Ecolieux, les retours d’expérience d’Elvie

Dans ce monde imparfait et dysfonctionnel et bien imparfaite moi-même, sans doute que j’ai fait le choix en 2017 de me tourner vers les écolieux dans un idéal pour un changement radical de vie.

Seulement voilà, pour l’avoir vécu récemment, je désire ici vous faire, que si certains oasis correspondent assez à leur description, ils sont néanmoins peu nombreux (le plus souvent pas aboutis mais ce n’est pas précisé) et par ailleurs il en existe d’autres qui dépassent le stade du dysfonctionnement.

En effet, après contact au téléphone où la directrice (d’une association !?) manifeste son enchantement à l’idée d’accueillir mes compétences pour diverses réalisations en son lieu. Il ne m’a pas fallu longtemps pour découvrir une fois sur place qu’il s’agissait d’une véritable entreprise avec main d’œuvre à bon marché camouflée sous le titre d’association.

J’y ai travaillé, comme les autres bénévoles, en moyenne 10h par jour (des fois 14h, d’autres 16h !). Ah ça oui le jardin en permaculture est magnifique, le site est bien développé pour accueillir des visiteurs, des écoles et pour la vente des produits… Mais si les visiteurs sont enchantés d’arpenter ce bel endroit, où logent aussi les animaux dont les bénévoles s’occupent, ils ne peuvent se rendre compte du revers. Ainsi cueillettes intenses et mise en bocaux, dans une cuisine hyper dégueu… jamais vu ça… l’équipe n’a pas le temps de la nettoyer !

On mange dehors, par n’importe quel temps, les patrons profitent du repas le midi fait par les bénévoles, le soir ils rentrent chez eux au chaud et l’équipe se débrouille avec les restes du midi quand elle a encore la force de manger… Repas fait avec les récoltes du jardin (pas les meilleurs qui sont réservés à la vente), ok, mais pas de pain (on n’a pas le temps d’en faire), peu de consistant, pas un œuf (réservés pour les crêpes de leur porte ouverte).

Aussi force est de constater que « la directrice » ferait bien d’investir dans un stage de Communication Non Violente pour elle-même, l’équipe est unanime là-dessus. Elle compte bien aussi sur celle-ci pour lui permettre la mise en place de ses formations dans son oasis (faut bien ramener de l’argent à l’assos)… et gare si jamais ça ne va pas comme elle veut !

N’ayant pas trouvé de cohérence entre les propos au tel et la réalité, suis partie avant. J’ai cherché à intégrer un autre écolieu pour lequel il a fallu remplir 5 pages de questionnaire aboutissant, assez difficilement d’ailleurs, à un contact téléphonique grâce auquel j’ai vite compris que les dernières questions du questionnaire étaient cruciales : avais-je de l’argent à investir ? Non bien sûr – recalée alors !

Puis, je me suis fait berner par un oasis que j’avais visité dans mon parcours. J’avais conscience qu’il y avait beaucoup de choses à y faire (permaculture, ateliers d’art, école…ce pourquoi on m’accueillait les bras ouverts), mais la réalité n’avait rien à voir avec l’annonce faite sur le site des oasis. Et ça, je ne m’en suis rendue compte qu’une fois installée dans le lieu. A la lecture de la présentation il est écrit « créé et actif » mais les diverses activités n’existaient pas, et l’association s’est disloquée de par la démission de ses membres… en plus du profit de la part du tenancier des lieux, il rejette la faute sur les autres (comme quoi rien ne va !) alors que lui-même n’est pas clair. Oasis rimerait-il avec utopie ou illusion ?

Peut-être pour des gens comme moi qui croient en la sincérité des protagonistes. Mais voilà, il y en a qui sont sincèrement dans l’erreur, et n’ont manifestement pas intégré le sens et la marche d’un oasis. Aussi je pense, mais ça n’engage que moi, qu’un jour « on » va pondre une loi car quand il existe un marché les vampires se manifestent, alors tous trinqueront à cause d’une minorité de gens qui cherchent le profit et se bercent d’illusions eux-mêmes, frôlant parfois l’ésotérisme et ayant le comportement d’un gourou.

