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Icynène : quel avis sur l’isolation en mousse projetée ?

Certains voient la projection de mousse comme la solution la plus aboutie, la seule qui permettrait, en une seule opération, de répondre aux défis de l’isolation, de l’étanchéité à l’air, de la perspirance. D’autres voient toute projection de mousse comme l’intervention du diable dans l’habitat.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette entreprise sait faire parler d’elle, communique beaucoup et que toute cette communication ne manque pas d’interpeller. Une des premières questions est : c’est quoi cette mousse ?

Du polyuréthane ? Peut-être, mais si tel est le cas, ça n’est guère revendiqué.

Du polystyrène ? Non, pas possible, ça ne peut pas se travailler in situ.

Alors mousse, mais mousse de quoi ? Ce qu’on nous dit c’est qu’elle est constituée de 99% d’air, information intéressante, mais ce qui nous intéresse c’est le 1% restant, car l’air, ça va, on sait ce que c’est mais le reste ?

Sur le plan du leadership, aucun doute, avec  le rachat d’Isolat France, nous sommes bien face du leader de ce marché.

A grand renfort de publicités et/ou annonces, documents distribués, argumentations sur les salons, Icynène se revendique être La Solution non seulement idéale mais respectueuse de l’environnement, presque plus vert que le vert !

Comme tout le monde, nous avons été interpellés, entre autres par les performances affichées, la durabilité revendiquée, la facilité de mise en œuvre et sa rapidité annoncées. Nous allons, au fil de cet article, comme toujours, essayer de démêler le bon grain (s’il y en a) de l’ivraie (s’il y en a).

Qui est Icynène ?

Icynène est une entreprise canadienne, créée il y a plus de 30 ans, en 1986 et, selon ses dires, dont nous n’avons aucune raison de douter, leader mondial de la mousse projetée.

Le groupe Icycene


Nous sommes donc face à un industriel qui a su développer des produits et les vendre dans plus de 30 pays (extrait de leur site web) : “Présent sur 3 continents, Icynene isole plus de 400 000 bâtiments à travers le monde : maisons individuelles, logements collectifs, hôpitaux, écoles, fermes écologiques, etc”.

Quel est le produit Icynène ?

Très rapidement il apparaît qu’Icynène, ce n’est pas un mais des produits répartis sur 2 familles :

  • H2 Foam Lite
  • H2 Foan Lite Plus
  • H2 Foam Forte
  • IcyFoam Basique
  • IcyFoam Select
  • IcyFoam Qick Fill

Les produits Icynène

Si nous avons bien compris (disons le tout court : il est très difficile de s’y retrouver), les 3 1ères références seraient des mousses à cellules ouvertes, les 3 dernières étant des mousses à cellules fermées, dont la toute dernière, une mousse en bombe destinée aux reprises.

Et là, nous avons la liste des seuls produits Icynène mais, attendu que l’entreprise vient de racheter Isolat France, lesquels mettent en œuvre d’autres types de mousses (dites selon le directeur d’Isolat France, rigides …) ne va-t-on pas voir la liste des produits s’agrandir ?

Fort probablement, c’est tout au moins ce que laisse supposer ses dires (voir le lien ci-dessus) … ça va devenir ardu !

Que sont ces produits Icynène ?

De la mousse de polyuréthane, c’est dit dans le site Icynène. Oh, ce n’est pas le 1er mot utilisé puisqu’il n’apparaît qu’au-delà de la moitié de la page de présentation des produits, après plus de 500 mots … soit à peu près autant que depuis le début de cet article … Cette nature de polyuréthane gênerait-elle ?

Isolation en mousse projetée

Mousses à cellules ouvertes

Avantages

Les mousses PU (polyuréthane) à cellules ouvertes présentent quelques avantages, particulièrement aux plans :

Perspirance

La migration de la vapeur de la vapeur d‘eau y est possible, ce qui, particulièrement dans l’ancien avec des murs en pierre, pisé, bauge et autres éléments eux-mêmes perspirants, est un gros avantage, voire une absolue nécessité.

Souplesse

Même longtemps après sa mise en œuvre, ce type de mousse garde une souplesse suffisante pour suivre les mouvements normaux de déformation ou micro-fissuration inhérents à la vie des bâtis.

