Isotextil , un produit recyclé et novateur pour isoler les combles ?

Qui n’est pas à la recherche du meilleur produit pour répondre à ses besoins ? Nos maisons et notre souci d’isolation n’y échappent pas, isoler les combles étant, par nature, le 1er besoin. Si, en plus d’être performant, ce produit isolant est durable, renouvelable, recyclable, confortable, alors c’est le top.

Comme probablement beaucoup d’autres, nous avons été attirés par l’un de ces produits présenté comme le nec plus ultra : ISOtextil (pdf). Qualifié de “Meilleur des isolants” par ses promoteurs, ISOcomble, lesquels se revendiquent N°1 français de l’isolation soufflée en combles, il nous a semblé nécessaire d’analyser ces dires et promesses.

Nous avons découvert que cet isolant est fabriqué à base de coton, bon départ à nos yeux : recyclage, origine textile et indirectement végétale, donc renouvelable, bonnes capacités de gestion de la vapeur d’eau, bon déphasage … Une si belle mariée ne pouvait qu’attiser notre intérêt. Comme d’habitude, nous allons essayer de trier le bon grain de l’ivraie !

Nous avons pris le parti de ne nous intéresser qu’à l’isolant.

La présentation du produit ISOtextil

Extraits du site :

  • ISOtextil est performant et durable ;
  • Isolant biosourcé sans sel de bore ;
  • Utilisation des processus et des produits respectueux de la santé et de l’environnement ;
  • Meilleur bilan carbone de tous les isolants ;
  • Produit innovant, efficacité prolongée (Garantie 15 ans) ;
  • Une nette amélioration du confort d’été grâce à un meilleur déphasage thermique.

 

ISOtextil est performant et durable

Isolant d’origine végétale, de nature fibreuse et, de ce fait, avec une bonne capacité à piéger de l’air dit alors captif. Son lambda est annoncé dans un certificat ACERMI en date du 19 09 2017 et lui accordant une valeur de 0,046. C’est bien, mais très loin d’être exceptionnel.

Cet isolant est durable : au sens de résister à la putréfaction, pour qu’il y parvienne, il doit, a minima, contenir un biocide car, à notre connaissance, le coton n’a pas, en soi et intrinsèquement des qualités d’imputrescibilité. Idem en ce qui concerne les attaques de certaines vermines telles que les mites.

Ceci posé, sa nature d’isolant à base de fibres végétales lui assure une élasticité rémanente suffisante (vidéo) pour résister à d’éventuelles dégradations dues au gel d’un point de rosée.

Isolant biosourcé sans sel de bore

Cet isolant est biosourcé au sens où ses fibres sont d’origine végétale, donc source entrant dans l’appellation commune du “biosourcé”.

Par contre, pourquoi associer le qualificatif de bio-sourcé avec une précision de non présence de bore ? Serait-ce à dire que cette seule précision en ferait un bio-sourcé ou que, contrairement à d’autres éléments d’origine non biosourcée et qui pourraient se trouver dans des isolants (par exemple ce qu’on dénomme “les adjuvants”), seul le bore ou ses dérivés en interdiraient un classement dans les “biosourcés” ?

Utilisation des process et des produits respectueux de la santé et de l’environnement

Nous sommes surpris des termes DES pour désigner les process et les produits respectueux, un peu comme s’il était possible de se référer à une liste exhaustive.

Nous comprenons cette affirmation comme une sorte de définition qui, comme la présence de sel de bore évoquée ci-dessus, sous-entendrait qu’il y a des process et produits spécifiques, seuls aptes à valider du respect de la santé et de l’environnement. Si tel est le cas, nous aimerions savoir ce que sont ces process et produits.

Meilleur bilan carbone de tous les isolants

Quelle affirmation surprenante ! En effet, sur l’ouvrage, que l’on peut considérer comme une référence en la matière, “Isolation thermique écologique” de JP OLIVA et S COURGET, aux Ed. Terre vivante, on découvre un produit très similaire.

Certes, on peut le considérer différent car provenant d’un autre site et développé par un autre producteur, mais toutefois il est également majoritairement composé de fibres de coton recyclé. Ils lui ont trouvé 1,8 kg CO2eq. A titre de comparaison, (mais comme nous le verrons plus loin, cette matière ne leur semble pas très valable) la ouate de cellulose y est gratifiée, pour une même destination (vrac soufflé en combles) de -5,46 kg CO2eq et le liège expansé de -42,25 kg CO2eq.

Si, toujours en suivant les préconisations de cet ouvrage et les données énumérées, nous ramenons aux matériels nécessaires par m2 pour une isolation d’un R = 6, nous arrivons à :

  • ISOtextil : 6 x 0,046 (lambda) x 1,2 (tassement) x 14 kg/m3 x 1,8 CO2eq = 8,34 kg CO2eq ;
  • Ouate : 6 x 0,039 (lambda) x 1,2 (tassement) x 30 kg/m3 x (-5,46) kg CO2eq = -45,99 kg CO2eq ;
  • Liège : 6 x 0,042 (lambda le plus défavorable) x 85 kg/m3 (moyen) x (-42,25) kg CO2eq = -904,99 kg CO2eq.

