complanté :

Continuation du fossé décrit ci-dessus, avec, pour cet usage, la présence de plantes à système racinaire serré, lequel contribue à un écoulement extrêmement lent, propre à laisser le temps aux micro-organismes d’assurer leur fonction de dégradation.

La Filtration :

Consiste en la séparation des éléments minéraux et végétaux issus des transformations et dégradations précédentes, avant rejet dans la nature de l’eau considérée alors propre.

Systeme de filtration des eaux usees avec du sable et du gravier

Systeme de filtration des eaux usées avec du sable et du gravier

Filtre à sable :

La filtration est assurée par un lit de sable dans lequel on déverse les eaux sales, lesquelles, par gravité vont le traverser. Elles sont récupérées propres en pied du lit filtrant, elles y sont collectées aux fins de les rejeter dans la nature.
Ces filtres nécessitent de changer le sable après quelques années car alors il est saturé des éléments filtrés.

Filtrage par plantes ou Phyto-épuration

Filtres plantés de roseaux :

Les eaux pré-traitées arrivent au milieu des racines des roseaux. Ces dernières libèrent des glucides qui favorisent le développement des bactéries et micro-organismes qui vont favoriser la minéralisation de l’azote et du phosphore et en permettre ainsi la consommation et la fixation par les roseaux.

Digesteur complanté :

Continuation du fossé décrit ci-dessus et équipement de plantes favorisant elles aussi la fixation des oligo-éléments et des minéraux.

Traitement par lagunage

Lagunage :

Un dernier bassin faisant suite aux 2 précédents favorise le dépôt des minéraux avant rejet des eaux dans la nature. L’eau y subit aussi un bombardement du rayonnement solaire, lequel favorise la photosynthèse, laquelle par le biais du développement de micro-algues, favorise la fixation de certains éléments, avant précipitation au fond du bassin. il est nécessaire de dimensionner correctement les bassins afin d’en éviter l’eutrophisation.

Filtre à bambou :

Fonctionne sur un principe proche de celui des roseaux, le bambou ayant lui aussi la faculté de fixer des minéraux. Une forte évapo-transpiration favorise l’élimination de l’eau par évaporisation.

Tous ces systèmes sont plus ou moins combinables les uns avec les autres.

Afin de réaliser une installation à la fois respectueuse de la législation et en capacité réelle de fonctionnement, il vous faut consulter un professionnel maîtrisant parfaitement ces systèmes.

Système d’assainissement phytoplanctaire agréé (aquatiris) : Tout savoir sur la phytoépuration et l’assainissement écologique

Source générale du livre : Fosse septique, réseaux bambous de Sandrine Cabrit-Leclerc, ed “Terre Vivante”.

En savoir +

Associations :

Terr’Eau
Pierre & Terre
Associations Mce
Union nationale des industries et entreprises de l’eau et de l’environnement
L’Association Eau Fil de l’Eau

 

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