Composition

Ces types de mousse PU intègrent moins de composants polluants, particulièrement ils n’ont pas besoin d’agent de gonflement autre que de l’eau, or la plupart des agents de gonflement sont des gaz à effet de serre.

Inconvénients

Il serait formidable que la pièce n’ait pas de revers, hélas, ça n’est pas le cas.

Performance isolante

Ce type de structure est moins isolante que les mousses à cellules fermées, leur lambda est nettement moins bon.

Mousses à cellules fermées

Avantages

Les mousses PU à cellules fermées présentent des avantages :

Performance

Leur lambda est parmi les meilleurs qui soient. Les plus performantes affichent un lambda de 0,024 contre des valeurs allant plutôt de 0,036 à 0,040, voir plus pour celles à cellules ouvertes (plus bas est le chiffre, meilleur est le lambda),

Technique d’isolation avec la mousse

Rigidité

Dans certains cas, le fait que ce type de mousse PU devienne très rigide et indéformable est un avantage, entre autre lorsque l’isolant est mis en œuvre sous des éléments qui le compriment (chape sur isolant par exemple),

Etanchéité à la vapeur d’eau

Ce type de mousse PU est étanche à toute migration de vapeur d’eau et certains y voient un avantage …

Inconvénients

Là aussi, le tableau n’est pas simplement idéal et quelques inconvénients sont à déplorer :

Gaz à Effet de Serre

Il est fait appel à des agents de gonflement pour leur expansion, en tout cas pour le produit Isolat France tel que nous le dit son directeur (extrait d’un article paru dans la presse) : … « Deux types de mousses sont proposés : les mousses rigides (Isolat) et les mousses à cellules ouvertes (Icynene), arrivées plus récemment en France. Les premières utilisent un gaz pour réaliser leur expansion tandis que les secondes utilisent de l’eau. Ce gaz, qui est pour l’heure très impactant sur l’effet de serre (HFC), devrait être remplacé en 2019 par un autre composé hydrofluoré (HFO), afin d’anticiper l’évolution de la réglementation européenne. Les mousses rigides présentent une performance supérieure en termes d’isolation mais celles à cellules ouvertes offrent une perspirance utile aux structures bois, ainsi qu’une meilleure atténuation acoustique. Quant au coût, il est équivalent entre elles et légèrement supérieur à celui des isolants fibrés. Thierry Louis nous précise : « Nous nous plaçons sur l’efficience et l’étanchéité à l’air, dans la perspective de la future réglementation 2020 ». …”Les effets de serre ds formulations avec l’agent de gonflement HFO ont déjà été abordés ici dans un article intitulé “Mousse isolante HFO : grenwashing ou non”.

Rigidité

Leur rigidité les rend plus vulnérables à l’apparition de fuites dans l’étanchéité à l’air suite aux mouvements et déformations normaux de tout bâti.

Etanchéité à la vapeur d’eau

Ce type de mousse PU est étanche à toute migration de vapeur d’eau et certains y voient un inconvénient (dont nous dans la plupart des cas) …

Analyse globale

Nous voilà un peu plus informés sur les variantes dans les produits Icynène, leurs compositions, leurs avantages et leurs inconvénients propres à les différencier les uns des autres (dans les 2 cas, nos énumérations ne sont absolument pas exhaustives, nous pensons avoir cité les plus importants).

Revendications selon Icynène ?

Ses qualités

Extrait de la page “Bienvenue” du site Icynène :

  • L’isolant le plus EFFICACE AU MONDE
  • Economies d’énergie, étanchéité à l’air, souplesse, respirabilité
  • Isolant SAIN et ECOLOGIQUE
  • Aucun composé organique volatile, sans odeur, aucun impact sur la couche d’ozone, bilan carbone du transport très réduit
  • Isolant DURABLE et PERENNE
  • Ne se tasse pas, ne se dégrade pas dans le temps, n’absorbe pas l’eau, pas une nourriture pour les insectes ou autres, garanti 25 ans

Isolant le plus efficace du monde

Si le choix se porte sur Icynène UltraSeal Basic (pdf), oui, la performance est de très haut niveau, probablement une des meilleures possibles en terme de lambda : 0,024. Pour trouver mieux il faut chercher dans la catégorie des supers-isolants (pdf) qui, eux, font généralement appel soit au vide, soit aux nano-particules, soit aux matériaux à changement de phase … d’autres mondes.