Si, effectivement, ISOtextil est le produit nécessitant le moins de kg de matière pour atteindre un R donné, il n’est pas, et de loin, celui qui présente le meilleur bilan carbone. En effet, alors qu’il contribue à l’émission de carbone, les 2 autres en piègent !

Produit innovant, efficacité prolongée

C’est, typiquement, ce que nous qualifierons d’affirmation gratuite.

Produit innovant : en 2008, un concurrent d’ISOtextil obtenait un ATEX (pdf) pour son produit très similaire à ISOtextil. A n’en pas douter, cet ATX faisait suite à des mises en œuvre antérieures. Après plus de 10 ans d’existence, un produit peut-il encore se revendiquer innovant ?

Efficacité prolongée : que veut-on nous expliquer ? Une prolongation s’applique à une période prédéfinie. Il est fait référence à quoi ? Si c’est à la garantie portée à 15 ans, très bien, c’est un plus indéniable.

Une nette amélioration du confort d’été grâce à un meilleur déphasage thermique

Que le déphasage d’été soit bon du fait de la nature du matériau, pour rappel d’origine végétale, nous n’en doutons pas (déphasage : temps nécessaire pour une calorie pour passer d’une face à l’autre au travers d’une paroi).
Une fois de plus il est fait allusion à “mieux que …”

“… Une nette amélioration du confort d’été …” : nous voulons bien l’admettre, mais si amélioration il y a, c’est par rapport à une situation de base, la quelle ? Quelle épaisseur ? Quel isolant ? Nous n’en savons rien, il nous faut simplement admettre que c’est mieux, mais ceci ne veut rien dire !

“ … un meilleur déphasage thermique …” : même formulation qui nous amène aux mêmes réserves : meilleur déphasage que celui de quel matériau ? Une fois de plus, nous n’en savons rien, une fois de plus, cela ne veut rien dire ! Alors regardons d’un peu plus près : qu’est que le déphasage thermique (vidéo) ? Le déphasage dépend de plusieurs critères.

En tout 1er, sa valeur isolante exprimée via son lambda (vidéo). Nous avons déjà vu que s’il n’est pas mauvais, il est loin d’être transcendant : 0,046. A titre de comparaison d’autres isolants biosourcés en affichent de nettement meilleurs, la laine de bois va de 0,037 à 0,040, la ouate de cellulose va de 0,039 à 0,041, le liège expansé va de 0,036 à 0,042 (source : “L’isolation thermique écologique, JP OLIVA, S COURGET, Ed Terre vivante)”. Pour information, plus le lambda est faible, meilleur il est. La fourchette va de 0,026 pour des polyuréthanes à 0,065, valeur au-delà de laquelle un produit n’est plus classable parmi les isolants.

Le 2ème critère est la chaleur spécifique du matériau. Plus elle est grande, plus, à densité et épaisseur équivalentes, le déphasage sera long. La chaleur spécifique du coton est correcte avec, toujours selon le livre “Isolation thermique écologique”, une valeur de 1 400 j/kg.K, celle de la laine de bois est de 1 600 à 2 300 et, enfin, car nous n’avons pas l’intention de passer en revue tous les isolants, la ouate de cellulose affiche de 1 600 à 2 100 j/kg.K.

Le dernier critère est la densité de mise en œuvre. Plus elle est élevée, meilleur est le déphasage. Or, comme nous venons de le constater, ISOtextil est le matériau qui, parmi ceux cités, présente la moindre densité. Ce n’est donc pas là non plus qu’il peut espérer progresser dans ce domaine.

En résumé, pour être performant en déphasage, un matériau isolant doit disposer d’un bon lambda, combiné avec une bonne chaleur spécifique et une densité de mise en œuvre élevée. Or, par rapport à 2 autres isolants de la même famille, la laine de bois et la ouate de cellulose, il est celui qui a le moins bon lambda, la moins bonne chaleur spécifique et la moindre densité de mise en œuvre. Il sera donc, de facto, le moins bon de ces 3 isolants au plan déphasage. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas bon, il est meilleur qu’un isolant minéral, mais d’autres isolants végétaux font mieux.

La présentation de la prestation

Extraits du site (pdf) :

  • Intervention propre par l’intérieur ou l’extérieur de l’habitation ;
  • Le soufflage répartit l’isolant équitablement et élimine les ponts thermiques dans des combles perdus difficiles d’accès ;
  • Idéal en rénovation : sans risque de dépasser les 10 kg/m2 des plafonds suspendus (DTU 25.41) ;
  • Des équipes de techniciens formés et qualifiés.

 

Intervention propre par l’intérieur ou l’extérieur de l’habitation

C’est bien le moins que les propriétaires des maisons attendent de tous les artisans qui viennent travailler chez eux : qu’ils le fassent proprement, et d’où qu’ils opèrent.

Le soufflage répartit l’isolant équitablement et élimine les ponts thermiques dans des combles perdus difficiles d’accès.

Ceci est vrai de tous les isolants soufflés dans les combles.