Cela dit, je ne désespère pas de trouver « chaussure à mon pied », il y a bien un endroit quelque part et d’autres contacts me donnent du baume au cœur. Disons que je n’ai pas eu de chance jusqu’à présent…

 

Notre avis : il nous paraissait intéressant de publier le témoignage d’Elvie suite à son passage dans 3 sites repérés dans notre carte des écolieux. Un des écolieux dont parlent Elvie s’est retiré de la liste à sa demande. C’est le premier retour que nous avons depuis la création de cette carte. Alors, n’hésitez à faire part de vos témoignages en commentaire, que ce soit pour ces écolieux, ou tout autre. (Merci de ne pas les citer). Et merci à Elvie pour ce témoignage.

Elvie

6 réflexions sur “Ecolieux, les retours d’expérience d’Elvie

  1. Ici aussi nous avons dechante sur les oasis et colibris… Visite d’un lieu, magnifique certes achete en totalite par un couple qui bien que plein de bonnes intentions proposent au mieux une sorte de retours a un fonctionnement feodal de vassalite… Pas d’argent, pas d’oasis ou sinon en temps que travailleur esclave hors de toute protection du droit du travail… On reste sur un systeme capitaliste juste masque de belles paroles et ideaux, rien de bien nouveau, c’est pas avec ces vieilles recettes excluantes et de guerre des classes qu’on changera le monde… Il est ou le petit colibri ? Je crois qu’il a fui loin d’ici

  2. Bonjour,
    Je suis à l’initiative d’un projet en intérêt collectif depuis 10 ans, je suis donc à la recherche d’associés permanents. Je suis très surprise que malgré les outils que nous avons (informatique, lien sociaux…) que nous ne puissions pas sélectionner des lieux « propre ». Grâce à des témoignages nous pouvons avancer. Toutefois il faut faire très attention aux témoignage « mensongé » pour une déception perso. En ce qui me concerne les personnes qui sont restées sur le lieu ont un peu abusé. Les heures allaient en dégressif en moyenne de 2à4h semaine avec pour couronner le tout un endettement de 2000€ pour une dizaine de personnes.. Tout ça pour dire que l’être humain n’est pas bon dans les 2 sens… Le mieux est de correspondre un max, d’aller constater sur place. Mon conseil perso est d’aller de lieu en lieu, en restant 1 mois dans chaque et si tout va bien, renouveler si on le souhaite à une saison différente…

    • Merci Corinne et Nature Créative pour vos commentaires.
      Il est évident que les abus peuvent venir des deux parties : l’hôte et l’aidant
      Mais dans tous les cas, comme pour n’importe quelle entreprise, il est impératif que le bénévole soit bien reçu, pour qu’il puisse donner le meilleur de lui-même.
      Or, semble t-il, ce n’est pas le cas de certains lieux.
      Les oasis sont une bonne idée à la base. Mais faudrait-il pas définir un cahier des charges plus précis, avec un contrôle régulier pour obtenir ce « label » ?
      Difficile ! Surtout que certains lieux s’apparenteraient plus à des sectes (au sens « juridique » du terme) qu’à des lieux d’échanges de savoirs.

  3. C’est pas facile de trouver la bonne solution.. Un label ?! je n’y crois pas non plus. Le label nous privera de notre liberté : on serra sous contrôle.
    Le plus dur, mais le plus simple c’est de résister. Depuis 10 ans j’aurais pu arrêter. Mais par conviction que le vivre ensemble, le partage, l’échange, du temps pour soi,.. sont les moyens de s’en sortir. ou plutôt de vivre mieux. Il faut trouver une méthode de communiquer (les multis y sont arrivés pourquoi pas nous). Avec l’asso on a trouvé cette formule qu’on appelle : « Nature Créative » Ce sont des activités au choix la journée et Grailloux en soirée… à suivre.

    • @Nature Créative
      Comme je l’indique dans un groupe de discussion sur Facebook, si le label n’est pas la solution, une plateforme type blablacar avec une notation des hôtes et aidant peut s’envisager.
      Mais cela ne semble pas non plus dans la culture du milieu !
      En tout cas, pour l’aidant, un bon indice peut être le mode de gouvernance du site, clairement identifié.
      Pour l’aidant, plus difficile de l’évaluer, a priori !

  4. Oh j’ai l’impression que vous parlez de celui dans lequel je vis et dont je veux partir d’ailleurs !
    Perso ça m’a dégoûté des eco lieux …

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