Par contre, si le choix se porte sur H2Foam Lite, non, son lambda est annoncé de 0,038 et 0,035 pour H2Foam Lite Plus et … reconnu de 0,044 selon l’agrément CSTB.

Une telle différence dans les valeurs est choquante et nous aimerions en comprendre les raisons, sachant que celles retenues par le CSTB ont été mesurées par des laboratoires COFRAC (accrédités et qui testent toutes les valeurs accordées et/ou reconnues par le CSTB selon un protocole applicable à tous les isolants certifiés en France et pour la France) …

Extrait de l’agrément CSTB N° 20/16-378 (pdf) :

Cette résistance thermique utile Ru est donnée en fonction :

. d’une épaisseur e d’isolant projeté ;

. d’une conductivité thermique utile égale à 0,044 W/(m.K), définie selon les règles Th-U.

Isolant sain et écologique

Qu’entend-on par isolant sain ?

Si le critère est qu’il ne permette pas le développement, en sa surface, de moisissures et/ou champignons : oui, il est sain.

Si le critère est qu’il empêche le développement de conditions propres à la vie de moisissures et/ou champignons : non, en tout cas pas pour les versions à cellules fermées.

En effet ce type de mousse PU empêche la migration de la vapeur d’eau et risque donc fort, de ce fait, en de nombreuses circonstances, de favoriser le développement de moisissures et/ou champignons sur le parement (placoplâtre, fermacell ou autre) du fait d’une stagnation d’eau dans son épaisseur, ce qui est mauvais pour la santé des occupants. Il faudra contrer ce risque éventuel par un système de renouvellement d’air en capacité de suppléer à l’absence de perméance de la paroi. Certes le renouvellement d’air est toujours nécessaire, mais ici les volumes renouvelés devront être plus importants … ce que ne fait pas l’un, l’autre doit le faire !

Un point assez surprenant concerne les risques cancérigènes du produit. Les classements ne sont pas les mêmes selon que la fiche FDES consultée soit celle pour le Canada (pdf) ou celle pour l’Europe (pdf).

Extrait de la fiche européenne (page 11/17) :

Extrait de la fiche canadienne (page 6/8 ) :

Qu’entend-on par isolant écologique ?

Là, nous ne comprenons pas bien ce que peuvent être les critères retenus.

En effet, les ingrédients principaux sont issus de l’industrie pétrolière. Ces origines ne nous semblent pas ce qui se fait de mieux pour ménager la planète, pas plus au plan de l’énergie nécessaire pour extraire et raffiner le pétrole que du fait des GES émis lors de tout ce processus de raffinage.

Si c’est du fait de la non présence de COV, compte tenu des conditions de mesure et du fait que l’isolant est généralement enfermé, rien de plus que pour tant d’autres produits, y compris de nombreux isolants.  Ceci a été développé dans ces colonnes dans un article intitulé COV : ce qu’on ne nous dit pas.

Isolant durable et pérenne

Oui il l’est, jusqu’au moment où il faudra le recycler.

En effet, s’il ne se tasse pas, c’est, nous dit-on, parce qu’il est collé aux supports qui l’entourent. Argument très juste, mais comment envisager un recyclage sans séparer les éléments ? Qui séparera les éléments ? Le recyclage s’il est possible, est-il rentable et, surtout, quels sont ses débouchés ? Icynène nous annonce sa faisabilité par la bouche du directeur de ce qu’on peut qualifier aujourd’hui de sa filière isolat France (extrait) : « Cette mousse se recycle. En Savoie notamment, une filière existe déjà, pour le PU des frigidaires et chauffe-eau. Il ne fait pas de doute que des choses similaires se mettront en place à l’avenir.

Il n’a pas dû lire les mêmes choses que nous au sujet de ce recyclage : Le gisement actuel total, estimé à 210 000 tonnes issues principalement de l’ameublement/literie, de l’automobile et de l’électroménager mais dont seulement une partie a des débouchés (extrait de l’article) : “Les débouchés actuels, estimés à 3 kt, ne permettent pas d’écouler ce gisement potentiel.