Idéal en rénovation : sans risque de dépasser les 10 kg/m2 des plafonds suspendus (DTU 25.41)

Effectivement, avec Isotextil, le poids de matériau mis en œuvre est plus faible que celui de beaucoup d’autres isolants. Si c’est un handicap en terme de déphasage, c’est indéniablement un avantage en terme de charge ajoutée sur les matériaux qui supportent cet isolant. Est-ce aussi important qu’on nous le souligne ?

Même si le risque est réel, comme pour d’autres isolants, le metteur en œuvre doit vérifier l’état des combles (charge,… ), renforcer si besoin et adapter ou s’adapter aux contraintes. Cependant, il faudra apporter une preuve de cet état de fait, car nous n’avons pas, malgré notre expérience et quelques recherches sur le sujet, trouvé de cas de déformation ou fissuration..

Par ailleurs, si le DTU 25.41 mis en exergue existe bien, selon un extrait de l’agrément CSTB d’ISOtextil (pdf), il s’applique dans le neuf alors qu’on nous le présente comme s’appliquant dans l’ancien et il est possible de mettre en œuvre des poids volumiques importants. Extrait de l’agrément CSTB, § 2.31 :

 

“ … Pour les ouvrages neufs, le DTU 25.41 précise, selon la charge maxi- male d’isolant (6, 10 ou 15 kg/m2), le dimensionnement des fixations. Une vérification systématique doit être menée pour vérifier la stabilité de l’ouvrage.”

 

Des équipes de techniciens formés et qualifiés

Des photographies de chantier, avant et après mise en œuvre du nouvel isolant, laissent peu de doute sur le fait que l’ancien isolant n’a pas été enlevé (vidéo), ce qui est nécessaire (vidéo) pour tirer le meilleur parti possible du nouvel isolant.

soufflage en comble isotextil avant-apres

soufflage en comble isotextil avant-apres

Pourtant, tel que nous le voyons sur la photo de gauche, l’ancien isolant était posé avec pare-vapeur sur le dessus, c’est à dire à l’envers et que, donc, il y a là quasi certitude de dégradation de cet ancien isolant. Une vidéo maison, intitulée ISOcomble France vient, si besoin était, confirmer ce mode opératoire.

ISO textil VS ouate de cellulose

Petit bonus que nous propose le distributeur dans son site web, un Versus de deux produits : ouate de cellulose contre Isotextil.

Nous ne reviendrons pas sur les arguments et/ou points déjà évoqués ci-dessus. Cependant nous ne pouvons pas taire certaines allégations sur et autour de la ouate de cellulose, particulièrement en ce qui concerne la dangerosité évoquée de ce produit et les aventures et mésaventures qui auraient, si on en croit cette page du site ISOcomble, entachées la ouate de cellulose.

 

“ …Ce qu’il faut savoir : malgré ses performances techniques, la ouate de cellulose est entachée d’un fort soupçon de nocivité pour l’homme à cause de son adjuvant, le sel de bore. Ce dernier a été interdit en 2012 puis réintégré sur le marché européen à condition d’être en-dessous de 5.5% .”

 

S’ensuit un focus qui emmène sur un développement sur et autour de ce qu’est ou serait la directive REACH.
FOCUS : « Sel de bore, risques & réglementation »

Extrait de ce focus :

 

“ISOtextil N’EST PAS RÉPERTORIÉ REACH car IL NE CONTIENT PAS DE SEL DE BORE OU D’ACIDE BORIQUE.
Concernant ISOtextil et son traitement ignifuge il n’y a donc aucun danger potentiel et aucun adjuvant aux effets controversés sur la santé. Un produit sain pour une maison saine, soyez-en assurés !”

 

Plutôt que développer ici ce qui pourrait être interprété comme une polémique, nous renvoyons le lecteur vers 2 articles publiés ici sur et autour de la ouate de cellulose, l’un, version courte, intitulé “La ouate de cellulose, un isolant pertinent ?” et l’autre, version longue, intitulé “Tout savoir sur la ouate de cellulose

Nous pensons qu’il est de notre devoir de porter un ou deux points à la connaissance du public et de rappeler que, si la filière ouate de cellulose a connu quelques difficultés alors, c’est bien parce qu’on lui a retiré ses agréments techniques pour tout produit qui contiendrait du sel de bore (à ce sujet, un rapport d’une commission paritaire chambre des députés et sénat, intitulé “Rapport provisoire sur les freins réglementaires à l’innovation en matières d’économies d’énergies dans le bâtiment” (pdf) éclaire assez bien la chose).

Comme le présente le rapport sus-indiqué, s’en sont suivis pas mal de péripéties qui ont abouti au remplacement du sel de bore dans la ouate de cellulose par des polyphosphates d’ammonium. Ceci est assez clairement présenté dans un site de l’ECIMA, le syndicat des producteurs de ouate de cellulose.

A la fin des fins, il a été interdit de produire ou commercialiser de la ouate de cellulose contenant des polyphosphates d’ammonium, ceci par arrêté ministériel (pdf).

Revenons à ISOtextil et plus particulièrement son agrément CSTB. Nouvel extrait du § 3.1 de cet agrément, tiré des déclarations du fabricant au CSTB :

 

“ …La composition du produit à température ambiante est de : 88 % massique de fibres textiles à majorité coton (> 70 %) ; 12 % massique d’adjuvants (ignifugeant à base de sels d’ammonium et biocide) …”

Et si les mêmes causes produisaient les même effets ?

