Toilettes : la séparation à la source pour préserver nos ressources

Il apparaît aujourd’hui nécessaire d’interroger notre façon de gérer l’eau pour répondre aux enjeux de la transition écologique et du changement climatique, en mettant en œuvre un nouveau modèle : « La gestion des eaux de la parcelle ».

Ainsi, souvent et uniquement considérées comme une pollution, une nuisance, ou une contrainte, les eaux usées domestiques, pluviales ou eau de pluie constituent en réalité un gisement de ressources. Gérer ces eaux à la source, de façon autonome, c’est chercher le plus en amont possible leurs valorisations avec ou sans traitement. En effet des techniques nouvelles de valorisation émergent et sont complémentaires de l’assainissement non collectif (ANC), c’est-à-dire du traitement des eaux usées domestiques sur la parcelle.

Il faut penser et faire évoluer l’ensemble de ces techniques (séparation, traitement, valorisation) dans un cadre commun : « La gestion des eaux de la parcelle ».

Ces évolutions sont portées par la transition écologique et au besoin d’économie circulaire pour répondre aux préoccupations du changement climatique (baisse de la ressource), de la « criticité » du phosphore comme matière première depuis 2014 et de la remise en question de l’extension sans fin des infrastructures d’assainissement collectif qui suit l’urbanisation.

Il s’agit de repenser le modèle des services de l’eau avec comme fil conducteur « Faire d’une contrainte, une opportunité » en prenant exemple sur la gestion des déchets ménagers avec la notion de tri sélectif en vue d’un recyclage.

A l’échelle des bâtiments, cela peut se traduire par la mise en œuvre d’une installation de récupération et de l’utilisation d’eau de pluie ou d’un système de réutilisation des eaux usées traitées à l’issue d’une installation d’assainissement non collectif mais également par la séparation à la source comme le recyclage des eaux grises ou les toilettes à compost à séparation.

Les toilettes dites sèches (sans apport d’eau de dilution ou de transport) sont autorisées depuis 2009, à la condition qu’elles ne génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines.

Les toilettes sèches sont mises en œuvre :

  • Soit pour traiter en commun les urines et les fèces. Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost ;
  • Soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce cas, les urines doivent rejoindre le dispositif de traitement prévu pour les eaux ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7.

Les toilettes sèches sont composées d’une cuve étanche recevant les fèces ou les urines. La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche conçue de façon à éviter tout écoulement et à l’abri des intempéries.

Les sous-produits issus de l’utilisation de toilettes sèches et après compostage doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance pour le voisinage, ni pollution.

En cas d’utilisation de toilettes sèches, l’immeuble doit être équipé d’une installation conforme au présent arrêté afin de traiter les eaux ménagères. Le dimensionnement de cette installation est adapté au flux estimé des eaux ménagères.

Il existe différents types de toilettes sèches

Dans des toilettes sèches à litière bio-maitrisée, les urines et les matières sont collectées ensemble avant d’être vidangées dans un composteur à l’extérieur de la maison.

Dans des toilettes sèches à séparation à la source, les urines sont séparées pour être traitées et valorisées. Les matières sont vidangées pour être traitées dans un composteur situé à l’extérieur de la maison.

Dans des toilettes sèches à séparation gravitaire, les urines et les matières sont collectées et traitées ensemble dans un composteur relié aux toilettes.
Sur sol étanche, les liquides sont collectés gravitairement pour être traités et valorisés. Ici, le composteur est sous les toilettes.

Dans des toilettes sèches à séparation à tapis roulant, les urines sont séparées pour être traitées et valorisées. Ici le composteur est derrière les toilettes. Les matières sont dirigées dans le composteur via un tapis roulant.

Dans des toilettes à séparation de phases, les urines sont séparées pour être traitées et valorisées. Les matières sont traitées dans un composteur relié aux toilettes. Ici, le composteur est sous les toilettes.

Les principales mesures du Plan Eau présenté par l’exécutif le jeudi 30 mars dernier, vont permettre d’actionner l’ensemble des leviers possibles : l’agriculture, l’industrie, les bâtiments publics, la lutte contre les fuites sur les réseaux et bien sûr les particuliers, en leur permettant et en les encourageant à modifier leurs usages de l’eau à domicile et à récupérer et à utiliser les eaux de pluie ainsi que les eaux usées après traitement.

A ce jour dans le plan, il n’y a rien de concret concernant la séparation à la source et notamment le recyclage des eaux grises. Ces eaux constituent pourtant le principal gisement d’eau pouvant être recyclée dans le foyer pour des usages courants, notamment pour alimenter les chasses d’eau des toilettes, qui aujourd’hui utilisent exclusivement de l’eau potable ! Les quantités d’eaux grises disponibles sont très largement supérieures aux eaux de pluie qu’il est possible de récupérer, de stocker puis d’utiliser.

Crédits images : Atep FranceRobert SmithJill Wellington de Pixabay

Jérémie STEININGER
Les Acteurs du Traitement des Eaux de la Parcelle (ATEP) rassemblent les fabricants, les entreprises de services et leurs partenaires afin de contribuer à l’essor du stockage, du traitement et de la valorisation des eaux autour de : - L’assainissement non collectif et la séparation à la source, - La gestion décentralisée des eaux pluviales, - La valorisation des eaux non conventionnelles.

ATEP

122 rue Amelot
75011, PARIS

01 42 89 66 53 0642482979

Activités : association

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Spécialités : assainissement, récupération d'eau, traitement de l'eau

Site web : http://www.atep-france.fr

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