Les qualités d’Icynène selon “Durabilis Isolation”

Donnons la parole à l’un de ses applicateurs, “Durabilis isolation”, entreprise dûment mandatée par Icynène et pourvue de tous les sésames nécessaires pour intervenir chez les particuliers (extrait de leur site) :

Certifications & garantie

– Applicateur certifié ICYNENE depuis 2010

– Eco Artisan depuis 2012

– Qualibat RGE depuis 2013

– Garantie décennale SMABTP

ICYNENE® et le feu

Extrait de leur site web : La mousse isolante ICYNENE®e est classée comme matériaux auto-extinguible , c’est à dire que sa combustion n’est possible que si elle est soumise à une flamme directe et à l’inverse du PUR, elle ne propage pas l’incendie par des gouttelettes enflammées , ne dégage pas de fumée toxique lors de sa combustion et de ce fait n’handicape aucunement l’intervention des services d’incendie.
Dommage que cette affirmation soit contredite par la fiche FDES du produit (extrait page 5.17) :

Substances dangereuses provenant de la décomposition du produit par la chaleur

Les produits de décomposition peuvent inclure les gaz/matériaux suivants :

  • Dioxyde de carbone
  • Monoxyde de carbone
  • Oxydes d’azote

5.3 Recommandations pour les pompiers
Précautions à prendre : évacuer rapidement les personnes à proximité de la scène en cas d’incendie.
Aucune initiative ne doit être prise qui implique un risque individuel ou en
l’absence de formation appropriée.
Equipement de protection Un appareil respiratoire autonome couvrant tout le visage (SCBA) doit être porté en mode de pression positive et des vêtements protecteurs couvrant tout le corps doivent être utilisés en cas d’incendie avec des bottes en PVC, des gants et un casque de protection.”

Ce risque est confirmé par l’INRS dans un document déjà ancien, mais la chimie reste la chimie. Un extrait de ce document :

Ce document met en évidence des émissions aux températures courantes, jusqu’à 250° de divers composés, y compris éléments qui pourraient entrer dans les COV si … leur recherche en vue du classement du produit analysé n’était pas limité à une tranche de température très limitée : 23°+ou- 2° !

Les émanations qui y sont citées à droite sont celles causées à des montées en température sous l’effet d’une combustion ou d’une pyrolyse. Donc, que le produit soit ignifugé ou pas ne change rien aux émanations liées à sa température. Ce qui est certain par contre, c’est que, très souvent, les émanations liées à l’agent ignifugeant viennent encore alourdir le dossier …

Ce qui compte, ce n’est pas qu’un produit brûle ou pas, c’est ce qu’il émet sous l’effet de la chaleur. Nous vous conseillons, à ce sujet, une vidéo sur les incendies domestiques, assez édifiante sur les chiffres, causes et conséquences.

Une autre vidéo tournée par le SDIS de la Loire Atlantique éclaire bien ces risques.

Nos conclusions

A la question initiale, qu’est-ce qu’une mousse Icynène : c’est du polyuréthane.

A la seconde question : Icynène est-elle La Solution : Non.

Nous ajoutons une 3ème question : Icynène est-elle Une solution : Oui

En effet, cet isolant, du fait de sa possible mise en œuvre contre des supports par simple projection, y compris en total dévers, voir en surplomb, ou encore dans des espaces confinés et difficiles d’accès peut être une solution pertinente, particulièrement lorsque les supports sont eux-même non perspirants et que l’espace où la mousse sera injectée n’est pas en lien direct avec le volume habitable (cf risques incendie ci-avant).

Dans l’ancien : Icynène, et sa filiale nouvellement acquise Isolat France, veulent s’implanter sur le marché de l’ancien, extrait d’une interview du directeur ce cette filiale “Nous nous adressons aux deux marchés, même si pour l’instant notre activité est réalisée à 80 % dans la construction neuve et seulement 20 % dans la rénovation. Nous comptons bien être présents sur ce segment”.