Nous n’en n’avons aucune certitude, mais si cet adjuvant à base de sel d’ammonium, dans quelque isolant végétal que ce soit, produisait les mêmes effets que dans la ouate de cellulose ? Qu’adviendrait-il si les conditions de mise en œuvre et d’exploitation qui ont déclenché les émanations d’ammoniac avec la ouate de cellulose étaient réunies dans le cadre d’une mise en œuvre d’ISOtextil ?

… Nous ne souhaitons à personne de vivre ce que la filière ouate de cellulose a vécu à l’époque, pas plus aux fabricants qu’aux applicateurs, mais notre pensée va encore plus particulièrement vers les utilisateurs, ceux qui, en toute confiance, font isoler leur maison.

Notre conclusion

Nous espérions découvrir un produit exceptionnel, nous avons en fait découvert un produit, certes intéressant, mais somme toute et malgré les affirmations de ses promoteurs, assez banal. Il nous semble important de prévenir les éventuels futurs acheteurs de ce produit que, loin d’être mauvais, il n’est pas aussi extraordinaire et vert qu’on veut le faire croire. Nous somme obligés, compte tenu des découvertes, particulièrement la présence de sels d’ammonium, de l’admettre : nous sommes, globalement, face à un Greenwashing.

Photos et illustrations : IsoComble

Claude Lefrançois
Dans le bâtiment, par passion, depuis presque 40 ans, Ancien charpentier, ancien artisan, ancien constructeur de Maisons à Ossature Bois, ancien maitre d'œuvre, Ancien et encore formateur à l'isolation bio-sourcée, • Titulaire d'un brevet de construction de MOB en kit, Conférencier dans plusieurs domaines liés à l'éco-construction, l'éco-isolation, Youtubeur via des vidéos sur, dans un premier temps, l'isolation et l'efficacité énergétique et, parce qu'il faut aller plus loin, futurement, plus largement, le bâtiment responsable et pertinent, Initiateur et administrateur d'un groupe sur Facebook : Rénovation pertinente » . Pour ceux qui souhaiteraient plus d'informations : www.papyclaude.fr

38 réflexions sur “Isotextil , un produit recyclé et novateur pour isoler les combles ?

  1. Petite précision complémentaire concernant 2 points :
    – émission des COV dans l’air
    – produits toxiques en masse

    Sur ces deux points, je ne peux que conseiller aux clients finaux, ainsi qu’aux applicateurs, de demander à l’industriel le rapport complet sur les tests COV (A+ n’est pas une garantie, il faut vérifier la quantité des COV rejetés dans l’air et principalement les formaldéhydes).
    Pour la présence de produit toxiques en masse, bien lire les Avis Techniques (lorsque le produit en dispose) et/ou demander la FDS du fabricant (Fiche de Données Sécurité) à ne pas confondre avec la FDES.
    Pour rappel, Isotextil est une nouvelle dénomination du NITA COTON espagnol de l’époque.
    Enfin, toujours vérifier la pérennité de la qualité des fibres (principalement pour le coton recyclé), car une fibre de nature différente peut modifier les performances du matériaux (densité de pose, taux de tassement…).

    • Merci Madame ou Monsieur LOPEZ pour votre contribution.
      Nous pensons que votre apport de précision aidera toute personne qui le souhaite à aller encore plus loin dans la découverte des produits disponibles sur le marché, celui présenté ici ainsi que de nombreux autres.
      Tout moyen d’information permettant un choix judicieux est bienvenu.

      • Il s’agit de Jean-Paul LOPEZ, directeur commercial de Métisse/Le Relais, qui commercialise le Métisse Flocon/Coton Pro. Ses demandes sont très légitimes et la réponse est que :
        1. la matière première est validée STANDARD 100 selon Öko Tex donc avec des émissions, notamment de formaldéhydes, inférieures à ce que l’on exige pour un usage direct avec la peau et à fortiori bien meilleure que pour l’enveloppe du bâtiment. De plus ce standard permet de garantir entre autre que les teintures sont dépourvues de métaux lourds. Ceci explique le pourquoi de la mention, mais ceci est-il le cas pour tous les fabricants ? Notamment lorsque les fibres montrent une couleur homogène, alors que nous proposons une fibre multicolore à l’image du recyclage des chutes industrielles que nous utilisons.
        2. le produit fini a fait l’objet d’un test du CSTB n°SC-18-040 qui lui confère la classe A+ et non A. Les résultats de test complets révèlent les traitements antifongiques et ignifuges qui restent du domaine du secret industriel. Aucun industriel ne s’amuserait à le dévoiler et Métisse ne l’a pas fait à cette occasion d’ailleurs. Mais pour info, nous utilisons en majorité des sels d’ammoniums comme cela est le cas pour le Métisse Flocon/Coton Pro et bon nombre d’autres produits biosourcés (fibres de bois) hors ouates de cellulose.
        3. Notre produit fait l’objet d’une FDES n°7-1822:2018 enregistrée dans de la base INIES. Je vous invite à faire des comparatifs, comme moi, sur des unités fonctionnelles équivalentes et vous verrez la réalité des choses.
        Je suis Matthieu JOURDES en charge du développement du Nita Cotton/Isotextil. Si vous avez des interrogations, n’hésitez pas à me contacter : matthieu.jourdes@rmt-insulation.com