Nous faisons part, ici, de toutes les précautions qu’il faudra prendre :

  • comme pour le neuf, ne pas coller ce type de mousse dans des volumes habitables du fait des risques inhérents aux émissions diverse, particulièrement lors de l’exposition à une forte chaleur (incendie avec combustion directe ou pyrolyse),
  • ne pas opter pour les versions à cellules fermées, car ces murs anciens ont besoin de perspirer et il est absolument nécessaire de permettre l’évacuation des remontées capillaires sauf à prendre le risque de désordres importants. Un exemple qui est allé jusqu’à l’effondrement, rapport primé par l’AQC. Un exemple (vidéo) des désordres causés par des enduits au ciment Portland sur un mur en pierre.

Certes la mousse PU n’est pas de même nature que les enduits ici mis en cause, mais l’utilisation de matériaux différents mais dotés des mêmes capacités ou inconvénients (non perspirants) risque bien de produire les mêmes effets.

Alors, au final, Greenwashing ou produit miracle : ni l’un ni l’autre, et un peu des 2 à la fois.

Ce que nous aimerions :

  • qu’Icynène admette clairement que ses mousses sont du polyuréthane, certes de qualité, mais avec les limites et risques inhérents à ce produit,
  • qu’Icynène soit beaucoup plus transparent sur les capacités intrinsèques de ses produits car, une constante se vérifie sur les divers sites web directement ou indirectement sous la responsabilité d’Icynène : aucune fiche technique claire. Par contre beaucoup de texte à vocation uniquement commerciale, ce qui nous laisse le sentiment d’une recherche non pas d’information mais d’hypnotisation du prospect, et c’est là que nous pensons être face à du Greenwashing : mélanger tous les produits sur un même document, ne mettant en avant que leurs, parfois supposées, qualités,
  • qu’elle communique clairement et honnêtement sur ce qui se trouve être accordé par les organismes de certification, à commencer par le CSTB et sur ce que comportent ses fiches FDES.

Ce que nous vous conseillons :

  • ne pas utiliser ces mousses PU dans les volumes habitables,
  • proscrire les versions à cellules fermées dans l’ancien à parois perspirantes et/ou à forts risques de remontés capillaires,
  • autant que faire se peut, limiter leur utilisation aux endroits difficiles à isoler avec d’autres produits plus respectueux de l’environnement en général, du vôtre en particulier,
  • si votre choix se porte vers des mousses à cellules fermées, sélectionner un système de renouvellement d’air très performant.

Photos crédit : Icynène

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans,
Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre,
Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit,
Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation,
Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent,
Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente »

18 réflexions sur “Icynène : quel avis sur l’isolation en mousse projetée ?

  1. Bonjour,

    Vous dites dans votre article : « En effet ce type de mousse PU empêche la migration de la vapeur d’eau et risque donc fort, de ce fait, en de nombreuses circonstances, de favoriser le développement de moisissures et/ou champignons sur le parement ».

    Je ne suis pas pro mousses PU, mais je ne vois pas en quoi elles causeraient plus de problèmes à ce niveau qu’un pare-vapeur à valeur Sd élevé.
    D’ailleurs, depuis la RT 2012 concernant l’étanchéité à l’air des bâtiments, le rejet des systèmes de ventilations est passé du diamètre 125 à 160, justement parce que les membranes empêchaient la migration de la vapeur d’eau et donc favorisaient l’apparition des moisissures sur les parements BA13.

    • Bonjour Thierry, merci d votre contribution.
      La phrase à laquelle vous vous référez est la continuité de la phrase précédente de l’article qui met en évidence les mousses à cellulose fermées. Or, ces types de mousse PU à cellules fermées sont totalement étanches aux flux de vapeur. Si on devait leur donner un SD, il tendrait vers l’infini, c’est à dire un blocage total.
      Il n’est donc pas possible de les comparer à un pare-vapeur qui, si comme vous le dites, aurait une valeur SD élevée, sauf à choisir un matériau à SD tendant aussi vers l’infini … mais alors ce ne serait plus un pare-vapeur, mais une barrière à la vapeur. Donc effectivement, même performances, mêmes causes, mêmes effets, nous sommes d’accord.
      Ceci posé, même si ces mousses PU totalement imperméables ne poseraient pas plus de problèmes qu’une autre barrière quelconque aux flux de vapeur, elles n’en poseraient pas moins non plus et donc, dans tous les cas, ce genre de produits est à n’utiliser qu’avec parcimonie et dans des conditions très précises !

      Vous faites état du changement de ø des gaines de ventilation depuis l’apparition de la RT 2012.
      Il nous semble important de préciser que ceci n’est aucunement lié à la valeur SD des pare-vapeurs, mais à l’étanchéité à l’air, enfin maîtrisée, imposée par cette réglementation. … Et comme le renouvellement n’est plus confié aléatoirement aux fuites d’air mais à un appareillage dont nous sommes en droit d’espérer qu’il est parfaitement maîtrisé, il nous semble raisonnable d’en augmenter le débit. Afin que ce débit plus important ne soit pas tributaire d’une vitesse plus élevée, source éventuelle de mouvements d’air, donc d’inconfort thermique et, dans tous les cas, de plus de bruit, source d’inconfort phonique, le législateur a opté pour des conduites d’un ø plus élevé, ce que nous trouvons avoir été un très bon choix.
      Pour rappel ou information, même un pare-vapeur à SD très ouvert, même une membrane pare-pluie de classe HPV, pourraient permettre d’assurer une très bonne étanchéité au vent et maîtriser les fuites d’air, ce qui aboutirait à une nécessaire augmentation des flux dec renouvellement d’air. Donc la perspirance n’a que très peu à voir avec ce point que vous soulevez et, afin de clore ce point du renouvellement d’air : le réduire au taux d’humidité relative de l’air ambiant revient à oublier les autres raisons qui le rendent nécessaire : présence éventuelle de COV, émission de CO2 en lieu et place d’l’oxygène consommée …

  2. Bonjour, je projette d’aménager le premier étage (sous combles) de ma maison.La hauteur disponible est malheureusement faible et l’utilisation d’isolant nécessitant une forte épaisseur est impossible. les chevrons font 100 de hauteur. Une entreprise m’a proposé de projeter du PU entre les chevrons en laissant une lame d’air de 2cm sous les lattes supports des tuiles. Des rails pour placo seront ensuite fixés à une distance minimale de la surface intérieure des chevrons et le tout sera rempli par projection de PU. Les gaines électriques y seront au préalable noyées. Avant la pose du placo, le tout sera recouvert d’un pare vapeur.
    Cela ne concernera que 2 chambres à couche et un dégagement. Seul la toiture ne sra concernée, les murs extérieurs étant déja isolés de l’extérieur. Qu’en pensez vous?

    • Bonjour François Rutsch,
      Vous savez, après la lecture de l’article, combien nous sommes réticents à emploi de ce genre de produit.
      Vous savez les risques encourus, tant pour votre maison que pour vous-mêmes et votre famille …
      Quant au fait de maîtriser la quantité de produit à pulvériser avant sont expansion pour que la mousse ne touche pas la couverture ou, pire, en obtstrue la ventilation, si c’est certes, en théorie, possible, nous sommes très circonspects sur le fait d’y parvenir … et quid du taillage en cas de trop forte expansion ?
      Par ailleurs, quel intérêt d’un pare-vapeur avec ce genre de produit ? A moins que vous ne vouliez parler du pare-pluie ?

  3. Bonjour,

    Quelles sont les alternatives plus « vertes » dans le cas d’une isolation du sol (sous chape de finition), ayant donc un indice de compressibilité à peu près similaire ?
    On lit tout et son contraire sur le PUR d’une manière générale, et dans le cadre d’un projet passif et le + respectueux possible pour ses futurs occupants (ie ma famille !), j’avoue que j’ai un peu de mal à me faire à l’idée de mettre du PUR (projeté ou en plaques) pour isoler mon sol, mais je ne vois pas d’alternative.

    F.