        • Bonjour Monsieur Jourdes,
          Merci de votre apport et de venir défendre votre produit. Merci de le faire à découvert.
          Nous ne sommes pas là pour trancher des différents entre marques différentes de produits cousins germains.
          Cependant il nous semble que les revendications d’écologie sous prétexte de non présence de sel de bore dans un produit, sans autre développement du sujet, sont pour le moins … un peu légères et, disons le tout net, abusives !
          La présence de sels d’ammonium, quand on sait ce qu’ils ont produit dans la ouate, ne nous semble pas forcément plus écologique … chacun met le curseur où bon lui semble mais l’honnêteté voudrait de rester objectif. Nous pensons l’avoir été.

          Labellisation Öko Tex : il ne vous aura pas échappé que (au bénéfice de ce doute) nous n’avions pas abordé ce sujet dans notre article (il faut dire que nous manquions pas d’éléments à décortiquer par ailleurs). Cependant, attendu que vous l’avez abordé ici, nous nous trouvons dans l’obligation de dire pourquoi nous avons fait état de ce doute dans l’un de nos commentaires.
          Donc, en ce qui concerne le classement Öko Tex, il nous a semblé comprendre qu’il devrait être revendiqué sur analyse du produit final et non sur analyse de l’un des principaux composants, puisque semble-t-il, il concerne seulement les éléments en coton. Selon votre agrément CSTB, ceux-ci sont garantis à plus de 70% des 88% hors les adjuvants.
          Il y a donc incertitude sur le classement de 30% des fibres broyées. Ceci nous a incités à émettre des doutes sur ce classement Öko Tex, d’autant plus qu’à l’étude, il s’avère que la labellisation mise en avant concerne les vêtements pour enfants ce qui, avouons le, est quand même loin du bâtiment !
          Vous nous parlez maintenant de tentures, ce qui, avouons-le encore, est à assez loin de la rubrique « vêtements pour enfants ».
          Nous maintenons donc que, pour le moins, il y’a un flou …

          En ce qui concerne le classement COV, nous n’avons, pour notre part, pas abordé ce sujet. Alors faisons le et revenons aux déboires de la ouate de cellulose du fait de l’intégration de sels d’ammonium : dégagement de vapeurs d’ammoniac (pour rappel, les mêmes éléments que vous intégrez dans le produit Isotextil). Pour rappel des déboires : émissions d’ammoniac.
          L’ammoniac n’est pas un COV car ne comportant pas au moins une molécule de carbone, condition sine qua non pour être classé dans les COV … C’est un inorganique (CIOV), absolument pas pris en compte dans le classement COV. Est-il sans danger pour autant, selon diverses organisations, nationales et internationales, non, bien loin de là, mais nous avons déjà développé ce point dans l’article et nous ne souhaitons y revenir plus.

          Votre produit isolant est, comme nous l’avons déjà dit dans notre conclusion, honorable, pas exceptionnel, simplement banal et pas super-innovant et super-vert comme vous le revendiquez.
          C’est d’ailleurs ces raisons (produit revendiqué super-performant et super-vert) que nous nous y sommes intéressés.

        • Monsieur Jourdes,
          Concernant la classe de la qualité de l’air, vous revendiquez A+ en mentionnant un test du CSTB dont la référence que vous mettez en avant ne nous amène à rien sauf à des résultats qui n’ont rien à voir avec votre produit.
          Merci de nous donner le lien d’un PDF ou autre document attestant vos dires car d’après vos documents commerciaux il semblerait que vous soyez passés de A à A+ en peu de temps, donc avec un changement de formulation de produit, sans pour autant que votre ATEC n’ait été modifié.

          https://www.dropbox.com/s/mntrdsrm3a3gmpm/Certification%20Oeko-Tex%205.png?dl=0
          (capture d’écran du mois de janvier 2018)

          Toujours selon votre avis technique, votre laine de coton contient des adjuvants classés biocides que ne contiennent pas les ouates de cellulose par exemple.

          Extrait de la définition d’un biocide selon wikipédia :
          « les biocides sont par définition des produits actifs susceptibles d’avoir des effets sur l’homme, l’animal ou l’environnement…)
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Biocide

          Classe A+ et biocide sont-ils compatibles, du moins éthiquement parlant d’après vous ?