  4. Bonsoir,
    Je souhaite isoler le rez de chaussé de ma maison. Il s’agit d’une maisons ancienne (environs 100 ans) située dans le massif des Vosges avec des murs en pierre de 40 cm et une isolation extérieure en fibre de bois 18 cm + crépis à la chaux. Au Rez de chaussé (95m2), le parquet en chêne est posé sur des chevrons. La moitié se trouve sur une cave et l’autre sur un vide sanitaire de 50cm un peu humide, le sol est en terre . Les chevrons de grosse section sont piqués en périphérie mais le coeur est dur. J’ai effectué un drainage ainsi que 6 aérations au niveau du vide sanitaire pour une bonne ventilation. Une entreprise m’a proposé de projeter du polyuréthane directement sur le plancher, puis chauffage au sol et chape liquide. Le tout d’une épaisseur de 12 à 22 cm suivant le niveau à rattraper +/- 10 cm. J’ai peur que cette solution ne fragilise la structure existante + humidité entre le plancher et la mousse. Une autre personne m’a conseillé de faire une dalle en mortier romain chaux+pouzzolane puis chauffage au sol puis chape traditionnelle, cette 2ème solution est moins isolante mais laisser respirer le plancher. Je suis un peu perdue dans mes réflexions… Qu’en pensez-vous ? D’avance merci pour vos conseils

    • Bonsoir madame Maisset.
      La solution 2 nous semble beaucoup plus pertinente quant à la prise escompte globale de la vie de votre maison. En plus, elle est plus écologique et respectueuse de l’environnement. Pour nous, aucun doute, face à ces propositions, nous choisirions celle en matériaux bio-sourcés, à savoir une base chaux/pouzzolane.

  5. Bonsoir nous recherchons une solution pour isoler au dessus d’un plafond en Placo et en dessous d’une terrasse dans un espace de 30 cm; y a t il.une solution non destructive pour le plafond? Merci beaucoup!

    • Bonjour Gandon, Merci de nous faire confiance au point de nous demander conseil.
      Bien que ce ne soit pas notre métier, pour avoir compulsé plusieurs ouvrages dédiés à (ou traitant de) l’isolation, il est vivement conseillé d’isoler une dalle plutôt par le dessus afin d’éviter des chocs thermiques qui pourraient l’endommager.

  6. bonjour Claude. Dans une maison passive isolée en produits non bio-sourcés, il faut compter, selon l’étude de mon confrère architecte François Liermann, plus de 50 années d’économie d’énergie pour compenser leur bilan carbone. Il n’y a donc aucun cohérence d’isoler en laine minérale, polystyrène ou polyuréthane en vue de réduire un impact carbone et à fortiori environnemental de notre habitat. Dominique

    • Merci Airenergie pour votre apport.
      En effet, sous de nombreux aspects, utiliser des matériaux, isolants ou autres, non biosourcés là où d’autres, biosourcés, pourraient leur être substitués relève très souvent de l’incohérence totale …

  7. Bonjour Claude,

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt. Je pensais que le polyurethane serait la solution miracle à l’isolation des murs d’une maison de pierre de 1775 mais je n’avais pas pensé à l’évaporation des remontées capillaires.

    J’aurais besoin d’une faible épaisseur d’isolant (par respect de l’architecture de la maison) sur les murs que je pensais recouvrir de plaques de placo. Du coup, à la lecture de votre article, je ne sais plus vers quoi me tourner. Une personne m’a parlé d’un mélange chaux/chanvre laissant une certaine perméabilité pour ces vieux murs.

    Qu’en pensez-vous, que devrais-je poser pour isoler sur une faible épaisseur (5cm) des murs anciens ? Dois-je me tourner vers ce mélange chaux/chanvre, vers des isolants sous-vide (type isover vip) ou vers autre chose ?

    Merci de votre réponse Claude.

    Cordialement

    Fabien

    • Bonjour Fabien,
      En tout 1er lieu, une constante, en tout cas en l’état actuel de nos connaissances : isolation = épaisseur !
      Donc à votre question : « comment bien isoler avec une faible épaisseur, d l’ordre de 5 cml, notre réponse est claire : il n’y a pas de solution, surtout si on imagine que isolation rime avec gestion du transit de la valeur d’eau (remontées capillaires, vapeur intérieure en excès …) et, en plus, parement. Pour une épaisseur totale de 5 cm, tout ceci nous amènerait à une isolation de 2 à 3,5 cm d’épaisseur, autant dire rien!
      Alors effectivement, serait préférable de ne pas chercher à isoler mais travailler sur l’effusivité, ce qui améliorera les sentiment de confort (objectif N° 1 de 85% des français qui améliorent leur habitat) et, ce faisant, baisse de la température d confort, donc économies d’énergie.
      Les enduits chaux/chanvre ou terre/paille, ainsi que quelques autres, permettent d’atteindre ces objectifs.
      Ce thème fera l’objet, dans les semaines ou mois à venir, d’un article dédié …

      En ce qui concerne les isolants sous vide, ils présentent tous, par nécessité ou conséquence, une totale incapacité à laisser migrer la moindre molécule d’eau. Ils sont donc, d’emblée, disqualifiés dans votre cas.

  8. Bonjour,

    Je suis actuellement en train de faire construire une maison via une entreprise générale.
    Même si l’ensemble des plafonds du volume chauffé sont isolés via de la laine de verre, celle-ci me propose d’isoler mon grenier grâce au produit Icynene « H2Foam Lite ».
    => Epaisseur de 15cm

    Pourrais-je s’il vous plait avoir votre avis sur l’utilisation de ce type de produit dans ce cas précis?

    Merci d’avance pour votre réponse et votre expertise

    • Bonjour François,
      Il ne vous aura pas échappé que nous ne voyons pas l’intérêt d’utiliser ce genre d’isolant quand d’autres, plus respectueux de l’environnement, peuvent lui être substitués.
      Nous ne sommes pas non plus fanatiques de la laine de verre, vous pourrez le découvrir au fil d’autres articles : https://www.build-green.fr/la-laine-de-verre-si-revolutionnaire/.
      Néanmoins, à elle seule, elle assurerait, au moins en théorie, parfaitement la fonction et permettrait d’atteindre les objectifs ciblés pour correspondre à un niveau RT 2012 puisqu’il s’agit d’une construction neuve.
      Nous préfèrerions vous voir faire le choix d’un isolant d’origine végétal, pour les combles en particulier : la ouate de cellulose en vrac.
      https://www.youtube.com/watch?v=oYr_iSfrxT0,
      https://www.youtube.com/watch?v=LC8ySOuAdn4,
      https://www.youtube.com/watch?v=6KsjmK_CDUw,

      Ce qui surprend encore plus, c’est le mix des 2 produits en un seul lieu.
      Nous ne sommes pas une entreprise du secteur et nous vous conseillons vivement de consulter un bureau d’études spécialisé en thermie. Il serait surprenant qu’il valide ce qui vous est proposé.

      • Bonsoir Monsieur Lefrançois,

        Tout d’abord, merci pour votre réponse.
        Néanmoins, j’aimerais clarifier un point à ma demande;
        En effet, notre grenier nous permettra d’entreposer certaines affaires.
        Il est muni d’un plancher sur lequel nous pourrons marcher.

        L’isolation suivrait le lattage de la charpente de la maison.

        Est-ce que cette précision changerait votre avis?
        J’ai également vu sur vos diverses vidéos que le déphasage est très médiocre.
        Comment serait-il possible d’améliorer ce déphasage si mon choix devait se porter sur ce produit?

        Merci encore pour votre réponses et vos conseils

        • A une époque où, manifestement, le réchauffement climatique se fait de plus en plus peignent, pour nous, rien ne justifie de faire le choix de ce genre de produit :
          – pas meilleur au global,
          – fortement consommateur de ressources fossiles qui amplifient le dérèglement climatique,
          – un recyclage qui relève beaucoup plus de la communication que de la réalité,
          – des risques importants au plan incendie
          – une quasi étanchéification du toit, ce qui nuira à la bonne évacuation de la vapeur d’eau,
          – …

          Par ailleurs, quel intérêt y-at-il à isoler à la fois les plafonds et le toit du grenier : aucun !
          Nous vous conseillons donc, purement et simplement, d’abandonner cette idée d’isoler le toit.
          Si vous voulez améliorer les performances de votre maison ainsi que votre confort sans contribuer outre mesure à la dégradation de l’état de la planète, nous vous conseillons de reporter la dépense ainsi économisée en choisissant un isolant plus performant globalement pour les planchers : en opter pour du biosourcé.

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