          • Nous ne sommes pas convaincus que Build Green puisse, doive être le lieu d’échanges entre acteurs d’un même secteur d’activité.
            Néanmoins nous acceptons votre commentaire car, si les réponses sont apportées, elles éclaireront des questions qui, effectivement, nous sont aussi venues à l’esprit …

          • Bonjour Thierry MT,
            Je pense que vos interrogations sont totalement légitimes, mais que vous manquez d’un certain nombre d’information qu’il est important de partager avec vous.
            1. les ouates de cellulose contiennent bien évidemment des biocides, sinon que serait l’acide borique ? J’ai travaillé pour un producteur de ouate de cellulose et je défendrai toujours cette formulation à base d’acide borique, car elle est pour l’instant la seule sur un plan économique, comme d’efficacité, à même de garantir autant la classe « 0 » au niveau du développement fongique, que l’Euroclasse « B-S2,d0 » en terme de réaction au feu pour certains seulement. Si vous avez des interrogations autour des adjuvants utilisés pour tout type de matériau, n’hésitez pas à me demander, je vous expliquerai leur fonctionnalité et les limites d’application autorisées (je vous invite également à rechercher qui sont les plus gros consommateurs de bore ou d’acide borique, vous verrez c’est assez drôle). Pour l’exemple, sachez simplement que bon nombre d’enfant a pu acheter à la pharmacie du coin de l’acide borique concentré et sans ordonnance pour fabriquer du « slime » (cette matière gluante tout droit venue des films « Ghost Buster » dans les années 90 et revenue à la mode depuis 2 ans). Quelqu’un s’est-il soucié du fait qu’ils plongent leurs mains dans des saladiers avec une telle concentration ?

            2. Concernant la classification de qualité de l’air intérieur, je vous rappelle que le marquage d’un produit ou matériau, suivant le décret n°2011-321 publié le 23 mars 2011 et suivi de l’arrêté du 19 avril 2011, doit correspondre à une classification de qualité de l’air intérieur selon le barème convenu de façon purement déclarative. Celui-ci n’est devenu obligatoire qu’à partir du mois de Septembre 2013.
            Qu’est-ce que cela veut dire ?
            Si vous êtes, en tant que fabricant, sûr et certain que votre produit/matériau répond aux exigences d’une certaine classe, vous pouvez la revendiquer avec risques et périls qu’en cas de trouble et que votre produit/matériau soit testé comme incompatible avec la classe que vous avez revendiqué, vous demeurez pleinement responsable des risques engendrés.
            Par conséquent et malgré notre assurance de savoir que nous obtiendrions la classe A+, nous avons préféré ne revendiquer qu’une classe A, afin de ne jamais nous mettre à défaut ou de mentir à notre clientèle. Dès lors que nous avons eu la certitude que nous étions en classe A+, nous l’avons revendiqué de façon naturelle et bienfaisante. Il n’y a donc eu aucune magie entre la classification précédemment revendiquée et la nouvelle. Simplement le fait que nous avons revendiqué à l’instant la meilleure information à notre connaissance. Je vous assure de plus que le test SC-18-040 du CSTB correspond bien à notre produit comme vous semblez en douter. Donnez-moi vos coordonnées et je vous transmettrai les résultats du rapport.
            Ces éléments répondent-ils à vos interrogations ?

          • Monsieur Jourdes, merci de vos apports de précisions.
            Permettez nous, cependant, de placer le débat au niveau où il devrait rester : celui qui concerne le produit que vous défendez, Isotextil.
            Pour ce qui concerne la ouate de cellulose, nul besoin d’y revenir, nous pensons avoir été assez exhaustifs dans 2 articles publiés ici et rédigés par moi-même, Claude Lefrançois. Permettez moi donc de préciser que si, effectivement, le sel de bore a, entre autres qualités, celle d’être un fongicide, ce n’est pas à ce titre qu’il est intégré dans la ouate de cellulose, mais celui de retardeur de flamme.
            Pour rappel, si votre produit a été « comparé » à la ouate de cellulose, c’est uniquement dû à votre communication de l’époque, laquelle se contentait, dans les grandes lignes, de dire que la laine de coton est bien car ne contenant pas de bore, contrairement à la ouate de cellulose … un peu court comme argument.
            Vous avez rectifié le « tir », très bien, n’y revenons pas !

            Vous nous apportez des précisions sur votre classification A+, nous n’avons aucune raison de ne pas vous croire. Cependant, plutôt que proposer à Thierry MT de lui faire parvenir les preuves, pourquoi ne pas publier les attestations sur votre site, ne pensez-vous pas qu’elles pourraient intéresser d’autres personnes, à commencer par vos propre clients ?

  2. Bonjour,
    merci pour cet article assez bien éclairé.
    Juste quelques précisions :
    – les mites n’attaquent pas le coton car elles se nourrissent de Kératine. C’est d’ailleurs leur fonction indispensable dans le grand système de recyclage naturel. Il n’est donc pas besoin de traiter le coton en ce sens.
    – la fibre de coton est une fibre très facilement inflammable qu’il vaut mieux bien traiter pour augmenter ses domaines d’application. Le sel de bore a le double avantage de traiter à la fois le problème de putrescibilité et de feu, c’est pourquoi il est utilisé par les fabricants de ouate de cellulose. Il est très difficile de trouver un produit pour le remplacer au même coût et avec la même efficacité. Le fait de mettre en avant « sans sel de bore » n’a effectivement rien à voir avec la notion de biosourcé mais est plus un argument marketing pour se démarquer de l’affaire autour de la ouate de cellulose que vous développez.
    – l’argumentaire global (traitement, performances, etc.) se justifie pour une entreprise comme iISOcomble (qui cherche à se développer sur le marché des biosourcés en vue des évolutions règlementaires comme le fait Isover avec la fibre de bois par exemple) et pour la plupart des clients habituels qui viennent des isolants non biosourcés, avec faible déphasage, etc. C’est le public visé par cette société. Mais il est bon comme vous le faites de rappeler qu’il y a déjà depuis plusieurs décennies un monde en dehors des isolants conventionnels minéraux et pétrochimiques.
    Cordialement,

    • Bonjour Canzian, merci de votre contribution.
      Très juste en ce qui concerne les mites.
      Nous apprécions tout à fait vos dires en ce qui concerne la nécessité d’ajouter des adjuvants aux isolants bio-sourcés. De même, votre refus de limiter l’appréciation de « respectabilité » au seul fait de la présence ou non se sel de bore.
      Pour ce qui est de votre analyse du pourquoi de l’argumentaire qui met en avant le produit isotextil, attendu que ce sont des suppositions, par définition non étayées, nous ne pouvons les valider … Mais, pour ce qui me concerne, je la trouve, pour le moins, cohérente …

      • Le marché du biosourcé ne représente pas plus de 10% malgré les engouements sur la ouate de cellulose (freiné en 2013) et sur la fibre bois (rachat d’ISONAT par ISOVER et rachat de PAVATEX par SOPREMA).
        Dans la mesure où un applicateur majeur de l’isolation en laine de verre comme ISOWECK/ISOCOMBLE se montre concerné en ne proposant essentiellement plus que de la fibre de coton, quel est le problème ? Les réseaux de l’éco-produit absolu sont-ils capables de toucher un tel public ? Quel est l’éco-produit absolu ? Qu’une argumentation un peu trop poussée (reste à justifier qu’elle soit totalement trop poussée) soit une déconvenue pour des puristes comme nous, l’est-elle réellement ? (Les ETE, DTA, Acermi et surtout FDES du Nita Cotton/Isotextil prouvent le contraire)
        J’ai bien conscience que l’article est plus à charge sur la forme et les arguments que sur le matériau en lui-même, mais il serait bon de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide.
        Comprenez que les accroches commerciales touchent avant tout les personnes qui ne seront pas forcément vos lecteurs avisés.
        A aujourd’hui en 2018, nous sommes à plus de 200.000 m² isolés en Nita Cotton depuis le début de l’année. Tous les chantiers obtiennent leur validation auprès des bureaux de contrôle et des mesures en vigueur.
        Notre matériau n’est pas le meilleur de façon absolue, mais il représente le meilleur compromis. En ce sens, seulement, il est le meilleur des matériaux !
        Pour rappel, je suis Matthieu JOURDES, responsable du développement du Nita Cotton/Isotextil. Si vous avez des interrogations, n’hésitez pas à me contacter : matthieu.jourdes@rmt-insulation.com

        • Bonjour Monsieur Jourdes,
          Décidément nos échanges relèvent presque de la relation épistolaire !
          Non pas que cela nous déplaise mais il semble bien que notre article soit un caillou (petit certes, mais cailloux quand même) dans la chaussure !
          Nous sommes désolés de le constater (si nous nous imaginons être membre de l’environnement ISOWECK) car il est évident qu’il ne va pas dans le sens de facilitation du business.
          Nous sommes très heureux de l’avoir écrit en imaginant qu’il pourra permettre (a déjà permis ?) à quelques uns (les clients finaux en fait, peut-être les vôtres et nous vous le souhaitons) de pouvoir opérer des choix éclairés.

          Vous l’avez remarqué et souligné, l’argumentation n’était pas du tout à charge contre le produit, surement bien plus recommandable que beaucoup d’autres.
          Nous voulions (et nous l’avons fait) dénoncer une argumentation commerciale visant à faire croire en certaines qualités ou positions (présentées comme allant dans le bon sens de l’environnement) par rapport à d’autres produits concurrents qui ne nous semblaient pas correctes et justes, donc entrant totalement dans le greenwashing.
          Nous avons été très surpris que les entreprises « ISOWECK », après avoir mis en œuvre de grandes quantités de ouate de cellulose, comptant en leur sein d’anciens acteurs eux-mêmes antérieurement dans le monde de la ouate, appuyant leur argumentation sur la dénégation de ce même produit, appuient très fort sur le fait que la ouate contient du bore et rappellent ses déboires avec les sels d’ammonium … alors même que leur produit (objet de cet article, Isotextil) en contient, et pas dans des proportions négligeables …
          Nous sommes heureux que votre site internet ait évolué, nous pensons qu’il l’aurait fait sans cet article mais avons l’immodestie de penser que nous ne sommes peut-être pas pour rien dans la disparition de certains arguments. Nous vous souhaitons beaucoup de succès avec cette nouvelle version, même si, à nos yeux, il y aurait encore à dire et … écrire. Cependant, pour vous rejoindre, nous préférons voir le verre à moitié plein !
          En ce qui concerne la faible part des isolants biosourcés dans le bâtiment, nous sommes heureux (et moi personnellement, Claude Lefrançois, pour y avoir consacré la moitié de ma vie professionnelle) du chiffre que vous avancez, à savoir presque 10% du marché total.
          Si vous avez un document officiel qui fait état de ces chiffres, nous serions intéressés si vous acceptiez de nous le communiquer. En effet, vous l’avez bien compris, nous œuvrons dans un même objectif, celui de l’habitat durable, performant, efficace thermiquement ainsi que dans le respect de ses occupants sous tous les aspects possibles et imaginables, et de tels chiffres (celui-ci et d’autres) nous sont toujours utiles pour œuvrer encore et toujours dans ce sens.

          Build Green se veut être objectif et impartial.
          Nous avons la faiblesse de penser que le respect du bâti, des occupants, de l’environnement peut se faire en restant dans le cadre de la vérité, y compris dans les argumentaires commerciaux.
          Nous avons encore la faiblesse que nous serons (tous acteurs confondus allant dans ce sens) beaucoup plus efficaces en restant dans ce cadre car qui croirait quelqu’un sur des arguments justes (qualité environnementale, performance …) si d’autres arguments mis en avant sont abusifs.
          Ne serait-ce pas donner des bâtons à ceux qui œuvrent différemment, moins soucieux que nous des occupants et de la planète, pour attaquer nos positions ?
          Pour conclure, et malheureusement, modérer vos ardeurs, il n’est pas, à nos yeux, de meilleur des matériau, quelque soit le domaine d’emploi, il en est de bons et de moins bons … être dans les bons n’est déjà pas si mal !
          Nous serions désolés de voir, au travers de cet argument, le retour du naturel au galop !

    • Merci Nicolas,
      Ta vision mesurée et éclairée reste pour moi la base du bon sens et du meilleur moteur vers une transition écologique inéluctable et rationnelle (à ton image).
      Pour info, j’ai appris les bases de ce que je sais au travers de Nicolas Canzian qui a été mon mentor et je vous invite tous à lire son livre « Habitat Naturel et Ecologique » aux éditions ANAGRAMME (ISBN 978-2-35035-151-3).
      Nicolas connaît aussi bien les fabricants de ouate de cellulose, que de coton, liège, fibre de bois, chanvre ou de laine de mouton, car il a plus ou moins collaboré au développement de chacun d’eux en France depuis très longtemps.
      1. Sur les mites, je pense qu’il a tout dit et dieu sait que nous avons eu des problèmes concernant la laine de mouton. Elle reste cependant un des meilleurs compromis parmi les isolants, s’il était totalement possible de contrôler la durabilité de son traitement.
      2. Toute fibre à base de cellulose à faible densité est hautement inflammable sous l’effet d’une simple flamme. C’est pourquoi, elles sont traitées, comme Nicolas le dit, avec des sels minéraux qui vont agir sur l’effet auto-extinguible. J’attire votre attention sur le fait qu’une réaction au feu n’a rien à voir avec une résistance au feu. En cas d’incendie déclaré, une ouate de cellulose ou du coton classés B-S2,d0 seront de très loin plus efficaces qu’une laine de verre classée A, car à défaut de charbonner, cette dernière fondra à vitesse grand V et laissera alors la structure du bâti aux prises des flammes.
      3. Quant à l’argumentation autour du fait d’être « Sans sel de bore », vous comprendrez, comme l’a souligné Nicolas, qu’elle s’adresse avant toutes chose aux indécis du biosourcé qui gardent en mémoire cet épisode castrateur pour l’ensemble des matériaux biosourcés. Il ne s’agit en aucune manière de stigmatiser les ouates de cellulose, car leur clientèle est déjà acquise par-delà cette considération (les ouates de cellulose reviennent aujourd’hui moins cher au m² qu’une laine de verre ou encore plus que du coton, elles n’ont donc aucun besoin de communication autre que le prix). Cette argumentation est plutôt destinée à la très large majorité de ceux qui n’ont encore jamais fait le pas vers le biosourcé et qui gardent par bêtise, l’idée absurde de biosourcé = bore = nocif, sans même y réfléchir. Dans la mesure où nous n’avons en plus aucune molécule de sel de bore dans notre matériau ou sa formulation, dans quelle mesure cela peut-il de près ou de loin inquiéter qui que ce soit ?
      Dans ce cas, le simple fait de nous reprocher cette argumentation relève uniquement d’une argumentation à charge, car je vous rappelle que cela a été le 1er argument de SOPREMA/Univercell (ouate de cellulose) quand ils ont imposé leur formulation « sans sel de bore » catastrophique et que très récemment notre concurrent direct « Métisse », représenté par Jean-Paul LOPEZ ayant été le premier à commenter votre article contre nous, revendique des choses allant bien au-delà, dixit : Protection au feu de leur coton « Naturelle », « sans sel de bore » et « sans sel d’ammonium ». Je leur souhaite très sincèrement d’avoir trouvé le traitement le plus éco-responsable possible, car je serais alors leur plus fervent supporter, mais j’espère sinon que vous mettrez le même engouement à décortiquer leur offre ! Pour info, je vous rappelle qu’ils ne sont à l’heure actuelle qu’en Euroclasse « E » (en gros, vous allumez votre papier d’imprimante avec un briquet et cela vous donne l’idée d’une Euroclasse « E »). De plu